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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2304369

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2304369

mardi 25 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2304369
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSELARL CORNET VINCENT SEGUREL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 28 mars 2023, suivie de la production de pièces complémentaires le 13 avril suivant, le syndicat des copropriétaires de la résidence panoramique sud, M. A E, Mme F C et Mme B G, représentés par Me Jean-Meire, demandent au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 30 janvier 2023 par lequel le maire de la commune de Saint Gilles croix de vie a délivré un permis de construire à la SCI La dune en vue de créer un " bâtiment espace snack et d'une terrasse accessible au public " sur un terrain situé 18 boulevard des océanides, cadastré 222 AH 867 ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Saint Gilles croix de vie la somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- leur requête est recevable dès lors qu'ils justifient des attestations requises par les dispositions de l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme ; ils justifient d'un intérêt à agir en leur qualité de voisins immédiats du projet de construction ; celui-ci sera très visible depuis leur balcon et entrainera des nuisances sonores en raison de l'implantation d'une terrasse pouvant accueillir du public, alors que le terrain est aujourd'hui vierge de toute occupation ; ils ont déposé une requête en annulation contre la décision en litige ;

- la condition d'urgence est présumée en application des dispositions de l'article L. 600- 3 du code de l'urbanisme ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué :

* il méconnaît les dispositions du plan de prévention des risques naturels littoraux (PPRL) Pays de Monts dont l'article 2.1.1 interdit, sur la zone Ru, les installations nouvelles de stockage d'ordures ménagères et les affouillement non temporaires de terrain naturels et n'autorise les activités commerciales que si elles concernent une extension de constructions existantes. En l'espèce l'arrêté prévoit la construction d'un bâtiment ainsi que des travaux de terrassement en zone Ru ;

* il méconnaît les dispositions de l'article L. 121-16 du code de l'urbanisme dès lors que le projet litigieux n'est pas situé dans un espace urbanisé de la bande de cent mètres, mais en dehors ;

* il méconnaît les dispositions des articles L. 121-23 et suivants et R. 121-4 et suivants du code de l'urbanisme dès lors que le terrain d'assiette du projet constitue un espace remarquable protégé en ce qu'il se situe dans la ZNIEFF " Massif dunaire de la Sauzaie ", dans la ZNIEFF " Dunes de la Sauzaie - Le pont Jaunay et Marais du Jaunay ", dans le périmètre de la zone Natura 2000 " Dunes de la Sauzaie et marais du Jaunay " et dans le site classé des " Dunes de la Jaunay et de la Sauzaie " tel qu'approuvé par le décret du 23 avril 1997 ; en l'espèce, il apparaît que le terrain sur lequel la SCI compte édifier un bâtiment, constitue un espace remarquable eu égard à sa richesse écologique et paysagère, protégé au titre de plusieurs règlementations de protection de l'environnement. Dès lors qu'il n'est pas urbanisé et qu'il s'intègre dans le prolongement de la dune de la Sauzaie, ce terrain doit être considéré comme situé dans la partie naturelle de ce site classé ;

* il est entaché d'une fraude de la part du pétitionnaire ; afin de satisfaire aux obligations du PLU, la SCI a prétendu disposer d'une place de stationnement pour personnes à mobilité réduite à proximité du bâtiment à construire, alors que cette place appartient à un tiers, et n'est pas adaptée pour des personnes à mobilité réduite ;

* il méconnaît les dispositions de l'article UC 4.3.1.1. du règlement du PLU : le projet litigieux prévoit une implantation de l'installation nouvelle à moins de cinq mètres de la voie publique alors que ces dispositions prévoient que les constructions nouvelles soient édifiées avec un recul minimum de cinq mètres des voies publiques ;

* il méconnaît les dispositions de l'article UC 4.4.1.1. du règlement du PLU dès lors que le bâtiment sera implanté entre 0,4 et 2,9 mètres de la limite séparative nord alors que ces dispositions prévoient que les constructions nouvelles doivent être édifiées avec un retrait qui ne peut être inférieur à trois mètres ;

