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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2309040

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2309040

jeudi 22 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2309040
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation7ème Chambre
Avocat requérantBIDAULT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 22 juin 2023, Mme A B, représentée par Me Bidault, demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions du 4 mai 2023 par lesquelles le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer un titre de séjour, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays à destination duquel elle pourrait être reconduite d'office ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour temporaire mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois sous astreinte de 100 euros par jour de retard et à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois en lui délivrant une autorisation provisoire de séjour pendant la durée de ce réexamen sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à verser à son avocate en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

En ce qui concerne le refus de séjour :

- la décision est insuffisamment motivée en méconnaissance des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;

- la décision est entachée d'un vice de procédure en méconnaissance des dispositions de l'article L. 425-1 et R. 425-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; elle aurait dû être informée, lors du dépôt de sa plainte le 1er février 2023, de la possibilité d'admission au séjour en tant que victime d'une infraction constitutive de la traite des êtres humains ;

- la décision méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision méconnait les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

- la décision est illégale en raison de l'illégalité du refus de séjour ;

- la décision est entachée d'un vice de procédure en méconnaissance des dispositions de l'article L. 425-1 et R. 425-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays d'éloignement :

- la décision est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français.

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 janvier 2024, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête de Mme B.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.

Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 9 janvier 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code pénal ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour et de l'heure de l'audience.

Le rapport de Mme Béria-Guillaumie, présidente-rapporteure, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B, ressortissante nigériane née en février 1994, est entrée en France en mai 2018. Elle a déposé une demande d'asile qui a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 18 juin 2021. Son recours contre cette décision a été rejeté le 25 février 2022 par la Cour nationale du droit d'asile. Elle a, entretemps, sollicité la délivrance d'un titre de séjour en raison de son état de santé, demande qui a été rejetée par une décision du 27 avril 2021. Par un jugement du 24 février 2022, le tribunal a annulé cette décision et enjoint au réexamen de la situation de Mme B. Par un arrêté du 4 mai 2023, le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de délivrer un titre de séjour à Mme B, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourrait être reconduite d'office. Mme B demande au tribunal d'annuler les décisions du 4 mai 2023.

Sur le refus de séjour :

2. En premier lieu, le refus de séjour du 4 mai 2023 comporte les considérations de droit et de fait qui le fondent. Par suite, l'arrêté attaqué est suffisamment motivé. Le moyen tiré de son insuffisante motivation manque donc en fait et doit dès lors être écarté.

3. En deuxième lieu, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que Mme B aurait déposé une demande de titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 425-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il suit de là qu'elle n'est pas fondée à invoquer, à l'encontre du refus de séjour, la méconnaissance de ces dispositions. Par ailleurs, la méconnaissance des dispositions de l'article R. 425-1 du même code ne peut être utilement invoquée à l'encontre de la décision portant refus de séjour.

4. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier l'ancienneté, la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.

5. Par ailleurs, l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1./ Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".

6. A la date du refus de séjour contesté, Mme B ne réside en France que depuis l'année 2018, soit depuis environ cinq années après avoir vécu jusqu'à l'âge de vingt-quatre ans dans son pays d'origine. Elle n'a vécu régulièrement en France qu'en qualité de demanderesse d'asile alors que sa demande d'asile a été définitivement rejetée en 2022 à la suite de la décision de la Cour nationale du droit d'asile. Elle ne fait état d'aucune attache privée ou familiale particulière en France et est célibataire. Enfin elle n'établit ni même n'allègue être dépourvue de toute attache familiale au Nigéria. Elle n'apporte enfin aucune précision quant à son orientation sexuelle alléguée. Dans ces conditions, en refusant de lui délivrer un titre de séjour, le préfet de la Loire-Atlantique n'a pas porté à son droit à une vie privée et familiale normale une atteinte excessive et n'a donc pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

7. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. / Sous réserve de l'accord de l'étranger et dans le respect des règles de déontologie médicale, les médecins de l'office peuvent demander aux professionnels de santé qui en disposent les informations médicales nécessaires à l'accomplissement de cette mission. Les médecins de l'office accomplissent cette mission dans le respect des orientations générales fixées par le ministre chargé de la santé ".

8. Pour refuser à Mme B la délivrance d'un titre de séjour en qualité d'étranger malade, le préfet de la Loire-Atlantique s'est notamment fondé sur l'avis du collège de médecins de l'OFII du 24 mai 2022, lequel a estimé que si l'état de santé de Mme B nécessite une prise en charge médicale, le défaut de prise en charge médicale ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Le préfet de la Loire-Atlantique a en outre estimé qu'eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont Mme B est originaire, elle peut y bénéficier d'un traitement approprié.

9. Si Mme B produit un certificat médical établi par sa médecienne traitante relevant qu'elle présente une maladie anxio-dépressive chronique traitée par antidépresseur et anxiolytiques depuis novembre 2019 et qu'une interruption de prise en charge l'exposerait à des complications psychiques et notamment au risque suicidaire et à des comportements de mise en danger, il ne ressort aucunement des pièces du dossier que l'intéressée ne pourrait effectivement recevoir le traitement antidépresseur et anxiolytique nécessaire à son état de santé au Nigéria. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut être retenu.

10. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 6 et 9 du jugement, le préfet de la Loire-Atlantique n'a pas apprécié de manière manifestement erronée les conséquences de sa décision sur la situation de Mme B.

