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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2304464

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2304464

vendredi 23 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2304464
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation8ème chambre
Avocat requérantLELOUEY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 29 mars 2023, M. B E F et Mme D M B, agissant tant en leur nom personnel qu'en qualité de représentants des enfants mineurs C B E et A B E, Mme L B E, M. N B E, M. P B E, M. Q B E, M. R B, Mme O B E, et M. G B E, représentés par Me Lelouey, demandent au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours préalable formé contre la décision de l'autorité consulaire française au Kenya et en Somalie rejetant la demande de visas de long séjour pour M. B E F, Mme L B E, M. N B E, M. P B E, M. Q B E, M. R B, Mme O B E, M. G B E et les enfants mineurs C et A au titre de la réunification familiale ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de délivrer les visas sollicités dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard, ou, à titre subsidiaire, d'enjoindre au réexamen de leur situation sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 2 000 euros au profit de Me Lelouey, qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que les actes d'état civil produits sont authentiques et établissent l'identité et le lien de filiation et ou matrimonial avec la réunifiante ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation en ce que le lien familial de Cadbifaitaax Yussuf B et Q B E avec la réunifiante leur permet de se prévaloir de la procédure de réunification familiale ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en ce que le visa sollicité pour L B E a été refusé au motif qu'elle était majeure lors de la seconde demande de visa et porte atteinte au principe d'unité familiale ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.

Par ordonnance du 3 mai 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 28 juin 2023.

Un mémoire en défense présenté par le ministre de l'intérieur et des outre-mer a été enregistré le 19 janvier 2024.

Mme M B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 19 décembre 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Fessard a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme M B, ressortissante somalienne, a obtenu la protection subsidiaire par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides en date du 16 juin 2018. Elle se déclare mariée avec M. B E F et mère de L et Hibe B E, nées le 10 mai 2002, P B E, né le 10 octobre 2003, N B E, né le 10 octobre 2003, O B E, née le 4 septembre 2004, Cabdi Xakim B E, né le 20 octobre 2005, C B E né le 11 novembre 2006 et A B E, né le 11 novembre 2007. Ils soutiennent également s'occuper de M. Q B E, né le 14 octobre 2003 issu de la précédente union de M. I F et de R né le 7 mars 2004, neveu de Mme J. Le 21 décembre 2021, M. B E F, Mme L B E, M. N B E, M. P B E, M. Q B E, M. R B, Mme O B E, G, C et A B E ont sollicité auprès de l'ambassade de France au Kenya et Somalie une demande de visa de long séjour en qualité de membres de famille de réfugié qui a été rejetée par l'autorité consulaire française. La commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a, par une décision implicite, dont les requérants demandent l'annulation, rejeté le recours reçu le 29 novembre 2022, contre ces décisions.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, le ressortissant étranger qui s'est vu reconnaître la qualité de réfugié ou qui a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre de la réunification familiale : () / 3° Par les enfants non mariés du couple, n'ayant pas dépassé leur dix-neuvième anniversaire ". Aux termes de l'article L. 434-3 du même code rendu applicable à la procédure de réunification familiale par l'article L. 561-4 de ce code : " Le regroupement familial peut également être demandé pour les enfants mineurs de dix-huit ans du demandeur et pour ceux de son conjoint si, au jour de la demande : / 1° La filiation n'est établie qu'à l'égard du demandeur ou de son conjoint ; / 2° Ou lorsque l'autre parent est décédé ou déchu de ses droits parentaux. "

3. Aux termes des dispositions de l'article L. 561-5 de ce code : " Les membres de la famille d'un réfugié ou d'un bénéficiaire de la protection subsidiaire sollicitent, pour entrer en France, un visa d'entrée pour un séjour d'une durée supérieure à trois mois auprès des autorités diplomatiques et consulaires, qui statuent sur cette demande dans les meilleurs délais. Ils produisent pour cela les actes de l'état civil justifiant de leur identité et des liens familiaux avec le réfugié ou le bénéficiaire de la protection subsidiaire. / En l'absence d'acte de l'état civil ou en cas de doute sur leur authenticité, les éléments de possession d'état définis à l'article 311-1 du code civil et les documents établis ou authentifiés par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, sur le fondement de l'article L. 121-9 du présent code, peuvent permettre de justifier de la situation de famille et de l'identité des demandeurs. Les éléments de possession d'état font foi jusqu'à preuve du contraire. Les documents établis par l'office font foi jusqu'à inscription de faux ".

En ce qui concerne le lien marital entre la réunifiante et M. I F :

4. Compte tenu des mentions indiquées sur l'accusé de réception transmis par la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France aux requérants, la commission, dont la décision se substitue à celle des autorités consulaires, doit être regardée comme s'étant approprié le motif retenu par ces autorités soit, en l'espèce, du fait que " vous n'avez pas justifié de votre identité et de votre situation de famille ".

