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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2303723

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2303723

mardi 16 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2303723
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantGOUACHE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 14 mars 2023 et 23 février 2024, M. C D, représenté par Me Gouache, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 21 février 2023 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque ce délai sera expiré ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler et de procéder au réexamen de sa demande de titre de séjour, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

S'agissant des moyens communs :

- il n'est pas établi que l'arrêté attaqué ait été signé par une autorité habilitée ;

S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle n'a pas été précédée d'un examen particulier de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'erreur de droit, dès lors que le préfet s'est cru tenu de rejeter sa demande de titre de séjour ;

- elle méconnaît les articles L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et 3 de l'accord franco-marocain ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour la prive de base légale ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

S'agissant de la décision fixant le pays de destination :

- l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français la prive de base légale.

Par un mémoire en défense enregistré le 30 janvier 2024, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête. Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.

M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 28 mars 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement du royaume du Maroc en matière de séjour et d'emploi du 9 octobre 1987 ;

- le code du travail ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Cantié,

- et les observations de Me Soreau, substituant Me Gouache, représentant M. D.

Considérant ce qui suit :

1. M. D, ressortissant marocain né le 11 février 1993, entré en France le 26 octobre 2019 sous couvert d'un visa de long séjour en qualité de travailleur saisonnier, s'est vu délivrer un titre de séjour en qualité de travailleur saisonnier. Il a sollicité par la suite son changement de statut et la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " salarié ". Par un arrêté du 21 février 2023, dont l'intéressé demande l'annulation, le préfet de la Loire-Atlantique a refusé son admission au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque ce délai sera expiré.

Sur le moyen commun aux décisions attaquées :

2. Par un arrêté du 30 janvier 2023, régulièrement publié le même jour au recueil des actes de la préfecture, le préfet de la Loire-Atlantique a donné délégation à Mme E, cheffe du bureau du séjour à la préfecture de la Loire-Atlantique, signataire de l'arrêté attaqué, à l'effet de signer notamment les décisions relatives au séjour des étrangers, les mesures d'éloignement ainsi que les décisions connexes, en cas d'absence ou d'empêchement de Mme B, directrice des migrations et de l'intégration, et de M. A, son adjoint. Dès lors qu'il n'est pas établi que ces derniers n'auraient pas été simultanément absents ou empêchés le jour de la signature de l'arrêté litigieux, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de cet acte doit, par suite, être écarté.

Sur les autres moyens de la requête :

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

3. En premier lieu, l'arrêté attaqué vise les textes dont il est fait l'application, notamment les articles 3 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 et L. 421-1, L. 423-23, L. 421-34 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. S'il ne mentionne pas l'ensemble des éléments relatifs à la situation professionnelle du requérant, il fait état de ce que M. D ne justifie pas d'un visa de long séjour, ni d'un contrat de travail visé par l'autorité administrative, et que, dans ces conditions et pour ces seuls motifs, il ne remplit pas les conditions relatives à l'obtention d'une carte de séjour portant la mention " salarié ". Par ailleurs, il ne ressort ni de ces motifs, ni des autres pièces du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. D. Enfin, il ressort des motifs de la décision litigieuse que le préfet de la Loire-Atlantique a effectivement examiné la demande de M. D sur le fondement de l'article 3 de l'accord franco-marocain, au titre de son pouvoir de régularisation et au regard de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il suit de là que les moyens tirés de l'insuffisante motivation du refus litigieux, de ce que celui-ci n'aurait pas été précédé d'un examen complet de la situation du demandeur et de ce que le préfet se serait cru tenu de rejeter la demande de titre de séjour de M. D doivent être écartés.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 : " Les ressortissants marocains désireux d'exercer une activité professionnelle salariée en France, pour une durée d'un an au minimum () reçoivent après le contrôle médical d'usage et sur présentation d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes, un titre de séjour valable un an renouvelable et portant la mention " salarié " (). ". L'article 9 du même accord stipule que : " Les dispositions du présent accord ne font pas obstacle à l'application de la législation des deux Etats sur le séjour des étrangers sur tous les points non traités par l'accord () ". L'accord franco-marocain renvoie ainsi, sur tous les points qu'il ne traite pas, à la législation nationale, en particulier aux dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et du code du travail pour autant qu'elles ne sont pas incompatibles avec les stipulations de l'accord et nécessaires à sa mise en œuvre.

