jeudi 28 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2303852 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | OQTF 6 semaines - 7ème chambre |
| Avocat requérant | KHATIFYIAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 mars 2023, M. C D, représenté par Me Khatifiyan, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 14 mars 2023 par lequel le préfet de Maine-et-Loire l'a obligé à quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourrait être reconduit d'office ;
2°) à titre subsidiaire, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 14 mars 2023 par lequel le préfet de Maine-et-Loire l'a obligé à quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourrait être reconduit d'office ;
3°) d'enjoindre au préfet de Maine-et-Loire de lui délivrer une autorisation de séjour l'autorisant à travailler ou à défaut de réexaminer sa situation administrative dans un délai de quinze jours sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1800 euros à verser à son avocat en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- il n'est pas établi que la signataire de la décision était compétente ;
- la décision est insuffisamment motivée en méconnaissance des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen de sa situation personnelle ni quant à sa vie privée et familiale, ni quant aux risques encourus ;
- la décision méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire :
- les circonstances, à savoir sa parfaite intégration dans la société française et ses craintes en cas de retour dans son pays, justifient un allongement du délai de départ volontaire ; sa région a été frappée par plusieurs tremblements de terre en février 2023, circonstance qui doit être prise en compte ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen de sa situation personnelle avant de fixer le délai de départ volontaire ; la décision n'est pas motivée quant à la possibilité d'envisager un délai supérieur à trente jours ;
- les droits de la défense et le principe général du droit découlant de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, ont été méconnus ; il n'a pas pu présenter d'observations préalables sur le délai de départ volontaire alors qu'il aurait fait valoir le principe d'unité familiale ;
- la décision est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
- la décision méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- la décision est entachée d'erreurs de faits ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen de sa situation et s'est senti lié par l'appréciation de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et de la Cour nationale du droit d'asile ;
- la décision est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
En ce qui concerne la demande de suspension de l'obligation de quitter le territoire français :
- sa nouvelle demande de réexamen de sa demande d'asile présentée en mars 2023 n'a pas été examinée ; l'obligation de quitter le territoire français doit être suspendue le temps de l'examen de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ;
- l'obligation de quitter le territoire français méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen de sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 juillet 2023, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête de M. D.
Il soutient que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.
M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 1er août 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Béria-Guillaumie, vice-présidente, en application de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour et de l'heure de l'audience.
Le rapport de Mme Béria-Guillaumie, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C D, ressortissant turc né en janvier 2000, est entré en France en avril 2020. Il a déposé une demande d'asile qui a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 18 octobre 2021. Il a déposé en janvier 2022 une demande de réexamen de sa demande d'asile, qui a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 28 janvier 2022, comme irrecevable. Par des décisions du 3 mars 2022, le préfet de Maine-et-Loire a obligé M. D à quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Le recours contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a été rejeté par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 6 avril 2022. M. D a indiqué vouloir déposer une nouvelle demande de réexamen de sa demande d'asile. Par des décisions du 14 mars 2023, le préfet de Maine-et-Loire a obligé M. D à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourrait être reconduit d'office. M. D, qui a déposé en juin 2023 une nouvelle demande de réexamen de sa demande d'asile, demande l'annulation des décisions du 14 mars 2023.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
2. L'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () / 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° () ".
3. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé pour le préfet et par délégation par M. B E, directeur de l'immigration et des relations avec les usagers. Par un arrêté du 22 février 2023, régulièrement publié, le préfet de Maine-et-Loire a donné délégation à M. E à l'effet de signer notamment les obligations de quitter le territoire, avec ou sans délai, les décisions fixant le pays de destination et celles interdisant le retour sur le territoire français. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté comme manquant en fait.
4. En deuxième lieu, l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée () ".
5. L'obligation de quitter le territoire français du 14 mars 2023 comporte l'exposé détaillé des considérations de droit et de fait qui la fondent et est ainsi suffisamment motivée au regard des exigences des dispositions de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
6. En troisième lieu, il ne ressort ni de la motivation de l'arrêté du 14 mars 2023 ni des autres pièces du dossier que le préfet de Maine-et-Loire n'aurait pas procédé à un examen de la situation personnelle de M. D avant de l'obliger à quitter le territoire français. En particulier, il ressort des pièces du dossier que par un entretien personnel du 14 mars 2023, antérieur à la décision contestée, le préfet de Maine-et-Loire a interrogé M. D tant sur sa situation personnelle et familiale en France que sur les craintes encourues en cas de retour dans son pays d'origine, et les nouveaux éléments qu'il pouvait produire. Il suit de là que le moyen tiré de l'erreur de droit entachant l'obligation de quitter le territoire français contestée en raison de l'absence d'examen de sa situation personnelle doit être écarté.
