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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2303239

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2303239

lundi 27 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2303239
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSELARL LEXCAP RENNES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces complémentaires enregistrées les 6 et 7 mars 2023, M. H D et A G D, agissant en qualité de représentant unique, A B F et M. C E, représentés par Me Le Borgne, demandent au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution du permis de construire n° PC 049301 22 H0143 du 23 janvier 2023 délivré au bénéfice de la société par actions simplifiée " LANDRISE " pour la création d'une station-service avec auvent et local technique sur un terrain sis rue André Ampère et rue Léonard de Vinci à Saint-André-de-la-Marche, commune de Sèvremoine (49450) sur les parcelles cadastrées section 264 B, numéros 2398 et 2432, d'une superficie totale de 3 514 m2 ;

2°) de mettre à la charge in solidum de la commune de Sèvremoine et de la société " LANDRISE " la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- ils justifient d'un intérêt à agir compte tenu de la proximité du terrain d'assiette du projet avec leurs propriétés respectives puisque le domicile de M. et A D, est à 30 mètres du terrain d'assiette du projet et celui de A F et M. E à moins de 30 ; ils ont une vue directe sur le projet de sorte que la station-service sera parfaitement visible malgré les aménagements paysagers prévus par le pétitionnaire ; compte tenu de ce que le projet consiste en la construction et l'exploitation d'une station-service dont le volume annuel de carburant distribué est aujourd'hui estimé à 9 250 m3, ils seront exposés à des odeurs d'hydrocarbures et à des émanations toxiques, notamment des émissions de benzène causées par les pertes d'évaporation liées à l'exploitation de la station-service et au dépotage du carburant par les camions-citernes ; ils seront également exposés à des pollutions émises par les véhicules venant se ravitailler à la station-service ; le projet va générer du trafic supplémentaire ce qui va augmenter la dangerosité des conditions de circulation autour de leur maison et dégrader la sécurité routière aux abords ; il existe des risques d'accidents et d'incidents liés à ce type d'installations classées ; le projet, eu égard à ses caractéristiques, à ses incidences potentielles et avérées et à sa très grande proximité avec leurs propriétés, va entraîner la dépréciation de leurs biens ; le projet est ainsi de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de leurs biens, ce qui leur confère une qualité leur donnant intérêt pour agir ;

- ils ont respecté le délai de recours dès lors que la requête en annulation a été enregistrée le 28 février 2023 ;

- la condition d'urgence est présumée satisfaite dès lors que la décision attaquée est une autorisation visée par l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme ; des aménagements (dépôt de plusieurs monticules de graviers et gravats et installation d'une clôture de chantier de couleur orange) ont déjà été réalisés par le pétitionnaire durant le mois de février, faisant craindre un démarrage imminent des travaux ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

* le dossier de permis de construire est incomplet en raison de l'absence de décision de l'autorité en charge de l'examen au cas par cas, les travaux autorisés par le permis en litige faisant partie d'un projet global consistant à agrandir le centre commercial, ce qui implique le déplacement de la station-service pour créer de nouveaux parkings ; en dépit du fait que la création de 50 places de stationnement ou plus impose au maître d'ouvrage de déposer une demande d'examen au cas par cas auprès de l'autorité environnementale afin qu'elle détermine si le projet requiert ou non la réalisation d'une étude d'impact, le pétitionnaire n'a pas joint à sa demande de permis l'étude d'impact ou la décision le dispensant d'une telle étude, cette insuffisance du dossier étant nécessairement substantielle eu égard à l'ampleur du projet et à ses effets sur les riverains ;

