lundi 15 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2308329 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | JEANNETEAU |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête enregistrée le 7 avril 2023 sous le n°2305014, M. A B, représenté par Me Roilette, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 28 mars 2023 par lequel le préfet de Maine-et-Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque ce délai sera expiré ;
2°) d'enjoindre au préfet de Maine-et-Loire de lui délivrer le titre de séjour sollicité dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer une autorisation de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la même date ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa demande de titre de séjour dans le même délai ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :
- elle n'a pas été précédée d'un examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour la prive de base légale.
Par un mémoire en défense enregistré le 24 avril 2024, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête. Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
M. B a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision modificative du 27 février 2024.
II. Par une requête enregistrée le 12 juin 2023 sous le n°2308329, M. A B, représenté par Me Roilette, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 23 mai 2023 par lequel le préfet de Maine-et-Loire a pris à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois ;
2°) d'enjoindre au préfet de Maine-et-Loire de lui délivrer le titre de séjour valable un an ou, à défaut, de lui délivrer une autorisation de séjour dans un délai de trois jours à compter de la même date et de procéder au réexamen de sa demande de titre de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour prise à son encontre et de la mesure d'éloignement prise sur son fondement la prive de base légale ; en effet, la décision portant refus de séjour n'a pas été précédée d'un examen particulier de sa situation personnelle et est entachée d'une erreur d'appréciation ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur de droit et d'erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 6 octobre 2023, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête. Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
M. B a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision modificative du 27 février 2024.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Cantié a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant marocain né le 12 mai 1998, est entré régulièrement en France le 23 août 2016 sous couvert d'un visa de long séjour valant titre de séjour étudiant. Son titre de séjour portant la mention " étudiant " a été renouvelé à plusieurs reprises. L'intéressé a sollicité, le 8 octobre 2022, le renouvellement de son titre de séjour valable jusqu'au 29 novembre 2022. Par un arrêté du 28 mars 2023, le préfet de Maine-et-Loire a refusé son admission au séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours en fixant le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque ce délai sera expiré. Par un arrêté du 23 mai 2023, le préfet a pris à l'encontre de l'intéressé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois.
2. Par les requêtes visées ci-dessus, qu'il y a lieu de joindre pour y statuer par un seul jugement, M. B demande au tribunal d'annuler les deux arrêtés précités.
Sur la légalité des arrêtés attaqués :
3. Aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an () ". Le renouvellement de la carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " est subordonné, notamment, à la justification par le bénéficiaire de la réalité et du sérieux des études qu'il a déclaré accomplir. Dès lors, pour l'application de ces dispositions, il appartient à l'administration, saisie d'une demande de renouvellement d'une carte de séjour présentée en qualité d'étudiant, de rechercher, à partir de l'ensemble du dossier, si l'intéressé peut être raisonnablement considéré comme poursuivant effectivement des études.
4. Pour refuser de faire droit au renouvellement du titre de séjour de M. B, le préfet de Maine-et-Loire s'est fondé sur la circonstance que l'intéressé ne justifie pas du caractère réel et sérieux des études suivies compte tenu de ses redoublements, de la stagnation de son parcours universitaire et de l'absence d'obtention de diplômes depuis son entrée en France.
5. Il ressort des pièces du dossier que M. B a validé la première année du cursus de médecine à laquelle il était inscrit au titre de l'année universitaire 2016-2017. Il s'est alors réorienté et s'est inscrit, au titre de l'année 2017-2018, en première année de licence mention maths, physique, chimie et informatique à l'université d'Angers. S'il a été ajourné à l'issue de cette année, le requérant fait état du décès de son père et de sa tante dans un accident de voiture ainsi que des graves problèmes de santé qui en ont résulté pour sa mère, ce dont il justifie par des certificats de décès et médicaux versés au dossier. Il s'est inscrit à la même formation au titre de l'année universitaire 2018-2019 qu'il a validé ainsi que la deuxième année qu'il a suivi au cours de l'année 2019-2020. Au cours de l'année suivante, il a suivi la troisième année de cette même licence à laquelle il a été ajourné. M. B fait toutefois valoir qu'il a rencontré d'importantes difficultés en raison de la crise sanitaire liée à la pandémie de covid-19 et de l'impossibilité pour lui de se spécialiser, ainsi qu'il l'aurait souhaité, dans le domaine de l'informatique, en raison du rejet de ses différentes candidatures pour des formations dans ce domaine. Si l'intéressé a redoublé sa troisième année de licence, il a été confronté au décès de ses deux grands-mères et justifie de son assiduité tant aux séances de travaux dirigés qu'aux examens. Parallèlement, M. B a suivi une formation afin de se perfectionner en informatique ce qui lui a permis, au titre de l'année 2022-2023, d'être inscrit en troisième année mention ingénierie du web au sein de l'école supérieure de génie informatique, formation qu'il suit en alternance. Compte tenu des explications apportées par le requérant quant à ses échecs, des justifications sur ses choix de réorientation qui s'intègrent dans un parcours cohérent, de l'absence de dégradation de ses prétentions quant à son niveau de qualification et à sa progression constante, le préfet de Maine-et-Loire, en se fondant sur l'absence de caractère réel et sérieux des études de M. B, a entaché sa décision portant refus de renouvellement du titre de séjour portant la mention " étudiant " dont celui-ci était titulaire d'une erreur d'appréciation.
6. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, les décisions que comporte l'arrêté du 28 mars 2023 doivent être annulées. Il y a lieu d'annuler également, par voie de conséquence et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens invoqués à ce titre, l'arrêté du 23 mai 2023 qui se trouve privé de fondement légal.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Eu égard aux motifs d'annulation énoncés ci-dessus, l'exécution du présent jugement implique nécessairement qu'un titre de séjour portant la mention " étudiant " soit délivré à M. B, sauf changement dans les circonstances de droit ou de fait. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'enjoindre au préfet de Maine-et-Loire d'y procéder dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
8. M. B ayant obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, son conseil peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Roilette, avocate du requérant, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de ces dispositions et des présentes instances.
D É C I D E :
Article 1er : Les arrêtés préfectoraux des 28 mars et 23 mai 2023 sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de Maine-et-Loire de délivrer à M. B une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Me Roilette, avocate de M. B, la somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à percevoir la somme correspondant à la part contributive.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Roilette et au préfet de Maine-et-Loire.
Délibéré après l'audience du 4 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Cantié, président,
Mme Martel, première conseillère,
M. Delohen, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juillet 2024.
Le président-rapporteur,
C. CANTIÉ
L'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
C. MARTEL
La greffière,
C. DUMONTEIL
La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
C. DUMONTEIL
N° 2305014-2308329
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026