mardi 2 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2306454 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | KONATE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 avril 2023, Mme D A, représentée par Me Konaté, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 23 février 2023 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours contre les décisions de l'autorité consulaire française à Conakry (Guinée) refusant de délivrer à Mme C E A et à l'enfant F B des visas de long séjour en qualité de membres de la famille d'une réfugiée ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de délivrer un visa à l'enfant F B.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que l'identité des demandeurs de visa et leur lien familial avec elle sont établis ;
- le motif opposé au seul F B tiré de ce que la procédure de réunification familiale serait partielle est entaché d'une erreur d'appréciation ;
- la décision attaquée méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celles du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 février 2024, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés ;
- la décision attaquée peut également être fondée sur les motifs tirés de l'absence de production d'un jugement de délégation de l'autorité parentale émanant des pères respectifs des demandeurs de visas, et, s'agissant de la seule C E A, de ce que son identité et sa filiation n'est pas établie.
Par un courrier du 15 février 2024, la requérante a été invitée, en application de l'article R. 612-1 du code de justice administrative, à régulariser les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France en tant qu'elle refuse la délivrance d'un visa de long séjour à Mme C E A, majeure à la date d'introduction de la requête. Mme A a été informée qu'à défaut de régularisation dans le délai de quinze jours, ces conclusions pourraient être rejetées comme irrecevables. Cette demande tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code civil ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Heng a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D A, ressortissante guinéenne, s'est vu reconnaître la qualité de réfugiée par décision du directeur général de l'Office de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 18 décembre 2020. Elle a déposé, pour le compte de Mme C E A et F B, ressortissants de même nationalité nés les 21 octobre 2004 et 15 octobre 2011 qu'elle présente comme ses enfants, des demandes de visas de long séjour au titre de la réunification familiale auprès de l'autorité consulaire française en Guinée. Cette autorité a refusé de délivrer les visas sollicités. Par une décision du 23 février 2023, dont Mme A demande l'annulation, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours formé contre ces décisions consulaires.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 23 février 2023 en tant qu'elle concerne Mme C E A :
2. Malgré la demande de régularisation effectuée par le tribunal, Mme A n'apporte aucun élément tendant à démontrer qu'elle disposerait d'un intérêt à agir personnel, direct et certain, alors qu'il n'est pas contesté que sa fille était majeure au regard de sa loi personnelle à la date d'introduction de la requête, et dispose ainsi de la capacité à agir en justice. Dans ces conditions, les conclusions de la requête en ce qu'elles tendent à l'annulation de la décision de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France en ce qui concerne Mme C E A doit être rejetée comme irrecevable.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 23 février 2023 en tant qu'elle concerne l'enfant F B :
3. Pour rejeter le recours formé par Mme A, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France s'est fondée sur les motifs tirés de ce que l'acte de naissance F B, eu égard à ses incohérences, est insuffisamment probant, et de ce que la procédure de réunification familiale présente un caractère partiel.
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 434-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, rendu applicable à la réunification familiale par l'article L. 561-4 de ce code, dispose : " Le regroupement familial est sollicité pour l'ensemble des personnes désignées aux articles L. 434-2 à L. 434-4. Un regroupement partiel peut toutefois être autorisé pour des motifs tenant à l'intérêt des enfants. ". Il résulte de ces dispositions que la réunification familiale doit concerner, en principe, l'ensemble de la famille du ressortissant étranger qui demande à en bénéficier et qu'une réunification familiale partielle ne peut être autorisée que si l'intérêt des enfants le justifie.
5. Mme A produit la copie intégrale de l'acte de naissance n° 5589 dressé le 11 novembre 2011 par l'officier d'état civil de la commune de Ratoma, faisant état de la naissance F B le 15 octobre 2011 de l'union de Elhadj Saidou B et de D A. Il est constant qu'aucune demande de visa n'a été déposée par et pour M. B, père F B et époux de Mme A. Si cette dernière fait valoir que M. B ne souhaite pas la rejoindre en France en raison de son activité professionnelle en Guinée, qui lui permet, en outre, de voyager régulièrement en Europe, il n'est ni établi ni même allégué que celui-ci ne prendrait pas en charge son fils ou n'en aurait pas la garde. Dans ces conditions, et en l'absence, également, de production de décision juridictionnelle confiant la garde de cet enfant à sa mère, et de tout élément permettant de justifier des conditions de vie de cet enfant en Guinée, où il n'est pas indiqué qu'il ne vivrait pas auprès de son père, Mme A n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'une erreur d'appréciation s'agissant de l'intérêt supérieur F B à la rejoindre en France. Il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision s'agissant F B en se fondant sur ce seul motif. Par suite, le moyen soulevé contre le second motif de la décision dirigé contre le seul F B ne peut dès lors qu'être écarté comme inopérant.
6. En second lieu, eu égard au caractère partiel de la demande de réunification familiale et alors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier qu'Amadou Bailo B vivrait isolé ou en situation de précarité en Guinée où, ainsi qu'il a été dit au point 5, il réside auprès de son père, les moyens de la requête tirés de la méconnaissance, par la commission de recours, des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de celles du premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, doivent être écartés.
7. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les substitutions de motif sollicitées en défense, que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme A doivent être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles présentées au titre des frais liés au litige doivent l'être également.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 11 mars 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Chauvet, présidente,
Mme André, première conseillère,
Mme Heng, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 avril 2024.
La rapporteure,
H. HENGLa présidente,
C. CHAUVET
La greffière,
A. VOISIN
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026