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

11. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 2 à 9 du jugement que Mme B n'est pas fondée à invoquer à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français l'illégalité de la décision portant refus de séjour.

12. En deuxième lieu, l'article L. 425-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " L'étranger qui dépose plainte contre une personne qu'il accuse d'avoir commis à son encontre des faits constitutifs des infractions de traite des êtres humains ou de proxénétisme, visées aux articles 225-4-1 à 225-4-6 et 225-5 à 225-10 du code pénal, ou témoigne dans une procédure pénale concernant une personne poursuivie pour ces mêmes infractions, se voit délivrer, sous réserve qu'il ait rompu tout lien avec cette personne, une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / Elle est renouvelée pendant toute la durée de la procédure pénale, sous réserve que les conditions prévues pour sa délivrance continuent d'être satisfaites ". Par ailleurs, l'article R. 425-1 du même code dispose que : " Le service de police ou de gendarmerie qui dispose d'éléments permettant de considérer qu'un étranger, victime d'une des infractions constitutives de la traite des êtres humains ou du proxénétisme prévues et réprimées par les articles 225-4-1 à 225-4-6 et 225-5 à 225-10 du code pénal, est susceptible de porter plainte contre les auteurs de cette infraction ou de témoigner dans une procédure pénale contre une personne poursuivie pour une infraction identique, l'informe : / 1° De la possibilité d'admission au séjour et du droit à l'exercice d'une activité professionnelle qui lui sont ouverts par l'article L. 425-1 ; / 2° Des mesures d'accueil, d'hébergement et de protection prévues aux articles R. 425-4 et R. 425-7 à R. 425-10 ; / 3° Des droits mentionnés à l'article 53-1 du code de procédure pénale, notamment de la possibilité d'obtenir une aide juridique pour faire valoir ses droits. / Le service de police ou de gendarmerie informe également l'étranger qu'il peut bénéficier d'un délai de réflexion de trente jours, dans les conditions prévues à l'article R. 425-2, pour choisir de bénéficier ou non de la possibilité d'admission au séjour mentionnée au 1°. / Ces informations sont données dans une langue que l'étranger comprend et dans des conditions de confidentialité permettant de le mettre en confiance et d'assurer sa protection () ".

13. Les dispositions précitées de l'article R. 425-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile instaurent un délai de réflexion de trente jours, pendant lequel aucune mesure d'éloignement ne peut être prise, ni exécutée, pour permettre à un étranger susceptible d'être reconnu victime de faits de traite d'êtres humains ou de proxénétisme de décider s'il se place, ou non, sous la protection des autorités judiciaires et dépose plainte à cet effet. Ces dispositions chargent les services de police d'une mission d'information, à titre conservatoire et préalablement à toute qualification pénale, des victimes potentielles de faits de traite d'êtres humains. Ainsi, lorsque ces services ont des motifs raisonnables de considérer que l'étranger pourrait être reconnu victime de tels faits, il leur appartient d'informer ce dernier de ses droits en application de ces dispositions et notamment du droit de solliciter son admission au séjour sur le fondement de l'article L. 425-1 de ce code. En l'absence d'une telle information, l'étranger est fondé à se prévaloir du délai de réflexion pendant lequel aucune mesure d'éloignement ne peut être prise ni exécutée, notamment dans l'hypothèse où il a effectivement porté plainte par la suite.

14. Il ressort du procès-verbal d'audition du 1er février 2023, qui fait suite au dépôt de plainte contre X pour " menace de mort avec ordre de remplir une condition " que Mme B a indiqué aux services de police avoir quitté son pays d'origine avec l'aide d'une femme, dont elle donne le prénom, ignorant son nom de famille, qui l'aurait aidée à venir en Espagne et l'aurait forcée à se prostituer dans ce pays, avant qu'elle n'arrive en France en 2018. Elle a également relevé qu'en janvier 2023, le frère de la femme qui l'aurait forcée à se prostituer aurait retrouvé sa trace et lui aurait envoyé des messages depuis des numéros téléphoniques espagnols ou nigérians pour lui adresser des menaces et lui extorquer de l'argent. Il ressort donc des pièces du dossier que cette plainte ne vise pas une des infractions visées aux articles 225-4-1 à 225-4-6 et 225-5 à 225-10 du code pénal. En tout état de cause, la plainte concerne des faits exclusivement commis hors du territoire de la République et qu'elle est dirigée contre des ressortissants étrangers impliquant que la loi pénale française ne s'appliquait par conséquent pas aux faits dont se plaignait Mme B. Il suit de là que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions des articles L. 425-1 et R. 425-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

15. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 6 et 9 du jugement, le préfet de la Loire-Atlantique n'a pas apprécié de manière manifestement erronée les conséquences de sa décision sur la situation de Mme B.

Sur la décision fixant le pays d'éloignement :

16. Il résulte de ce qui a été dit aux points 11 à 15 du jugement que Mme B n'est pas fondée à invoquer à l'encontre de la décision fixant le pays d'éloignement l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

17. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme B doivent être rejetées, ainsi par voie de conséquence que ses conclusions à fin d'injonction et ses conclusions tendant à l'application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à Me Bidault et au préfet de la Loire-Atlantique.

Délibéré après l'audience du 8 février 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Béria-Guillaumie, présidente,

M. Jégard, premier conseiller,

M. Hannoyer, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 février 2024.

La présidente-rapporteure,

M. BÉRIA-GUILLAUMIE

L'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,

X. JÉGARD

La greffière,

Y. BOUBEKEUR

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

No 2309040

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