lundi 5 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2309043 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 10ème chambre |
| Avocat requérant | ARNAL |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête et un mémoire, enregistrés les 20 juin 2023 et 8 janvier 2024 sous le n° 2309043, Mme H A, Mme E A, M. I C, Mme F B, Mme G C et Mme D C, représentés par Me Arnal, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision née le 31 décembre 2022 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France, saisie d'un recours administratif préalable obligatoire formé contre les décisions de l'autorité consulaire française à Téhéran (Iran) refusant de délivrer à M. I C, à Mme F B, à Mme G C et à Mme D C des visas de long séjour a, à son tour, implicitement refusé de délivrer les visas sollicités ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer, à titre principal, de faire délivrer les visas sollicités dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen des demandes dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à leur conseil en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et celles des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.
Ils soutiennent que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen dès lors que les demandeurs ont sollicité des visas en qualité " d'ascendants à charge de français ou de son conjoint étranger " ;
- elle procède d'erreurs de droit dès lors, d'une part, que les motifs relatifs aux ressources et à l'engagement de n'exercer aucune activité professionnelle ne concernent que la délivrance de cartes de séjour temporaires portant la mention " visiteur " et, d'autre part, que le risque de détournement de l'objet du visa ne peut trouver à s'appliquer en l'espèce eu égard à la nature des visas sollicités ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dans la mesure où les demandeurs, qui disposaient en Afghanistan d'une assurance maladie adéquate et valable, ne bénéficient pas de ressources suffisantes leur permettant de subvenir à leurs besoins de la vie courante dans des conditions décentes, et sont pris en charge de manière régulière par Mme A et son époux, dont les moyens sont suffisants à cet égard ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
-elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur leur situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 novembre 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Un second mémoire en défense, présenté par le ministre de l'intérieur et des outre-mer le 9 janvier 2024, n'a pas été communiqué.
M. H A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 29 août 2023.
II. Par une requête et un mémoire, enregistrés les 24 août 2023 et 8 janvier 2024 sous le n° 2312385, Mme H A, Mme E A, M. I C, Mme F B, Mme G C et Mme D C, représentés par Me Arnal, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 31 juillet 2023 par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a, en exécution de l'ordonnance du juge des référés n° 2308876 du 6 juillet 2023 lui ordonnant de réexaminer les demandes de visas d'entrée et de long séjour en France pour M. I C, Mme F B, Mme G C et Mme D C, rejeté lesdites demandes ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de faire délivrer les visas sollicités dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir et sous astreinte de 150 euros par jour de retard.
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à leur conseil en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et celles des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.
Ils soutiennent que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans la mesure où les demandeurs, qui disposaient en Afghanistan d'une assurance maladie adéquate et valable, ne bénéficient pas de ressources suffisantes leur permettant de subvenir à leurs besoins de la vie courante dans des conditions décentes, et sont pris en charge de manière régulière par Mme A et son époux, dont les moyens sont suffisants à cet égard ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de leur situation personnelle et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 novembre 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Un second mémoire en défense, présenté par le ministre de l'intérieur et des outre-mer le 9 janvier 2024, n'a pas été communiqué.
M. H A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 octobre 2023.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Tavernier,
- et les observations de Me Arnal, représentant les requérants, en présence de M. H A et Mme E A.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes n° 2309043 et 2312385 concernent les mêmes demandes de visas et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour statuer par une seule décision.