5. Aux termes de l'article L. 121-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " " L'Office français de protection des réfugiés et apatrides est habilité à délivrer aux réfugiés et bénéficiaires de la protection subsidiaire ou du statut d'apatridie les pièces nécessaires pour leur permettre soit d'exécuter les divers actes de la vie civile, soit de faire appliquer les dispositions de la législation interne ou des accords internationaux qui intéressent leur protection, notamment les pièces tenant lieu d'actes d'état civil. Le directeur général de l'office authentifie les actes et documents qui lui sont soumis. Les actes et documents qu'il établit ont la valeur d'actes authentiques. Ces diverses pièces suppléent à l'absence d'actes et de documents délivrés dans le pays d'origine. Les pièces délivrées par l'office ne sont pas soumises à l'enregistrement ni au droit de timbre ".

6. Il résulte des I et II de l'article L. 561-2, de l'article L. 121-9 et de l'article L. 811-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) que les actes établis par l'Office français des réfugiés et des apatrides (OFPRA) sur le fondement de l'article L. 121-9, en cas d'absence d'acte d'état civil ou de doute sur leur authenticité, et produits à l'appui d'une demande de visa d'entrée pour un séjour d'une durée supérieure à trois mois, présentée pour les membres de la famille d'un réfugié ou d'un bénéficiaire de la protection subsidiaire dans le cadre d'une réunification familiale, ont, dans les conditions qu'elles prévoient, valeur d'actes authentiques qui fait obstacle à ce que les autorités consulaires en contestent les mentions, sauf en cas de fraude à laquelle il appartient à l'autorité administrative de faire échec.

7. Afin d'établir l'identité de M. B E F et son lien de marital avec la réunifiante, les requérants versent au débat le livret de famille et un certificat de mariage n° CM - 201910239 établis par l'OFPRA dont il ressort que M. I F, né le 20 septembre 1969 et Mme D M B, née le 10 octobre 1977, se sont mariés le 15 mai 2000 à Hirel Mokeri (Somalie), ainsi que le passeport n° P00883931 de l'intéressé. Par suite, l'identité et le lien marital de M. F avec la réunifiante doivent être regardés comme établis. Dans ces conditions, les requérants sont fondés à soutenir que la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.

En ce qui concerne Mme L B E :

8. Compte tenu des mentions indiquées sur l'accusé de réception transmis par la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France aux requérants, la commission, dont la décision se substitue à celle des autorités consulaires, doit être regardée comme s'étant approprié le motif retenu par ces autorités soit, en l'espèce, du fait que " vous étiez âgée de plus de 18 ans le jour où vous avez déposé votre demande de visa auprès des services consulaires ".

9. Il résulte des dispositions des articles L. 561-2 et L. 561-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précités que le droit pour les réfugiés et titulaires de la protection subsidiaire de faire venir auprès d'eux leur conjoint et leurs enfants âgés de moins de dix-neuf ans implique que ceux-ci puissent solliciter et, sous réserve de motifs d'ordre public et à condition que leur lien de parenté soit établi, obtenir un visa d'entrée et de long séjour en France.

10. Par suite, les requérants sont fondés à soutenir qu'en rejetant implicitement son recours et en confirmant le refus de délivrance de son visa au motif que leur fille Mme L B E, née le 10 mai 2002, était âgée de plus de dix-huit ans à la date de dépôt de sa demande de visa, le 21 décembre 2021, alors qu'il convenait de retenir l'âge de dix-neuf ans, la commission a entaché sa décision d'erreur de droit.

11. Mme L B E, âgée de 20 ans à la date de la décision attaquée a toujours vécu avec l'ensemble des membres de sa famille. Compte tenu des circonstances très particulières de l'espèce, Mme L B E est fondée à soutenir que la commission de recours a porté une atteinte disproportionnée à son droit de mener une vie privée et familiale normale au sens des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme

En ce qui concerne le jeune Q B S :

12. Compte tenu des mentions indiquées sur l'accusé de réception transmis par la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France aux requérants, la commission, dont la décision se substitue à celle des autorités consulaires, doit être regardée comme s'étant approprié le motif retenu par ces autorités soit, en l'espèce, du fait que " vous n'avez pas justifié de votre identité et de votre situation de famille ".

