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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2304202

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2304202

lundi 10 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2304202
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5ème Chambre
Avocat requérantBOUZID

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête, enregistrée le 24 mars 2023 sous le n° 2304202, et un mémoire complémentaire enregistré le 7 septembre 2023, M. B E, représenté par Me Bouzid, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 24 février 2023 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de lui délivrer, à titre principal, un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", à titre subsidiaire, un titre de séjour portant la mention " salarié " et ce, dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

Sur la décision portant refus de titre de séjour :

- la compétence de sa signataire n'est pas établie ;

- elle n'est pas suffisamment motivée ;

- le préfet a méconnu les dispositions de l'article L. 433-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en lui refusant l'octroi d'un titre de séjour portant la mention " salarié " ;

- le préfet a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; il réside en France depuis 2021 avec son épouse handicapée et sa fille, née en 2022 ; sa présence à leurs côtés leur est indispensable ; ils ont souscrit une promesse de vente, en vue de l'acquisition d'un terrain à bâtir, ainsi qu'un contrat de construction d'une maison individuelle ;

- le préfet a méconnu les stipulations de l'article 3 paragraphe 1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ; la décision attaquée porte une atteinte excessive à l'intérêt supérieur de son enfant ;

- le préfet a commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la décision attaquée sur sa situation personnelle ; sa situation doit être examinée au regard des droits au séjour de son épouse ;

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- la compétence de sa signataire n'est pas établie ;

- il est fondé à exciper de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ;

- le préfet a méconnu l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; il remplit les conditions pour l'octroi d'un titre de séjour portant la mention " salarié " ;

- le préfet a commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la décision attaquée sur sa situation personnelle ;

Sur la décision fixant le pays de destination :

- elle n'est pas suffisamment motivée ;

- l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français la prive de base légale.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 juillet 2023, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.

II. Par une requête, enregistrée le 25 mars 2023 sous le n° 2304237, et un mémoire complémentaire, enregistré le 7 septembre 2023, Mme D A C épouse E, représentée par Me Bouzid, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 24 février 2023 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

Sur la décision portant refus de titre de séjour :

- la compétence de sa signataire n'est pas établie ;

- elle n'est pas suffisamment motivée ;

- le préfet a méconnu les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; elle remplit l'ensemble des conditions fixées par cet article pour prétendre à la délivrance d'un titre de séjour " vie privée et familiale " ;

- le préfet a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le préfet a méconnu les stipulations de l'article 3, paragraphe 1, de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le préfet a commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la décision attaquée sur sa situation personnelle ;

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- la compétence de sa signataire n'est pas établie ;

- elle est fondée à exciper de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ;

- le préfet a méconnu les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le préfet a méconnu les dispositions du 8° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le préfet a commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la décision attaquée sur sa situation personnelle ;

Sur la décision fixant le pays de destination :

- elle n'est pas suffisamment motivée ;

- l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français la prive de base légale.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 juillet 2023, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondé.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 en matière de séjour et de travail ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Les rapports de M. Martin, président-rapporteur, ont été entendus au cours de l'audience publique du 7 février 2024.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A C, ressortissante tunisienne née le 22 mai 1991, est arrivée en France le 10 aout 2017, munie d'un visa de long séjour " étudiant ", afin d'y poursuivre ses études, après avoir obtenu en Tunisie une licence de styliste modéliste. Elle a été victime, le 2 aout 2018, alors qu'elle revenait de son travail, d'un accident reconnu comme accident de trajet. N'étant plus en mesure de poursuivre ses études, elle a bénéficié d'un arrêt de travail qui a été régulièrement prolongé. Ses titres de séjour portant la mention " étudiant " ont été régulièrement renouvelés, le dernier arrivant à expiration le 23 novembre 2022. Le 19 juillet 2022, elle a demandé à bénéficier d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " en faisant valoir la nécessité pour elle de se soigner et la création d'une cellule familiale en France avec sa fille et son conjoint. Outre ce changement de statut, l'intéressée a demandé la délivrance d'une carte de résident en se prévalant de ses cinq années de résidence régulière en France. Par un arrêté du 24 février 2023, le préfet de la Loire-Atlantique a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixé la Tunisie comme pays de renvoi. Par la requête n° 2304237, Mme A C demande l'annulation de cet arrêté.

