mercredi 22 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2309250 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | KADDOURI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 juin 2023, M. A D C, représenté par Me Kaddouri, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 3 mai 2023 par lequel le préfet de Maine-et-Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de douze mois ;
2°) d'enjoindre au préfet de Maine-et-Loire, à titre principal, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa demande de titre de séjour, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros au profit de son conseil qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur l'arrêté attaqué dans son ensemble :
- la compétence de sa signataire n'est pas établie ;
- sa motivation est insuffisante ; le préfet n'a pas examiné sa situation au regard de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; il n'a pas non plus tenu compte de l'article 3.1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le préfet a méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et commis une erreur manifeste d'appréciation ; il réside en France depuis 2015 ; il y vit avec son épouse et leurs deux enfants nés en 2020 et 2022 à B ; le centre de ses attaches est désormais en France ; d'un tempérament travailleur et assidu, il n'a pas ménagé ses efforts pour s'intégrer en France ; il a donné satisfaction à son employeur lors de sa période de travail ; il bénéficie de ce fait d'une promesse d'embauche de celui-ci ;
Sur la décision portant refus de titre de séjour :
- le préfet a méconnu l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et commis une erreur manifeste d'appréciation ; il remplit en effet les conditions fixées par la circulaire du 28 novembre 2012 pour bénéficier de l'admission exceptionnelle au séjour prévue par cet article ;
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- il est fondé à exciper de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
- le préfet a manifestement mal apprécié les conséquences de sa décision sur sa propre situation ;
- le préfet a méconnu l'article 3 paragraphe 1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ; ses deux enfants, nés à B, n'ont jamais connu la Guinée ; ils ont vocation à grandir sur le territoire français ;
Sur la décision fixant le pays de destination :
- il est fondé à exciper de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
La requête de M. C a été communiquée au préfet de Maine-et-Loire qui n'a pas produit d'observations en défense.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 9 janvier 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Martin, président-rapporteur, a été entendu au cours de l'audience publique du 10 avril 2024.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant guinéen né le 1er janvier 1985, déclare être entré en France le 17 février 2015, sous couvert d'un visa de court séjour. Il a déposé une demande d'asile qui a été rejetée par une décision du 20 novembre 2015 du directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA). Ce rejet a été confirmé par une décision de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) du 10 octobre 2016. Par un arrêté du 18 novembre 2016, le préfet de Maine-et-Loire a fait obligation à l'intéressé de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. M. C n'a pas déféré à cette obligation. Après avoir vainement sollicité le réexamen de sa demande d'asile. Il a demandé au préfet de Maine-et-Loire la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " salarié ". Par un arrêté du 10 avril 2018, le préfet a rejeté sa demande et assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français qui n'a pas été exécutée. M. C a ensuite demandé son admission exceptionnelle au séjour sur le fondement de l'article L. 313-14 alors en vigueur du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 12 octobre 2020, le préfet de Maine-et-Loire a refusé de faire droit à cette demande, obligé M. C à quitter le territoire français et prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de dix-huit mois. Toutefois, par un jugement du 6 janvier 2022, le tribunal a annulé l'ensemble des décisions contenues dans cet arrêté à l'exception de celle portant refus de séjour. Le 10 février 2023, M. C a de nouveau sollicité son admission exceptionnelle au séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 3 mai 2023, le préfet de Maine-et-Loire a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a désigné la Guinée comme pays de renvoi et prononcé à l'encontre de l'intéressé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de douze mois. Par la présente requête, M. C demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué :
2. L'arrêté attaqué a été signé par Mme Magali Daverton, secrétaire générale de la préfecture de Maine-et-Loire. Par un arrêté de délégation de signature du 31 août 2022, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet de Maine-et-Loire lui a donné délégation à l'effet de signer " tous arrêtés, décisions, circulaires, rapports, correspondances et documents relevant des attributions de l'Etat dans le département de Maine-et-Loire ", à l'exception d'un certain nombre d'actes au nombre desquels ne figurent pas les décisions portant refus de séjour, obligation de quitter le territoire français, fixation du pays de destination et interdiction de retour sur le territoire français. Il suit de là que le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué manque en fait.
En ce qui concerne les autres moyens soulevés à l'encontre de la décision portant refus de séjour :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui () restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière plus générale, constituent une mesure de police () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".