* elle méconnaît les dispositions des articles R. 431-8, R. 431-9 et R. 431-10 du code de l'urbanisme dès lors que le dossier de permis est entaché de nombreuses insuffisances et inexactitudes qui n'ont pas permis d'apprécier la conformité du projet à la réglementation applicable : en premier lieu, si une troisième voie d'accès apparaît sur le plan de masse du projet, le plan descriptif de la végétation, le plan des réseaux, le plan de coupe et le plan de sécurité et d'incendie, elle n'est pas évoquée par le pétitionnaire dans sa notice descriptive, de sorte qu'il n'est pas possible de déterminer dans quelles conditions cette voie sera accessible, ni même si ses caractéristiques sont réglementaires ; en second lieu, la notice descriptive du projet est lacunaire, leurs maisons et la ferme exploitée par M. D selon les principes de l'agriculture biologique n'étant pas évoquées, pas plus que les parties retenues pour assurer l'insertion du projet dans le contexte des lieux avoisinants ; en troisième lieu, le caractère sommaire du document graphique d'insertion ne permet pas d'apprécier les conséquences du projet sur son environnement et notamment sur les constructions avoisinantes alors que le point de vue choisi n'est pas pertinent puisqu'aucun usager de la voie n'aura la vue sur le projet ; en dernier lieu, la notice ne fait état d'aucun moyen de confinement adapté en cas de rejets vers les milieux naturels ou les parcelles voisines ;

* il n'est pas établi qu'elle a été signée par une autorité compétente pour le faire ;

* elle méconnaît les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme dès lors que, en premier lieu, plusieurs études ont démontré les risques que présentent les stations-service pour la santé humaine, surtout lorsqu'elles se trouvent à proximité de la limite de propriété de parcelles occupées par des personnes physiques ; en second lieu, de nombreux rapports pointent les risques d'accidents et d'incidents liés aux stations-service alors que leurs maisons se situent dans la zone la plus exposée au risque d'accident, zone délimitée par le plan de sécurité et d'incendie joint à la demande de permis ; en dernier lieu, le projet comprend la création de cuves enterrées, de sorte que les travaux d'installation des cuves vont ainsi générer des nuisances au moment du chantier (vibrations, poussières, bruit) et présenter des risques en termes de sécurité ;

* elle méconnaît les dispositions de l'article Uy 2.1 du plan local d'urbanisme de la commune de Sèvremoine dès lorsqu'il est constant que l'activité de distribution de carburant est une activité relevant de la catégorie de commerce de détail, celle-ci correspondant à la vente de biens et de services à une clientèle non professionnelle alors que le projet prévoit la création d'une station-service d'une emprise au sol de 252,80 m2, soit une surface de vente inférieure à 300 m2 ;

* elle méconnaît les dispositions de l'article Uy 2.2 du plan local d'urbanisme de la commune de Sèvremoine dès lors que, en dépit du fait que le terrain d'assiette du projet se situe en zone Uya4, le projet ne comporte aucune mesure visant à éviter ou à réduire les nuisances et les dangers que l'installation comporte pour les riverains du projet ; aucun moyen de confinement adapté en cas de rejets (cuves de rétention, vannes d'isolement du réseau d'eaux pluviales, détection d'hydrocarbures ) n'est prévu ; aucun dispositif de surveillance directe ou par caméra des points sensibles, ni aucun dispositif pour limiter les actes de malveillance n'est évoqué ; le pétitionnaire n'a prévu que la création d'une haie végétale clairsemée visant à atténuer l'impact visuel du projet ;

* elle méconnaît les dispositions de l'article Uy 5.2 du plan local d'urbanisme de la commune de Sèvremoine dès lors qu'il ressort du plan descriptif de la végétation que les aménagements prévus ne constitueront nullement un " écran paysager " puisque de nombreuses percées laisseront passer le regard de part et d'autre des plantations ; aucune précision n'est donnée sur la taille des arbres plantés, de sorte qu'il est permis de penser que de jeunes arbres et arbustes seront plantés ; l'écran paysager ne sera pas constitué avant plusieurs années, offrant aux riverains une vue directe sur la nouvelle station-service et aux utilisateurs de la station-service une vue directe sur les alentours ;

* elle méconnaît les dispositions de l'article Uy 8.2 du plan local d'urbanisme de la commune de Sèvremoine dès lors que le terrain d'assiette du projet se trouve dans une zone devant respecter un coefficient d'imperméabilisation maximal de 0,6 ; la notice descriptive du projet reçue en mairie le 18 janvier 2023 indique que le coefficient d'imperméabilisation actuel est de 0,82 et qu'il sera, après réalisation du projet, de 0,59, alors que selon la notice descriptive du projet reçue en mairie le 10 janvier 2023, le coefficient d'imperméabilisation serait de 0,72 et non 0,59.