5. Aux termes de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui exerce une activité salariée sous contrat de travail à durée indéterminée se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " d'une durée maximale d'un an./ La délivrance de cette carte de séjour est subordonnée à la détention préalable d'une autorisation de travail, dans les conditions prévues par les articles L. 5221-2 et suivants du code du travail () ". Selon l'article L. 421-2 de ce code : " Par dérogation à l'article L. 433-6, l'étranger qui sollicite la délivrance d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " salarié " et qui est titulaire d'une carte de séjour délivrée pour un autre motif bénéficie d'une carte de séjour temporaire d'une durée d'un an portant la mention demandée lorsque les conditions de délivrance de cette carte sont remplies. A l'expiration de la durée de validité de cette carte, s'il continue à en remplir les conditions de délivrance, il bénéficie, à sa demande, d'une carte de séjour pluriannuelle portant la même mention. Lorsque l'étranger sollicite la délivrance d'une première carte de séjour pluriannuelle dans les conditions prévues au présent article, il doit en outre justifier du respect des conditions prévues au 1° de l'article L. 433-4 ". Aux termes de l'article L. 412-1 du même code : " Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues aux articles L. 412-2 et L. 412-3, la première délivrance d'une carte de séjour temporaire () est subordonnée à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 411-1 ".

6. Il résulte de la combinaison des textes précités que si la première délivrance d'une carte de séjour temporaire est, en principe, sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues par la loi, subordonnée à la production par l'étranger d'un visa d'une durée supérieure à trois mois, il en va différemment pour l'étranger déjà admis à séjourner en France et qui sollicite le renouvellement, même sur un autre fondement, de la carte de séjour temporaire dont il est titulaire. Toutefois, l'étranger admis à séjourner en France pour l'exercice d'un emploi à caractère saisonnier en application des dispositions de l'article L. 421-34 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, est titulaire à ce titre de la carte de séjour pluriannuelle portant la mention " travailleur saisonnier ", lui donnant le droit de séjourner et de travailler en France pendant la ou les périodes qu'elle fixe et qui ne peut dépasser une durée cumulée de six mois par an, et lui imposant ainsi de regagner, entre ces séjours, son pays d'origine où il s'engage à maintenir sa résidence habituelle. Dans ces conditions, sa demande de délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " d'une durée d'un an doit être regardée comme portant sur la délivrance d'une première carte de séjour temporaire qui reste subordonnée pour les ressortissants marocains, en vertu de l'article 9 de l'accord franco-marocain, d'une part à la condition de la production d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes et, d'autre part, à la condition de la production par ces ressortissants d'un visa pour un séjour d'une durée supérieure à trois mois.

7. Pour refuser de délivrer le titre de séjour sollicité par M. D, le préfet de la Loire-Atlantique lui a notamment opposé la circonstance qu'en sa qualité de titulaire d'un visa de long séjour en qualité de " travailleur saisonnier ", ce dernier s'est engagé à tenir sa résidence habituelle hors de France, conformément aux dispositions de l'article L. 421-34 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et, alors qu'il n'a pas respecté cette condition, il ne pouvait être regardé comme justifiant d'un visa de long séjour.

8. Aucun texte ni aucun principe ne prévoit qu'en cas de maintien sur le territoire, le visa de long séjour délivré en qualité de travailleur saisonnier doit être regardé comme caduque. Par suite, un ressortissant marocain titulaire d'un titre de séjour portant la mention " travailleur saisonnier " sollicite, s'il s'y croit fondé, la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " salarié " sur le fondement des stipulations de l'article 3 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987. En rejetant la demande de changement de statut de M. D au motif que, compte tenu de la nature spécifique du visa de long séjour délivré en qualité de " travailleur saisonnier " dont il était titulaire, l'intéressé, qui n'en avait pas respecté les conditions, ne pouvait pas justifier d'un visa de long séjour, le préfet de la Loire-Atlantique a commis une erreur de droit.

