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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2306902

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2306902

mardi 17 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2306902
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantGOUACHE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés le 15 mai 2023, le 18 septembre 2023 et le 3 octobre 2023, Madame F C, représentée par Me Gouache, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 17 novembre 2022 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office lorsque ce délai sera expiré ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", dans un délai d'un mois et, ce, sous astreinte de cent euros par jour de retard ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans le même délai et sous la même astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son avocat de la somme de 1800 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

En ce qui concerne les moyens communs aux décisions attaquées :

- les décisions ont été signées par une autorité incompétente ;

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour

- la décision est entachée d'un possible vice de procédure, le préfet n'établissant pas que l'avis du collège médical de l'OFII ait été rendu dans des conditions régulières ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'interruption de la prise en charge médicale dont bénéficie la requérante sur le territoire français étant susceptible d'entraîner pour elle des conséquences d'une exceptionnelle gravité. ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, en tant qu'elle porte une atteinte disproportionnée à la vie privée et familiale de la requérante ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- la décision portant obligation de quitter le territoire est fondée sur une décision de refus de séjour elle-même illégale ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L 611-3 du CESEDA, la requérante pouvant être protégée au titre de son état de santé ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, en tant qu'elle porte une atteinte excessive à la vie privée et familiale de la requérante ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- la décision fixant le pays de destination est fondée sur une décision de refus de séjour elle-même illégale ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 513-2, devenu 721-4, du CESEDA et les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, la requérante courant un risque pour sa vie et risquant d'être exposée à des traitements inhumains en cas de retour dans son pays d'origine.

Par un mémoire en défense enregistré le 13 juillet 2023, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Mme E C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 mai 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Brémond, premier conseiller,

- les observations de Me Gouache, avocat de Mme E C.

Considérant ce qui suit :

1. Mme E C, ressortissante soudanaise, née le 15 septembre 1994, est, selon ses déclarations, entrée régulièrement en France le 8 avril 2017 en compagnie de sa mère, munie d'un visa de court séjour. Elle a déposé une demande d'asile qui a été définitivement rejetée par la Cour nationale du droit d'asile le 24 janvier 2019. Par un arrêté du 28 août 2019, l'intéressée a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français. S'étant néanmoins maintenue sur ce territoire, elle a, le 14 janvier 2021, sollicité la délivrance d'un titre de séjour au titre de sa vie privée et familiale. Par un arrêté du 25 août 2021, le préfet de la Loire-Atlantique a rejeté sa demande, et prononcé à l'encontre de Mme E C une obligation de quitter le territoire français, assortie d'une interdiction de retour sur le territoire d'une durée d'un an. La requête formée contre cet arrêté a été rejeté par un jugement du tribunal administratif de Nantes du 8 février 2023. Parallèlement, elle a formé une demande de titre de séjour en se prévalant de son état de santé. Par l'arrêté du 17 novembre 2022 dont la requérante demande l'annulation, le préfet de la Loire-Atlantique a rejeté sa demande, prononcé à l'encontre de Mme E C une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixé le pays à destination duquel elle pourrait être reconduite d'office.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les moyens communs aux décisions attaquées :

2. L'arrêté attaqué a été signé par Mme B A, directrice des migrations et de l'intégration à la préfecture de la Loire-Atlantique. Par un arrêté du 05 septembre 2022, dûment publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet de Loire-Atlantique a donné délégation à Mme A à l'effet de signer un tel arrêté, en toutes les décisions qu'il comporte. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué ne peut qu'être écarté comme manquant en fait.

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour

3. En premier lieu, aux termes de l'article L 425-9 du code de l'entrée et de séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an ". Aux termes de l'article R 425-11 du même code : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé ". Aux termes de l'article R 425-13 du même code : " Le collège à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article (). Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège ".

4. Cet avis commun, rendu par trois médecins et non plus un seul, au vu du rapport établi par un quatrième médecin, le cas échéant après examen du demandeur, constitue une garantie pour celui-ci. Les médecins signataires de l'avis ne sont pas tenus, pour répondre aux questions posées, de procéder à des échanges entre eux, l'avis résultant de la réponse apportée par chacun à des questions auxquelles la réponse ne peut être qu'affirmative ou négative. Par suite, la circonstance que, dans certains cas, ces réponses n'aient pas fait l'objet de tels échanges, oraux ou écrits, est sans incidence sur la légalité de la décision prise par le préfet au vu de cet avis.