Par un mémoire en défense enregistré le 20 mars 2023, la société par actions simplifiée (SAS) " LANDRISE ", représenté par Me Guillini, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge solidaire des requérants la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable : les requérants ne font aucune démonstration circonstanciée de l'atteinte prétendument portée aux conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de leurs biens ; leurs maisons d'habitation respectives sont situées à une soixantaine de mètres de la future construction édifiée en fond de parcelle et leurs parcelles sont séparées de la parcelle d'assiette du projet par une voie départementale à double sens de circulation ; la seule visibilité de la construction projetée, étant rappelé que la seule visibilité de la construction projetée ne suffit pas à caractériser une atteinte aux conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien occupé ; en tout état de cause, les photographies prises par les requérants démontrent que la future station-service ne sera pas visible depuis leurs maisons d'habitation mais seulement depuis la limite de leurs parcelles ; la station-service sera largement dissimulée par un écran paysager, de sorte qu'elle sera très peu visible depuis l'autre côté de la route départementale, l'auvent de la station-service présentant une hauteur de seulement 4,40 mètres ; la maison d'habitation de M. et A D, de sorte qu'il n'existe pas de vue directe sur la RD91 et, partant, sur le terrain d'assiette du projet ; les ouvertures de la maison d'habitation de A F et de M. E donnent sur la sortie du rond-point Gustave Eiffel, et non directement sur la future construction ; les requérants n'établissent pas en quoi la réalisation de la station-service, dans cette importante zone d'activités économiques existante, serait en soi susceptible d'entraîner un accroissement du trafic sur la RD91, ni que cette augmentation du trafic, à la supposer importante, serait de nature à avoir une incidence sur la sécurité routière ; si les considérations tenant au risque lié à la construction d'une installation classée pour la protection de l'environnement (ICPE) pourraient éventuellement fonder un intérêt à agir à l'encontre de la déclaration correspondante déposée au titre de la réglementation des ICPE elles sont en revanche inopérantes s'agissant d'une autorisation d'urbanisme, en vertu du principe d'indépendance des législations ;

- aucun des moyens soulevés n'est propre à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

* l'article L. 122-1 III du code de l'environnement n'a pas été méconnu dès lors que les deux projets, qui ont été autorisés par deux permis de construire délivrés respectivement à deux maîtres d'ouvrage distincts, ont vocation à être réalisés sur deux sites différents et répondent à des finalités également différentes ; la seule circonstance que l'ensemble commercial et la future station-service seront exploités sous la même enseigne commerciale n'est pas de nature à établir que les deux projets devraient pour autant être regardés comme un " projet global " au sens du code de l'environnement, dans la mesure où il n'existe pas entre eux d'unité physique ni fonctionnelle susceptible d'engendrer des incidences cumulées sur l'environnement et la santé humaine qui nécessiteraient de faire l'objet d'une évaluation environnementale globale ; le projet d'extension du centre commercial " Intermarché " emportera la création de 49 places de stationnement seulement et non 54 ;