9. Toutefois, pour rejeter la demande de l'intéressé de délivrance d'un titre de séjour portant la mention " salarié ", le préfet s'est également fondé sur le motif tiré de ce que le demandeur ne justifiait pas d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes. Si M. D soutient que la décision attaquée méconnaît les stipulations de l'article 3 de l'accord franco-marocain dès lors qu'il justifie d'un contrat à durée indéterminée, cette seule circonstance ne permet pas d'établir qu'il remplissait les conditions lui permettant de se voir attribuer le titre de séjour sollicité, en l'absence de l'obtention d'une autorisation de travail. Par suite, le préfet n'a méconnu ni les stipulations de l'article 3 de l'accord franco-marocain ni les dispositions de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en retenant le motif tiré de l'absence de contrat de travail visé par les autorités compétentes. Il ressort des pièces du dossier qu'il aurait pris la même décision en se fondant exclusivement sur ce motif.

10. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ". Dès lors que l'article 3 de l'accord franco-marocain prévoit la délivrance de titres de séjour au titre d'une activité salariée, un ressortissant marocain souhaitant obtenir un titre de séjour au titre d'une telle activité ne peut utilement invoquer les dispositions de l'article L. 435-1 du code à l'appui d'une demande d'admission au séjour sur le territoire national, s'agissant d'un point déjà traité par l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987, au sens de l'article 9 de cet accord. Toutefois, les stipulations de cet accord n'interdisent pas au préfet, dans l'exercice du pouvoir discrétionnaire dont il dispose sur ce point, d'apprécier, en fonction de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation à un ressortissant marocain qui ne remplirait pas les conditions auxquelles est subordonnée la délivrance de plein droit d'un titre de séjour en qualité de salarié.

11. Il ressort des pièces du dossier que M. D, a travaillé sous couvert d'un visa de long séjour en qualité de travailleur saisonnier de novembre 2019 à février 2020 en qualité d'ouvrier agricole puis, sous couvert d'un titre de séjour portant la mention " travailleur saisonnier " de septembre 2020 à mars 2021 en qualité de préparateur de commande et a conclu le 3 mars 2021 un contrat à durée indéterminée avec une société en qualité de préparateur de commande. S'il verse au dossier un courrier de ladite société du 9 janvier 2023 faisant état de son implication, sérieux et assiduité, ces circonstances ne sont pas suffisantes pour regarder la décision attaquée comme entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de l'intéressé.

12. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".

13. Il ressort des pièces du dossier que M. D justifie de plusieurs expériences professionnelles depuis 2019 en France en qualité d'ouvrier agricole puis préparateur de commandes ainsi que d'un contrat à durée indéterminée conclu en cette qualité le 3 mars 2021. Il justifie également, par la production de nombreuses attestations entretenir de bonnes relations avec ses collègues ainsi que ses deux sœurs présentes sur le territoire. Si ces circonstances témoignent d'une volonté d'intégration de M. D en France, il n'est pas contesté que ses attaches se situent principalement au Maroc où résident ses parents ainsi que ses six autres frères et sœurs et où il a vécu la majeure partie de son existence. Par ailleurs, l'intéressé est célibataire et sans charges de famille. Dans ces conditions, M. D n'est pas fondé à soutenir que la décision refusant son admission au séjour a porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts d'intérêt public en vue desquelles elle a été prise. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

14. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été dit précédemment, le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire prise à l'encontre de

M. D doit être écarté.

15. En second lieu, il y a lieu d'écarter, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 13, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

16. Compte tenu de ce qui a été dit ci-dessus, le requérant n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision d'éloignement prise à son encontre.

17. Il résulte de ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté qu'il conteste. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction sous astreinte et celles présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ne peuvent qu'être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C D, à Me Gouache et au préfet de la Loire-Atlantique.

Délibéré après l'audience du 26 mars 2024, à laquelle siégeaient :

M. Cantié, président,

Mme Martel, première conseillère,

M. Delohen, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 avril 2024.

Le président-rapporteur,

C. CANTIÉ

L'assesseure la plus ancienne

dans l'ordre du tableau,

C. MARTEL

La greffière,

C. DUMONTEIL

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

C. DUMONTEIL

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