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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2308008

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2308008

mercredi 29 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2308008
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationOQTF 6 semaines - 2ème chambre
Avocat requérantROULLEAU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 7 juin 2023, Mme C A, représentée par

Me Roulleau, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 11 mai 2023 par lequel le préfet de Maine-et-Loire lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office lorsque le délai sera expiré ;

2°) d'enjoindre au préfet de Maine-et-Loire de réexaminer sa situation ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat les dépens, ainsi que la somme de 1 500 euros à verser à son avocat en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- l'obligation de quitter le territoire français viole les dispositions du 9° de

l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

- la décision fixant le pays de destination est contraire aux stipulations de

l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 novembre 2023, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondé.

Mme C A a été admise à l'aide juridictionnelle totale par une décision du

8 juin 2023.

Vu les pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les litiges visés à

l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Par l'arrêté du 11 mai 2023, dont Mme C A, ressortissante tchadienne née le 1er janvier 1984 demande l'annulation, le préfet de Maine-et-Loire lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination en cas d'éloignement d'office.

Sur la légalité de l'obligation de quitter le territoire français :

2. Aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. "

3. L'ordonnance prescrivant à Mme C A un traitement anti-diabétique produite au dossier ne suffit pas à établir que son état de santé nécessiterait une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour elle des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'elle ne pourrait pas bénéficier au Tchad d'une prise en charge médicale appropriée. Par suite, le moyen tiré de la violation des dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

Sur la légalité de la décision fixant le Tchad comme pays de destination :

4. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. "

5. Il ressort des pièces du dossier que la demande d'asile de la requérante a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et par la Cour nationale du droit d'asile. Si la requérante produit trois témoignages supplémentaires, qui n'ont pas été soumis au juge de l'asile, ces éléments, s'ils peuvent le cas échéant constituer des éléments de preuve nouveaux susceptibles de justifier le réexamen d'une demande d'asile, ne sont pas suffisants à eux seuls pour établir la réalité de craintes de traitement inhumain ou dégradant qui n'ont pas été retenues par les autorités administrative et judiciaire en charge de l'asile. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

6. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C A n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté attaqué. Par conséquent, sa requête doit être rejetée en toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme C A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D E C A, au préfet de Maine-et-Loire et à Me Julien Roulleau.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 novembre 2023.

La magistrate désignée,

S. B

La greffière,

A. GOUDOU

La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire

en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis

en ce qui concerne les voies de droit commun

contre les parties privées, de pourvoir

à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

***

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