7. En quatrième lieu, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales stipule que : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".
8. M. D, célibataire et sans enfant, ne réside en France que depuis moins de trois ans à la date de la décision contestée, après avoir vécu jusqu'à l'âge de vingt ans dans son pays d'origine. Il n'a résidé régulièrement dans ce pays qu'en qualité de demandeur d'asile alors que sa demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides en octobre 2021 et sa demande de réexamen par ce même office en janvier 2022. Il a fait l'objet d'une mesure d'éloignement non exécutée en mars 2022. Par ailleurs, il ne fait état d'aucune attache privée et familiale particulière sur le territoire français. Dans ces conditions, en l'obligeant à quitter le territoire français, le préfet de Maine-et-Loire n'a pas porté à son droit à une vie privée et familiale normale une atteinte excessive et n'a donc pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
9. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point précédent, le préfet de Maine-et-Loire n'a pas apprécié de manière manifestement erronée les conséquences de sa décision sur la situation de M. D.
En ce qui concerne le délai de départ volontaire :
10. L'article L. 612-1 du même code dispose que : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas () ".
11. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 2 à 9 du jugement que M. D n'est pas fondé à invoquer, à l'encontre de la décision du 14 mars 2023 fixant le délai de départ volontaire, le moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français du même jour.
12. En deuxième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 8 du jugement.
13. En troisième lieu, la décision accordant à M. D le délai de départ volontaire de trente jours prévu par les dispositions de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile comporte les considérations de droit et de fait qui la fondent, cette décision citant entièrement les dispositions applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et relevant que l'intéressé n'avait fait état d'aucune circonstance justifiant qu'un délai de départ volontaire supérieur à trente jours lui soit accordé et l'absence d'atteinte disproportionnée à sa situation personnelle et à sa vie privée et familiale. Il suit de là que le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision manque en fait et doit donc être écarté.
14. En quatrième lieu, il ne ressort ni de la motivation de l'arrêté du 14 mars 2023 rappelée au point précédent ni des autres pièces du dossier que le préfet de Maine-et-Loire n'aurait pas procédé à un examen de la situation personnelle de M. D avant de fixer le délai de départ volontaire.
15. En cinquième lieu, ainsi que la Cour de justice de l'Union européenne l'a jugé, notamment par son arrêt C-383/13 M. A, N. R./Staatssecretaris van Veiligheid en Justitie du 10 septembre 2013, les auteurs de la directive du 16 décembre 2008, s'ils ont encadré de manière détaillée les garanties accordées aux ressortissants des Etats tiers concernés par les décisions d'éloignement ou de rétention, n'ont pas précisé si et dans quelles conditions devait être assuré le respect du droit de ces ressortissants d'être entendus, qui fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union européenne. Si l'obligation de respecter les droits de la défense pèse en principe sur les administrations des Etats membres lorsqu'elles prennent des mesures entrant dans le champ d'application du droit de l'Union, il appartient aux Etats membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles doit être assuré, pour les ressortissants des Etats tiers en situation irrégulière, le respect du droit d'être entendu. Ce droit, qui se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts, ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause.
16. Dans le cadre ainsi posé, et s'agissant plus particulièrement des décisions relatives au séjour des étrangers, la Cour de justice de l'Union européenne a jugé, dans ses arrêts C-166/13 Sophie Mukarubega du 5 novembre 2014 et C-249/13 Khaled Boudjlida du 11 décembre 2014 visés ci-dessus, que le droit d'être entendu préalablement à l'adoption d'une décision de retour implique que l'autorité administrative mette le ressortissant étranger en situation irrégulière à même de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur l'irrégularité du séjour et les motifs qui seraient susceptibles de justifier que l'autorité s'abstienne de prendre à son égard une décision de retour. Ce droit n'implique toutefois pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français, dès lors qu'il a pu être entendu sur l'irrégularité du séjour ou la perspective de l'éloignement.
