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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2307088

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2307088

jeudi 30 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2307088
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation12eme chambre
Avocat requérantROULLEAU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 17 mai 2023, Mme D B, représentée par Me Roulleau, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 12 avril 2023 par lequel le préfet du Maine-et-Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office à l'issue de ce délai ;

2°) d'enjoindre au préfet de Maine-et-Loire, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa demande de titre de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son avocat de la somme de 1 500 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sur l'aide juridique.

Elle soutient que :

- la décision portant refus de titre de séjour n'a pas été signée par une autorité compétente ;

- elle méconnaît l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 31 août 2023, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondé.

Mme B, a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 février 2024.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de Mme Gourmelon, présidente-rapporteure, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante togolaise née le 28 juin 1970, déclare être entrée irrégulièrement en France le 16 octobre 2017. Sa demande de reconnaissance de la qualité de réfugié a été rejetée par une décision du 30 avril 2018 de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, confirmée par une décision du 18 février 2019 de la Cour nationale du droit d'asile. Par la suite, le préfet de Maine-et-Loire, par un arrêté du 13 mai 2019, lui a fait obligation de quitter le territoire français. Dans un deuxième temps, Mme B a sollicité la délivrance d'un titre de séjour " étranger malade ". Sa demande a été rejetée par un arrêté du 11 décembre 2019, confirmé par le tribunal administratif de Nantes par un jugement du 15 décembre 2020, et par une décision de la cour administrative d'appel de Nantes du 3 septembre 2021. Enfin, elle a sollicité du préfet de Maine-et-Loire la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Sa demande a été rejetée par un arrêté du 12 avril 2023 portant en outre obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office à l'issue de ce délai. Mme B demande au tribunal d'annuler cet arrêté.

Sur la légalité de la décision portant refus de titre de séjour :

2. En premier lieu, par un arrêté du 31 août 2022, régulièrement publié le même jour, le préfet de Maine-et-Loire a délégué à Mme Daverton, secrétaire générale de la préfecture de Maine-et-Loire et signataire de l'arrêté attaqué, compétence à l'effet de signer les décisions portant refus de délivrance d'un titre de séjour. Il en résulte que le moyen tiré de l'incompétence de cette signataire doit être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). ".

4. Il ressort des pièces du dossier que Mme B n'est entrée en France qu'en 2017 à l'âge de 47 ans. Si pour contester le refus du préfet de lui délivrer un titre de séjour, la requérante se prévaut de la relation qu'elle entretient depuis 2018 avec M. A C ressortissant français, et de la conclusion avec celui-ci d'un pacte civil de solidarité (PACS) le 5 mars 2020, la seule production d'une attestation de M. C et de celle peu circonstanciée d'un voisin datée du 7 janvier 2020, ne permet pas d'établir la communauté de vie des intéressés. Par ailleurs, si la requérante se prévaut de son mariage avec M. C, cette circonstance est postérieure à la date à laquelle la décision attaquée a été prise. En dehors de cette relation, la requérante n'établit pas avoir noué en France des liens d'une particulière intensité, stabilité et ancienneté. En outre, elle n'est pas dépourvue de tous liens avec son pays d'origine où résident sa sœur et sa fille majeure. Dans ces conditions, le préfet de la Sarthe n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales quand il a examiné le droit au séjour de la requérante. Le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation qu'aurait commise le préfet ne peut qu'être écarté pour les mêmes motifs.

5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée, en toutes ses conclusions.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B, au préfet de Maine-et-Loire et à Me Roulleau.

Délibéré après l'audience du 16 mai 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Gourmelon, présidente,

Mme Milin, première conseillère,

M. Cordrie, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mai 2024.

La présidente-rapporteure,

V. GOURMELONL'assesseure la plus ancienne

dans l'ordre du tableau,

C. MILIN

La greffière,

F. ARLAIS

La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

em

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