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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2308348

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2308348

mardi 31 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2308348
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation11ème chambre
Avocat requérantBOURGEOIS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 12 juin 2023 et le 25 juillet 2023, et un mémoire enregistré le 10 octobre 2023, postérieurement à la clôture d'instruction et non communiqué, Mme B D et Mme E D, agissant en son nom et en tant que représentante légale de l'enfant C D, représentées par Me Bourgeois, demandent au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 7 juin 2023 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours dirigé contre les décisions du 30 janvier 2023 de l'autorité consulaire française à Islamabad (Pakistan) refusant à l'enfant C D et à Mme B D la délivrance d'un visa d'entrée et de long séjour en France en qualité de membres de famille de bénéficiaire de la protection subsidiaire ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer, à titre principal, de faire délivrer les visas sollicités dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, à titre subsidiaire, de procéder à un nouvel examen des demandes de visas, dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'État.

Elles soutiennent que :

- la décision de la commission de recours n'est pas motivée ;

- elle procède d'un défaut d'examen sérieux de leur situation ;

- elle est entachée d'une erreur de droit, s'agissant de l'appréciation de l'âge de Mme B D à la date de sa demande de visa ;

- elle est entachée d'erreurs manifestes d'appréciation, tant au regard du lien de filiation unissant la réunifiante à Mmes B et C D, que de la situation du père des demandeuses et l'absence d'intention frauduleuse s'agissant de la demande de visa de Mme B D, ainsi que des éléments de possession d'état ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Par un mémoire en défense, enregistré le 1er août 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Mme E D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 3 juillet 2023.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code civil ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, et son décret d'application ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Revéreau,

- et les observations de Me Thullier, substituant Me Bourgeois, avocat de Mme B D et Mme E D.

Considérant ce qui suit :

1. Mme E D, ressortissante afghane, née le 1er janvier 1976, a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire par une décision de l'office français de protection des réfugiés et apatrides du 9 septembre 2019. Mme B D, née le 29 avril 2003 et l'enfant C D, née le 21 novembre 2016, qu'elle présente comme ses filles, ont déposé des demandes de visas d'entrée et de long séjour en France, auprès de l'autorité consulaire française à Islamabad, en qualité de membres de famille d'un bénéficiaire de la protection subsidiaire. Par des décisions du 30 janvier 2023, cette autorité a refusé de délivrer les visas sollicités. Par une décision du 7 juin 2023, dont Mme E G et Mme B G demandent l'annulation, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours dirigé contre ces décisions consulaires.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, il ressort des termes de la décision attaquée du 7 juin 2023 que, pour rejeter le recours dont elle était saisie, dirigé contre les refus de délivrance des visas de long séjour opposés à Mme B D et à l'enfant mineure C D, la commission de recours s'est fondée, outre sur les articles L. 311-1 et L. 561-2 à L. 561-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qu'elle vise expressément, sur les motifs tirés de ce que, d'une part Mme B G, qui a déposé sa demande de visa trois ans après l'obtention de la protection subsidiaire par la réunifiante et alors qu'elle était âgée de 19 ans, est inéligible à la procédure de réunification familiale, d'autre part, il n'est pas produit de jugement de délégation de l'autorité parentale ou de jugement attestant de la disparition de M. F H D, père allégué des demandeuses, enfin, en l'absence d'élément de possession d'état, l'identité et le lien familial de ces dernières avec la réunifiante n'est pas établi. Dès lors, la décision de la commission, qui comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, satisfait aux exigences légale de motivation. Par suite, le moyen tenant à l'absence de motivation doit être écarté.

3. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la commission n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation des demandeuses de visas.

