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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2304524

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2304524

vendredi 27 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2304524
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantLAMY-RABU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 30 mars 2023, M. C A, représenté par Me Lamy-Rabu, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 28 mars 2023 par lequel le préfet de Maine-et-Loire lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et lui a interdit le retour sur le territoire pour une durée de trois ans ;

2°) d'enjoindre au préfet de Maine-et-Loire de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros au profit de son conseil en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il n'est pas établi que l'arrêté attaqué a été signé par une autorité compétente ;

- il méconnaît les dispositions du 5° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire, enregistré le 22 septembre 2023, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

M. A a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 12 septembre 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Allio-Rousseau, présidente-rapporteure,

- et les observations de Me Lamy-Rabu, représentant M. A.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant mauritanien né le 2 août 1980, déclare être entré en France le 25 décembre 2005. À la suite de son interpellation le 27 mars 2023, le préfet de Maine-et-Loire a édicté à son encontre un arrêté du 28 mars 2023 portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et lui interdisant le retour sur le territoire pendant une durée de trois ans, ainsi qu'un arrêté du 28 mars 2023 par lequel le même préfet l'a assigné à résidence pour une durée de six mois et lui a fait obligation de se présenter chaque semaine le mardi au commissariat de police d'Angers. M. A demande au tribunal d'annuler le premier arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par M. B D, directeur de l'immigration et des relations avec les usagers à la préfecture de la Maine-et-Loire. Par un arrêté du 22 février 2023, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet de Maine-et-Loire lui a donné délégation à l'effet de signer, notamment, les décisions portant obligation de quitter le territoire français assortie ou non d'un délai de départ volontaire, fixation du pays de renvoi et interdiction de retour sur le territoire français. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.

3. En second lieu, aux de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public ".

4. D'une part, il ressort des pièces du dossier que M. A, qui déclare être entré sur le territoire français le 25 décembre 2005 et s'y être maintenu irrégulièrement depuis, a fait l'objet de quatre obligations de quitter le territoire édictées en 2008, 2011, 2018 et 2020 auxquelles il n'a pas donné suite. Il ressort, par ailleurs, de l'extrait de son casier judiciaire qu'il a été condamné à sept reprises entre le 14 octobre 2015 et le 18 juin 2021, et a fait l'objet de six peines d'emprisonnement, pour des infractions routières tenant à la conduite de véhicules sans permis de conduire, avec un faux permis de conduire ou en état d'ébriété, pour des violences sur concubin ainsi que pour outrage à personnes dépositaires de l'autorité publique. Enfin, le 27 mars 2023, M. A a été interpellé pour des faits de violence sur mineur de moins de quinze ans et violences conjugales. S'il fait valoir que cette procédure pour laquelle il a été placé en garde à vue a été classée sans suite, il ne conteste pas la matérialité des faits ayant conduit à son interpellation.

5. D'autre part, si M. A est le père d'un enfant français, né le 29 avril 2021, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'intéressé, qui est séparé de sa compagne, justifierait d'une contribution effective à l'entretien et à l'éducation de cet enfant.

6. Dans ces conditions, eu égard à la gravité des faits, à leur réitération et à leur caractère récent à la date de la décision attaquée, le préfet de Maine-et-Loire n'a pas fait une inexacte application des dispositions du 5° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en estimant que le comportement de M. A en France constituait une menace pour l'ordre public.

7. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué du 28 mars 2023. Ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles tendant au versement de frais d'instance doivent, par voie de conséquence, être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à Me Lamy-Rabu et au préfet de Maine-et-Loire.

Délibéré après l'audience du 6 octobre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Allio-Rousseau, présidente,

Mme Frelaut, première conseillère,

Mme Benoist, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 octobre 2023.

La présidente-rapporteure,

M.-P. ALLIO-ROUSSEAUL'assesseure la plus ancienne

dans l'ordre du tableau,

L. FRELAUT

La greffière,

E. HAUBOIS

La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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