mercredi 31 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2306501 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | MAUDET-CAMUS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 mai 2023, l'association La Tête Dans Le Sable (LTDLS), M. F A, Mme D E et M. C B, représentés par Me Le Borgne et Me Dubreuil, demandent au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 122-2 du code de l'environnement, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 23 janvier 2023 par lequel le maire de Saint-Colomban a délivré à la SCEA Philea un permis de construire n° PC 044 155 22 B1029 pour la construction de serres et d'un bassin de rétention au lieudit " La Sensive Merlin ", jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cet acte ;
2°) d'ordonner au maire de Saint-Colomban de prescrire l'interruption des travaux dès la notification de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge solidaire de la commune de Saint-Colomban et de la SCEA Philea la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la requête est recevable ;
- l'exécution du permis de construire en litige doit être suspendue en application de l'article L. 122-2 du code de l'environnement, dès lors que cette autorisation n'a pas été précédée de la réalisation de l'étude d'impact requise, au terme d'un examen au cas par cas, en application de l'article R. 122-2 de ce code et qu'elle est illégale dans la mesure où elle a été prise sur le fondement de la décision de dispense d'étude d'impact du 15 septembre 2020 qui est elle-même illégale, pour le même motif.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 mai 2023, la SCEA Philea, représentée par la SELARL Parthema Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable, dès lors que le recours formé contre le permis de construire contesté est tardif ;
- la demande de suspension des effets de l'autorisation doit être rejetée dès lors qu'il n'y avait pas lieu de soumettre le projet en cause à la réalisation préalable d'une étude d'impact et que la décision de dispense d'étude d'impact du 15 septembre 2020 est donc fondée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 mai 2023, la commune de Saint-Colomban, représentée par la SARL Interbarreaux Maudet-Camus Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge solidaire des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable, dès lors que le recours formé contre le permis de construire contesté est tardif et que les requérants ne justifient pas de leur intérêt pour agir ;
- la demande de suspension des effets de l'autorisation doit être rejetée dès lors qu'il n'y avait pas lieu de soumettre le projet en cause à la réalisation préalable d'une étude d'impact et que la décision de dispense d'étude d'impact du 15 septembre 2020 est donc fondée.
Le président du tribunal a désigné M. Cantié, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le numéro n°2306524 ;
Vu :
- la directive 2011/92/CE du 13 décembre 2011 ;
- le code de l'environnement ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 23 mai 2023 à 15 heures :
- le rapport de M. Cantié, juge des référés,
- les observations de Me Dubreuil, représentant les requérants, qui a développé oralement son argumentation écrite, en maintenant l'ensemble de ses conclusions et moyens ;
- les observations de Me Camus, représentant la commune de Saint-Colomban, qui a confirmé ses écritures ;
- et les observations de Me Viaud, représentant la SCEA Philea, qui a confirmé ses écritures.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Une note en délibéré, enregistrée le 24 mai 2023, a été produite pour l'association LTDLS et autres.
Considérant ce qui suit :
1. L'association LTDLS et autres demandent au juge des référés de suspendre les effets de l'arrêté du 23 janvier 2023 par lequel le maire de Saint-Colomban a délivré à la SCEA Philea un permis de construire n° PC 044 155 22 B1029 pour la construction de serres et d'un bassin de rétention au lieudit " La Sensive Merlin ". Il ressort tant des pièces de la procédure que des observations orales présentées au cours de l'audience publique que les requérants n'ont présenté des conclusions aux fins de suspension de l'arrêté en litige que sur le fondement des dispositions de l'article L. 122-2 du code de l'environnement.
2. Aux termes de l'article L. 122-2 du code de l'environnement : " Si une requête déposée devant la juridiction administrative contre une autorisation ou une décision d'approbation d'un projet visé au I de l'article L. 122-1 est fondée sur l'absence d'étude d'impact, le juge des référés, saisi d'une demande de suspension de la décision attaquée, y fait droit dès que cette absence est constatée. "
3. Le juge des référés, saisi de conclusions sur le fondement des dispositions de l'article L. 122-2 du code de l'environnement, doit, en principe, faire droit aux demandes de suspension des effets de l'autorisation en litige, dès lors qu'il constate l'absence de l'étude d'impact alors que celle-ci est requise. Il en va ainsi non seulement lorsque l'étude d'impact est systématiquement exigée par la réglementation en vigueur mais également lorsqu'elle aurait dû être réalisée au terme d'un examen au cas par cas. Il appartient au juge des référés, afin de déterminer si la demande qui lui est présentée sur ce fondement entre dans les prévisions de l'article L. 122-2 du code de l'environnement, d'apprécier si, en l'état de l'instruction et eu égard à la portée de la décision litigieuse, une étude d'impact était nécessaire.
4. Il résulte de l'instruction que le projet en cause a pour objet la création de serres chapelles et d'un bassin de rétention pour une emprise au sol de 36 198 m2 sur un terrain d'assiette d'une surface de 61 236 m2, situé en zone agricole. Si ce projet tend à la réalisation de travaux au sens du 39 du tableau annexé à l'article R. 122-2 du code de l'environnement, il est constant qu'il n'est pas au nombre des projets soumis systématiquement à évaluation environnementale et relève d'un examen au cas par cas de la nécessité de réaliser une étude d'impact en vue de déterminer s'il est susceptible d'avoir des incidences notables sur l'environnement ou la santé humaine.
5. Pour démontrer que le projet litigieux nécessite une étude d'impact, les requérants se prévalent pour l'essentiel des motifs de l'arrêté du 15 septembre 2020 par lequel le préfet de région Pays de la Loire a estimé que le projet de la SCEA Philae était dispensé d'une telle étude. Toutefois, si cet arrêté fait mention, sans en préciser la nature et les éléments constitutifs, de deux projets similaires pour lesquels une demande d'examen au cas par cas a été présentée, les requérants ne fournissent aucun élément suffisamment précis et probant en vue d'établir que, dans le cadre de l'appréciation des caractéristiques du projet en cause, il y aurait lieu d'appréhender celles-ci en les cumulant avec celles d'autres projets conformément aux dispositions de l'annexe III de la directive 2011/92/CE du Parlement européen et du Conseil du 13 décembre 2011 concernant l'évaluation des incidences de certains projets publics et privés sur l'environnement. De plus, il ne résulte pas de l'instruction qu'eu égard à sa localisation, à ses caractéristiques propres et à son impact potentiel sur les sols, les ressources et les paysages, le projet de la SCEA Philae nécessiterait à l'évidence la réalisation préalable d'une étude d'impact en application des dispositions du II de l'article L. 122-1 du code de l'environnement. Par suite, l'association LTDLS et autres ne sont pas fondés à soutenir qu'une étude d'impact était nécessaire.
6. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées par la commune et le pétitionnaire, les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 122-2 du code de l'environnement doivent être rejetées.
7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de l'association LTDLS et autres est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Saint-Colomban et la SCEA Philea au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à l'association La Tête Dans Le Sable, à M. F A, à Mme D E et M. C B, à la commune de Saint-Colomban et à la SCEA Philea.
Fait à Nantes, le 31 mai 2023.
Le juge des référés,La greffière,
C. CANTIEG. PEIGNE
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026