4. En troisième lieu, il résulte des dispositions de l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que : " I. - Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, le ressortissant étranger qui s'est vu reconnaître la qualité de réfugié ou qui a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre de la réunification familiale : () 3° Par les enfants non mariés du couple, âgés au plus de dix-neuf ans. () L'âge des enfants est apprécié à la date à laquelle la demande de réunification familiale a été introduite. Aux termes de l'article L 561-4 du même code : " Les articles L. 434-1, L. 434-3 à L. 434-5 et le premier alinéa de l'article L. 434-9 sont applicables. La réunification familiale n'est pas soumise à des conditions de durée préalable de séjour régulier, de ressources ou de logement. ". L'article L 561-5 de ce code précise par ailleurs que : " Les membres de la famille d'un réfugié ou d'un bénéficiaire de la protection subsidiaire sollicitent, pour entrer en France, un visa d'entrée pour un séjour d'une durée supérieure à trois mois auprès des autorités diplomatiques et consulaires, qui statuent sur cette demande dans les meilleurs délais. Ils produisent pour cela les actes de l'état civil justifiant de leur identité et des liens familiaux avec le réfugié ou le bénéficiaire de la protection subsidiaire. En l'absence d'acte de l'état civil ou en cas de doute sur leur authenticité, les éléments de possession d'état définis à l'article 311-1 du code civil et les documents établis ou authentifiés par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, sur le fondement de l'article L. 121-9 du présent code, peuvent permettre de justifier de la situation de famille et de l'identité des demandeurs. Les éléments de possession d'état font foi jusqu'à preuve du contraire. Les documents établis par l'office font foi jusqu'à inscription de faux. ". Enfin, aux termes des articles L. 434-3 et L. 434-4 du même code, rendus applicables à la procédure de réunification familiale par l'article L. 561-4 de ce code : " Le regroupement familial peut également être demandé pour les enfants mineurs de dix-huit ans du demandeur et pour ceux de son conjoint si, au jour de la demande : / 1° La filiation n'est établie qu'à l'égard du demandeur ou de son conjoint ; / 2° Ou lorsque l'autre parent est décédé ou déchu de ses droits parentaux. ", et : " Le regroupement familial peut être demandé pour les enfants mineurs de dix-huit ans du demandeur et ceux de son conjoint, qui sont confiés, selon le cas, à l'un ou l'autre, au titre de l'exercice de l'autorité parentale, en vertu d'une décision d'une juridiction étrangère. Une copie de cette décision devra être produite ainsi que l'autorisation de l'autre parent de laisser le mineur venir en France. ". La circonstance qu'une demande de visa de long séjour ait pour objet le rapprochement familial du conjoint ou des enfants d'une personne admise à la qualité de réfugié ne fait pas obstacle à ce que l'autorité administrative refuse la délivrance du visa sollicité en se fondant, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, sur un motif d'ordre public. Figure au nombre de ces motifs l'absence de caractère probant des actes d'état civil produits pour justifier de l'identité ou du lien familial du demandeur avec la personne protégée.

5. En outre, aux termes de l'article L. 811-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La vérification de tout acte d'état civil étranger est effectuée dans les conditions définies par l'article 47 du code civil ", ce dernier disposant que " Tout acte de l'état civil des Français et des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité ".

S'agissant de Mme B D :

6. D'une part, il résulte des dispositions de l'article L 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précitées que l'âge de l'enfant pour lequel il est demandé qu'il puisse rejoindre son parent réfugié ou bénéficiaire de la protection subsidiaire doit être apprécié à la date de la demande de réunification familiale, c'est-à-dire à la date à laquelle est présentée la demande de visa à cette fin, sans qu'aucune condition de délai ne puisse être opposé. La circonstance que cette demande de visa ne peut être regardée comme effective qu'après son enregistrement par l'autorité consulaire, qui peut intervenir à une date postérieure, est sans incidence.

7. Il ressort des pièces du dossier que Mme E D a présenté pour le compte de sa fille alléguée, Mme B D, née le 29 avril 2003, une demande de visa au titre de la réunification familiale auprès de l'autorité consulaire française au Pakistan le 29 septembre 2020, comme en atteste un courriel de cette autorité accusant réception de la demande datée du 26 octobre 2020. Si ce document fait état de l'impossibilité pour l'autorité consulaire de délivrer cette catégorie de visa au bénéfice des ressortissants pakistanais et afghans sur la période concernée, il en ressort toutefois explicitement que la demande de visa de B D, alors mineure, a été présentée et prise en considération dès le 29 septembre 2020, et le ministre ne peut ainsi valablement soutenir que l'intéressée n'aurait présenté sa demande de visa que le 12 octobre 2022, date à laquelle a seulement été éditée la quittance de règlement des frais de dossier afférent à la demande de visa auprès de l'autorité consulaire. Par suite, en rejetant le recours dont elle était saisie, s'agissant de Mme B D, au motif que l'intéressée, prétendument âgée de plus de 19 ans à la date de sa demande de visa, n'était pas éligible à la procédure de réunification familiale au titre de membre de famille de réfugié, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a commis une erreur de droit dans son application de l'article L 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

8. D'autre part, le second motif de rejet opposé par la commission pour rejeter le recours, tenant à l'absence de production d'un jugement de délégation de l'autorité parentale ou d'un jugement attestant la disparition de M. F H D, père allégué des demandeuses, ne pouvait être valablement opposé à Mme B D, dès lors qu'en toute hypothèse, celle-ci était majeure à la date de la décision attaquée de la commission de recours.

