lundi 6 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2309029 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | APPAULE |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête enregistrée sous le numéro 2309029 le 22 juin 2023 et un mémoire enregistré le 4 avril 2024, Mme A B, agissant en qualité de représentante légale de l'enfant D, représentée par Me Appaule, demande au tribunal :
1°) d'admettre l'enfant D au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision implicite née le 7 mai 2023 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours contre la décision du 4 janvier 2023 de l'autorité consulaire française en Ethiopie refusant de délivrer à l'enfant D un visa de long séjour au titre du regroupement familial ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de délivrer ce visa, dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- l'illégalité de la décision du 13 octobre 2022 par laquelle le préfet des Pyrénées-Atlantiques a refusé de faire droit à la demande de regroupement familial entache d'illégalité la décision attaquée, dès lors que le refus de visa se fonde sur le refus du bénéfice du regroupement familial ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France s'est estimée, à tort, placée en situation de compétence liée ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 mars 2024, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
II. Par une requête enregistrée sous le numéro 2309032 le 22 juin 2023, Mme A B, représentée par Me Appaule, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision implicite née le 7 mai 2023 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours contre la décision du 4 janvier 2023 de l'autorité consulaire française en Ethiopie refusant de lui délivrer un visa de long séjour au titre du regroupement familial ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de délivrer ce visa, dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- l'illégalité de la décision du 13 octobre 2022 par laquelle le préfet des Pyrénées-Atlantiques a refusé de faire droit à la demande de regroupement familial entache d'illégalité la décision attaquée, dès lors que le refus de visa se fonde sur le refus du bénéfice du regroupement familial ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France s'est estimée à tort en situation de compétence liée ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 mars 2024, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
La demande de Mme B tendant à son admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle a été rejetée par une décision du 19 mars 2024.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Heng,
- et les conclusions de M. Guilloteau, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant érythréen, réside en France sous couvert d'un titre de séjour sur le territoire français valable du 6 avril 2016 au 25 avril 2026. Son épouse, Mme A B, a sollicité pour son compte et pour le compte de D, leur fille mineure, des demandes de visa de long séjour au titre du regroupement familial. Par deux décisions du 4 janvier 2023, l'autorité consulaire française en Ethiopie a refusé de délivrer les visas sollicités. Par une décision implicite née le 7 mai 2023, dont Mme B demande l'annulation, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours formé contre ces décisions consulaires.
Sur la jonction :
2. Les requêtes n° 2309029 et 2309032 de Mme B sont dirigées contre la même décision. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions tendant à l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
3. Par une décision du 19 mars 2024, le bureau d'aide juridictionnelle a rejeté la demande de Mme B tendant à son admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Les conclusions de la requérante tendant à l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle en application de l'article 20 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 sont ainsi devenues sans objet. Il n'y a donc plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes de l'article D. 312-8-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " En l'absence de décision explicite prise dans le délai de deux mois, le recours administratif exercé devant les autorités mentionnées aux articles D. 312-3 et D. 312-7 est réputé rejeté pour les mêmes motifs que ceux de la décision contestée. () ". Pour rejeter le recours préalable formé à l'encontre des décisions consulaires du 4 janvier 2023, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France doit être regardée comme s'étant fondée sur le motif retenu par ces décisions, tiré de ce que le regroupement familial a été refusé par l'autorité préfectorale.
5. Il ressort de la décision attaquée que, pour rejeter le recours formé contre les décisions consulaires du 4 janvier 2023, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France s'est, comme cette autorité, implicitement fondée sur le seul motif tiré de ce que le regroupement familial n'avait pas été autorisé par l'autorité préfectorale. Si cette commission pouvait légalement fonder son refus sur ce motif, il lui appartenait de procéder à un examen de l'ensemble des circonstances de l'espèce, et notamment de la situation personnelle et familiale des intéressés au regard de leur droit au respect de leur vie privée et familiale protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, sans que l'en dispense la circonstance que la demande de regroupement familial ait été précédemment rejetée. Il ne ressort ni de la décision attaquée, qui, comme dit, a un caractère implicite, ni des décisions consulaires que l'administration aurait procédé à un tel examen d'ensemble des circonstances de l'espèce. Par suite, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France doit être regardée comme s'étant, à tort, estimé liée, comme le soutient d'ailleurs expressément le ministre en défense, par le refus de regroupement familial pour rejeter les demandes dont elle était saisie. Mme B est ainsi fondée à soutenir que la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a commis une erreur de droit.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que Mme B est fondée à demander l'annulation de la décision attaquée.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
7. Eu égard au motif d'annulation retenu, il y a seulement lieu d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de faire procéder par la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France au réexamen de la situation de Mme B et de sa fille D, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
8. La demande de Mme B tendant à son admission à l'aide juridictionnelle a été rejetée par décision du bureau d'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat ne peut se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1err : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La décision implicite de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France née le 7 mai 2023 est annulée.
Article 3 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer de faire procéder par la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France au réexamen de la situation de Mme B et de sa fille D dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à Me Appaule et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 8 avril 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Chauvet, présidente,
Mme André, première conseillère,
Mme Heng, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 mai 2024.
La rapporteure,
H. HENGLa présidente,
C. CHAUVETLa greffière,
A. VOISIN
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
2 ; 230903
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026