* il méconnaît les dispositions de l'article UC 5.4.1.1. du règlement du PLU dès lors que le projet litigieux prévoit la création d'un toit terrasse qui ne correspond à aucun des cas prévu par ces dispositions ;

* il méconnaît les dispositions de l'article 5.5.1 du règlement du PLU dès lors que le projet prévoit des ouvertures visibles plus larges que hautes, alors que ces dispositions prévoient que les ouvertures visibles depuis l'espace public doivent être plus hautes que larges ;

* il méconnaît les dispositions de l'article UC 7.4.1.1. du règlement du PLU dès lors que ces dispositions imposent des aménagements couverts et sécurisés pour le stationnement des vélos et poussettes, alors que le projet litigieux n'en prévoit aucun.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 avril 2023, la SCI La dune, représentée par Me Marchand, conclut :

A titre principal à l'irrecevabilité de la requête ;

A titre subsidiaire à son rejet au fond et à ce que soit mise solidairement à la charge des requérants la somme de 4 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- seuls les propriétaires d'appartements situés sur la façade est auront,

éventuellement, une vue sur ce projet, ce qui n'est pas établi. En tout état de cause, les requérants, y compris le syndicat des copropriétaires, ne disposent pas d'un intérêt pour agir suffisant. Aucune photographie, aucun photomontage n'est produit permettant d'apprécier l'impact réel de la réalisation de ce projet sur les conditions de jouissance ou d'occupation de ces appartements. Surtout, le projet contesté ne porte pas sur l'implantation d'une nouvelle activité à usage de commerce. Il porte seulement sur la modification de son emplacement. L'algéco Sabl'é sucré existe d'ores et déjà grâce aux différentes autorisations d'occupation du domaine obtenues. Dans le cas d'une modification d'un projet, il appartient aux requérants de démontrer que des nuisances supplémentaires vont en résulter. Le modulaire existant est seulement déplacé. Le projet prévoit un décaissement du terrain. A raison de ce décaissement, sa hauteur ne sera que de 1,50 mètres environ, au-dessus du terrain naturel, tel qu'il existe à ce jour. Ce projet assure une parfaite insertion du modulaire dans son environnement, sans créer de dommage supplémentaire. Le risque de nuisances est inexistant. Ce commerce existe depuis plusieurs années, et aucune plainte n'a été déposée ;

- il n'y a pas lieu de reconnaitre l'urgence qu'il y aurait à suspendre les effets de ce permis de construire. En effet, le projet ne conduit pas à l'édification d'une construction, mais seulement

la mise en place d'un modulaire qui repose sur une structure en bois. Si ce permis de construire devait être ensuite annulé, il sera alors aisé de procéder à son enlèvement et à la remise en état des lieux ;

- aucun des moyens soulevés n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

* le moyen tiré de la violation du PPRL sera écarté : le bâtiment ne s'implante pas sur la zone Ru. Par ailleurs, la terrasse est admise dès lors qu'il s'agit d'une terrasse non couverte de plain-pied avec le rez-de-chaussée. Quant aux travaux d'affouillements, dans la mesure où ils sont liés à la mise en place de la terrasse qui est autorisée, ils sont admis par le PPRL puisque le règlement interdit " les affouillements non temporaires du terrain naturel qu'ils soient soumis ou non à autorisation à l'exclusion de ceux liés aux modes d'occupation des sols et travaux admis " ;

* sur la méconnaissance de l'article L. 121-16 du code de l'urbanisme : il est erroné de vouloir prétendre que le projet se situerait dans un espace non urbanisé. Ce secteur se caractérise par un nombre et une densité significative de constructions, sauf au sud puisqu'il borde le rivage. Pour autant le seul fait qu'il borde le rivage ne suffit pas à le faire regarder comme situé en dehors d'un espace urbanisé ;

* sur la méconnaissance des articles L. 121-23 et R. 121-4 du code de l'urbanisme : la seule présence d'une ZNIEFF, y compris de type I ne révèle pas nécessairement l'existence d'un espace remarquable. Surtout, l'espace remarquable est celui qui n'a pas été altéré par la main de l'homme. Or, le secteur en cause n'a plus rien de naturel. Il n'a par ailleurs rien de remarquable comme il est aisé de le constater au regard des photographies versées au dossier. Son caractère urbanisé s'oppose à ce qu'il puisse être qualifié de remarquable ;

