vendredi 29 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2305111 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | AVI KASSI 1 |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête enregistrée le 12 avril 2023 sous le numéro 2305111, M. A G F, agissant au nom de l'enfant D B F, représenté par Me Avis Kassi, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a implicitement rejeté le recours, réceptionné le 2 janvier 2023, contre la décision de l'autorité consulaire française à Tananarive (Madagascar) refusant de délivrer à l'enfant D B F un titre de séjour " passeport talent " ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de délivrer le visa sollicité dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision de la commission n'est pas suffisamment motivée au regard des exigences de la loi du 11 juillet 1979 et de celles de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- la décision est entachée d'un défaut de base légale ;
- le motif de la décision est entaché d'erreur d'appréciation ;
- la décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
II. Par une requête enregistrée le 12 avril 2023 sous le numéro 2305115, M. A G F, agissant au nom de l'enfant C H F, représenté par Me Avis Kassi, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a implicitement rejeté le recours, réceptionné le 4 janvier 2023, contre la décision de l'autorité consulaire française à Tananarive (Madagascar) refusant de délivrer à l'enfant C H F un titre de séjour " passeport talent " ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de délivrer le visa sollicité dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision de la commission n'est pas suffisamment motivée au regard des exigences de la loi du 11 juillet 1979 et de celles de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- la décision est entachée d'un défaut de base légale ;
- le motif de la décision est entaché d'erreur d'appréciation ;
- l'objet et les conditions du séjour envisagé ont été justifiés par des informations complètes et fiables ;
- la décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
III. Par une requête enregistrée le 12 avril 2023 sous le numéro 2305125, M. A G F, représenté par Me Avis Kassi, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a implicitement rejeté le recours, réceptionné le 4 janvier 2023, contre la décision de l'autorité consulaire française à Tananarive (Madagascar) refusant de lui délivrer un titre de séjour " passeport talent " ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de délivrer le visa sollicité dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision de la commission n'est pas suffisamment motivée au regard des exigences de la loi du 11 juillet 1979 et de celles de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- la décision est entachée d'un défaut de base légale ;
- le motif de la décision est entaché d'erreur d'appréciation ;
- la décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Un mémoire présenté par le ministre de l'intérieur et des outre-mer, commun aux affaires nos 2305111, 2305115 et 2305125, a été enregistré le 7 février 2024 et n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Chatal, rapporteure, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par les requêtes nos 2305111, 2305115 et 2305125, M. F, ressortissant malgache né en 1986 demande au tribunal d'annuler les trois décisions par lesquelles la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a implicitement rejeté les recours, réceptionnés les 2 et 4 janvier 2023, formés contre les trois décisions de l'autorité consulaire française à Madagascar refusant de lui délivrer ainsi qu'aux enfants D B et C H F des titres de séjour " passeport talent ".
2. Les requêtes nos 2305111, 2305115 et 2305125 présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par un même jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Si le demandeur a été averti par la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France que, dans le cas où l'absence de réponse expresse de la commission dans un délai de deux mois ferait naître une décision implicite de rejet de son recours, celui-ci serait réputé rejeté pour les mêmes motifs que ceux de la décision de refus de visa contestée, la décision implicite de la commission doit être regardée comme s'étant effectivement approprié ces motifs. En l'espèce, les trois accusés de réception du recours formé contre la décision de refus de visa litigieuse comportent cette mention. La décision implicite de la commission doit donc être regardée comme s'étant approprié les motifs opposés par l'autorité consulaire française à Madagascar. S'agissant des décisions de refus de visa opposées à M. A G F et à l'enfant D B F, l'autorité consulaire a opposé le caractère incomplet et/ou non fiable des informations communiquées pour justifier l'objet et les conditions du séjour envisagé. S'agissant de l'enfant C H F, l'autorité consulaire a opposé le motif tiré de ce que la demanderesse de visa fait l'objet d'une mesure interdisant son retour sur le territoire français.
