jeudi 7 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2305517 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | OQTF 6 semaines - 12ème chambre |
| Avocat requérant | PASTEUR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 avril 2023, Mme C B, représentée par Me Pasteur, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 31 mars 2023 du préfet de la Loire-Atlantique, en tant qu'il lui a rappelé l'obligation de quitter le territoire français dont elle fait l'objet en fixant le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office ;
2°) d'enjoindre au préfet de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de 10 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 75 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État le versement à son avocate de la somme de 1 500 euros sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve de la renonciation de ce dernier à la part contributive de l'Etat.
Elle soutient que :
en ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- il n'est pas justifié de la compétence de la signataire de cette décision ;
- elle est insuffisamment motivée en droit et en fait ;
- elle est intervenue en méconnaissance de son droit à être entendue ;
- elle méconnaît les dispositions de l'alinéa 2§1 de l'article 41 de la directive 2013/32/UE du 26 juin 2013 du Parlement européen et du conseil ;
- elle est entachée d'une erreur de droit en l'absence de preuve de notification de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la mesure d'éloignement sur sa situation personnelle ;
en ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- il n'est pas justifié de la compétence de la signataire de cette décision ;
- elle est insuffisamment motivée en droit et en fait ;
- elle est entachée d'une erreur de droit en raison de l'absence d'examen au regard de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 novembre 2023, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Le préfet fait valoir que :
- les conclusions dirigées contre l'arrêté litigieux, en tant qu'il porte rappel de l'obligation de quitter le territoire français, sont irrecevables ;
- les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par courrier du 13 novembre 2023, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le tribunal était susceptible de fonder le jugement à venir sur le moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 31 mars 2023 rappelant à Mme B l'obligation de quitter le territoire français dont elle a fait l'objet et fixant le pays de destination, ces décisions présentant un caractère confirmatif de précédentes décisions du 29 mars 2019 devenues définitives.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 22 septembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Gourmelon pour statuer sur les litiges visés à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile concernant le cas où l'étranger fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sur le fondement des 1, 2° ou 4° de l'article L. 611-1 du même code.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Gourmelon a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante camerounaise, a sollicité la reconnaissance du statut de réfugiée. Sa demande d'asile a été rejetée par décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 25 avril 2018, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) du 28 janvier 2019. A la suite de ce rejet, Mme B a fait l'objet d'un arrêté portant obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de destination le 29 mars 2019. Elle a formé une demande de réexamen de sa demande d'asile, qui a été rejetée par l'OFPRA par une décision du 9 juin 2020, qu'elle n'a pas contestée. Par un arrêté du 31 mars 2023, le préfet de la Loire-Atlantique lui a refusé la délivrance d'une attestation de demandeur d'asile, et lui a rappelé le caractère exécutoire de l'obligation de quitter le territoire français prononcée le 29 mars 2019, en fixant le pays à destination duquel elle est susceptible d'être reconduite d'office. Mme B, dont la nouvelle demande de réexamen a été rejetée, demande l'annulation de cet arrêté en tant uniquement qu'il porterait obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de destination.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
2. L'arrêté du 31 mars 2023, en tant qu'il rappelle à Mme B l'obligation qui lui a été faite par arrêté du 29 mars 2019 de quitter le territoire français, n'a pas pour effet de modifier l'ordonnancement juridique et constitue seulement une décision confirmative, en l'absence de changement de circonstances ressortant des pièces du dossier, de la décision prise le 29 mars 2019, qui est devenue définitive. Par suite, les conclusions dirigées contre l'arrêté du 31 mars 2023, en tant qu'il porte rappel de l'existence de cette obligation, sont irrecevables et doivent être rejetées.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
3. Aux termes de l'article L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative fixe, par une décision distincte de la décision d'éloignement, le pays à destination duquel l'étranger peut être renvoyé en cas d'exécution d'office d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, d'une interdiction de retour sur le territoire français, d'une décision de mise en œuvre d'une décision prise par un autre État, d'une interdiction de circulation sur le territoire français, d'une décision d'expulsion, d'une peine d'interdiction du territoire français ou d'une interdiction administrative du territoire français. ".
4. La décision fixant le pays à destination duquel Mme B pourra être reconduite d'office, qui ne constitue pas le simple rappel d'une précédente décision, est dépourvue de toute motivation en fait et en droit. Par suite, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens, cette décision doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Le présent jugement implique seulement que le préfet de la Loire-Atlantique réexamine la situation de Mme B au regard du pays à destination duquel elle est susceptible d'être reconduite d'office. Il y a lieu d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique d'agir en ce sens, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
6. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire application des dispositions combinées de l'article 37 et de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La décision du 31 mars 2023 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a fixé le pays à destination duquel Mme B est susceptible d'être reconduite d'office est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Loire-Atlantique de réexaminer la situation de Mme B au regard du pays à destination duquel elle est susceptible d'être reconduite d'office, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, au préfet de la Loire-Atlantique et à Me Charline Pasteur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 décembre 2023.
La magistrate désignée,
V. Gourmelon
La greffière,
F. ARLAISLa République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026