jeudi 20 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2303817 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | OQTF 6 semaines - 6ème chambre |
| Avocat requérant | KHATIFYIAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 mars 2023, M. D A, représenté par Me Khatifyian, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 17 février 2023 par lequel le préfet de la Sarthe lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours, laquelle obligation fixe le pays de destination en cas de reconduite d'office à l'issue de ce délai et l'a obligé à remettre son passeport et à se présenter chaque mercredi à 9h30 au service des étrangers de la Sarthe ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Sarthe de de lui délivrer une autorisation de séjour l'autorisant à travailler ou à défaut de réexaminer sa situation administrative dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, et l'assortir d'une astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros à verser à Me Khatifyian, au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- il n'y a pas eu un examen de la situation personnelle du requérant ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Sur la décision fixant le délai de départ volontaire :
- elle est insuffisamment motivée ;
- l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne a été méconnu dès lors que les droits de la défense n'ont pas été respectés et que le requérant n'a pu présenter des observations préalables ;
- il n'a pas été tenu compte de sa situation personnelle et en particulier sa vie privée et familiale ;
- elle a été prise sur la base d'une obligation de quitter le territoire illégale ;
Sur la décision fixant le pays de destination :
- elle est entachée d'un défaut de base légale compte tenu de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- - elle méconnaît les dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
Sur la décision obligeant à remettre son passeport et à se présenter à la préfecture :
- elle sera annulée par voie de conséquence.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 juin 2023, le préfet de la Sarthe conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun moyen n'est fondé.
M. A été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 4 avril 2023.
Vu les pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'union européenne ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Giraud, vice-président, pour statuer sur les litiges visés à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Giraud, président, a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. D A, ressortissant togolais, né le 27 avril 1981, est entré régulièrement sur le territoire français le 18 février 2022. Sa demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA) le 25 juillet 2022 et par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 30 janvier 2023. Par arrêté du 17 février 2023, le préfet de la Sarthe lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, en application du 4° de l'article L. 611-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office à l'expiration de ce délai. M. A demande au Tribunal d'annuler cet arrêté du 31 décembre 2022.
Sur les conclusions dirigées contre l'obligation de quitter le territoire :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci ". L'arrêté attaqué est revêtu de la signature de son auteur et mentionne en caractères lisibles qu'il a été pris pour le préfet par M. C B, directeur délégué. Dès lors le moyen manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté comporte l'indication des raisons de droit comme de fait pour lesquelles son auteur a décidé de faire obligation à M. A de quitter le territoire français. Cet arrêté vise notamment les articles applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et constate que M. A est de nationalité togolaise, que la qualité de réfugiée lui a été refusée par l'OFPRA et la CNDA et que ses deux enfants mineurs ne vivent pas avec lui, en France, où il est entré récemment. Dès lors, cette décision est régulièrement motivée.
4. En troisième lieu, contrairement à ce qui est soutenu sans que cette allégation ne soit assortie d'éléments sérieux, et comme le révèle notamment, ce qui a été dit au point précédent, l'arrêté attaqué n'est pas entaché d'un défaut d'examen de la situation personnelle du requérant.
5. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
6. Il ressort des pièces du dossier que M. A est entré en France en février 2022. S'il fait valoir qu'il est de tempérament travailleur et curieux, qu'il maitrise la langue française et qu'il est respectueux des valeurs de la république, ces éléments ne permettent pas, à eux-seuls, d'établir que le préfet de la Sarthe aurait fait une appréciation disproportionnée de son droit à mener une vie privée et familiale normale en France, alors que le requérant a vécu 41 ans dans son pays d'origine où vivent ses deux enfants mineurs. Dès lors, le préfet de la Sarthe n'a pas porté une atteinte manifestement disproportionnée au droit de M. A garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Le préfet de la Sarthe et n'a pas davantage entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
Sur les conclusions dirigées contre la décision fixant le délai de départ volontaire, la décision fixant le pays de destination et la décision l'obligeant à remettre son passeport :
7. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que l'illégalité de la décision obligeant M. A à quitter le territoire français n'est pas établie. Par suite, le moyen tiré de l'exception d'illégalité dirigé contre les décisions fixant le délai de départ volontaire, le pays de destination ainsi que la remise de son passeport doit être écarté.
8. En deuxième lieu, la décision fixant le délai de départ volontaire comporte l'indication des motifs de droit et de fait qui la justifie. Dès lors le moyen tiré de ce qu'elle serait insuffisamment motivée manque en fait.
9. En troisième lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union ". Aux termes du paragraphe 2 de ce même article : " Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ".
10. Ainsi que la Cour de justice de l'Union européenne l'a jugé dans ses arrêts C-166/13 et C-249/13 des 5 novembre et 11 décembre 2014, le droit d'être entendu préalablement à l'adoption d'une décision de retour implique que l'autorité administrative mette le ressortissant étranger en situation irrégulière à même de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur les motifs qui seraient susceptibles de justifier que l'autorité s'abstienne de prendre à son égard une décision de retour. Il n'implique toutefois pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français ni sur chacune des décisions qui l'assortissent dès lors qu'il a pu être entendu sur la perspective de l'éloignement.
11. Enfin, une atteinte à ce droit n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle la décision faisant grief est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision, ce qu'il lui revient, le cas échéant, d'établir devant la juridiction saisie.
12. Le requérant été entendu sur l'irrégularité de son séjour à la suite du refus qui lui a été opposé par l'OFPRA et la CNDA de lui reconnaitre la qualité de réfugié. Il ne ressort pas des pièces du dossier que l'intéressé aurait sollicité en vain un entretien avec les services préfectoraux ni qu'il ait été empêché de s'exprimer avant que ne soit pris l'arrêté litigieux. Dès lors, M. A ne saurait être regardé comme ayant été privé de son droit d'être entendu.
13. En quatrième lieu, et comme il a été dit aux points 3 à 6 il a été tenu compte de la situation personnelle du requérant et en particulier sa vie privée et familiale.
14. En dernier lieu, le requérant ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance de l'article L. 612-10 du code de l'entrée eut du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'arrêté attaqué ne comporte pas de décision d'interdiction du territoire français.
15. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation, d'injonction, et présentées au titre des frais d'instance doivent, toutes, être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er :La requête de M. A est rejetée.
Article 2 :Le présent jugement sera notifié à M. D A, au préfet de la Sarthe et à Me Khatifyian.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juillet 2023.
Le magistrat désigné,
T. GIRAUDLe greffier,
G. VIEL
La République mande et ordonne au préfet de la Sarthe en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026