lundi 3 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2309133 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 10ème chambre |
| Avocat requérant | FILOR AVOCATS |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête et un mémoire, enregistrés les 23 juin et 27 octobre 2023 sous le numéro 2309133, M. D B, représenté par Me Brancaléoni, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 3 mai 2023 par laquelle le sous-directeur des visas du ministère de l'intérieur, saisi d'un recours administratif préalable obligatoire formé contre la décision de l'ambassade de France en Guinée refusant de lui délivrer un visa de court séjour, a, à son tour, refusé de délivrer le visa sollicité ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de faire délivrer le visa dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir et sous astreinte de 200 euros par jour de retard ou, à défaut, de procéder au réexamen de la demande de visa ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision consulaire est entachée d'un vice d'incompétence ;
- le refus de visa est entaché d'une erreur de fait dès lors qu'il produit des documents probants permettant de justifier l'objet et les conditions de son séjour ;
- il est entaché d'une erreur de fait dès lors qu'il justifie de ses ressources et produit une attestation d'accueil ;
- le motif tiré du risque de détournement de l'objet du visa est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par une ordonnance du 2 novembre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 4 décembre 2023 à 17 heures.
Le ministre de l'intérieur et des outre-mer a produit un mémoire en défense, enregistré le 25 avril 2024, qui n'a pas été communiqué.
II. Par une requête et un mémoire, enregistrés les 23 juin et 27 octobre 2023 sous le numéro 2309135, M. C A, représenté par Me Brancaléoni, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 3 mai 2023 par laquelle le sous-directeur des visas du ministère de l'intérieur, saisi d'un recours administratif préalable obligatoire formé contre la décision de l'ambassade de France en Guinée refusant de lui délivrer un visa de court séjour, a, à son tour, refusé de délivrer le visa sollicité ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de faire délivrer le visa dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir et sous astreinte de 200 euros par jour de retard ou, à défaut, de procéder au réexamen de la demande de visa ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision consulaire est entachée d'un vice d'incompétence ;
- le refus de visa est entaché d'une erreur de fait dès lors qu'il produit des documents probants permettant de justifier l'objet et les conditions de son séjour ;
- il est entaché d'une erreur de fait dès lors qu'il justifie de ressources suffisantes et produit une attestation d'accueil ;
- le motif tiré du risque de détournement de l'objet du visa est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par une ordonnance du 2 novembre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 4 décembre 2023 à 17 heures.
Le ministre de l'intérieur et des outre-mer a produit un mémoire en défense, enregistré le 25 avril 2024, qui n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention d'application de l'accord de Schengen, signée le 19 juin 1990 ;
- le règlement (CE) n° 810/2009 du Parlement européen et du Conseil du 13 juillet 2009 ;
- le règlement (CE) n° 2016/399 du Parlement européen et du Conseil du 9 mars 2016 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 13 mai 2024 :
- le rapport de Mme Glize, conseillère,
- et les observations de Me Brancaléoni, avocat des requérants.
Considérant ce qui suit :
1. M. B et M. A, ressortissants guinéens, ont sollicité la délivrance de visas de court séjour auprès de l'ambassade de France en Guinée, laquelle a rejeté leurs demandes par deux décisions des 2 et 22 février 2023. Saisi d'un recours administratif préalable obligatoire formé contre ces refus, le sous-directeur des visas du ministère de l'intérieur, a, à son tour, refusé de délivrer les visas sollicités par une décision du 3 mai 2023, dont les requérants demandent l'annulation au tribunal.
Sur la jonction :
2. Les requêtes susvisées n° 2309133 et n° 2309135 sont relatives à la même décision du sous-directeur des visas et ont fait l'objet d'une instruction commune. Par suite il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, dès lors que la décision du sous-directeur des visas s'est substituée aux refus consulaires, en application des dispositions de l'article D. 312-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le moyen dirigé expressément contre les seules décisions consulaires, tiré de l'incompétence des auteurs de celles-ci, doit être écarté comme inopérant.
4. En second lieu, pour refuser la délivrance des visas sollicités,
le sous-directeur des visas s'est fondé sur le double motif tiré d'une part, de ce que les justificatifs de l'objet des séjours, à caractère professionnel, des demandeurs, ne sont pas probants, et d'autre part, de ce qu'il existe un risque de détournement de l'objet des visas à des fins migratoires.
5. D'une part, eu égard aux motifs retenus par le sous-directeur des visas, le moyen tiré de l'erreur de fait s'agissant des ressources des requérants doit être écarté comme inopérant.
6. D'autre part, aux termes de l'article 21 du règlement n° 810/2009 du
13 juillet 2009 : " 1. Lors de l'examen d'une demande de visa uniforme, () une attention particulière est accordée à l'évaluation du risque d'immigration illégale () que présenterait le demandeur ainsi qu'à sa volonté de quitter le territoire des États membres avant la date d'expiration du visa demandé. () ". L'article 32 du même règlement dispose que : " 1. ()
le visa est refusé : () / b) s'il existe des doutes raisonnables sur () la fiabilité des déclarations effectuées par le demandeur ou sur sa volonté de quitter le territoire des États membres avant l'expiration du visa demandé () ". Aux termes de l'annexe II du même règlement : " Liste non exhaustive de documents justificatifs / Les justificatifs visés à l'article 14, que les demandeurs de visa doivent produire, sont notamment les suivants : () / B. Documents permettant d'apprécier la volonté du demandeur de quitter le territoire des états membres : / 1) un billet de retour ou un billet circulaire, ou encore une réservation de tels billets; 2) une pièce attestant que le demandeur dispose de moyens financiers dans le pays de résidence; 3) une attestation d'emploi: relevés bancaires; 4) toute preuve de la possession de biens immobiliers; 5) toute preuve de l'intégration dans le pays de résidence: liens de parenté, situation professionnelle. ".
7. L'administration peut, indépendamment d'autres motifs de rejet tels que la menace pour l'ordre public, refuser la délivrance d'un visa, qu'il soit de court ou de long séjour, en cas de risque avéré de détournement de son objet, lorsqu'elle établit que le motif indiqué dans la demande ne correspond manifestement pas à la finalité réelle du séjour de l'étranger en France. Elle peut à ce titre opposer un refus à une demande de visa de court séjour en se fondant sur l'existence d'un risque avéré de détournement des visas à des fins migratoires.
8. Si M. B soutient qu'il est marié et père de six enfants, il ne l'établit pas par les pièces qu'il produit, tandis que M. A n'apporte pour sa part aucune précision sur ses éventuelles attaches dans son pays d'origine. Par ailleurs, en se bornant à produire leurs billets d'avion
aller-retour, les requérants ne démontrent pas disposer de garanties de retour suffisantes. Dans ces conditions, ils ne sont pas fondés à soutenir que le sous-directeur des visas aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en refusant de leur délivrer des visas de court séjour au motif qu'il existe un risque de détournement de l'objet des visas à des fins migratoires. Il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision en se fondant sur ce seul motif.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B et M. A doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles relatives aux frais d'instance.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes de M. B et M. A sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D B, à
M. C A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 13 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Le Barbier, présidente,
M. Tavernier, conseiller,
Mme Glize, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 juin 2024.
La rapporteure,
J. GLIZE
La présidente,
M. LE BARBIERLa greffière,
S. JEGO
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Nos 2309133, 2309135
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026