mardi 3 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2304780 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SELARL BENGONO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 avril 2023, M. A D, représenté par Me Bengono, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 6 décembre 2022 par lequel le préfet de la Sarthe a rejeté sa demande de certificat de résidence, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Sarthe de lui délivrer un certificat de résidence sur le fondement du titre III du protocole annexé à l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ou sur le fondement de l'article L. 422-1 du CESEDA, ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1100 euros à verser à son conseil au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
En ce qui concerne les moyens communs aux décisions attaquées :
- l'arrêté a été signé par une autorité incompétente ;
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
- la décision est entachée d'une erreur d'appréciation, le préfet n'ayant pas procédé à un examen approfondi de sa situation, et ne l'ayant pas exempté de la présentation d'un visa de long séjour selon les dispositions de l'article L 412-1 du CESEDA ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, les conséquences du refus de titre sur la situation de M. D étant excessives, en ce qu'elles risquent de compromettre son avenir professionnel ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- la décision portant obligation de quitter le territoire est fondée sur une décision de refus de séjour elle-même illégale ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- la décision portant obligation de quitter le territoire est fondée sur une décision de refus de séjour elle-même illégale.
Par un mémoire en défense enregistré le 28 juin 2023, le préfet de la Sarthe conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 avril 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord du 27 décembre 1968 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République algérienne démocratique et populaire relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Brémond, premier conseiller, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, ressortissant algérien né en 2001, est entré sur le territoire français le 24 août 2022, selon ses déclarations. L'intéressé, se disant en provenance d'Ukraine, a d'abord sollicité la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour au titre de la protection temporaire. Par une décision du 6 septembre 2022, le préfet de la Sarthe a rejeté cette demande et lui a accordé une autorisation provisoire de séjour valable pendant un mois. Le 21 octobre 2022, M. D a sollicité la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " étudiant ". Par l'arrêté du 6 décembre 2022 dont M. D demande l'annulation, le préfet de la Sarthe a rejeté cette demande et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours vers un pays dont il a la nationalité ou dans lequel il est légalement admissible.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen commun aux décisions attaquées :
2. En premier lieu, par un arrêté du 20 juillet 2022, publié au recueil des actes administratifs de la Sarthe le 20 juillet 2022, le préfet de la Sarthe a donné délégation à M. C B, directeur de la citoyenneté et de la légalité, à l'effet de signer les décisions portant refus de séjour, obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination. Par suite, M. C B, signataire de l'arrêté contesté, était compétent pour signer les décisions en litige. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté contesté doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour
3. Aux termes du titre III du protocole annexé à l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié : " Les ressortissants algériens qui suivent un enseignement, un stage ou font des études en France et justifient de moyens d'existence suffisants (bourses ou autres ressources) reçoivent, sur présentation, soit d'une attestation de pré-inscription ou d'inscription dans un établissement d'enseignement français, soit d'une attestation de stage, un certificat de résidence valable un an, renouvelable et portant la mention " étudiant " ou " stagiaire ". Aux termes de l'article 9 du même accord : " Pour être admis à entrer et séjourner plus de trois mois sur le territoire français au titre des articles 4, 5, 7, 7 bis al. 4 et du titre III du protocole, les ressortissants algériens doivent présenter un passeport en cours de validité muni d'un visa de long séjour délivré par les autorités françaises ".
4. Il ressort des pièces du dossier et n'est pas contesté que M. D n'est pas en possession d'un visa de long séjour délivré par les autorités françaises. De plus, s'il justifie d'une inscription à l'université du Mans pour l'année 2022-2023, il n'établit pas disposer de moyens d'existence suffisants. A ce titre, il ne remplit pas les conditions fixées par les stipulations de l'accord franco-algérien précité pour la délivrance d'un certificat de résidence portant la mention " étudiant ", cet accord régissant de manière pleine et entière la situation des ressortissants algériens souhaitant poursuivre des études en France. Dès lors, en rejetant la demande de M. D, le préfet n'a pas commis d'erreur d'appréciation. En outre, il ne ressort ni des termes de l'arrêté contesté ni d'aucune autre pièce du dossier que le préfet de la Sarthe n'aurait pas procédé à un examen approfondi de la situation personnelle et familiale de M. D avant de rejeter sa demande de certificat de résidence. Par suite, ce moyen doit être écarté.
5. Il résulte de ce qui précède que le requérant, qui ne remplit pas les conditions pour se voir délivrer un certificat de résidence en qualité d'étudiant, n'est, en tout état de cause, pas fondé à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination :
6. Il résulte de ce qui a été dit quant à la légalité de la décision refusant la délivrance d'un certificat de résidence que le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale en raison de l'illégalité de ce refus. Il ne l'est pas davantage à soutenir que la décision fixant le pays de destination est illégale en raison de l'illégalité de ce refus et de cette obligation.
7. Il résulte de tout ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par M. D n'appelle aucune mesure d'exécution. Dès lors, les conclusions à fin d'injonction présentées par le requérant doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse au conseil de M. D la somme que celui-ci réclame à ce titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A D, à Me Bengono et au préfet de la Sarthe.
Délibéré après l'audience du 19 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Durup de Baleine, président,
Mme Thomas, première conseillère,
M. Brémond, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2023.
Le rapporteur,
E. BRÉMOND
Le président,
A. DURUP de BALEINE
La greffière,
L. LÉCUYER
La République mande et ordonne
au préfet de la Sarthe
en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce
requis en ce qui concerne les voies de droit commun
contre les parties privées, de pourvoir
à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026