samedi 29 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2303336 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | RENAUD |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête n° 2303336 enregistrée le 7 mars 2023, M. C A et Mme E D épouse A, représentés en dernier lieu par Me Le Brun, demandent au tribunal :
1°) d'annuler les arrêtés du 16 août 2022 par lesquels le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de leur délivrer des titres de séjour, leur a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique, à titre principal, de leur délivrer des titres de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de leurs demandes de titres de séjour, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, et de leur délivrer, dans l'attente, des autorisations provisoires de séjour dans un délai de sept jours à compter de la notification de la décision, sous astreinte, pour l'ensemble de ces mesures, de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à leur conseil d'une somme de 1 500 euros en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
Sur les décisions portant refus de séjour :
- elles ne sont pas suffisamment motivées ; l'absence d'attention particulière portée par le préfet sur leur enfant né et scolarisé en France révèle un défaut d'examen préalable réel et sérieux de leur situation ;
- le préfet a méconnu les articles L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3 paragraphe 1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ; il a commis une erreur de droit, une erreur de fait et une erreur manifeste d'appréciation ; l'article 2.1.1 de la circulaire n° NOR INTK1229185C encourage l'autorité préfectorale à admettre au séjour les parents d'enfants scolarisés ; présents sur le territoire français depuis 2015, ils sont parents de deux enfants nés en France, y ayant toujours résidé et dont l'un est scolarisé ; le centre de leur vie familiale se situe en France ; leur intégration dans ce pays est particulièrement réussie comme l'atteste la promesse d'embauche dont dispose M. A ;
- le préfet a méconnu l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et commis une erreur manifeste d'appréciation ; M. A justifie d'une promesse d'embauche qui lui permettra d'obtenir des ressources dès qu'il sera autorisé à travailler ;
Sur les décisions portant obligation de quitter le territoire français :
- elles ne sont pas suffisamment motivées ;
- ils sont fondés à exciper de l'illégalité des décisions portant refus de séjour ;
- le préfet a commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de ses décisions sur leur situation personnelle ;
Sur les décisions fixant le pays de destination :
- elles ne sont pas suffisamment motivées ;
- ils sont fondés à exciper de l'illégalité des décisions portant refus de séjour.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 mars 2024, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par les requérants n'est fondé.
Un mémoire complémentaire, enregistré le 28 mai 2024, a été présenté par les époux A et n'a pas été communiqué.
M. A a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 février 2023.
II. Par une requête n° 2303455 enregistrée le 9 mars 2023, M. C A et Mme E D épouse A, représentés en dernier lieu par Me Le Brun, demandent au tribunal :
1°) d'annuler les arrêtés du 16 août 2022 par lesquels le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de leur délivrer des titres de séjour, leur a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique, à titre principal, de leur délivrer des titres de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de leurs demandes de titres de séjour, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, et de leur délivrer, dans l'attente, des autorisations provisoires de séjour dans un délai de sept jours à compter de la notification de la décision, sous astreinte, pour l'ensemble de ces mesures, de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à leur conseil d'une somme de 1 500 euros en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
Sur les décisions portant refus de séjour :
- elles ne sont pas suffisamment motivées ; l'absence d'attention particulière portée par le préfet sur leur enfant né et scolarisé en France révèle un défaut d'examen préalable réel et sérieux de leur situation ;
- le préfet a méconnu les articles L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3 paragraphe 1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ; il a commis une erreur de droit, une erreur de fait et une erreur manifeste d'appréciation ; l'article 2.1.1 de la circulaire n° NOR INTK1229185C encourage l'autorité préfectorale à admettre au séjour les parents d'enfants scolarisés ; présents sur le territoire français depuis 2015, ils sont parents de deux enfants nés en France, y ayant toujours résidé et dont l'un est scolarisé ; le centre de leur vie familiale se situe en France ; leur intégration dans ce pays est particulièrement réussie comme l'atteste la promesse d'embauche dont dispose M. A ;
- le préfet a méconnu l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et commis une erreur manifeste d'appréciation ; M. A justifie d'une promesse d'embauche qui lui permettra d'obtenir des ressources dès qu'il sera autorisé à travailler ;
Sur les décisions portant obligation de quitter le territoire français :
- elles ne sont pas suffisamment motivées ;
- ils sont fondés à exciper de l'illégalité des décisions portant refus de séjour ;
- le préfet a commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de ses décisions sur leur situation personnelle ;
Sur les décisions fixant le pays de destination :
- elles ne sont pas suffisamment motivées ;
- ils sont fondés à exciper de l'illégalité des décisions portant refus de séjour.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 mars 2024, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par les requérants n'est fondé.
Un mémoire complémentaire, enregistré le 28 mai 2024, a été présenté par les époux A et n'a pas été communiqué.
Mme A a été admise à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 février 2023.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- l'accord du 17 mars 1988 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République de Tunisie en matière de séjour et de travail ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Martin, président-rapporteur, a été entendu au cours de l'audience publique du 5 juin 2024.
Considérant ce qui suit :
1. M. A et Mme A, ressortissants tunisiens nés respectivement les 5 janvier 1982 et 17 juin 1992, mariés en Tunisie en 2014, sont entrés irrégulièrement en France en septembre 2015. Mme A a donné naissance à un garçon, prénommé Badia, le 25 février 2017, à Nantes. Le 13 octobre 2021, les deux époux ont demandé chacun leur régularisation sur le fondement des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par deux arrêtés du 16 août 2022, le préfet de la Loire-Atlantique a rejeté leurs demandes, a fait obligation aux intéressés de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé la Tunisie comme pays de renvoi. Par les deux requêtes nos 2303336 et 2303455, rédigées en termes identiques, M. et Mme A demandent l'annulation de ces deux arrêtés du 16 août 2022.
Sur la jonction :
2. Les deux requêtes susvisées concernent les membres d'un même couple, tendent à l'annulation de décisions connexes et ont fait l'objet d'une instruction commune. Dès lors, il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".
4. Les arrêtes attaqués, en tant qu'ils portent refus de séjour, visent notamment l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et les articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ils retracent le parcours de M. et Mme A depuis leur entrée sur le territoire français et exposent de façon suffisamment détaillée les raisons pour lesquelles le préfet de la Loire-Atlantique a estimé que les intéressés ne pouvaient se voir délivrer un titre de séjour sur le fondement de l'un ou l'autre de ces articles. Dans ces conditions, les décisions attaquées portant refus de séjour doivent être regardées comme étant suffisamment motivées tant en droit qu'en fait. Il ressort de cette motivation que le préfet a bien procédé à un examen préalable approfondi de la situation des requérants.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, () ".
6. Les requérants se prévalent de l'ancienneté de leur présence en France, de près de sept ans à la date de la décision attaquée, de la scolarisation de leur premier enfant en école maternelle depuis septembre 2019, de la naissance à Nantes de leur second enfant le 8 août 2022, de leur bonne insertion sociale, de leur maitrise de la langue française, de leur respect des valeurs républicaines et des efforts accomplis par M. A pour s'insérer professionnellement. Celui-ci déclare travailler " au noir " dans le bâtiment et produit une promesse d'embauche d'un entrepreneur qui indique être prêt à le recruter comme jointoyeur à compter du mois de septembre 2021, sous réserve de sa régularisation. Toutefois, les requérants, arrivés en France en 2015, ont attendu six ans avant de solliciter des titres de séjour. Si leurs enfants sont nés en France et n'ont jamais vécu en Tunisie, ils étaient encore en bas-âge à la date des décisions attaquées et, par suite, aptes à s'intégrer dans le pays d'origine de leurs parents. La production par les époux A d'une seule attestation d'une amie française ne suffit pas à établir qu'ils disposeraient d'attaches anciennes, stables et durables sur le territoire français. Ainsi, en dépit de la promesse d'embauche dont a bénéficié M. A, de la signature, par l'auteur de cette promesse, le 9 juin 2021, d'une demande d'autorisation de travail et de la volonté, manifestée par les intéressés, de s'engager dans des démarches d'insertion, ces éléments ne suffisent pas à établir, dès lors que rien ne s'oppose à la reconstitution de la cellule familiale hors de France, que le préfet de la Loire-Atlantique aurait porté une atteinte disproportionnée au droit des requérants au respect de leur vie privée et familiale. Dans ces conditions, les moyens tirés par ces derniers de la méconnaissance de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste qu'aurait commise le préfet dans l'appréciation des conséquences de ses décisions sur leur situation personnelle doivent être écartés. En outre, M. et Mme A ne peuvent utilement se prévaloir des énonciations de la circulaire du ministre de l'intérieur du 28 novembre 2012 qui ne constituent que des orientations générales destinées à éclairer les préfets dans l'exercice de leur pouvoir de prendre des mesures de régularisation des étrangers en situation irrégulière, mesures de faveur au bénéfice desquelles ceux-ci ne peuvent faire valoir aucun droit.
7. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point précédent et dès lors que les décisions attaquées n'ont pas pour effet de séparer les requérants de leurs enfants, le moyen tiré de ce que le préfet de la Loire-Atlantique aurait méconnu l'intérêt supérieur des deux enfants du couple et ainsi méconnu l'article 3.1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ".
