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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2306746

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2306746

jeudi 11 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2306746
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation7ème Chambre
Avocat requérantL'HELIAS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 13 mai 2023, Mme C B, représentée par Me L'Helias, demande au tribunal :

1°) à titre principal, d'annuler l'arrêté du 11 mai 2023 par lequel la préfète de la Mayenne lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel elle pourrait être reconduite et lui a notifié une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de dix-huit mois, et à titre subsidiaire, de suspendre l'exécution de la décision de la préfète dans l'attente de la décision à intervenir de la Cour nationale du droit d'asile ;

2°) d'annuler l'arrêté du 11 mai 2023 par lequel la préfète de la Mayenne l'a assignée à résidence pour une durée de six mois, lui a fait obligation de se présenter tous les mardis et les jeudis à 10 heures au commissariat de police de Laval, obligation de rester dans les locaux où elle réside tous les jours de la semaine de 14 h 30 à 16 h 30, et interdiction de sortir du département de la Mayenne sans autorisation écrite ;

3°) d'enjoindre à la préfète de la Mayenne, à titre principal, de réexaminer, dans un délai de deux mois, sa situation au regard des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et à titre subsidiaire, au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du même code, et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de quinze jours, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à son avocat en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions :

- les arrêtés attaqués ont été pris par une autorité incompétente ;

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

- la décision méconnait les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; en application des dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ne peuvent faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français les étrangers qui peuvent se voir attribuer de plein droit un titre de séjour ;

- la décision méconnait les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision est entachée d'une erreur d'appréciation et porte une atteinte disproportionnée à son droit à la vie privée et familiale au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; elle vit depuis son arrivée en France en concubinage avec un compatriote qui a vécu régulièrement en France entre 2010 et août 2019 ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- la préfète n'a pas procédé à un examen des risques encourus en cas de retour en Guinée ;

- la décision méconnait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 3 de la convention des Nations Unies contre la torture ;

En ce qui concerne la décision refusant un délai de départ volontaire :

- la décision méconnait les dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :

- la décision est entachée d'une erreur d'appréciation et méconnait les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; elle risque des traitements inhumains ou dégradants en cas de retour dans son pays d'origine ; elle a des liens en France avec son compagnon et est hébergée par sa nièce ;

En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :

- la décision sera annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français en application des dispositions de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision méconnait les dispositions de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, son éloignement n'étant pas une perspective raisonnable ;

- les modalités d'assignation à résidence, notamment l'obligation de rester plusieurs heures à son domicile et celle de ne pas sortir du département de la Mayenne sans autorisation sont disproportionnées.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 juin 2023, la préfète de la Mayenne conclut au rejet de la requête.

Elle soutient qu'aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondée.

Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 16 mai 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention des Nations-Unies contre la torture et autres peines ou traitement cruels, inhumains ou dégradants ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Béria-Guillaumie, présidente-rapporteure, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante guinéenne née en mars 1982 à Conakry, est entrée en France irrégulièrement, selon ses déclarations, le 20 octobre 2018 en vue d'y déposer une demande d'asile. Par décision du 23 mai 2019, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a rejeté cette demande. Le recours de Mme B contre cette décision a été rejeté par une décision de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 26 novembre 2020. Par deux arrêtés du 6 janvier 2021, la préfète de la Mayenne a, d'une part, pris à l'encontre de Mme B une décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai assortie d'une décision fixant son pays de destination et d'une décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de douze mois et, d'autre part, assigné l'intéressée à résidence pour une durée de six mois. Par un jugement n° 2100194 du 15 octobre 2021, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Nantes a annulé les arrêtés du 6 janvier 2021 uniquement en ce qu'ils prononçaient à l'encontre de Mme B une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de douze mois et a rejeté le surplus des conclusions de la requête. Par une décision du 30 avril 2021, l'OFPRA a rejeté la demande de réexamen déposée par Mme B. Le recours de l'intéressée contre cette décision de l'OFPRA a été rejeté par une décision de la CNDA du 31 août 2021. Par un arrêté du 18 novembre 2022, le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de délivrer à l'intéressée une attestation de demandeuse d'asile et lui a rappelé l'existence de l'obligation de quitter le territoire français antérieure. Mme B a été interpellée le 11 mai 2023 à Laval sur perquisition du parquet pour non-respect de son assignation à résidence et placée en garde à vue. Cette dernière circonstance a conduit la préfète de la Mayenne, par deux arrêtés du 11 mai 2023, d'une part, à prendre à l'encontre de cette dernière une décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai, assortie d'une décision fixant son pays de destination et d'une décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de dix-huit mois et, d'autre part, à assigner l'intéressée à résidence pour une durée de six mois. Mme B demande au tribunal d'annuler les décisions du 11 mai 2023.

