jeudi 9 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2306149 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | OQTF 6 semaines - 6ème chambre |
| Avocat requérant | SCHAUTEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires enregistrés le 1er mai 2023 et le 9 octobre 2023, M. B D A C, représenté par Me Schauten, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 mars 2023 par lequel le préfet de Maine-et-Loire, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination de sa reconduite à la frontière, et l'a astreint à se présenter au commissariat de police d'Angers tous les lundis, mercredis et vendredis 10h ;
2°) d'enjoindre au préfet de Maine-et-Loire de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la décision à intervenir, et subsidiairement de réexaminer sa situation dans le même délai et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans l'attente de ce réexamen ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 400 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et au profit de Me Perrot, qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ;
M. A C soutient que :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- elle est insuffisamment motivée en droit et en fait ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne le refus d'accorder un délai de départ d'une durée supérieure à trente jours :
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- compte tenu de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français, elle doit être annulée par voie de conséquence.
En ce qui concerne l'obligation de présentation
- elle est insuffisamment motivée ;
- compte tenu de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français, elle doit être annulée par voie de conséquence
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 juillet 2023, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
M. A C a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 20 juin 2023.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Giraud, vice-président, pour statuer sur les litiges visés à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Giraud, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, ressortissant mauritanien né le 11 août 2004 demande l'annulation de l'arrêté du 21 mars 2023 par lequel le préfet de Maine-et-Loire lui a fait obligation à de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il sera reconduit d'office et l'a astreint à se présenter au commissariat de police d'Angers tous les lundis, mercredis et vendredis 10h.
2. Il ressort des pièces du dossier que M. A C est entré à l'âge de 14 ans en France avec sa mère et ses sœurs, le 31 juillet 2019. Pendant le temps de l'instruction de la demande d'asile de sa mère et du rejet de celle-ci, il a été inscrit en classe de troisième au collège Félix Landreau, en seconde générale et technologique, puis en première générale et enfin en terminale générale, au lycée Chevrollier. Dans une attestation produite par le requérant, le proviseur de ce lycée a indiqué que la scolarité du requérant se passe dans de bonnes conditions et que le sérieux de celui-ci ne peut qu'être gage de réussite. M. A C a, postérieurement à la décision attaquée, obtenu un baccalauréat général avec une moyenne générale de 11,9, à la session de juin. M. A C a donc, malgré les difficultés de son parcours migratoire et celles que le préfet de Maine-et-Loire lui a imposées en l'astreignant de manière tout à fait disproportionnée pour un jeune majeur de 18 ans, scolarisé, à se rendre au commissariat de police d'Angers, trois jours par semaine, à 10 heures, pendant son année de terminale, eu un parcours d'intégration en France avec une scolarité irréprochable. Il ressort également des pièces du dossier que le requérant est sur le territoire français avec sa mère et ses sœurs qui feraient selon les allégations du préfet l'objet d'obligations à quitter le territoire français mais qui n'est établi par aucune pièce du dossier. Le préfet dont il ressort clairement de l'arrêté attaqué qu'il n'a pas examiné la situation particulière du requérant en se bornant à quelques phrases stéréotypées sur l'âge d'entrée en France du requérant, sans dire un mot dans l'arrêté attaqué sur la scolarité du requérant, son célibat et son absence d'enfant, ce qui compte tenu de l'âge du requérant est assez peu révélateur de sa vie familiale, a entaché pour cette raison son arrêté d'une erreur manifeste d'appréciation.
3. Il résulte de qui précède que l'arrêté attaqué, dans toutes ses dispositions, doit être annulé.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
4. Compte tenu du motif d'annulation de l'arrêté litigieux, le présent jugement implique nécessairement que la situation de M. A C soit réexaminée. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au préfet de Maine-et-Loire d'y procéder dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir et, dans cette attente, de munir l'intéressé d'une autorisation provisoire de séjour.
Sur les frais liés au litige :
5. M. A C ayant obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me schauten renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 21 mars 2023 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de Maine-et-Loire de réexaminer la situation de M. A C dans le délai de deux mois et de munir dans cette attente l'intéressée d'une autorisation provisoire de séjour.
Article 3 : L'Etat versera à Me Schauten la somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État.
Article 4 :Le présent jugement sera notifié à M. B D A C, au préfet de Maine-et-Loire et à Me Schauten.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 novembre 2023.
Le magistrat désigné,
T. GIRAUDLe greffier,
G. VIEL
La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026