5. Il ressort des pièces du dossier que le collège de médecins de l'OFII a émis un avis le 28 juin 2022 sur l'état de santé de Mme E C. Aucune disposition législative ou réglementaire n'imposait au préfet de transmettre cet avis à l'intéressée avant l'intervention de l'arrêté attaqué. Le collège des médecins était composé des docteurs Aranda-Grau, Ruggieri et Vanderhenst. Le Dr D, médecin rapporteur, n'a pas siégé au sein de ce collège. A supposer que les réponses n'aient pas fait l'objet d'un échange collégial entre les médecins signataires, cette circonstance est en tout état de cause sans incidence sur la légalité de la décision attaquée. En outre, l'avis émis par le collège des médecins de l'OFII n'est pas au nombre des actes relevant du champ d'application de l'article L. 212-3 du code des relations entre le public et l'administration sur les conditions de validité des signatures électroniques, dont le respect ne s'impose qu'aux décisions administratives. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure entachant la décision attaquée en raison de l'irrégularité de cet avis du 28 juin 2022 doit être écarté.

6. En deuxième lieu, la partie qui justifie d'un avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un certificat de résidence. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'accès effectif ou non à un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un certificat de résidence dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires.

7. Il ressort des pièces du dossier que l'avis du service médical de l'OFII indique que, si l'état de santé de Mme E C nécessite une prise en charge médicale, le défaut de prise en charge ne devrait pas entraîner de conséquences d'une exceptionnelle gravité, et que son état de santé, à la date de l'avis, peut lui permettre de voyager sans risque vers son pays d'origine. Mme E C produit des documents médicaux attestant qu'elle est suivie pour une pathologie dermatologique chronique se manifestant par l'apparition de nodules douloureux. Toutefois, ces certificats ne font pas état des conséquences d'une exceptionnelle gravité auxquelles elle serait exposée en cas d'arrêt de son traitement, ce qui ne ressort pas davantage des pièces du dossier. Dans ces conditions, le préfet ne s'est pas livré à une inexacte application de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en refusant à la requérante le titre de séjour qu'il prévoit.

8. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

9. Il ressort des pièces du dossier que si le séjour de la requérante en France, remontant selon elle au 8 avril 2017, n'est plus récent, la durée de ce séjour jusqu'au mois de janvier 2019 ne s'explique que par l'examen de la demande d'asile qu'elle avait présentée et qui a été rejetée. Elle a ensuite fait l'objet, le 8 août 2019 et le 25 août 2021, de deux mesures portant obligation de quitter le territoire français, auxquelles elle n'a pas déféré. Elle est célibataire et n'a pas en France de tierce personne à sa charge, quand bien même elle se tient aux côtés de sa mère. Compte tenu en particulier des mesures d'éloignement dont elle a fait l'objet, elle n'est pas fondée à se prévaloir en France de liens personnels, notamment familiaux, intenses, anciens et stables. Elle n'établit pas être dépourvue d'attaches personnelles dans son pays d'origine, où elle a vécu pendant environ vingt-deux ans et où elle ne conteste pas que résident ses trois frères. Il ressort également du dossier que la mère de la requérante est titulaire d'un titre de séjour en raison de son état de santé et bénéficie également de l'allocation adulte handicapé. Elle s'est vue proposer un plan personnalisé incluant une aide humaine à domicile pour les actes essentiels de l'existence et a désigné la requérante comme aidant familial dédommagé. Mme E C soutient que sa présence aux côtés de sa mère est de ce fait indispensable, et que cette dernière se trouverait totalement isolée si elle était amenée à quitter le territoire français. Toutefois, celle-ci continuerait à bénéficier du dispositif de prise en charge à domicile, et ainsi ne se trouverait pas totalement isolée en cas de départ de sa fille. Dans ces conditions, compte tenu de la durée et des conditions du séjour de Mme E C en France, elle n'est pas fondée à soutenir que la décision portant refus de séjour a porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par les stipulations précitées une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Cette décision n'est pas davantage entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation de la requérante.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français

10. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit quant à la légalité de la décision refusant la délivrance d'un titre de séjour que la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale en raison de l'illégalité de ce refus.