Sur les conclusions principales à fin d'annulation :

En ce qui concerne le moyen commun aux arrêtés attaqués :

2. Les arrêtés attaqués ont été signés, pour la préfète et par délégation, par Mme D A, directrice de la citoyenneté de la préfecture de la Mayenne. Par un arrêté du 2 mai 2023, publié au recueil des actes administratifs du même jour, la préfète de la Mayenne a accordé à la directrice de la citoyenneté une délégation de signature à l'effet de signer, notamment, au titre du bureau de l'éloignement et du contentieux " - les obligations de quitter le territoire français, / - les décisions fixant les obligations de l'étranger pendant le délai de son départ, / - les décisions de modification ou de suppression d'un délai de départ volontaire () / - les décisions fixant le pays de destination / - les interdictions de retour sur le territoire français / - les décisions d'assignation à résidence () ". Il suit de là que le moyen tiré de l'incompétence de la signataire des arrêtés attaqués manque en fait et doit donc être écarté.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

3. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que Mme B est entrée en France le 20 octobre 2018, puis s'est maintenue irrégulièrement sur le territoire après le rejet de ses demandes d'asile, et ce, en dépit de l'arrêté du 6 janvier 2021 portant obligation de quitter le territoire français. Si l'intéressée soutient qu'elle partage une communauté de vie en France avec un ressortissant guinéen, il ressort des pièces transmises dans le mémoire en défense que ce dernier s'est vu opposer, en décembre 2014 puis en juillet 2019, des obligations de quitter le territoire français, et que son recours contre cette dernière obligation de quitter le territoire français a été rejeté par un jugement du tribunal administratif de Grenoble du 19 décembre 2019. En outre, Mme B n'établit pas, par ses seules déclarations, qu'elle serait dépourvue d'attaches personnelles et familiales en Guinée, pays où séjournent ses deux enfants mineurs. Dans ces conditions, la décision portant obligation pour Mme B de quitter le territoire français ne porte pas une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale de l'intéressée garanti par les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

4. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs de fait que ceux exposés au point précédent, la préfète de la Mayenne n'a pas apprécié de manière manifestement erronée les conséquences de sa décision sur la situation de Mme B.

5. En troisième lieu, lorsque la loi prescrit l'attribution de plein droit d'un titre de séjour à un étranger, cette circonstance fait obstacle à ce qu'il puisse légalement faire l'objet d'une mesure d'obligation de quitter le territoire français.

6. Tout d'abord, tel n'est pas le cas de la mise en œuvre de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lequel ne prescrit pas la délivrance d'un titre de plein droit mais laisse à l'administration un large pouvoir pour apprécier si l'admission au séjour d'un étranger répond à des considérations humanitaires ou si elle se justifie au regard des motifs exceptionnels dont l'intéressé se prévaut. Il en résulte que Mme B ne peut pas utilement invoquer le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à l'encontre d'une mesure d'obligation de quitter le territoire français alors qu'elle n'avait pas présenté une demande de titre de séjour sur le fondement de cet article.

7. Par ailleurs, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 3 du jugement, Mme B n'est pas fondée à soutenir qu'elle pouvait se voir délivrer un titre de séjour de plein droit sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et donc qu'elle ne pouvait pour ce motif faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

8. En premier lieu, il ne ressort ni de la motivation de l'arrêté du 11 mai 2023 ni des autres pièces du dossier que la préfète de la Mayenne n'aurait pas procédé à un examen de la situation personnelle de Mme B avant de fixer le pays à destination duquel elle pourrait être reconduite d'office, notamment au regard des risques éventuellement encourus.

9. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays que s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ".