9. Enfin, si la commission de recours s'est également fondée sur l'absence de preuve de l'identité et du lien familial de Mme B D avec Mme E D, protégée en France, faute d'élément de possession d'état, il résulte toutefois des dispositions précitées de l'article L. 561-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que les éléments de possession d'état définis à l'article L. 311-1 du code civil ne sont examinés par l'autorité consulaire saisie d'une demande de délivrance de visa, qu'en l'absence d'acte de l'état civil ou de doute sur leur authenticité. Or, il ressort des pièces du dossier qu'ont été produits, pour justifier de l'identité de Mme B D et de son lien de filiation avec la réunifiante, une taskera datée du 12 août 2020 délivrée par l'" afghanistan central civil registration authority ", un certificat de naissance ("A registration card ") délivré le 11 août 2020 par le ministère des affaires intérieures afghan, un passeport à son nom, un extrait du dossier de demande d'asile déposé par Mme E D auprès de l'office français de protection des réfugiés et apatrides, daté du 5 mai 2017, dans lequel figure, parmi la liste des enfants déclarés par l'intéressée, Mme B D, et une fiche familiale de référence n° 2017-05-50759 du 25 octobre 2019 établie par la réunifiante à la demande de l'office français de protection des réfugiés et apatrides, faisant également état de la demandeuse dans la liste des enfants déclarés. Le ministre n'oppose, ni même n'allègue, que les actes d'état civil ainsi produits présenteraient un caractère apocryphe. Par suite, en se fondant sur l'absence de preuve de l'identité de Mme B D et de son lien de filiation avec la réunifiante par des éléments de possession d'état, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a commis une erreur de droit dans l'application de l'article L 561-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

S'agissant de l'enfant C D :

10. Il ressort des pièces du dossier qu'ont été produits, pour justifier de l'identité de l'enfant mineure C D et de son lien de filiation avec la réunifiante, un certificat de naissance ("A registration card ") délivré le 16 mars 2017 par le ministère des affaires intérieurs afghan, un passeport au nom de l'enfant, un extrait du dossier de demande d'asile déposé par Mme E D auprès de l'office français de protection des réfugiés et apatrides, daté du 5 mai 2017, dans lequel figure, parmi la liste des enfants déclarés par l'intéressée, la jeune C D, une fiche familiale de référence n° 2017-05-50759 du 25 octobre 2019 établie par la réunifiante à la demande de l'office français de protection des réfugiés et apatrides, dans laquelle apparaît également la demandeuse dans la liste des enfants déclarés. L'ensemble de ces documents font état de manière concordante d'une naissance le 21 novembre 2016, et, pour les deux derniers, d'un lien de filiation avec la réunifiante. Le ministre ne conteste pas le caractère probant de ces documents, ni même leur caractère authentique. Par suite, en considérant que l'identité et le lien de filiation de la jeune C D avec la réunifiante n'étaient pas établis, la commission de recours a commis une erreur d'appréciation.

11. En dernier lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant du 26 janvier 1990 : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il ressort du dossier que l'enfant mineure C D, âgée de 6 ans et dont l'identité et le lien de filiation avec la réunifiante doivent être tenus pour établis, a dû quitter le logement qu'elle occupait lors du départ de sa mère d'Afghanistan, au regard du contexte local de violences et de persécutions, et que ses conditions de vie en Afghanistan, où elle vit toujours, éloignée des membres de sa famille, ne sont pas de nature à permettre son épanouissement. Dès lors, dans les circonstances particulières de l'espèce, et alors même que les requérantes ne justifient pas, ni à la date de la demande de visa ni à la date de la décision attaquée, d'un jugement de délégation de l'autorité parentale ou de jugement actant la disparition de M. F H D, père allégué des demandeuses, Mmes E et B G sont fondées à soutenir que la décision attaquée méconnaît l'intérêt supérieur de l'enfant C D à bénéficier de la réunification familiale.

12. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que Mme E G et Mme B G sont fondées à demander l'annulation de la décision de la commission de recours du 7 juin 2023.

13. Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :

14. Le présent jugement implique nécessairement qu'il soit enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer de faire délivrer à Mme B G et à l'enfant C D les visas de long séjour sollicités dans un délai de deux mois suivant la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

15. Mme E D a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Ainsi, son avocat peut se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État une somme de 1 200 euros à verser à Me Bourgeois, sous réserve que celui-ci renonce au versement de la part contributive de l'État.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 7 juin 2022 de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France est annulée.

Article 2 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer de faire délivrer les visas de long séjour sollicités au titre de la réunification familiale à Mme B D et à l'enfant C D dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L'État versera à Me Bourgeois, avocat de Mmes E et B D, la somme de 1 200 (mille deux cents) euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Bourgeois renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B D, à Mme E D, à Me Bourgeois et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 10 octobre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Besse, président,

Mme Dubus, première conseillère,

M. Revéreau, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2023.

Le rapporteur,

P. REVEREAU

Le président,

P.BESSE

La greffière,

S. BRIAND

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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