* sur l'existence d'une fraude : la fraude doit être caractérisée, avérée. La preuve d'une intention malicieuse n'est pas rapportée. Celle-ci suppose la volonté d'échapper à l'application d'une règle, qui, si elle était opposable, ferait obstacle au projet. En l'occurrence, il n'est pas spécifié quelle serait la règle du PLU qui exigerait la création d'une place PMR. Enfin, il résulte d'une lecture combinée des articles L 421-6 et A 424-8 du code de l'urbanisme que la violation du droit de propriété ne peut être utilement invoquée à l'encontre d'un permis de construire ;

* sur la méconnaissance de l'article UC.4.3.1.1 du règlement écrit du PLU. Le PLU comporte des règles alternatives. Des implantations différentes peuvent être admises " pour le respect d'une harmonie d'ensemble, lorsque l'ordonnancement de fait des constructions voisines diffèrent de la règles générale ". Précisément, les constructions implantées de part et d'autre du modulaire sont implantées à l'alignement. Il aurait été incongru de prévoir une implantation avec un recul minimal de 5 mètres ;

* sur la méconnaissance de l'article UC.4.4.1.1 du règlement écrit du PLU. Certes, le retrait de 3 mètres n'est pas respecté. Toutefois, ce permis de construire a été accordé au bénéfice d'une adaptation mineure liée à la configuration particulière de cette parcelle dont la forme est complexe. Cette adaptation est mineure, ce moyen sera écarté.

* sur la méconnaissance de l'article UC.5.4.11 du règlement écrit du PLU : il est soutenu que la toiture terrasse ne comporterait aucune des solutions précitées. Pourtant, le choix d'un toit terrasse permet de retenir les eaux de pluie ;

* sur la méconnaissance de l'article UC.5.5.1 du règlement écrit du

PLU : faute pour les requérants de préciser le plan d'élévation auquel ils font référence, ce moyen sera écarté comme étant non établi. En outre, aux termes de cette même disposition, " Néanmoins, dans le cadre d'une architecture contemporaine intégrée, il est admis des ouvertures plus larges que haute " ;

* sur la méconnaissance de l'article UC.7.4.1.1 du règlement écrit du PLU : le plan de masse fait état de la présence d'un emplacement pour le stationnement des vélos.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 avril 2023, la commune de Saint Gilles croix de vie, représentée par Me Garrigues, conclut :

A titre principal à l'irrecevabilité de la requête :

A titre subsidiaire à son rejet au fond et à ce que soit mise solidairement à la charge des requérants la somme de 4 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

- sur l'irrecevabilité de la requête : s'agissant du syndicat des copropriétaires, il n'apparait pas en quoi le projet toucherait ses intérêts. Le public peut parfaitement emprunter le parking de la copropriété pour accéder à la plage depuis le boulevard des océanides, puisque la copropriété n'est pas fermée. Au demeurant, le snack du pétitionnaire est déjà ouvert depuis de nombreuses années à cet endroit sans que la copropriété n'ait jamais cru nécessaire d'assurer la fermeture de sa propriété au motif que des personnes étrangères circuleraient par ses parties communes. Au-delà, la copropriété n'est en mesure de se prévaloir d'aucune nuisance concrète liée au fonctionnement de l'établissement en cause. S'agissant des trois particuliers requérants, il apparait que le bâtiment dont ils sont copropriétaires est un très grand ensemble immobilier de sorte que rien n'indique que le projet serait de nature à porter atteinte aux conditions de jouissance de leurs biens ; il est d'ailleurs impossible de déterminer où il se situent par rapport au projet. Surtout, le snack est exploité à cet endroit depuis de nombreuses années ; s'ils affirment que cette exploitation serait source de nuisances sonores, ils ne l'établissent pas, notamment en se prévalant de constats passés ;