2. Le 21 août 2019, Mme A C avait épousé en Tunisie M. E, ressortissant tunisien né le 30 septembre 1993. Ce dernier est entré en France le 1er juillet 2021 muni d'un visa D au titre du regroupement familial. Un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " lui a été délivré, valable jusqu'au 23 novembre 2022. L'intéressé en a demandé le renouvellement. Par un arrêté du 24 février 2023, le préfet de la Loire-Atlantique a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixé la Tunisie comme pays de renvoi. Par la requête n° 2304202, M. E demande l'annulation de cet arrêté.

Sur la jonction :

3. Les requêtes n°2304237 et 2304202 concernent la situation de deux époux, présentent à juger des questions connexes et ont fait l'objet d'une instruction commune. Par suite, il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

4. Il ressort des pièces du dossier que Mme A C, après avoir commencé des études d'arts plastiques à l'université de Paris 7, n'ayant pas trouvé de logement, est venue s'installer à Nantes. Elle s'est inscrite à l'université de Nantes en tant que candidate libre à des cours du soir et a été recrutée, à compter du 17 juillet 2018, par la société Onet Services, par le biais d'un contrat de travail à durée déterminée, pour effectuer quatre heures de ménage par jour, du lundi au samedi, de 4 à 8 h du matin. Le 2 août 2018, alors qu'elle rejoignait à vélo son domicile après son travail, elle a été renversée par un véhicule. Une fracture de la malléole droite a été diagnostiquée et opérée le jour même au centre hospitalier universitaire de Nantes par réalisation d'une ostéosynthèse par deux broches et pose de deux vis. Le 17 octobre 2018, une scintigraphie osseuse a révélé une suspicion d'algodystrophie du pied droit suite à la fracture compliquée de la cheville droite. Mme A C s'est plainte d'un blocage de l'articulation et d'une douleur l'empêchant de marcher, rendant impossible tout contact avec le pied et la cheville droits et l'obligeant à se déplacer en fauteuil roulant ou avec des béquilles. La qualité de travailleur handicapé lui a été reconnue le 6 décembre 2019 jusqu'au 31 mai 2021, avec prise en charge des aides humaines à domicile à raison de 30 h par mois. Cette reconnaissance a été prolongée jusqu'au 31 mai 2023 avec attribution de la prestation de compensation du handicap jusqu'au 31 janvier 2031. L'intéressée a bénéficié de l'aide d'un intervenant de l'association Adar à raison de 6h par semaine et d'un suivi dans un centre antidouleurs. Une thérapie par stimulation médullaire lui a été implantée. A compter du 18 mars 2023, soit moins d'un mois après la prise de l'arrêté attaqué, une rente annuelle de 4 009 euros lui a été attribuée par la caisse primaire d'assurance maladie, son taux d'incapacité permanente ayant été fixé à 40%.

5. Comme il a été dit, Mme A C a été rejointe, le 1er juillet 2019, par son conjoint, M. E, dans le cadre du regroupement familial. Elle a donné naissance à un enfant, le 26 mai 2022, à Nantes. M. E a rapidement travaillé d'abord en intérim puis, à compter de mars 2022 jusqu'en janvier 2023, comme électricien, dans l'entreprise Eureka. Il a été recruté le 1er février 2023 par la société SNEE pour une durée indéterminée.