4. Aux termes de l'article L. 421-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui exerce une activité professionnelle salariée et a obtenu, dans un établissement d'enseignement supérieur habilité au plan national, un diplôme au moins équivalent au grade de master ou figurant sur une liste fixée par décret se voit délivrer une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " passeport talent " d'une durée maximale de quatre ans, sous réserve de justifier du respect d'un seuil de rémunération fixé par décret en Conseil d'Etat. () " Aux termes de l'article L. 421-22 du même code : " S'il est âgé d'au moins dix-huit ans, le conjoint de l'étranger mentionné aux articles L. 421-9 à L. 421-11 et L. 421-13 à L. 421-21 se voit délivrer une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " passeport talent (famille) " d'une durée égale à la période de validité restant à courir de la carte de séjour de son conjoint. / Cette carte est délivrée, dans les mêmes conditions, aux enfants du couple entrés mineurs en France, dans l'année qui suit leur dix-huitième anniversaire ou lorsqu'ils entrent dans les prévisions de l'article L. 421-35, pour une durée égale à la période de validité restant à courir de la carte de séjour de leur parent. () " Aux termes de l'article R. 421-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger qui sollicite la délivrance de la carte de séjour pluriannuelle portant la mention () " passeport talent (famille) " prévue aux articles L. 421-9 à L. 421-11, L. 421-13 à L. 421-21, L. 421-22 et L. 421-23 réside hors de France, la décision de délivrance du titre de séjour sollicitée est prise par l'autorité diplomatique et consulaire. () ".
5. Il ressort des pièces des dossiers que M. F est marié depuis 2013 à Mme E, compatriote malgache, et que le couple a deux enfants, D B né en 2013 et C H née en 2016. Il ressort de ces mêmes pièces que Mme E vit en France sous couvert d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " passeport talent " valable jusqu'au 22 juin 2026. Par les trois requêtes visées ci-dessus, M. F conteste les motifs opposés par l'administration pour refuser la délivrance aux enfants D et C et à lui-même des cartes de séjour " passeport talent (famille) ". Il fait valoir, s'agissant des refus opposés à sa demande de titre et à celle présentée pour l'enfant D, fondés sur l'incomplétude et/ou l'absence de fiabilité des informations communiquées pour justifier l'objet et les conditions de séjour, qu'ils ont sollicité la délivrance d'une carte de séjour auprès de l'autorité consulaire en vue de rejoindre Mme E et qu'ils seront hébergés chez la sœur de celle-ci. S'agissant du refus de visa opposé à l'enfant C, le requérant soutient qu'aucune mesure d'interdiction de retour sur le territoire français n'a jamais été opposé à cette enfant, âgée par ailleurs de six ans. Eu égard à ces éléments, le requérant est bien fondé à soutenir que les trois décisions sont entachées d'erreur d'appréciation.
6. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens des requêtes, qu'il y a lieu d'annuler les trois décisions par lesquelles la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a implicitement rejeté les recours formés contre les trois décisions de l'autorité consulaire française à Madagascar refusant de délivrer à M. F ainsi qu'aux enfants D B F et C H F des titres de séjour " passeport talent ".
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Eu égard à ses motifs, le présent jugement implique nécessairement qu'il soit enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer de faire délivrer à M. F et aux enfants D B et C H F des cartes de séjour " passeport talent (famille) ". Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de leur faire délivrer ces cartes de séjour dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser à M. F en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : Les trois décisions par lesquelles la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a implicitement rejeté les recours formés contre les trois décisions de l'autorité consulaire française à Madagascar refusant de délivrer à M. F et aux enfants D B F et C H F des titres de séjour " passeport talent " sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer de faire délivrer à M. F et aux enfants D B F et C H F des cartes de séjour " passeport talent (famille) " dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à M. F une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A G F et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 23 février 2024 à laquelle siégeaient :
Mme Douet, présidente,
Mme Chatal, conseillère,
M. Ravaut, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 mars 2024.
La rapporteure,
A. CHATALLa présidente,
H. DOUETLa greffière,
A.-L. LE GOUALLEC
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
2,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026