- sur l'urgence : il apparait qu'avec ou sans l'exécution du permis de construire en cause, la situation des requérants sera strictement identique. En l'occurrence, la mise en œuvre de ce permis ne changera rien à la situation des requérants puisque pour l'année 2023, une autorisation d'occupation du domaine public a déjà été délivrée à la gérante de la société pétitionnaire pour l'exploitation d'un snack, à quelques mètres seulement du terrain d'assiette du projet, concrètement devant ce dernier. Plus précisément, la zone exploitée est plus proche de l'immeuble des requérants que le terrain d'assiette du projet lui-même ; le projet sera bien plus qualitatif que ce qui a cours actuellement. D'autre part, le projet sera plus éloigné que l'existant ;

- aucun des moyens soulevés n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

* sur la prétendue méconnaissance du PPRL : le terrain d'assiette du projet est concerné par une zone rouge au titre des chocs mécaniques. Cependant, ainsi qu'il résulte de la lecture de la cartographie SIG, le terrain en question n'est que très partiellement compris dans cette zone. Cette grille de lecture, plus fine que le simple report du plan issu du PPRL sur le plan masse du projet, permet ainsi de constater que le bâtiment envisagé n'est pas localisé sur la zone rouge, mais est exclusivement situé au-delà. Le bâtiment n'est donc pas concerné. Seule l'est la terrasse ;

* sur la prétendue méconnaissance de l'article L.121-16 du code de l'urbanisme : le terrain ici en cause est intégré à l'agglomération communale ; il ne saurait être soutenu qu'à cet endroit, la bande de 100 m serait de rigueur ;

* sur la prétendue méconnaissance des articles L.121-23 et R.121-4 du

code de l'urbanisme. Si les requérants font valoir que le terrain serait protégé au titre de plusieurs réglementations, ils ne justifient à aucun moment que la protection édictée devrait être mise en œuvre au motif que le terrain en question serait constitutif d'un site au paysage remarquable ou caractéristique du patrimoine naturel et culturel du littoral ;

* sur la prétendue fraude : l'existence d'une fraude n'est pas établie. La seule erreur, quand bien même aurait-elle eu une incidence sur le sens de la décision de l'autorité administrative, n'est pas suffisante pour qualifier la fraude. En l'occurrence, l'intention frauduleuse de la pétitionnaire n'est pas caractérisée. En outre, s'il apparait que Mme D est bien propriétaire d'une place de stationnement n° 56, la localisation exacte de cette place n'est pas établie ;

* sur la prétendue méconnaissance de l'article UC.4.3.1.1 : le terrain d'assiette du projet présente une forme triangulaire très exigüe justifiant pleinement une adaptation mineure venant en

dérogation de l'article UC 6 du règlement du plan local d'urbanisme ;

* sur la prétendue méconnaissance de l'article UC.4.4.1.1. : la construction a vocation à bénéficier d'une dérogation mineure. Cette dérogation est d'autant plus pertinente qu'en tout état de cause, la construction avait vocation à s'implanter en limite séparative puisque la construction présente une hauteur de 2,80 m par rapport au terrain fini et une hauteur moindre par rapport au terrain naturel ;

* sur la prétendue méconnaissance de l'article UC.5.4.1.1 : le projet prévoit une récupération des eaux de pluie afin d'irriguer les plantations prévues sur le terrain, ainsi qu'il apparait sur les plans versés à l'appui de la demande de permis de construire ;

* sur la prétendue méconnaissance de l'article UC.5.5.1 ; il convient de relever que les façades concernées par la règle sont les façades Ouest et Sud, ainsi qu'une partie de la façade Est.

Si certaines des fenêtres qui y sont localisées sont plus larges que hautes, c'est en raison du caractère moderne de l'édifice. Ces ouvertures sont en nombre raisonnable et, concrètement, sont parfaitement intégrées à l'ensemble puisqu'il s'agit de petites ouvertures, les grandes ouvertures

étant pour leur part plus hautes que larges ;

* sur la prétendue méconnaissance de l'article UC.7.4.1.1 : le moyen manque en fait puisqu'un espace dédié au stationnement des deux-roues est aménagé sur le terrain.