11. En deuxième lieu, aux termes de article L. 611-3 du CESEDA : " Ne peuvent faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français : () / 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié () ".

12. Pour les mêmes motifs que ceux qui viennent d'être énoncés au point 7, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.

13. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux qui viennent d'être énoncés au point 9, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

14. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit quant à la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français que la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision fixant le pays de destination est illégale en raison de l'illégalité de ce refus.

15. En deuxième lieu, aux termes de l'article L 721-4 du code de l'entrée et de séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ". Et aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".

16. Mme E C, dont, par ailleurs, la demande d'asile a été rejetée, soutient qu'elle subirait en cas de retour au Soudan des traitements inhumains et dégradants, notamment des risques d'excision. Toutefois, en se limitant à produire un certificat médical datant de 2018 et des documents généraux sur les mutilations génitales dont sont victimes les femmes dans ce pays, elle n'établit pas encourir personnellement ce risque, alors d'ailleurs que sa demande d'asile a été rejetée tant par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides que par la Cour nationale du droit d'asile.

17. Elle soutient en outre encourir des risques pour sa vie en cas de retour dans son pays d'origine, en raison de la situation de violence aveugle et généralisée due au conflit armé qui s'est développé au Soudan depuis le 15 avril 2023. Il ressort des pièces du dossier que, depuis le 15 avril 2023, la situation de conflit armé interne dans l'Etat de Khartoum engendre, pour tout civil devant y retourner ou y transiter, une menace grave et individuelle contre sa vie ou sa personne en raison d'une violence qui peut s'étendre à des personnes sans considération de leur situation personnelle. Il en résulte qu'à Khartoum et dans l'Etat de Khartoum, la situation dont fait état la requérante fait, désormais, obstacle à l'exécution d'office de la mesure de reconduite à la frontière qu'elle conteste. Toutefois, cette mesure a été prise le 17 novembre 2022 et la légalité de la décision fixant le pays de renvoi, en tant qu'elle compte le pays dont la requérante est la ressortissante au nombre des destinations possibles en cas d'éloignement d'office, s'apprécie à cette date. Il ne ressort pas du dossier que la situation constatable à Khartoum et dans l'Etat de Khartoum depuis le 15 avril 2023 l'aurait été au 17 novembre 2022 et elle ne l'était pas. Il en résulte que, si cette situation fait obstacle à l'éloignement d'office de la requérante vers le Soudan, elle demeure toutefois sans influence sur l'appréciation de la légalité de la décision prise le 15 avril 2023.

18. Compte tenu du changement de circonstances que constitue le conflit armé qui a débuté le 15 avril 2023 au Soudan, il est loisible à la requérante, dont il ne ressort pas du dossier qu'elle serait effectivement légalement admissible ailleurs que dans ce pays, de demander au préfet d'abroger la mesure d'obligation de quitter le territoire français qu'il a décidée à son égard le 17 novembre 2022.

19. Il résulte de tout ce qui précède que Mme E C n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté attaqué.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

20. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme E C n'appelle aucune mesure d'exécution. Dès lors, les conclusions à fin d'injonction présentées par la requérante doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige

21. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à Mme E C la somme que celle-ci réclame à ce titre.

D E C I D E :

Article 1er : Sous la réserve énoncée au point 17 du présent jugement quant à l'impossibilité actuelle de reconduire d'office la requérante vers le Soudan, la requête de Mme E C est rejetée

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme F C, à Me Gouache et au préfet de Loire-Atlantique

Délibéré après l'audience du 3 octobre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Durup de Baleine, président,

Mme Thomas, première conseillère,

M. Brémond, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2023

Le rapporteur,

E. BREMOND

Le président,

A. DURUP de BALEINE

La greffière,

L. LÉCUYER

La République mande et ordonne

au préfet de la Loire-Atlantique

en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce

requis en ce qui concerne les voies de droit commun

contre les parties privées, de pourvoir

à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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