17. Enfin, il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne, notamment de son arrêt du 10 septembre 2013 cité, que toute irrégularité dans l'exercice des droits de la défense lors d'une procédure administrative concernant un ressortissant d'un pays tiers en vue de son éloignement ne saurait constituer une violation de ces droits et, en conséquence, que tout manquement, notamment, au droit d'être entendu n'est pas de nature à entacher systématiquement d'illégalité la décision prise. Il revient à l'intéressé d'établir devant le juge chargé d'apprécier la légalité de cette décision que les éléments qu'il n'a pas pu présenter à l'administration auraient pu influer sur le sens de cette décision et il appartient au juge saisi d'une telle demande de vérifier, lorsqu'il estime être en présence d'une irrégularité affectant le droit d'être entendu, si, eu égard à l'ensemble des circonstances de fait et de droit spécifiques de l'espèce, cette violation a effectivement privé celui qui l'invoque de la possibilité de mieux faire valoir sa défense dans une mesure telle que cette procédure administrative aurait pu aboutir à un résultat différent.
18. Il ressort des pièces du dossier que M. D a été reçu en entretien le 14 mars 2023 avant l'édiction des décisions contestées. S'il ne ressort pas du compte rendu de cet entretien qu'il aurait été au cours de cet entretien spécifiquement interrogé sur le délai de départ volontaire susceptible de lui être accordé, d'une part il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il aurait été empêché de faire valoir des éléments relatifs à ce délai et d'autre part en se bornant à indiquer qu'il aurait fait valoir le principe d'unité familiale alors qu'il est constant que M. D est célibataire, sans enfant et sans attache familiale particulière en France, le requérant n'établit aucunement que les éléments qu'il aurait pu présenter auraient pu influer sur le sens de la décision litigieuse. Il suit de là que le moyen tiré de la méconnaissance des droits de la défense et du principe général du droit découlant des dispositions de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne doit être écarté.
19. En dernier lieu, compte tenu des circonstances relatées au point 8 et alors que M. D ne fait état d'aucune attache particulière en France ou d'un emploi, et alors que l'intéressé n'apporte aucun élément concret concernant l'incidence sur sa situation des séismes survenus en Turquie à compter du 6 février 2023, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation entachant la décision fixant le délai de départ volontaire n'est pas fondé et doit être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
20. L'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi :/ 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; / 2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ; / 3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible. / Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ". L'article 3 de cette convention stipule que : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
21. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 2 à 9 du jugement que M. D n'est pas fondé à invoquer, à l'encontre de la décision du 14 mars 2023 fixant le pays de destination, le moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français du même jour.
22. En deuxième lieu, si M. D évoque l'existence d'erreurs de fait, il n'apporte aucune précision à l'appui de ce moyen qui doit donc être écarté.
23. En dernier lieu, il ne ressort ni de la motivation de l'arrêté du 14 mars 2023 ni des autres pièces du dossier que le préfet de Maine-et-Loire, qui a précisément demandé à M. D au cours de l'entretien du 14 mars 2023 quels nouveaux éléments il avait à faire valoir quant aux risques éventuellement encourus en cas de retour en Turquie, n'a pas procédé à un examen de la situation personnelle de l'intéressé. Il en résulte également que le préfet ne s'est pas senti lié par les décisions successives de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et de la Cour nationale du droit d'asile.
Sur les conclusions à fin de suspension de l'obligation de quitter le territoire français :
24. L'article L. 752-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " Le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné, saisi en application des articles L. 752-6 ou L. 752-7, fait droit à la demande de l'étranger lorsque celui-ci présente des éléments sérieux de nature à justifier, au titre de sa demande d'asile, son maintien sur le territoire durant l'examen de son recours par la Cour nationale du droit d'asile ".
25. En se bornant à invoquer le fait que le préfet de Maine-et-Loire n'aurait pas procédé à un examen de sa situation personnelle et la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 8 et 23 du jugement, M. D n'apporte aucun élément sérieux de nature à justifier son maintien sur le territoire français pendant l'examen de son recours. Il suit de là que ses conclusions subsidiaires tendant à la suspension de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français doivent être rejetées.
26. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation et à fin de suspension présentées par M. D doivent être rejetées, ainsi par voie de conséquence que ses conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C D, à Me Khatifyan et au préfet de Maine-et-Loire.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 septembre 2023.
La magistrate désignée,
M. BÉRIA-GUILLAUMIE
La greffière,
Y. BOUBEKEUR
La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026