vendredi 21 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2304802 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELARL CORNET VINCENT SEGUREL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 5 avril 2023 et le 17 avril 2023, Mme B C A, représentée par Me Godeau, demande au tribunal :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du maire de Derval du 8 mars 2023 portant refus d'octroi d'un congé pour invalidité temporaire imputable au service, ainsi que de l'arrêté du maire de Derval du 31 mars 2023 modifiant l'article 4 de cet arrêté ;
2°) d'enjoindre à la commune de Derval de reconnaître l'imputabilité au service de sa pathologie ou, à défaut, de réexaminer sa situation, dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Derval une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite :
* l'arrêté litigieux, qui la place en congé de maladie ordinaire, lui impose de rembourser la moitié des traitements perçus à compter du 10 septembre 2022 ainsi que les sommes correspondant à la rémunération perçue pendant les jours de carence, et sa situation financière précaire ne lui permet pas de procéder à ce remboursement ;
* sa situation financière ne lui permet pas de prendre en charge les frais correspondant aux soins nécessités par son état de santé ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* l'arrêté attaqué n'est pas suffisamment motivé ;
* il est entaché d'un vice de procédure, la commune de Derval ne l'ayant pas informée de l'avis sollicité auprès de la commune de Donges quant à la prise en charge de son congé pour invalidité temporaire imputable au service, en méconnaissance du principe du contradictoire et des droits de la défense ;
* il est entaché d'erreur de droit dans la mesure où, pour refuser de reconnaître l'imputabilité au service de sa pathologie, la commune de Derval s'est fondée sur le seul avis donné par la commune de Donges sur sa situation ;
* il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation, dès lors que compte tenu de l'imputabilité au service de sa pathologie, dont elle justifie par la production d'expertises médicales, la commune de Derval devait accepter de la placer en congé pour invalidité temporaire imputable au service.
Par un mémoire en défense enregistré le 14 avril 2023, la commune de Derval conclut :
1°) au rejet de la requête ;
2°) à ce que soit mise à la charge de Mme C A une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie :
* la requérante, qui bénéficie d'un contrat de protection lui garantissant le maintien de sa rémunération, ne justifie pas des conséquences que la décision attaquée emporterait sur sa situation financière, alors qu'aucun remboursement des traitements perçus ne lui est demandé dans l'attente de l'examen de sa demande de congé de longue maladie ;
* elle ne justifie du montant de ses charges mensuelles qu'à hauteur de la somme de 1 350 euros ;
* elle n'apporte aucune justification quant aux soins suivis ni au coût de ces soins ;
- aucun des moyens soulevés n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* l'arrêté attaqué est suffisamment motivé ;
* aucune disposition législative ou réglementaire ne lui imposait d'informer la requérante des diligences accomplies auprès de son ancien employeur en application de l'article 37-19 du décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 pris pour l'application de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
* l'arrêté n'est pas entaché d'erreur de droit, dès lors qu'elle ne s'est pas estimée liée par l'avis donné par la commune de Donges sur l'imputabilité au service de la pathologie de l'intéressée ;
* il n'est pas entaché d'erreur manifeste d'appréciation, dès lors que son maire a pu estimer, au vu des expertises médicales et de l'ensemble des éléments dont il disposait, que la pathologie de l'intéressée n'était pas imputable au service, et ne constituait pas une rechute de la maladie reconnue imputable au service déclarée lorsqu'elle était employée par la commune de Donges.
Vu les pièces du dossier ;
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 17 avril à 10 heures 30 :
- le rapport de Mme Rosemberg, juge des référés,
- les observations de Me Bezie, substituant Me Godeau, représentant Mme C A, en présence de l'intéressée,
- et les observations de Me Couëtoux du Tertre, représentant la commune de Derval.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C A, adjointe administrative territoriale, est employée depuis le 31 mai 2021 par la commune de Derval où elle exerce les fonctions de responsable " élections, paie, affaires scolaires ". Suite à un malaise subi par l'intéressée sur son lieu de travail le 20 mai 2022, elle a été placée en arrêt de travail jusqu'au 31 mai 2022 pour " épuisement, burn-out, stress, baisse visuelle ", puis, suite à une altercation avec un autre agent de la commune survenue le 24 juin 2022, a de nouveau été arrêtée à compter de cette date. Mme C A ayant sollicité la reconnaissance du caractère professionnel de sa maladie, le maire de Derval l'a placée, à titre provisoire, en congé pour invalidité temporaire imputable au service à compter du 20 septembre 2022 par un arrêté du 26 septembre 2022. Suite à l'avis rendu sur la situation de l'intéressée par le comité médical le 26 janvier 2023, le maire de Derval a décidé, par un arrêté du 8 mars 2023, de retirer son arrêté du 26 septembre 2022, et de placer Mme C A en congé de maladie ordinaire pour la période du 21 au 31 mai 2022 et à compter du 24 juin 2022. Cet arrêté du 8 mars 2023 prévoit, en son article 4, que l'intéressée percevra jusqu'au 10 septembre 2022 son plein traitement, déduction faite de la journée de carence au titre du premier jour de congé de maladie ordinaire, ainsi que le supplément familial et l'ensemble de son régime indemnitaire, et qu'elle percevra, à compter du 11 septembre 2022, un demi-traitement. Par un arrêté du 31 mars 2023, le maire de Derval a modifié les dispositions de cet article 4, pour substituer aux dates des 10 et 11 septembre 2022, les dates des 12 et 13 septembre 2022. Par sa requête, Mme C A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution des arrêtés du maire de Derval du 8 mars 2023 et du 31 mars 2023.
Sur les conclusions à fin de suspension :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. Aucun des moyens soulevés par Mme C A, tels qu'énoncés dans les visas de cette ordonnance, ne paraît, en l'état de l'instruction, de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité des arrêtés litigieux.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'apprécier la condition d'urgence, que les conclusions présentées par Mme C A sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
5. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la commune de Derval, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme C A demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
6. D'autre part, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de Mme C A la somme demandée par la commune de Derval sur le fondement de ces dispositions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme C A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Derval sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B C A et à la commune de Derval.
Fait à Nantes, le 21 avril 2023.
La juge des référés,
V. Rosemberg
Le greffier,
J-F. MerceronLa République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
5
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026