* la régularité du dossier est appréciée par la jurisprudence dans son ensemble, de sorte que d'éventuelles insuffisances, inexactitudes ou omissions, ne sont susceptibles d'entacher d'illégalité la décision que dans le cas où celles-ci ont exercé une influence sur l'appréciation portée par l'autorité administrative ; l'entrée sur le terrain d'assiette de la future station-service se fera exclusivement via la rue André Ampère et la sortie via la rue Léonard de Vinci ; si les plans font apparaître que le projet aurait vocation à être desservi par un troisième accès qui déboucherait sur le parking de la construction édifiée sur la parcelle voisine, il s'agit cependant d'une erreur matérielle qui n'a pas été de nature à induire en erreur le service instructeur dans la mesure où cet accès, qui déboucherait sur la propriété d'un tiers, est inexistant aujourd'hui et n'a pas davantage été autorisé, la commune de Sèvremoine étant parfaitement informée de ce que cet accès supplémentaire, qui n'est en rien indispensable au projet, n'a été qu'envisagé comme étant une possibilité pour l'avenir ; la notice architecturale comprend par ailleurs une vue satellite du terrain dans son environnement qui fait bien apparaître les constructions avoisinantes et, plus particulièrement, les propriétés des requérants et s'agissant de l'insertion architecturale du projet dans son environnement proche, il est précisé que le long de la RD91 et le long de la rue Léonard de Vinci, un écran paysager sera créé pour préserver les paysages environnants et atténuer l'impact visuel du projet ; en outre, non seulement le dossier de demande comprend une vue satellite du terrain d'assiette du projet mais également plusieurs photographies de celui-ci dans son environnement proche et lointain ainsi qu'une vue d'insertion du projet dans son environnement qui fait apparaître que la future construction sera en grande partie dissimulée derrière un écran paysager ; enfin, il ne résulte pas des dispositions de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme, qui ne concernent pas la construction de l'installation mais sa future exploitation, que la notice architecturale du projet doive évoquer la question d'un confinement en cas de rejets dans les milieux naturels ou les parcelles voisines et la station-service a fait l'objet à cet égard d'une déclaration préalable au titre de la législation relative aux ICPE, procédure dans le cadre de laquelle il a été vérifié que l'installation projetée respectait bien les prescriptions ministérielles et préfectorales applicables à ce type d'installations en matière de sécurité ; en tout état de cause, le projet prévoit la réalisation d'équipements techniques permettant de traiter les eaux pluviales des aires de distribution et de dépotage des carburants ;

* s'agissant de la méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, sur laquelle le juge administratif exerce un contrôle restreint, il convient de souligner que les maisons d'habitation des requérants sont situées à environ une soixantaine de mètres de la station-service projetée, dont elles seront en outre séparées par une voie départementale à double sens et un écran paysager, de sorte que les distances minimales d'implantation à respecter pour l'implantation d'une station-service vis-à-vis de constructions à usage d'habitation prescrites par arrêtés ministériels, qui sont comprises entre 13 et 19 mètres, sont donc ici parfaitement respectées ; les éventuels risques d'accidents et d'incidents sont par ailleurs à la fois extrêmement limités et peu probables, ce qui explique que ce type d'installations est soumis à simple déclaration au titre de la réglementation ICPE ; compte tenu des normes générales fixées par arrêtés ministériels qui imposent à ce type d'installations des valeurs limites d'émission en matière d'odeurs, de pollutions et/ou de bruit, rien n'interdit en soi d'implanter une station-service à proximité d'habitations et de très nombreuses stations-service sont d'ailleurs implantées en zone urbaine dense ;

* dans la mesure où il n'est pas tenu compte des installations de distribution de carburants dans le calcul de la surface de vente au sens de la législation de l'urbanisme commercial, la station-service projetée est bien admissible au sein de la zone Uya4 du PLU dès lors qu'elle ne développe pas de surface de vente à proprement parler ;

* la future station-service a vocation à s'implanter au sein d'une zone déjà spécialement dédiée aux activités économiques, et notamment aux activités commerciales, tertiaires et de services, où l'admission des constructions à usage d'habitation est strictement encadrée ;

* l'article Uy 2.2 du PLU n'a pas été méconnu : la future station-service a bien fait l'objet d'une déclaration au titre de la réglementation des installations classées, dans le cadre de laquelle elle s'est engagée à respecter les prescriptions définies dans les arrêtés ministériels ainsi que les prescriptions complémentaires éventuellement définies par arrêté préfectoral, tenant à la sécurité (notamment contre le risque incendie), à la réduction des incidences des installations sur l'environnement et la santé humaine et plus généralement à la limitation des nuisances (notamment avec des valeurs limites d'émissions de pollutions, bruit et/ou d'odeur) ;

