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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2308172

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2308172

mardi 30 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2308172
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationOQTF 6 semaines - 1ère chambre
Avocat requérantPRELAUD

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête et un mémoire, enregistrés le 9 juin 2023 et le 28 novembre 2023, sous le n° 2308172, M. B E, représenté par Me Prélaud, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 10 mai 2023 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination en cas de reconduite d'office à l'issue de ce délai ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de lui délivrer un titre de séjour dans le mois de la décision à intervenir ;

4°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique d'examiner sa situation en vue de la délivrance d'un titre de séjour dans le mois de la décision à intervenir et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué n'est pas régulièrement motivé ;

- sa situation n'a pas fait l'objet d'un examen réel et sérieux ;

- en l'absence d'entretien préalable, le contradictoire a été méconnu ;

- l'obligation de quitter le territoire français méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 33 de la convention de Genève sont méconnus ;

- l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est méconnu ;

- la décision fixant le pays de renvoi est illégale en conséquence.

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 décembre 2023, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

M. E a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 26 janvier 2024.

II. Par une requête et un mémoire, enregistrés le 9 juin 2023 et le 28 novembre 2023, sous le n° 2308173, Mme A D, représentée par Me Prélaud, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 10 mai 2023 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination en cas de reconduite d'office à l'issue de ce délai ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de lui délivrer un titre de séjour dans le mois de la décision à intervenir ;

4°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique d'examiner sa situation en vue de la délivrance d'un titre de séjour dans le mois de la décision à intervenir et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- l'arrêté attaqué n'est pas régulièrement motivé ;

- sa situation n'a pas fait l'objet d'un examen réel et sérieux ;

- en l'absence d'entretien préalable, le contradictoire a été méconnu ;

- l'obligation de quitter le territoire français méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 33 de la convention de Genève sont méconnus ;

- l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est méconnu ;

- la décision fixant le pays de renvoi est illégale en conséquence.

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 décembre 2023, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Mme D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 26 janvier 2024.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Durup de Baleine, vice-président, pour statuer sur les litiges visés à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Durup de Baleine, président, a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Il y a lieu de joindre les requêtes de M. E et de Mme D pour statuer par une même décision.

2. M. B E, ressortissant arménien né en 1967 et Mme A D, son épouse, ressortissante arménienne née en 1971, sont entrés sur le territoire français le 31 août 2022, accompagnés par leur fils majeur, M. C E, ressortissant arménien né en 1994. Les demandes d'asile présentées le 16 septembre 2022 par M. E et Mme D ont été rejetées par des décisions du directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 24 novembre 2022 et des décisions de la Cour nationale du droit d'asile du 14 mars 2023. En outre, par une décision du 13 avril 2023, le préfet de la Loire-Atlantique a refusé d'admettre M. C E, dont la demande d'asile a été rejetée par une décision du directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 24 novembre 2022 et une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 25 avril 2023, au séjour en France en raison de son état de santé. Par les arrêtés du 10 mai 2023 dont M. B E et Mme A D demandent l'annulation, le préfet de la Loire-Atlantique leur a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de départ volontaire de trente jours et a fixé le pays de destination en cas de reconduite d'office à l'issue de ce délai. Les requérants ont été admis en cours d'instance au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale et leurs demandes d'aide juridictionnelle provisoire sont, dès lors, sans objet.

Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :

3. Les arrêtés attaqués comportent l'indication des considérations de droit et de fait constituant le fondement des décisions portant obligation de quitter le territoire français, qui sont dès lors régulièrement motivées. Ces arrêtés, qui visent notamment l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, constatent que les requérants sont de nationalité arménienne et qu'il leur est fait obligation de quitter le territoire français. Il en résulte que les décisions fixant le pays de destination en cas de reconduite d'office à l'issue du délai de départ volontaire sont, de ce seul fait, régulièrement motivées.

4. Il résulte de l'instruction que le préfet de la Loire-Atlantique s'est livré à un examen réel et sérieux des situations personnelles des requérants, sans se prononcer par application de directives, lignes directrices ou orientations générales, ni s'estimer tenu de leur faire obligation de quitter le territoire français, notamment par les rejets de leurs demandes d'asile ou méconnaître l'étendue de sa compétence d'appréciation.

5. Le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Le droit d'être entendu préalablement à l'adoption d'une décision de retour implique que l'autorité administrative mette le ressortissant étranger en situation irrégulière à même de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur l'irrégularité du séjour et les motifs qui seraient susceptibles de justifier que l'autorité s'abstienne de prendre à son égard une décision de retour. Il n'implique toutefois pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français ou sur la décision lui faisant interdiction de retour sur le territoire français, dès lors qu'il a pu être entendu sur l'irrégularité du séjour ou la perspective de l'éloignement.