9. Portant sur la délivrance des catégories de cartes de séjour temporaire prévues par les dispositions auxquelles il renvoie, l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'institue pas une catégorie de titres de séjour distincte mais est relatif aux conditions dans lesquelles les étrangers peuvent être admis à séjourner en France soit au titre de la vie privée et familiale, soit au titre d'une activité salariée. Il fixe ainsi, notamment, les conditions dans lesquelles les étrangers peuvent être admis à séjourner en France au titre d'une activité salariée. Dès lors que l'article 3 de l'accord franco-tunisien prévoit la délivrance de titres de séjour au titre d'une activité salariée, un ressortissant tunisien souhaitant obtenir un titre de séjour au titre d'une telle activité ne peut utilement invoquer les dispositions de l'article L. 435-1 à l'appui d'une demande d'admission au séjour sur le territoire national, s'agissant d'un point déjà traité par l'accord franco-tunisien, au sens de l'article 11 de cet accord. Toutefois, si l'accord franco-tunisien ne prévoit pas, pour sa part, de semblables modalités d'admission exceptionnelle au séjour, il y a lieu d'observer que ses stipulations n'interdisent pas au préfet de délivrer un titre de séjour à un ressortissant tunisien qui ne remplit pas l'ensemble des conditions auxquelles est subordonnée sa délivrance de plein droit. Il appartient au préfet, dans l'exercice du pouvoir discrétionnaire dont il dispose sur ce point, d'apprécier, en fonction de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation.
10. Pour les raisons mentionnées au point 6, les éléments de la vie personnelle des requérants ne caractérisent pas des considérations humanitaires ou des motifs exceptionnels au sens de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par ailleurs, en tout état de cause, les requérants ne justifient pas non plus de l'existence de motifs exceptionnels leur permettant de prétendre à la délivrance d'un titre de séjour " salarié " sur le fondement des dispositions de cet article. Par suite, le préfet n'a pas manifestement méconnu les dispositions de cet article.
En ce qui concerne les décisions portant obligation de quitter le territoire français :
11. En premier lieu, l'ensemble des moyens soulevés à l'appui des conclusions tendant à l'annulation des décisions portant refus de titre de séjour, opposées aux requérants, étant écartés, ces derniers ne sont pas fondés à exciper de l'illégalité de ces décisions à l'appui de leurs conclusions dirigées contre les décisions portant obligation de quitter le territoire français.
12. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () / 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; () ". Aux termes de l'article L. 613-1 de ce code : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. ".
13. Comme il a été dit au point 4, les décisions portant refus de séjour, opposées aux époux A par les arrêtés attaqués, sont suffisamment motivées. En application des dispositions citées au point précédent, les décisions portant obligation de quitter le territoire français prises à leur encontre, fondées sur le 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, n'avaient pas à faire l'objet d'une motivation distincte. Le moyen tiré de l'insuffisante motivation de ces obligations doit, par suite, être écarté.
14. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier et il résulte de ce qui a été dit au point 6 que le préfet de la Loire-Atlantique n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de ses décisions sur la situation personnelle des époux A.
En ce qui concerne les décisions fixant le pays de destination :
15. En premier lieu, l'ensemble des moyens soulevés à l'appui des conclusions tendant à l'annulation des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français, opposées aux requérants, étant écartés, ces derniers ne sont pas fondés à exciper de l'illégalité de ces décisions à l'appui de leurs conclusions dirigées contre les décisions portant fixation du pays de destination.
16. En second lieu, les arrêtés attaqués, en tant qu'ils fixent le pays de destination, mentionnent la nationalité des époux A, visent l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et précisent que les intéressés n'établissent pas que leur vie ou leur liberté seraient menacées dans leur pays d'origine ou qu'ils y seraient exposés à des peines ou des traitements inhumains contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Ces décisions comportent ainsi un énoncé suffisant des motifs de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elles sont, dès lors, suffisamment motivées.
17. Il résulte de tout ce qui précède que les époux A ne sont pas fondés à demander l'annulation des arrêtes attaqués du 16 août 2022.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
18. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction présentées par les époux A doivent être rejetées.
Sur les frais liés aux instances :
19. Les dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que les sommes demandées par les requérants au profit de leur conseil au titre des frais exposés et non compris dans les dépens soient mises à la charge de l'Etat qui n'a pas la qualité de partie perdante dans les présentes instances.
D É C I D E :
Article 1er : Les requêtes nos 2303336 et 2303455 de M. A et Mme A sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à Mme E D épouse A, au préfet de la Loire-Atlantique et à Me Le Brun.
Délibéré après l'audience du 5 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Luc Martin, président,
M. Xavier Catroux, premier conseiller,
Mme Justine-Kozue Kubota, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 juin 2024.
Le président-rapporteur,
L. MARTIN
L'assesseur le plus ancien
X. CATROUX
La greffière,
V. MALINGRE
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
V. MALINGRE
Nos2303336, 2303455
hm
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026