10. Mme B ne produit aucun élément de nature à établir la réalité de ses déclarations selon lesquelles elle serait exposée à un traitement inhumain ou dégradant en cas de retour de sa part en Guinée à raison du mariage forcé auquel elle serait soumise dans ce pays. La seule circonstance qu'elle a sollicité, postérieurement à l'intervention de la décision attaquée, un réexamen de sa demande d'asile, au demeurant rejetée par l'OFPRA comme étant irrecevable, est sans incidence sur ce point. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de celles de l'article 3 de la convention de New-York et des dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant refus d'un délai de départ volontaire :

11. L'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision () ". Selon l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ".

12. Il ressort des pièces du dossier que Mme B s'est soustraite à une précédente mesure d'éloignement, édictée à son encontre le 6 janvier 2021. Dans ces conditions, la préfète de la Mayenne a pu, sans méconnaitre les dispositions précitées, refuser de lui accorder un délai de départ volontaire.

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire pour une durée de dix-huit mois :

13. L'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-8 du même code : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français ".

14. Par ailleurs, aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11 ".

15. En se bornant à soutenir que la préfète n'a pas apprécié l'existence de circonstances humanitaires, la requérante ne fait valoir aucun élément de nature à établir qu'en prenant cette décision, la préfète de la Mayenne aurait fait une inexacte application des dispositions précitées de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :

16. En premier lieu, l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire n'étant pas établie, le moyen tiré de ce que cette illégalité emporterait, par voie de conséquence, l'illégalité de la décision portant assignation à résidence de Mme B ne peut qu'être écarté.

17. En deuxième lieu, l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " L'autorité administrative peut autoriser l'étranger qui justifie être dans l'impossibilité de quitter le territoire français ou ne pouvoir ni regagner son pays d'origine ni se rendre dans aucun autre pays, à se maintenir provisoirement sur le territoire en l'assignant à résidence jusqu'à ce qu'existe une perspective raisonnable d'exécution de son obligation, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé () ".

18. Il ressort des pièces du dossier, que Mme B a fait l'objet le 11 mai 2023 d'une obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire. Par suite, contrairement à ce qu'elle soutient, elle entre dans le champ d'application des dispositions précitées du 1° de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, le moyen soulevé selon lequel la préfète de la Mayenne aurait méconnu l'article précité n'est pas fondé.

19. En dernier lieu, si Mme B soutient que les modalités accompagnant l'assignation à résidence du 11 mai 2023 seraient disproportionnées, notamment en ce qui concerne l'obligation de demeurer deux heures par jour à son domicile et l'interdiction de quitter sans autorisation le département, elle n'apporte aucune précision ni aucune pièce à l'appui de ce moyen qui doit dès lors être écarté.

Sur les conclusions subsidiaires tendant à la suspension de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français du 11 mai 2023 :

20. L'article L. 542-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " Lorsque le droit de se maintenir sur le territoire a pris fin en application des b, c ou d du 1° de l'article L. 542-2, l'étranger peut demander la suspension de l'exécution de la décision d'éloignement () ". Il est fait droit à la demande de suspension de la mesure d'éloignement si le juge a un doute sérieux sur le bien-fondé de la décision de rejet ou d'irrecevabilité opposée par l'OFPRA à la demande de protection, au regard des risques de persécutions allégués ou des autres motifs retenus par l'Office. Les moyens tirés des vices propres entachant la décision de l'Office ne peuvent utilement être invoqués à l'appui des conclusions a fin de suspension de la mesure d'éloignement, à l'exception de ceux ayant trait à l'absence, par l'Office, d'examen individuel de la demande ou d'entretien personnel en dehors des cas prévus par la loi ou de défaut d'interprétariat imputable à l'Office.

21. Si Mme B demande au tribunal de prononcer la suspension de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français du 11 mai 2023, elle n'articule aucun moyen à l'appui de ces conclusions qui ne peuvent donc qu'être rejetées.

22. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée en toutes ses conclusions.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B, à la préfète de la Mayenne et à Me L'Helias.

Délibéré après l'audience du 14 décembre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Béria-Guillaumie, présidente,

M. Hannoyer, premier conseiller,

Mme Baufumé, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 janvier 2024.

La présidente-rapporteure,

M. BÉRIA-GUILLAUMIE

L'assesseur le plus ancien

dans l'ordre du tableau,

R. HANNOYER

La greffière,

Y. BOUBEKEUR

La République mande et ordonne à la préfète de la Mayenne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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