6. Les requérants ont présenté des demandes d'asile, lesquelles demandes constituent aussi des demandes de titre de séjour, et, à cette occasion, ont été mis à même de faire valoir tous éléments justifiant qu'ils soient autorisés à séjourner en France et ne soient pas contraints de quitter ce pays et de retourner, en particulier, en Arménie. Ils n'ignoraient pas qu'ils étaient susceptibles de faire l'objet d'une décision de retour à l'issue du rejet de leurs demandes d'asile par les décisions de la Cour nationale du droit d'asile du 14 mars 2023, qui leur ont été notifiées le 4 avril 2023. Ils étaient à même de faire valoir auprès du préfet de la Loire-Atlantique toutes observations comme tous éléments de nature à faire obstacle à l'intervention d'une telle mesure d'éloignement. Ils étaient également à même de demander un entretien pour faire valoir ses observations orales et ne justifie, ni qu'il aurait sollicité un tel entretien, ni qu'il lui aurait été refusé. Il en résulte qu'ils ne sont pas fondés à prétendre que les obligations de quitter le territoire français attaquées et les décisions fixant le pays de renvoi ont été prises à l'issue d'une procédure entachée d'une méconnaissance du droit d'être entendu et du contradictoire.

7. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, où à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

8. Il ressort des pièces des dossiers que le séjour en France des requérants, remontant au 31 août 2022, est très récent. Ils ne justifient pas d'attaches personnelles, notamment familiales, particulières, intenses, anciennes et stables en France. Ils peuvent poursuivre leur vie privée et familiale dans le pays dont ils sont les ressortissants et où ils ont vécu habituellement pendant plusieurs dizaines d'années. La demande d'asile présentée par leur fils majeur a été rejetée et le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer le titre de séjour qu'il avait demandé en raison de son état de santé sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. S'il ne ressort pas des dossiers que leur fils aurait fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, il y séjourne toutefois irrégulièrement et, conformément à l'article L. 411-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il est tenu de quitter le territoire français. Il ressort également des dossiers que les troubles psychotiques et de la personnalité dont est affecté leur fils majeur C sont anciens et apparus tôt dans l'enfance et, dans un avis du 28 février 2023, le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a estimé que, si l'état de santé de M. C E nécessite une prise en charge médicale, le défaut de cette dernière ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Les requérants ne justifient pas en quoi ils ne pourraient continuer à s'occuper de leur fils en Arménie, où la cellule familiale peut se reconstituer, comme continuer à y assurer au bénéfice de ce fils la présence, la surveillance et l'entourage familiaux que son état de santé psychiatrique justifie. Dès lors, compte tenu de la durée et des conditions du séjour des requérants en France, comme de la situation de séjour de leur fils majeur et des effets d'une obligation de quitter le territoire français, le préfet de la Loire-Atlantique, en leur faisant obligation de quitter ce territoire dans un délai de trente jours, n'a pas porté au droit de M. E et de Mme D au respect de leur vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels ont été prises ces décisions qui, en conséquence, ne méconnaissent pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il ne ressort pas non plus des pièces du dossier que ces décisions procèderaient d'une erreur manifeste dans l'appréciation de leurs conséquences sur les situations personnelles des requérants, comme de leur fils majeur.

9. Les requérants ne peuvent utilement se prévaloir des stipulations de l'article 33 de la convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés et de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales à l'appui de leurs conclusions dirigées contre les décisions portant obligation de quitter le territoire français, distinctes de celles fixant le pays de renvoi en cas d'éloignement d'office à l'issue du délai de départ volontaire.

10. Compte tenu de ce qui a été dit quant à la légalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que celles fixant le pays de renvoi sont illégales en raison de l'illégalité des obligations de quitter le territoire français.

11. Les requérants, dont les demandes d'asile ont été rejetées, n'ont pas la qualité de réfugié. Il en résulte que les stipulations de l'article 33 de la convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés ne leur sont pas applicables et que le moyen tiré de la méconnaissance de ces stipulations est inopérant.

12. Aux termes de l'article L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative fixe, par une décision distincte de la décision d'éloignement, le pays à destination duquel l'étranger peut être renvoyé en cas d'exécution d'office d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, d'une interdiction de retour sur le territoire français, d'une décision de mise en œuvre d'une décision prise par un autre État, d'une interdiction de circulation sur le territoire français, d'une décision d'expulsion, d'une peine d'interdiction du territoire français ou d'une interdiction administrative du territoire français. ". Aux termes de l'article L. 721-4 du même code : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : / 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; / 2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ; / 3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible. / Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ". Selon cet article 3 : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".

13. D'une part, les arrêtés attaqués n'ont pas pour objet de soumettre M. E ou Mme D à la torture ou à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. D'autre part, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. E et Mme D seraient actuellement, à l'époque des arrêtés attaqués, effectivement menacés dans leur vie ou leur liberté dans le pays dont ils sont les ressortissants, ni qu'ils risqueraient effectivement d'être personnellement soumis dans ce pays à la torture ou à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. Il en résulte que les requérants ne sont pas fondés à soutenir qu'en comptant ce pays au nombre des destinations possibles en cas d'éloignement d'office à l'issue du délai de départ volontaire, le préfet de la Loire-Atlantique, qui ne s'est pas estimé lié par les décisions de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et de la Cour nationale du droit d'asile, aurait méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

14. Il résulte de tout ce qui précède que M. E et Mme D ne sont pas fondés à demander l'annulation des arrêtés attaqués. Les conclusions à fin d'injonction ne peuvent, par suite, être accueillies.

Sur les frais liés au litige :

15. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, le versement d'une somme à ce titre.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les demandes d'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes de M. E et de Mme D est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B E, à Mme A D, au préfet de la Loire-Atlantique et à Me Prélaud.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 février 2024.

Le magistrat désigné,

A. DURUP DE BALEINELa greffière,

L. LÉCUYER

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

la greffière,

N°s 2308172, 2308173

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