* l'article Uy 5.2 du PLU n'a pas été méconnu : non seulement la végétation existante sera conservée mais il est également prévu d'y ajouter 32 spécimens d'arbres et d'arbustes, de sorte que la future station-service, dont l'auvent présentera une hauteur de 4,40 mètres seulement, sera très peu visible depuis la RD91 et la rue Léonard de Vinci ;

* l'article Uy 8.2 du PLU n'a pas été méconnu : ainsi que cela résulte de la notice architecturale dans sa version finalisée, reçu en mairie le 18 janvier 2023, le coefficient d'imperméabilisation du terrain d'assiette du projet sera de 0,59 (au lieu de 0,82 actuellement), soit en-deçà du coefficient d'imperméabilisation maximum fixé par le PLU de la commune de Sèvremoine à 0,6 ; le projet a en effet été modifié en vue de créer finalement non pas 970,32 m² mais 1 421,50 m² d'espaces verts, afin de réduire le coefficient d'imperméabilisation des sols et de se conformer ainsi aux dispositions de l'article Uy 8.2 ainsi qu'au plan de zonage d'assainissement pluvial de " Saint-André-de-la-Marche ", qui fixe le coefficient maximal d'imperméabilisation à 0,6 sur ce secteur.

Par un mémoire en défense enregistré le 20 mars 2023, la commune de Sèvremoine, représentée par Me Rouhaud, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge solidaire des requérants la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- le recours au fond présenté par les requérants est irrecevable faute pour ces derniers de démontrer un intérêt à agir : au regard du contexte urbain existant dans lequel s'insère le projet, les requérants ne font pas état d'éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir qu'une atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de leurs biens ;

- aucun des moyens soulevés par les requérants n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

* le projet de station-service n'emporte pas création d'une aire de stationnement ouverte au public et n'entre donc pas dans la rubrique 41 de l'annexe à l'article R. 122-2 du code de l'environnement ; le projet d'extension du supermarché existant, autorisé par arrêté du 11 juillet 2022, n'est pas situé dans le prolongement du projet de station-service autorisé, une unité foncière séparant clairement l'emprise du projet d'extension du supermarché existant de l'emprise du projet de station-service, de sorte que ces deux projets qui doivent être réalisés sur deux sites différents, répondent à des finalités également différentes et ne sont pas liés au plan fonctionnel, ne peuvent en aucun cas être considérés comme une seule et unique opération globale ; en tout état de cause, le formulaire CERFA de la demande de permis de construire afférente au projet d'extension du supermarché existant indique que 49 emplacements de stationnement seront créés dans le cadre de ce projet et, si la notice de sécurité annexée à cette demande fait mention de " 54 places supplémentaires, il convient de tenir compte de ce que la création de la station-service conduira à la suppression d'au moins 26 emplacements de stationnement, de sorte que le nombre d'emplacements de stationnement supplémentaires ouverts au public dans le cadre des deux projets autorisés est bien inférieur à 50 ;

* le juge administratif apprécie la complétude du dossier en le considérant dans son ensemble et l'amorce de voie apparaissant sur certains plans, qui constitue une erreur matérielle, n'a pas pu fausser l'appréciation de l'administration ; le projet implique explicitement la création d'un écran paysagé ; le document graphique d'insertion permet sans difficulté d'apprécier l'insertion du projet ; en ce qui concerne les moyens de confinement adaptés en cas de rejets vers les milieux naturels ou les parcelles voisines, de telles informations ne sont pas exigées par les textes applicables ;

* la décision litigieuse a été signée par une autorité compétente pour ce faire ;