2. Des demandes de visas de long séjour ont été déposées auprès de l'autorité consulaire française à Téhéran au profit de M. I C, Mme F B, Mme G C et Mme D C, ressortissants afghans. L'autorité consulaire a rejeté ces demandes. Saisie d'un recours administratif préalable obligatoire formé contre ces décisions consulaires, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a, à son tour, refusé de délivrer les visas sollicités par une décision implicite née le 31 décembre 2022, dont M. H A, Mme E A, M. I C, Mme F B, Mme G C et Mme D C, requérants dans la présente instance, demandent, par la requête n° 2309043, l'annulation au tribunal. Par ailleurs, par une ordonnance n° 2308876 du 6 juillet 2023, le juge des référés a suspendu la décision implicite née le 31 décembre 2022 et a enjoint au ministre de réexaminer les demandes de visas. Par une décision du 31 juillet 2023 prise en exécution de cette ordonnance, le ministre de l'intérieur et des outre-mer a refusé de délivrer les visas sollicités. Par la requête n° 2312385, les requérants demandent l'annulation de cette décision du ministre de l'intérieur et des outre-mer du 31 juillet 2023.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision de la commission née le 31 décembre 2022 :
3. Il ressort de l'accusé de réception adressé au conseil des requérants que la décision attaquée doit être regardée comme étant fondée sur les mêmes motifs que les décisions consulaires auxquelles elle s'est substituée tirés de ce que les intéressés ne justifient pas de ressources suffisantes pour couvrir leurs frais de toute nature durant leur séjour en France, de ce qu'ils ne se sont pas engagés à n'exercer aucune activité professionnelle, de ce qu'il ne disposent pas d'une assurance-maladie adéquate et valable et de ce qu'il existe un risque détournement de l'objet du visa à des fins de maintien illégal en France après l'expiration de leur visa ou pour y mener des activités illicites.
4. Il ressort des pièces du dossier que les demandeurs ont sollicité la délivrance de visas de long séjour en qualité d'ascendants à charge de conjoint de français. Toutefois, il n'est pas contesté que les décisions de refus consulaires notifiées aux intéressés indiquaient en objet : " notification de refus de délivrance d'un visa de long séjour en qualité de visiteur ". Dans ces conditions, les requérants sont fondés à soutenir que la décision attaquée, en tant qu'elle a examiné leur recours sous l'angle du visa visiteur, est entachée d'un défaut d'examen.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il y ait lieu de faire état de l'examen réalisé des autres moyens de la requête, que les requérants sont fondés à demander l'annulation de la décision attaquée.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du ministre de l'intérieur et des outre-mer du 31 juillet 2023 :
6. La décision du ministre de l'intérieur du 31 juillet 2023, qui a été prise en exécution d'une ordonnance du juge des référés, présentait, par sa nature même, un caractère provisoire jusqu'à ce qu'il soit statué sur le recours en annulation de la décision de rejet prise par la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France. Dans ces conditions, les conclusions présentées par la partie requérante tendant à l'annulation de cette décision provisoire sont devenues sans objet. Il n'y a, dès lors, plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
7. Le présent jugement, eu égard au motif d'annulation retenu, implique seulement mais nécessairement qu'il soit enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer de procéder au réexamen des demandes de visas de M. I C, Mme F B, Mme G C et Mme D C, dans un délai d'un mois à compter de sa notification, sans qu'il soit nécessaire d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais d'instance :
8. M. H A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Il y a donc lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme globale de 1 500 euros à verser à son avocate, Me Arnal, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que celle-ci renonce à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
D E C I D E :
Article 1er : La décision implicite de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France née le 31 décembre 2022 est annulée.
Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête n° 2312385 tendant à l'annulation de la décision du ministre de l'intérieur et des outre-mer du 31 juillet 2023.
Article 3 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer de procéder au réexamen des demandes de visas de M. I C, Mme F B, Mme G C et Mme D C dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : L'Etat versera à Me Arnal la somme globale de 1 500 (mille cinq cents) euros au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'elle renonce à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 5 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. H A, à Mme E A, à M. I C, à Mme F B, à Mme G C, à Mme D C, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Arnal.
Délibéré après l'audience du 15 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Le Barbier, présidente,
M. Tavernier, conseiller,
M. Templier, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 février 2024.
Le rapporteur,
T. TAVERNIER
La présidente,
M. LE BARBIERLa greffière,
S. LE DUFF
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
2, 2312385
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026