mercredi 28 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2303761 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | POLLONO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 16 mars, 7 avril, 27 avril et 9 juin 2023, Mme C D, représentée par Me Pollono, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 14 février 2023 par lequel le préfet de Maine-et-Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour l'autorisant à travailler, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet de réexaminer sa situation et de la munir, pendant ce réexamen, d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil une somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
En ce qui concerne le refus de titre de séjour :
- il est entaché d'une erreur de droit dès lors que le préfet a ajouté une condition aux stipulations de l'article 9 de l'accord franco-togolais en excluant les enseignements à distance de la possibilité d'ouvrir un droit au séjour ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des stipulations de l'article 9 de l'accord franco-togolais ;
- il méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation du refus de séjour ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation du refus de séjour.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 juin 2023, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens invoqués par la requérante n'est fondé.
Mme D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 15 mai 2023.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République togolaise relative à la circulation et au séjour des personnes, signée à Lomé le 13 juin 1996 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
-le rapport de M. Marowski, premier conseiller,
- et les observations de Me Pavy, substituant Me Pollono, représentant Mme D.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, ressortissante togolaise née le 1er janvier 2002, est entrée régulièrement en France le 13 novembre 2020 sous couvert d'un visa long séjour valant titre de séjour " étudiant ", valable du 9 novembre 2020 au 8 novembre 2021. Elle en a sollicité le renouvellement auprès des services de la préfecture de Maine-et-Loire le 22 septembre 2021, sur le fondement de l'article 9 de l'accord franco-togolais, et une carte de séjour valable du 19 novembre 2021 au
18 novembre 2022 lui a été délivrée. Par la présente requête, elle demande au tribunal d'annuler la décision du 14 février 2023 par laquelle le préfet de Maine-et-Loire a refusé de lui renouveler son titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays de renvoi. Par une ordonnance du 22 mai 2023, le juge des référés du tribunal a suspendu l'exécution de cette décision.
Sur la légalité de la décision portant refus de renouvellement du titre de séjour :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 9 de convention entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République togolaise relative à la circulation et au séjour des personnes du 13 juin 1996 : " Les ressortissants de chacun des États contractants désireux de poursuivre des études supérieures ou d'effectuer un stage de formation dans des disciplines spécialisées qui n'existent pas dans l'État d'origine sur le territoire de l'autre État doivent, outre le visa de long séjour prévu à l'article 4, justifier d'une attestation d'inscription ou de préinscription dans l'établissement d'enseignement choisi, ou d'une attestation d'accueil de l'établissement où s'effectue le stage ainsi que, dans tous les cas, de moyens d'existence suffisants. Les intéressés reçoivent un titre de séjour temporaire portant la mention " étudiant ". Ce titre de séjour est renouvelé annuellement sur justification de la poursuite effective des études ou du stage et de la possession de moyens d'existence suffisants. "
3. Pour l'application de ces stipulations, il appartient à l'administration, saisie d'une demande de renouvellement d'une carte de séjour présentée en qualité d'étudiant, de rechercher, à partir de l'ensemble du dossier, si l'intéressé peut être raisonnablement regardé comme poursuivant effectivement en France des études.
4. Il ressort des pièces du dossier qu'au cours de l'année 2020/2021, Mme D était inscrite en classe préparatoire " parcours sciences humaines " à l'université catholique de l'Ouest à Angers et a validé son année, puis au titre de l'année 2022/2023, elle s'est inscrite en première année de licence " économie, gestion, et éthique de l'entreprise " au sein de la même université. Toutefois, alléguant un manque de professeurs et un défaut de communication dans cette université, Mme D s'est inscrite à une formation à distance dispensée par l'organisme Studi situé à Paris, du 24 octobre 2022 au 4 juillet 2023, en vue de l'obtention d'un brevet de technicien supérieur " communication ". L'attestation de suivi de cette formation produite au dossier par l'intéressée précise que la formation est délivrée à distance sur la plateforme de formation digitale de l'organisme de formation accessible du 24 octobre 2022 au 5 août 2023. D'une part, si Mme B A fait valoir par ailleurs que cette formation à distance nécessite sa présence en France pour y passer ses examens, en présentiel au mois de juillet 2023, elle n'établit pas qu'elle aurait été dans l'impossibilité d'obtenir le visa nécessaire pour venir passer cet examen en France. D'autre part, si elle soutient qu'elle doit réaliser un stage en milieu professionnel, il ressort du même dossier d'inscription fourni par l'intéressée que ce stage peut se dérouler à l'étranger. Un tel enseignement ne nécessite pas le séjour en France de l'étranger qui désire le suivre. Il en résulte qu'en refusant de renouveler la carte de séjour de Mme D au motif qu'elle était inscrite à des cours à distance, le préfet de Maine-et-Loire n'a commis ni erreur de droit ni erreur d'appréciation.
5. En deuxième lieu, Mme D, qui sollicite le renouvellement de son titre de séjour en qualité d'étudiante ne peut utilement soutenir que la décision attaquée méconnaîtrait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
6. En troisième lieu, la requérante peut suivre l'enseignement qu'elle a choisi à distance et réaliser son stage professionnel hors de France. Si elle fait valoir qu'elle a dû stopper son activité professionnelle suite à l'édiction de la décision attaquée, il ressort des pièces du dossier que Mme D n'a été admise à séjourner en France qu'afin de poursuivre ses études et que ce statut l'autorisait seulement à exercer une activité professionnelle accessoire à temps partiel. Par ailleurs, l'intéressée a été munie le 5 juin 2023 d'une autorisation provisoire de séjour valable jusqu'au
5 juillet 2023 lui permettant de passer ses examens de fin d'année prévus le 4 juillet 2023. Dans ces circonstances, elle n'est en tout état de cause pas fondée à soutenir que la décision serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle.
Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
7. Mme D n'ayant pas démontré l'illégalité de la décision portant refus de séjour, elle n'est pas fondée à s'en prévaloir, par la voie de l'exception, à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français.
Sur la légalité de la décision fixant le pays de destination :
8. Mme D n'ayant pas démontré l'illégalité de la décision portant refus de séjour, elle n'est pas fondée à s'en prévaloir, par la voie de l'exception, à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision fixant le pays de destination.
9. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme D doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D, à Me Fleur Pollono et au préfet de Maine-et-Loire.
Délibéré après l'audience du 14 juin 2023 à laquelle siégeaient :
Mme Loirat, présidente,
M. Gauthier, premier conseiller,
M. Marowski, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 juin 2023.
Le rapporteur,
Y. MAROWSKI
La présidente,
C. LOIRAT La greffière,
P. LABOUREL
La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026