* l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme n'a pas été méconnu : le projet est situé à une cinquantaine de mètres des habitations les plus proches, dont il est séparé par une route départementale, de sorte que le risque d'atteinte aux biens des requérants est tout à fait hypothétique ; la distance qui sépare le projet des habitations ainsi que l'écran paysager qui doit être créé sont de nature à éviter tout risque lié aux niveaux de benzène et de l'hydrocarbure n-hexane dans l'air ; la demande de permis précise expressément que deux appareils à incendie seront créés et le SDIS a au demeurant émis un avis favorable dans ce dossier, estimant que le risque d'incendie était maîtrisé ; les allégations relatives aux risques liés à la réalisation des travaux ne sont pas étayées ;

* l'article Uy 2.1 du PLU n'a pas été méconnu : le projet ne développe pas de surface de vente et n'est donc pas concerné par les dispositions limitant les nouvelles constructions ayant la sous destination " artisanat et commerce de détail " ;

* l'article Uy 2.2 du PLU n'a pas été méconnu : le projet prévoit la réalisation d'un écran paysager, qui sera de nature à atténuer les nuisances visuels, sonores et le cas échéant olfactives du projet, et implique la réalisation d'équipements techniques permettant de traiter les eaux pluviales des aires de distribution et de dépotage des carburants, ainsi que des appareils à incendie ;

* l'article Uy 5.2 du PLU n'a pas été méconnu : le plan de masse fait apparaître cet écran paysager dont il n'est pas démontré qu'il comporterait de nombreuses percées laissant passer le regard ;

* l'article Uy 8.2 du PLU n'a pas été méconnu : le terrain d'assiette du projet est d'ores et déjà imperméabilisé et, à supposer même qu'il faille retenir les chiffres énoncés par les requérants, correspondant à un coefficient d'imperméabilisation de 0,72, le projet a quoi qu'il en soit bien pour objet et pour effet de rendre l'immeuble plus conforme aux dispositions réglementaires méconnues ; les chiffres à prendre en compte sont ceux figurant dans le document PC 4 reçu en mairie le 18 janvier 2023, qui fait apparaître que le coefficient fixé à 0,6 est bien respecté.

Vu :

- les pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 28 février 2023 sous le numéro 2303007 par laquelle M. et A D, A F et M. E demandent l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné A Le Barbier, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 21 mars 2023 à 14 heures 30 :

- le rapport de A Le Barbier, juge des référés,

- les observations de Me Le Borgne, avocat de M. et A D, A F et M. E, présents à l'audience,

- les observations de Me Rouhaud, représentant la commune de Sèvremoine,

- et les observations de Me Gatel, substituant Me Guillini, représentant la SAS " LANDRISE ".

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. et A D, A F et M. E, demandent au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution du permis de construire n° PC 049301 22 H0143 du 23 janvier 2023 délivré au bénéfice de la société par actions simplifiée (SAS) " LANDRISE " pour la création d'une station-service avec auvent et local technique sur un terrain sis rue André Ampère et rue Léonard de Vinci à Saint-André-de-la-Marche dans la commune de Sèvremoine (49450) sur les parcelles cadastrées section 264 B, numéros 2398 et 2432, d'une superficie totale de 3 514 m2.

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

3. Aucun des moyens invoqués par M. et A D, A F et M. E, tels qu'énoncés dans les visas de cette ordonnance, ne paraît, en l'état de l'instruction, de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision litigieuse.

4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la recevabilité de la requête ni d'apprécier la condition d'urgence, que les conclusions à fin de suspension de M. et A D, A F et M. E doivent être rejetées.

Sur les frais d'instance :

5. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge solidaire de la commune de Sèvremoine et de la société " LANDRISE ", qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que les requérants demandent au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.

6. D'autre part, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge solidaire de M. et A D, A F et M. E, les sommes que demandent respectivement la commune de Sèvremoine et la société " LANDRISE " au titre des frais exposés par elles et non compris dans les dépens.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. et A D, A F et M. E est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Sèvremoine au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Les conclusions présentées par la société " LANDRISE " au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. H D, à A G D, à A B F, à M. C E, à la commune de Sèvremoine et à la société par actions simplifiée " LANDRISE ".

Fait à Nantes, le 27 mars 2023

La juge des référés,

M. I

La greffière,

M-C. MinardLa République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre

les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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