6. Pour refuser, par l'un des deux arrêtés attaqués, de renouveler le titre de séjour de Mme A C, le préfet a considéré, d'une part, que le statut d'étudiante de la requérante faisait obstacle à la délivrance d'une carte de résident, en vertu du 5° de l'article L. 426-18 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, d'autre part, qu'elle ne pouvait solliciter un titre de séjour " vie privée et familiale " sur le fondement de l'article L. 423-23 dudit code, nonobstant l'établissement en France d'une vie familiale avec sa fille et son mari, dès lors que son époux faisait l'objet d'une décision concomitante de refus de séjour, assortie d'une obligation de quitter le territoire français, qu'elle n'était pas dénuée d'attaches familiales dans son pays d'origine, que la reconnaissance de son handicap était indifférente aux possibilités dont disposait l'intéressée pour accéder effectivement dans son pays d'origine aux soins nécessaires, qu'elle avait bénéficié d'un droit au travail dans le cadre exclusif de son titre de séjour étudiante, que le fait d'avoir précédemment exercé une activité professionnelle dans ce cadre et de bénéficier d'un contrat de travail ne constituait pas un motif d'admission au séjour, que l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales n'avait ni pour effet, ni pour objet de permettre à une famille de choisir son pays de résidence et qu'en définitive, rien ne s'opposait à ce que Mme A C poursuive, avec son époux et sa fille, sa vie privée et familiale dans son pays d'origine. Si l'intéressée ne pouvait en effet prétendre à l'obtention d'une carte de résident, eu égard à son statut passé d'étudiante, elle remplissait les conditions, moins d'un mois après la prise du refus de séjour litigieux, du fait de l'attribution, à compter du 13 mars 2023, d'une rente d'accident de travail par un organisme français en raison de la reconnaissance d'un taux d'incapacité permanente supérieur à 20%, pour obtenir la délivrance de plein droit d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, en vertu de l'article L. 426-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Aussi, dans les circonstances très particulières de l'espèce, Mme A C, qui justifiait d'une résidence régulière en France depuis plus de cinq ans et avait obtenu le bénéfice du regroupement familial au profit de son mari, lequel avait réussi son insertion professionnelle, est fondée à soutenir qu'en rejetant sa demande de délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", le préfet de la Loire-Atlantique a commis une erreur manifeste d'appréciation.

7. Pour refuser, par l'autre des deux arrêtés attaqués, de renouveler le titre de séjour de M. E, le préfet de la Loire-Atlantique a considéré, d'une part, que l'intéressé, ne résidant en France que depuis moins de deux ans, ne pouvait solliciter une carte de résident, d'autre part, qu'il ne pouvait solliciter le renouvellement de son titre de séjour " vie privée et familiale " dès lors, que l'établissement de sa vie privée et familiale en France auprès de son épouse et de sa fille était très récent, que son épouse ne disposait plus d'un droit au séjour en France, qu'il n'était pas dénué d'attaches familiales en Tunisie, qu'il avait bénéficié d'un droit au travail dans le cadre exclusif de son titre de séjour " vie privée et familiale ", que le fait d'avoir précédemment exercé une activité professionnelle dans ce cadre et de bénéficier d'un contrat de travail ne constituait pas un motif de renouvellement de ce titre, enfin, que rien ne s'opposait à ce que M. E poursuive, avec son épouse et sa fille, sa vie privée et familiale dans son pays d'origine. Si l'intéressé ne pouvait en effet prétendre à l'obtention d'une carte de résident, eu égard à sa durée de résidence en France inférieure à deux ans, il assurait, du fait de son insertion professionnelle réussie, l'autonomie financière de son foyer et apportait à son épouse handicapée, qu'il avait été autorisé à rejoindre au titre du regroupement familial, le soutien dont celle-ci avait besoin. Aussi, compte tenu de ce qui a été dit précédemment au sujet du droit au séjour de Mme A C, M. E est également fondé à soutenir que le refus de séjour qui lui a été opposé est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.

8. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens des requêtes, que Mme A C et M. E sont fondés à demander l'annulation des décisions par lesquelles le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de leur délivrer, à chacun, un titre de séjour. Par voie de conséquence, les décisions, contenues dans les mêmes arrêtés, leur faisant obligation de quitter le territoire français et désignant le pays de renvoi doivent également être annulées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

9. L'exécution du présent jugement implique que le préfet de la Loire-Atlantique délivre à Mme A C et à M. E une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ", dans le délai de deux mois à compter de la notification de ce jugement, sans qu'il y ait lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés aux litiges :

10. Il y a lieu, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, de mettre à la charge de l'Etat, partie perdante dans les présentes instances, le versement à Mme A C et M. E d'une somme globale de 1 500 euros en remboursement des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : Les arrêtés attaqués du préfet de la Loire-Atlantique du 24 février 2023 sont annulés.

Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Loire-Atlantique de délivrer à Mme A C et à M. E une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ", dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L'Etat versera à Mme A C et M. E une somme globale de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A C épouse E, M. B E et au préfet de la Loire-Atlantique.

Délibéré après l'audience du 7 février 2024, à laquelle siégeaient :

M. Luc Martin, président,

M. David Labouysse, premier conseiller,

Mme Justine-Kozue Kubota, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 juin 2024.

Le président-rapporteur,

L. MARTINL'assesseur le plus ancien

dans l'ordre du tableau,

D. LABOUYSSELa greffière,

V. MALINGRE

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

V. Malingre

Nos 2304202, 2304237

gf

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