13. Les requérants soutiennent que M. Q B S est issu de la précédente union de M. B E F et que sa mère est décédée. Il ressort des mentions portées sur le passeport somalien de l'intéressé et du " certificat de naissance " délivré par l'ambassade de Somalie au Kenya que M. Q B E est né le 14 octobre 2003 et a pour père B E et pour mère H Omar. Les requérants joignent également à leurs écritures une déclaration de décès, en date du 15 mars 2022, indiquant que Mme H est décédée le 6 septembre 2020. Si ces documents produits ne peuvent être regardés comme des actes d'état civil au sens de l'article 47 du code civil, ils peuvent être pris en compte, le cas échéant, pour déterminer l'existence d'une situation de possession d'état. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que la réunifiante a déclaré par son courrier du 20 juillet 2018 avoir la charge de M. Q B S, fils de son époux. Dans les circonstances très particulières de l'espèce l'identité et le lien de filiation à l'égard de M. B E F doivent être regardés comme suffisamment établis par les éléments du dossier. Dans ces conditions, les requérants sont fondés à soutenir que la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.

En ce qui concerne M. R B :

14. Compte tenu des mentions indiquées sur l'accusé de réception transmis par la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France aux requérants, la commission, dont la décision se substitue à celle des autorités consulaires, doit être regardée comme s'étant approprié les motifs retenus par ces autorités soit, en l'espèce, d'une part, du fait que " votre lien familial allégué avec la bénéficiaire de la protection OFPRA ne correspond pas à l'un des cas vous permettant d'obtenir un visa au titre de la procédure familiale. D'autre part, vous n'avez pas justifié de votre identité et de votre situation de famille ".

15. Les requérants soutiennent que M. R B est le fils du frère de Mme M B, ainsi qu'il ressort du certificat de naissance n° ESR/18357/BC/19 établi le 19 avril 2019 dont il ressort qu'il est né le 7 mars 2004 de l'union de Mme K et Yussuf Xassan. Ils produisent également une " déclaration de décès et de représentant " rendu le 13 novembre 2019 par le tribunal de district de Wadajir (Somalie) attestant que Mme D M B est responsable de M. R B, âgé de 18 ans à la date de la décision attaquée, depuis le décès de ses parents. Dans les circonstances très particulières de l'espèce, les requérants sont fondés à soutenir que la commission de recours a porté une atteinte disproportionnée à son droit de mener une vie privée et familiale normale au sens des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme.

En ce qui concerne M. N B E, M. P B E, Mme O B E et les jeunes G, C et A B E :

16. Compte tenu des mentions indiquées sur l'accusé de réception transmis par la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France aux requérants, la commission, dont la décision se substitue à celle des autorités consulaires, doit être regardée comme s'étant approprié le motif retenu par ces autorités soit, en l'espèce, du fait que " vous n'avez pas justifié de votre identité et de votre situation de famille ".

17. Pour établir l'identité et le lien de filiation des demandeurs de visas, les requérants versent au débat, pour chaque enfant, des " certificats de naissance ", délivrés par l'ambassade de Somalie au Kenya ainsi que leurs passeports.

18. Si les documents produits ne peuvent être regardés comme des actes d'états civils au sens de l'article 47 du code civil, ils peuvent être pris en compte, le cas échéant, pour déterminer l'existence d'une situation de possession d'état. A cet égard, il résulte de la fiche familiale de référence que la requérante a déclaré avoir eu huit enfants issus de son union actuelle avec M. B E F, à savoir L née le 10 mai 2002, Hibe née le 10 mai 2002, P né le 10 octobre 2003, N né le 10 octobre 2003, O née le 4 septembre 2004, Cabdi Xakim né le 20 octobre 2005, C né le 11 novembre 2006 et A né le 11 novembre 2007. Il est constant que les informations complétées par la requérante sont concordantes avec les pièces versées au débat en vue d'établir l'identité et le lien de filiation des demandeurs de visa. Par suite, compte tenu des éléments de possession d'état versés à l'instance il y a lieu de tenir pour établi l'identité et le lien de filiation des enfants avec la réunifiante. Dans ces conditions, ils sont fondés à soutenir que la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.

19. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que Mme M B et autres sont fondés à demander l'annulation de la décision contestée.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

20. Le présent jugement implique nécessairement qu'il soit procédé à la délivrance du visa sollicité, au profit de M. B E F, Mme L B E, M. N B E, M. P B E, M. Q B E, M. R B, Mme O B E, M. G B E et les enfants mineurs C B E et A B E, dans un délai de deux mois suivant la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les conclusions tendant à l'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 :

21. Mme M B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Lelouey renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros.

D É C I D E :

Article 1er : La décision implicite par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a confirmé les décisions de l'autorité consulaire française au Kenya et en Somalie est annulée.

Article 2 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur de délivrer les visas sollicités, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L'Etat versera à Me Lelouey une somme de 1 200 euros (mille deux cents euros) en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que celle-ci renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme D M B, M. F B E et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 26 janvier 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Douet, présidente,

Mme Chatal, conseillère,

Mme Fessard, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 février 2024.

La rapporteure,

A. FESSARD

La présidente,

H. DOUET

La greffière,

A.-L. LE GOUALLEC

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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