mercredi 3 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2304488 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | RAPOPORT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 mars 2023, Mme C B épouse D, agissant en qualité de représentante légale de l'enfant A B, représentée par Me Rapoport, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 13 février 2023 par laquelle l'autorité consulaire française à Alger a refusé de délivrer un visa de long séjour en qualité de visiteur a l'enfant A B ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de procéder à un nouvel examen de sa demande de visa pour l'enfant A B dans un délai de trente jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable dès lors qu'elle a formé un recours administratif préalable obligatoire devant la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France ;
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que le jeune A est placé dans une situation de vulnérabilité en raison du décès de son père, de l'état de santé particulièrement fragile de sa mère en plus de ses difficultés financières ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* elle est insuffisamment motivée ;
* elle méconnaît l'article L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration dès lors que l'autorité consulaire n'a pas formuler de demande relative à une production de pièces ou informations ;
* elle méconnaît l'article 7 a) de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle justifie de moyens d'existence suffisants puisque, en tant que présidente de la société " Mya 77 ", elle perçoit au titre de la rémunération de son mandat social la somme de 5 872,13 euros brut par mois soit 4 500 euros net et que son mari, M. D, fonctionnaire auprès de la Mairie de Paris, perçoit de son côté un traitement brut de 1 906,06 euros complété par de nombreuses primes liées à sa fonction, lui assurant un revenu net d'environ 2 350 euros par mois ; elle dispose d'une épargne de 93 619,49 euros et son mari de 57 665,79 euros et ils sont propriétaires d'un pavillon d'habitation comprenant quatre chambres permettant d'accueillir aisément le jeune A, étant précisé que l'emprunt réalisé pour l'acquisition de ce logement a été intégralement remboursé ; elle et son mari sont les parents de deux autres enfants âgés de 16 et 20 ans, de sorte que leurs ressources leur permettent de prendre en charge sans difficultés un troisième enfant ; le jeune A, âgé de 15 ans, se trouve en Algérie dans une situation familiale et sociale malheureusement délicate puisque son père est décédé le 8 mai 2019 des suites d'un cancer de la gorge, sa mère ne peut subvenir à ses besoins et est suivie depuis le mois de janvier 2020 pour un PTI (purpura thrombopénique immunologique) provoquant une baisse du taux de plaquettes dans le sang entraînant un risque accru de saignements et nécessitant des hospitalisations, alors qu'elle souffre par ailleurs des effets secondaires indésirables de la corticothérapie prise au long cours telles que des tendances dépressives, de l'hypertension ou encore des palpitations ;
* elle méconnaît l'intérêt supérieur de l'enfant protégé par les stipulations du 1° de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, dès lors qu'il n'a pas été tenu compte de la décision de la section des affaires familiales près le Tribunal de Sidi-Aich, qui a souverainement jugé qu'il était dans l'intérêt de l'enfant de lui attribuer le recueil légal du jeune A afin d'assurer son éducation, sa prise en charge sanitaire et psychologique et de veiller sur lui au même titre que le feraient des parents de leur propre enfant ; de surcroît, le jeune A a perdu son père après l'avoir vu lutter durant près de neuf années contre la maladie, sa mère est malade et est en proie à des difficultés matérielles et morales pour assurer le bien-être de son fils ; à l'inverse, elle et son mari sont dans une situation particulièrement privilégiée permettant d'accueillir leur neveu dans d'excellentes conditions matérielles, alors qu'il pourra également compter sur le soutien familial de ses autres oncles et tantes, également établis en France qui se sont tous engagés à l'accompagner dans son établissement en France.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 avril 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie dès lors que l'intéressée ne fait état d'aucune vulnérabilité particulière (la seule circonstance qu'elle soit seule à pourvoir aux besoins de l'enfant en raison du décès de son père étant insuffisante), et que celle invoquée pour son fils n'est attestée par aucune pièce du dossier, alors que ce dernier est scolarisé en Algérie de sorte que la délivrance du visa sollicité aura pour effet d'interrompre sa scolarité, étant précisé qu'il est pris en charge par ses proches depuis l'âge de trois ans de sorte qu'il n'est pas isolé en Algérie ; la commission de recours contre les décisions de refus de visas d'entrée en France se prononcera sur leur recours au plus tard le 22 avril 2023 ;
- aucun des moyens soulevés par Mme B épouse D, n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* la décision est suffisamment motivée, alors que la décision de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France se substituera bientôt à elle ;
* si la kafala permet une délégation de l'autorité parentale, elle n'est pas un acte juridique de droit interne et elle cesse de produire tout effet à la majorité de l'enfant, de sorte qu'elle n'emporte aucun droit particulier d'accès au territoire français pour l'enfant et ne peut ainsi être invoquée au soutien du moyen tiré de la méconnaissance de l'intérêt supérieur de l'enfant ; si l'intérêt supérieur de l'enfant est en principe de vivre avec la personne qui détient l'autorité parentale sur lui, ce principe connaît des exception, parmi lesquelles les kafalas, alors en tout état de cause qu'il n'est pas établi que l'intérêt de l'enfant serait de rejoindre sa tante en France, alors qu'il continue de vivre avec sa mère, ses frères oncles et tantes en Algérie, où il est pleinement intégré et où il a fixé le centre de ses attaches personnelles et familiales ; rien ne démontre une particulière précarité ou détresse de l'enfant qui justifierait la nécessité pour lui de rejoindre la France.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Le Barbier, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 24 avril 2023 à 9 heures :
- le rapport de Mme Le Barbier, juge des référés,
- les observations de Me Le Floch, substituant Me Rapoport, avocat de Mme B épouse D,
- et les observations du représentant du ministre de l'intérieur et des outre-mer.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B épouse D, de nationalité française et née le 26 janvier 1976 a été désignée comme attributaire du droit de recueil légal de l'enfant A B par une décision de kafala du 13 novembre 2022 rendue par la section des affaires familiales près le tribunal de Sidi-Aich. Par la présente requête, elle demande, agissant en qualité de représentante légale de l'enfant A B, au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision du 13 février 2023 par laquelle l'autorité consulaire française à Alger a refusé de délivrer un visa de long séjour en qualité de visiteur a l'enfant A B.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. Aucun des moyens soulevés par Mme B épouse D, tels qu'énoncés dans les visas de cette ordonnance, ne paraît, en l'état de l'instruction, de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision litigieuse.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'apprécier la condition d'urgence, que la requête de Mme B épouse D doit être rejetée en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B épouse D est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C B épouse D et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Fait à Nantes, le 3 mai 2023.
La juge des référés,
M. E
La greffière,
G. PeignéLa République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026