Vu :

- les pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 28 mars 2023 sous le numéro 2304385 par laquelle le syndicat des copropriétaires de la résidence panoramique sud, M. E, Mme C et Mme G demandent l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Bouchardon, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 14 avril 2023 à 9 heures 30 :

- le rapport de M. Bouchardon, juge des référés,

- les observations de Me Jean-Meire, représentant le syndicat des copropriétaires de la résidence panoramique sud, M. E, Mme C et Mme G, qui fait dans un premier temps valoir que, contrairement à la situation à l'œuvre depuis 2018 et l'installation d'un modulaire au statut totalement précaire, le projet verra l'édification d'une structure pérenne. En outre, aucun permis de construire n'a jamais été déposé. Il indique par ailleurs que la terrasse projetée sera plus grande, accueillant plus de clients, engendrant des nuisances notamment sonores et olfactives. Les photographies produites démontrent bien que le projet sera visible depuis le balcon des requérants. S'agissant de l'urgence, il souligne que le projet est purement commercial, sans aucun intérêt public. Il développe particulièrement deux moyens. Le premier est relatif à la méconnaissance du plan de prévention des risques naturels littoraux dès lors que le bâtiment projeté se situe significativement dans la zone rouge du plan. Le second est relatif à la méconnaissance du PLU. Il est relevé que ce n'est pas parce que la parcelle est atypique que l'on doit déroger aux règles du PLU.

- les observations de Me Garrigues, représentant la commune de Saint Gilles croix de vie, qui rappelle que le souhait des élus est de faire perdurer cette installation de restauration, en place depuis 2018 avec mise en concurrence chaque année. Elle fait valoir qu'aucun problème de nuisances n'a été porté à sa connaissance. Les requérants particuliers auraient dû produire un constat d'huissier démontrant leur réel intérêt à agir. Il n'y a par ailleurs aucune urgence à suspendre l'exécution de l'arrêté ; il est dans l'intérêt de la commune de " libérer le domaine public " et également de celui de la copropriété au regard des aménagements prévus par le projet. Sur le fond, elle souligne l'absence de tout risque ; si le terrain a certes des contraintes, il est constructible.

- et les observations de Me Léon, substituant Me Marchand, avocate de la SCI La dune, qui fait valoir que le projet n'aggrave pas la situation des requérants, bien au contraire ; les vues mer et dunes sont préservées. Sur l'urgence, elle rappelle qu'il n'y aurait aucune difficulté à remettre le terrain en l'état. Sur le fond, elle fait valoir que le projet de bâtiment ne s'implante pas sur la zone Ru.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Le syndicat des copropriétaires de la résidence panoramique sud, ainsi que M. E, Mme C et Mme G, demandent au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 30 janvier 2023 par lequel le maire de la commune de Saint Gilles croix de vie a délivré un permis de construire à la SCI La dune en vue de créer un " bâtiment espace snack et d'une terrasse accessible au public " sur un terrain situé 18 boulevard des océanides.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

3. Aucun des moyens invoqués par les requérants, tels qu'énoncés dans les visas de cette ordonnance, ne paraît, en l'état de l'instruction, de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté en litige.

4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir soulevées en défense et sur la condition d'urgence, que les conclusions à fin de suspension présentées par les requérants sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

Sur les frais d'instance :

5. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Saint Gilles croix de vie, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que les requérants demandent au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.

6. D'autre part, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge des requérants la somme que demandent la commune de Saint Gilles croix de vie et la SCI La dune au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête du syndicat des copropriétaires de la résidence panoramique sud, de M. A E, de Mme F C et de Mme B G est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Saint Gilles croix de vie au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Les conclusions présentées par la SCI La dune au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée au syndicat des copropriétaires de la résidence panoramique sud, à M. A E, à Mme F C, à Mme B G, ainsi qu'à la commune de Saint Gilles croix de vie et à la SCI La dune.

Fait à Nantes, le 25 avril 2023.

Le juge des référés,

L. BOUCHARDON

Le greffier,

J-F. MERCERONLa République mande et ordonne au préfet de la Vendée en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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