LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2304645

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2304645

lundi 16 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2304645
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation9ème Chambre
Avocat requérantGUILBAUD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 30 mars 2023 et le 31 août 2023, Mme J F épouse B, Mme L E, M. I E, Mme C E, et Mme H G A épouse E et M. M A E, agissant en leur nom propre et en qualité de représentants légaux des enfants D E et K O E, représentés par Me Guilbaud, demandent au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite née le 18 mars 2023 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours contre les décisions implicites de l'autorité consulaire française à Téhéran (République islamique d'Iran) refusant de délivrer à M. M A E, à Mme H G A épouse E, à Mme L E, à M. I E, à Mme C E et aux enfants D E et K O E des visas de long séjour au titre de l'asile ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de délivrer ces visas dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard, ou à défaut de réexaminer sa demande dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

4°) de condamner l'Etat aux entiers dépens.

Ils soutiennent que :

- la décision de la commission de recours a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière en l'absence de preuve de la régularité de sa composition ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de leur situation ;

- elle méconnait les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense enregistré le 11 mai 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la requête est irrecevable dès lors qu'aucune demande de visa n'a été présentée par et pour les requérants ;

- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la Constitution, notamment son Préambule,

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Heng,

- et les observations de Me Guilbaud, représentant les requérants.

Considérant ce qui suit :

1. Mme H G A, ressortissante afghane, et épouse de M. M A E, de même nationalité, parents de Mme J F, également ressortissante afghane et épouse de M. A B K, ressortissant français, sont également parents de cinq autres enfants, dont trois sont majeurs, Mme C E, M. I E, Mme L E, et deux sont mineurs, D E et K O E. Le 11 juillet 2022, M. M A E a été convoqué par le consul général de France à Téhéran. A l'issue de ce rendez-vous, M. E n'était pas en possession d'un récépissé de demande de visa et aucun frais ne lui a été demandé. Par la requête n° 2216098, les requérants ont saisi le présent tribunal d'une requête en annulation de la décision implicite de refus d'enregistrement et d'instruction des demandes de visas de la famille E. Par un jugement du 28 février 2023, le tribunal administratif de Nantes a rejeté la requête n° 2216098 comme irrecevable, dès lors que des refus implicites de visas nés du silence gardé sur leurs demandes, n'avaient pas fait l'objet du recours préalable obligatoire devant la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France en application des dispositions de l'article D. 312-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

2. Par une décision implicite née le 18 mars 2023, dont les requérants demandent l'annulation, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours formé contre ces décisions consulaires implicites.

3. En premier lieu, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France ayant rejeté le recours des intéressés par une décision implicite de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France, le moyen tiré de ce que les règles de composition de cette commission n'auraient pas été respectées ne peut qu'être écarté comme inopérant.

4. En deuxième lieu, aux termes du quatrième alinéa du Préambule de la Constitution du 27 octobre 1946, auquel se réfère celui de la Constitution du 4 octobre 1958 : " Tout homme persécuté en raison de son action en faveur de la liberté a droit d'asile sur les territoires de la République ". Si le droit constitutionnel d'asile a pour corollaire le droit de solliciter en France la qualité de réfugié, les garanties attachées à ce droit reconnu aux étrangers se trouvant sur le territoire de la République n'emportent pas de droit à la délivrance d'un visa en vue de déposer une demande d'asile en France ou pour y demander le bénéfice de la protection subsidiaire prévue à l'article L. 512-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

5. Dans les cas où l'administration peut légalement disposer d'un large pouvoir d'appréciation pour prendre une mesure au bénéfice de laquelle l'intéressé ne peut faire valoir aucun droit, il est loisible à l'autorité compétente de définir des orientations générales pour l'octroi de ce type de mesures. Tel est le cas s'agissant des visas que les autorités françaises peuvent décider de délivrer afin d'admettre un étranger en France au titre de l'asile. Si un demandeur de visa ne peut se prévaloir de telles orientations à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir formé contre une décision refusant de lui délivrer un visa de long séjour en vue de déposer une demande d'asile en France, il peut soutenir que cette décision, compte tenu de l'ensemble des éléments de sa situation personnelle, serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

6. Il ressort des pièces du dossier que M. E a dû fuir, avec sa famille, après la prise de pouvoir par les talibans en août 2021, l'Afghanistan, où ils sont toujours recherchés, pour l'Iran en raison du risque élevé de persécutions auquel ils sont exposés du fait des activités professionnelles passées de l'intéressé, qui l'ont amené à effectuer, en qualité de charpentier et avec l'entreprise qui l'employait, des prestations pour l'Organisation des Nations Unies. Il ressort également des pièces du dossier que les requérants appartiennent à la communauté chiite, et sont, du fait de cette seule appartenance, menacés par les talibans. Toutefois, outre que les requérants n'établissent ni même n'allèguent faire l'objet de menaces directes en Iran, depuis la fin de l'année 2021, il ne ressort d'aucune pièce du dossier qu'ils seraient exposés à un risque d'expulsion vers l'Afghanistan. A cet égard, il ressort des pièces produites en défense que leurs visas iraniens ont déjà pu faire l'objet d'un renouvellement et que la famille est intégrée économiquement en Iran. Enfin, ainsi que le fait valoir le ministre en défense, il ne ressort pas des pièces du dossier que les intéressés auraient saisi le Haut-commissariat aux réfugiés d'une demande de protection. Dans ces conditions, ils ne sont pas fondés à soutenir que la décision en litige serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

7. En troisième lieu, la seule circonstance qu'une des filles majeures de la fratrie et son époux, de nationalité française, résident en France ne suffit pas à établir que la décision contestée méconnaîtrait le droit à la vie privée et familiale des requérants protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

8. En quatrième et dernier lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est inopérant pour contester la décision attaquée, laquelle n'a ni pour objet ni pour effet d'obliger les requérants à retourner en Afghanistan.

9. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par le ministre de l'intérieur et des outre-mer, que les conclusions à fin d'annulation présentées par les consorts doivent être rejetées. Par voie de conséquence, leurs conclusions à fin d'injonction ainsi que celles présentées au titre des frais liés au litige doivent l'être également.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A E, de Mme G A épouse E, de Mme F épouse B, de Mme E, de M. E, et de Mme C E, est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A E, à Mme G A épouse E, à Mme F épouse B, à Mme E, à M. E, à Mme E et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 25 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Chauvet, présidente,

Mme André, première conseillère,

Mme Heng, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 octobre 2023.

La rapporteure,

H. HENGLa présidente,

C. CHAUVETLa greffière,

A. VOISIN

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions