jeudi 25 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2307016 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | MEDJBER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 19 mai et 7 août 2023, M. A B, représenté par Me Medjber, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 18 avril 2023 par lesquelles le préfet de la Sarthe a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de quatre-vingt-dix jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque le délai sera expiré ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Sarthe, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " étudiant " ou de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", dans un délai de quinze jours, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, et, à titre subsidiaire, de procéder, avec délivrance d'une autorisation provisoire de séjour, au réexamen de sa demande de titre de séjour, dans un délai de quinze jours, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à verser à son avocat en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :
- il n'est pas établi qu'elle a été signée par une autorité compétente ;
- elle est entachée d'une erreur de droit au regard des stipulations du titre III du protocole annexé à l'accord franco-algérien ; il remplit les conditions posées par cet article ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des stipulations l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ; sa mère et son frère résident en France, avec lui depuis plus de cinq ans ; sa tante, ressortissante française, subvient à ses besoins ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour la prive de base légale ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et méconnait son droit à une vie privée et familiale normale ;
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- elle n'est pas suffisamment motivée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 juillet 2023, le préfet de la Sarthe conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 8 janvier 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien modifié du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Béria-Guillaumie, présidente-rapporteure, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant algérien né en novembre 2003, est entré en France le 15 août 2018, sous couvert d'un visa de court séjour. Devenu majeur, par un courrier de janvier 2022, il a sollicité du préfet de la Sarthe la délivrance d'un certificat de résidence en qualité d'étudiant sur le fondement de l'article 6-5 du titre III de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Sa demande a été rejetée par un arrêté du 18 avril 2023 portant en outre obligation de quitter le territoire français dans un délai de quatre-vingt-dix jours et fixant le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque le délai sera expiré. M. B demande au tribunal d'annuler les décisions du 18 avril 2023.
Sur la décision portant refus de titre de séjour :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par M. Eric Zabouraeff, secrétaire général du préfet de la Sarthe. Par arrêté du 19 avril 2022, publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet de la Sarthe lui a donné délégation pour signer " tous arrêtés, décisions, saisines juridictionnelles, circulaires, rapports, correspondances documents et avis, relevant des attributions de l'Etat dans le département de la Sarthe ". Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'alinéa 2 de l'article 9 de l'accord franco algérien du 27 décembre 1968 modifié : " Pour être admis à entrer et à séjourner plus de trois mois sur le territoire français () les ressortissants algériens doivent présenter un passeport en cours de validité et un visa de long séjour délivré par les autorités françaises ". Et aux termes du titre III du protocole annexé au premier avenant de ce même accord franco algérien modifié : " les ressortissants algériens qui () font des études en France et justifient de moyens d'existence suffisants (bourse ou autres ressources) reçoivent, sur présentation d'une attestation de préinscription ou d'inscription dans un établissement d'enseignement français, () un certificat de résidence valable un an, renouvelable et portant la mention étudiant ".
4. Il ressort des pièces du dossier qu'à l'appui de sa demande de certificat de résidence, M. B se prévaut d'un certificat de scolarité pour l'année 2023-2024 en première année de licence de " langues littératures et civilisations étrangères et régionales anglais " à l'université du Mans. Pour justifier de moyens d'existence suffisants, l'intéressé verse aux débats une attestation de prise en charge financière de sa tante. Toutefois, il ne conteste pas être entré en France, sans être titulaire d'un visa de long séjour délivré par les autorités françaises, condition exigée par les stipulations précitées de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié. Dès lors, le préfet de la Sarthe a pu légalement refuser pour ce motif au requérant la délivrance du certificat de résidence en qualité d'étudiant. Le moyen tiré de l'erreur de droit au regard des stipulations du titre III du protocole annexé à l'accord franco-algérien doit dès lors être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention "vie privée et familiale" est délivré de plein droit : () / 5) au ressortissant algérien () dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus () ".
6. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. B aurait sollicité le bénéfice d'un titre de séjour sur le fondement de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Le préfet, qui n'en avait pas l'obligation, n'a pas recherché d'office s'il y avait lieu de l'en faire bénéficier. Il en résulte que le moyen tiré de la méconnaissance de cet article est inopérant.
7. En quatrième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, qui garantit le droit au respect de la vie familiale, est inopérant à l'encontre d'une décision de refus de renouveler une carte de séjour portant la mention " étudiant ". Par suite, ce moyen doit être écarté.
8. En dernier lieu, M. B, s'il réside en France depuis l'année 2018 et se prévaut de la présence en France de sa mère, son frère et sa tante, ne conteste pas que sa mère ne réside pas régulièrement en France. Par ailleurs, il est constant que son père et un autre membre de sa fratrie résident toujours dans son pays d'origine. Par suite, dans ces conditions, la circonstance que l'intéressé suive des études en France ne permet pas à elle seule d'établir que le préfet de la Loire-Atlantique aurait apprécié de manière manifestement erronée les conséquences de sa décision sur sa situation personnelle.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
9. En premier lieu, l'illégalité de la décision portant refus de délivrance de titre de séjour n'étant pas établie eu égard à ce qui a été dit précédemment, le moyen tiré de l'annulation par voie de conséquence de cette décision, invoqué à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français, ne peut qu'être écarté.
10. En second lieu, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales stipule que : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".
11. Il ressort des pièces du dossier que M. B est entré en France le 15 août 2018 sous couvert d'un visa de type C. Il ne soutient pas être dépourvu de toute attache privée ou familiale en Algérie où vivent notamment son père et son frère. S'il fait valoir qu'il est venu en France pour rejoindre sa mère et son autre frère, il ressort néanmoins des allégations non contestées sur ce point du préfet défendeur que cette dernière a fait l'objet d'un refus de titre de séjour assorti d'une obligation de quitter le territoire français. Dès lors, compte tenu de ses attaches privées et familiales, la seule circonstance qu'il a exercé des activités bénévoles et qu'il est inscrit en première année de licence à l'université du Mans ne permet pas d'établir qu'en lui faisant obligation de quitter le territoire français, le préfet de la Sarthe aurait porté une atteinte excessive à son droit à une vie privée et familiale normale. Le préfet n'a donc pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Sur la décision fixant le pays de destination :
12. La décision fixant le pays de destination comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elle se réfère notamment aux dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ainsi qu'à l'absence de démonstration par l'intéressé de ce qu'il serait exposé à une menace personnelle en cas de retour dans son pays d'origine. Dès lors, la décision fixant le pays de destination est suffisamment motivée.
13. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, en toutes ses conclusions.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au préfet de la Sarthe et à Me Medjber.
Délibéré après l'audience du 11 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Béria-Guillaumie, présidente,
M. Hannoyer, premier conseiller,
Mme Baufumé, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 janvier 2024.
La présidente-rapporteure,
M. BÉRIA-GUILLAUMIE
L'assesseur le plus ancien
dans l'ordre du tableau,
R. HANNOYER
La greffière,
B. GAUTIER
La République mande et ordonne au le préfet de la Sarthe en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026