mercredi 13 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2303337 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | OQTF 6 semaines - 5ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL LEVY AVOCAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 mars 2023, M. A B, représenté par Me Levy, demande au Tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 20 janvier 2023 par lequel le préfet de Maine-et-Loire a décidé de retirer son attestation de demande d'asile, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la compétence de sa signataire n'est pas établie ;
- sa motivation est insuffisante ;
- le préfet a méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; il réside en France depuis le 3 mai 2021 ; il travaille depuis 2022 et a refait sa vie ;
- le préfet a méconnu l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; il peut légitimement craindre pour son intégrité physique en cas de retour en Côte d'Ivoire ; la décision attaquée contrevient à son droit au respect de sa vie privée et familiale mais également à sa sécurité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 juin 2023, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu la décision du bureau d'aide juridictionnelle en date du 15 novembre 2023 prononçant l'admission de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du Tribunal a désigné M. Martin, vice-président, pour statuer sur les requêtes relevant des procédures prévues aux articles L. 614-1 à L. 614-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Martin, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique du 3 novembre 2023.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant ivoirien né le 1er janvier 1977, déclare être entré irrégulièrement en France le 3 mai 2021. Il a déposé une demande d'asile qui a été rejetée par une décision du directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 10 septembre 2021. Ce rejet a été confirmé par une décision de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) du 13 décembre 2022. Par un arrêté du 20 janvier 2023 pris sur le fondement du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet de Maine-et-Loire a fait obligation à M. B de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et désigné la Côte d'Ivoire comme pays de destination. M. B demande, par la présente requête, l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, Mme Magali Daverton, secrétaire générale de la préfecture de Maine-et-Loire, signataire de l'arrêté attaqué, a reçu délégation, par un arrêté du préfet du 31 août 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour, à l'effet de signer " tous arrêtés () relevant des attributions de l'Etat dans le département de Maine-et-Loire ", à l'exception de certains actes limitativement énumérés au nombre desquels ne figurent pas les obligations de quitter le territoire français et les décisions fixant le pays de destination. Le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué doit, dès lors, être écarté comme manquant en fait.
3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué, en tant qu'il oblige M. B à quitter le territoire français, vise l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, mentionne expressément qu'il a été pris en application des dispositions du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, rappelle le parcours suivi par M. B au titre de l'asile et précise les raisons pour lesquelles le préfet de Maine-et-Loire a estimé qu'il ne bénéficiait plus du droit de se maintenir sur le territoire français. Ce même arrêté expose la situation familiale de l'intéressé et en tire la conclusion que ses liens personnels et familiaux en France ne sont pas anciens, intenses et stables, compte tenu notamment du fait qu'il a vécu hors de France jusqu'à l'âge de 44 ans. Il ajoute que, dans ces conditions, il n'est pas porté une atteinte disproportionnée à sa situation personnelle et à sa vie familiale. En tant qu'il désigne le pays de renvoi, l'arrêté attaqué vise l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il fait état de la nationalité ivoirienne de M. B et indique que celui-ci n'établit pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine. Il ajoute que, par ailleurs, l'OFPRA et la CNDA, confrontés à un défaut de preuves, ont rejeté pour ce motif la demande de reconnaissance du statut de réfugié engagée par M. B. Ainsi, l'arrêté attaqué comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, lesquelles permettaient au requérant de comprendre les motifs de la mesure d'éloignement prise à son encontre et de la fixation du pays de renvoi. Le moyen tiré du défaut de motivation de cet arrêté ne peut, dès lors, qu'être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ". M. B, célibataire sans enfant, est entré en France en mai 2021 pour y demander l'asile, en vain. Il fait valoir sa présence sur le territoire français depuis près de deux ans et précise qu'il " travaille depuis 2022 et a refait sa vie ". Il produit des fiches de paye et des attestations desquelles il ressort qu'il a travaillé ponctuellement en 2022 en tant que saisonnier agricole et manutentionnaire et qu'il s'est investi au sein de l'association Les Restos du Cœur, à Montrevault-sur-Evre, depuis le 6 juillet 2021, notamment en participant à la collecte, la récupération et la distribution de meubles. Il démontre, en particulier, s'être intégré dans une famille C qui l'héberge depuis janvier 2023, après qu'il a dû quitter le centre d'accueil de demandeurs d'asile dans lequel il était logé. Ce couple de personnes âgées envisagerait même d'engager une procédure d'adoption simple à son profit. Si l'intéressé justifie ainsi d'une insertion sociale particulièrement réussie, son arrivée sur le territoire français était encore récente à la date de l'arrêté attaqué. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il serait dépourvu de toute attache familiale en Côte d'Ivoire. Enfin, à la date de l'arrêté attaqué, il n'avait pas sollicité de carte de séjour à un autre titre que l'asile. Dans ces conditions, l'obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ne porte pas à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée et ne méconnait donc pas l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
5. En quatrième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
6. En se bornant à faire état de son statut d'opposant politique et de risques qu'il encourrait en cas de retour dans son pays d'origine, M. B, s'il justifie avoir été détenu à la maison d'arrêts et de correction d'Abidjan du 19 septembre 2002 au 9 août 2003, ne fait valoir aucune circonstance particulière de nature à établir, à la date de l'arrêté attaqué, la réalité et la gravité de ces risques, lesquels, au demeurant, n'ont pas été retenus par l'OFPRA et par la CNDA. Dès lors, le requérant n'établit pas qu'il se trouverait, en cas de retour en Côte d'Ivoire, personnellement exposé à un risque réel, direct et sérieux pour sa vie. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué du 20 janvier 2023.
Sur les conclusions à fin d'injonction et les frais liés au litige :
8. Les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B étant rejetées, ses conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées par voie de conséquence. De même, la demande présentée par le requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, tendant à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat, ne peut, dès lors que ce dernier n'est pas partie perdante dans la présente instance, qu'être rejetée.
D E C I D E
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au préfet de Maine-et-Loire et à Me Levy.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 décembre 2023.
Le magistrat désigné,
L. MARTIN La greffière,
V. MALINGRE La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire
en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
V. Malingre
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026