4. L'arrêté attaqué, en tant qu'il porte refus de séjour, vise l'ensemble des textes qui lui ont servi de fondement, notamment l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ainsi que l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il retrace le parcours de M. C depuis son entrée sur le territoire français et recense les différentes considérations de faits retenues par le préfet pour justifier son refus de faire bénéficier l'intéressé de l'admission exceptionnelle au séjour. Il indique notamment les attaches familiales du requérant sur le territoire français, à savoir son épouse et leurs deux plus jeunes enfants, et précise que les demandes d'asile de ceux-ci ont été définitivement rejetées. Dans ces conditions, l'arrêté attaqué, alors même qu'il ne mentionne pas explicitement les raisons pour lesquelles le préfet a estimé que la décision refusant la délivrance d'un titre de séjour à M. C ne méconnaissait pas l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 3.1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, doit être regardé comme suffisamment motivé en tant qu'il porte refus de séjour.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale" () ".
6. Il résulte de ces dispositions que le législateur a entendu laisser à l'administration un large pouvoir pour apprécier si l'admission exceptionnelle au séjour d'un étranger répond à des considérations humanitaires ou si elle se justifie au regard des motifs exceptionnels que celui-ci fait valoir. Il appartient seulement au juge administratif, saisi d'un moyen en ce sens, de vérifier que l'administration n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation qu'elle a portée sur l'un ou l'autre de ces points.
7. M. C se prévaut de l'ancienneté de sa présence sur le territoire français, de l'intensité des attaches familiales qui le relient à ce territoire et de la qualité de son insertion professionnelle. Toutefois, si le requérant résidait en France depuis un peu plus de huit ans à la date de la décision attaquée, il ressort des pièces du dossier qu'il ne s'est maintenu aussi longtemps dans ce pays que du fait de la non-exécution des deux premières mesures d'éloignement dont il a fait l'objet en 2016 et 2018. S'il a été rejoint par son épouse en 2019, laquelle a donné naissance à deux enfants à B, l'un en 2020 et l'autre en 2022, il est constant qu'à la date de la décision attaquée, la demande d'asile déposée par cette dernière avait été définitivement rejetée et elle faisait également l'objet d'une obligation de quitter le territoire français. Au surplus, il ressort des pièces du dossier que les trois premiers enfants du couple sont restés en Guinée. Enfin, si M. C justifie avoir travaillé du 20 mars au 8 septembre 2017 en tant qu'ouvrier au sein de la société Anjou Volailles, à Chalonnes-sur-Loire, alors qu'il était demandeur d'asile, fait valoir qu'il a donné entière satisfaction à son employeur et produit deux promesses d'embauche établies par les sociétés Axial Interim et Capa Interim et relatives à ce secteur professionnel, l'insertion professionnelle de l'intéressé, d'une durée limitée, ne suffit pas à caractériser l'existence d'un motif exceptionnel ou d'une considération humanitaire au sens des dispositions citées au point 5. Le requérant ne peut utilement soutenir qu'il satisferait aux conditions énoncées par la circulaire du 28 novembre 2012 relative aux conditions d'examen des demandes d'admission au séjour déposées par des ressortissants étrangers en situation irrégulière. En effet, cette circulaire, si elle a bien été publiée sur le site Légifrance et figure sur le site du ministère de l'intérieur reprenant les publications au bulletin officiel, ne l'a, en tout état de cause, pas été dans les conditions prévues par les dispositions combinées des articles L. 312-3, R. 312-10 et D. 312-11 du code des relations entre le public et l'administration, conditions auxquelles est subordonnée l'opposabilité d'une circulaire à l'administration. Par ailleurs, l'intéressé ne fait état d'aucune circonstance particulière qui s'opposerait à ce que sa cellule familiale puisse se reconstituer hors de France. Il n'est, dès lors, pas fondé à soutenir qu'en lui refusant l'admission exceptionnelle au séjour, le préfet de Maine-et-Loire aurait commis une erreur manifeste d'appréciation dans la mise en œuvre de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
8. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ".
9. M. C reprend les mêmes éléments que ceux dont il s'est prévalu à l'appui de sa demande d'admission exceptionnelle au séjour. Aussi, pour les mêmes raisons que celles mentionnées au point 7, le moyen tiré de ce que la décision attaquée a été édictée en méconnaissance des stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes raisons, M. C n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne les autres moyens soulevés à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
10. En premier lieu, l'ensemble des moyens soulevés à l'appui des conclusions tendant à l'annulation de la décision portant refus de titre de séjour, opposée au requérant, étant écartés, M. C n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de cette décision pour demander l'annulation de la décision l'obligeant à quitter le territoire français.
11. En deuxième lieu, en vertu des dispositions de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision énonçant l'obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. Ainsi qu'il a été dit au point 4, la décision refusant la délivrance d'un titre de séjour à M. C est suffisamment motivée. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de l'obligation de quitter le territoire français prononcée à l'encontre de l'intéressé, laquelle est fondée sur le 3° de l'article L. 611-1 dudit code, doit être écarté.
12. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux indiqués au point 7, le préfet de Maine-et-Loire n'a pas, en faisant obligation au requérant de quitter le territoire français, méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes raisons, M. C n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur sa situation personnelle.
13. En quatrième lieu, si M. C fait valoir que ses deux derniers enfants, nés à B, ont vocation à demeurer en France avec leurs parents, il ne fait état d'aucune circonstance particulière qui s'opposerait à ce que ces enfants en bas âge puissent accompagner leurs parents hors de France. Ainsi, la décision attaquée n'ayant pas pour effet de séparer ces enfants de leurs parents, le moyen tiré de ce que le préfet de Maine-et-Loire, en faisant obligation au requérant de quitter le territoire français, aurait méconnu les stipulations de l'article 3.1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.
En ce qui concerne les autres moyens soulevés à l'encontre de la décision portant octroi d'un délai de départ volontaire de trente jours :
14. En premier lieu, l'arrêté attaqué cite l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, précise qu'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de la décision d'éloignement est accordé à M. C et mentionne que celui-ci ne fait état d'aucune circonstance justifiant qu'un délai supérieur à trente jours lui soit accordé. L'octroi de ce délai est ainsi, en tout état de cause, suffisamment motivé.
15. En deuxième lieu, M. C ne précise pas en quoi l'octroi de ce délai de départ volontaire de trente jours serait contraire à l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de cet article ne peut qu'être écarté.
16. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en accordant à M. C un délai de départ volontaire de trente jours, le préfet de Maine-et-Loire aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de l'intéressé.
En ce qui concerne les autres moyens soulevés à l'encontre de la décision fixant le pays de destination :
17. En premier lieu, l'ensemble des moyens soulevés à l'appui des conclusions tendant à l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français, opposée au requérant, étant écartés, M. C n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de cette décision pour demander l'annulation de la décision désignant la Guinée comme pays de destination.
18. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que la décision fixant le pays dont M. C a la nationalité comme pays de destination comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elle se réfère notamment à l'article 3 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales et à l'absence de risque pour l'intéressé d'être exposé à des peines ou traitements contraires à cette convention en cas de retour dans son pays d'origine, alors, au demeurant, que sa demande d'asile a été rejetée par l'OFPRA puis par la CNDA. Elle est ainsi suffisamment motivée en droit comme en fait.
19. En troisième lieu, pour les motifs exposés au point 7, la décision fixant le pays de destination ne porte pas au droit de M. C au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée et ne méconnait donc pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes raisons, M. C n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne les autres moyens soulevés à l'encontre de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
20. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 () ".
21. En l'espèce, le préfet de Maine-et-Loire, pour prononcer à l'encontre de M. C une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de douze mois, a cité les dispositions rappelées au point précédent et considéré que l'intéressé, s'il résidait en France depuis huit ans, s'était maintenu sur le territoire français après le rejet définitif de sa demande d'asile et de ses demandes de titre de séjour, que la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France n'étaient pas établis, qu'il n'établissait pas être dépourvu d'attaches familiales en République de Guinée et que si comportement ne représentait pas une menace pour l'ordre public, il n'avait pas déféré à deux précédentes mesures d'éloignement édictées à son encontre.
22. La décision attaquée comprend ainsi les considérations de droit et de fait qui la fondent. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de cette décision doit être écarté.
23. En deuxième lieu, M. C ne précise pas en quoi l'interdiction qui lui est faite de retourner sur le territoire français pendant une durée de douze mois serait contraire à l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de cet article ne peut qu'être écarté.
24. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'une circonstance humanitaire s'opposait à ce que le préfet prononçât à l'encontre de M. C une interdiction de retour sur le territoire français. Il ressort des motifs de l'arrêté attaqué que le préfet a pris en compte, pour fixer la durée de cette interdiction, la situation familiale de l'intéressé, sa durée de présence sur le territoire français et la circonstance qu'il n'a pas déféré à deux précédentes mesures d'éloignement prises à son encontre en 2016 et 2018. Dans ces conditions, même s'il est constant que la présence en France de M. C ne constitue pas une menace pour l'ordre public, le préfet de Maine-et-Loire, en prononçant une interdiction de retour d'une durée de douze mois, n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation de l'intéressé.
25. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué du 3 mai 2023.
Sur les conclusions à fin d'injonction et tendant à l'application de l'article L 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
26. D'une part, le rejet des conclusions à fin d'annulation présentées par M. C entraîne, par voie de conséquence, celui de ses conclusions à fin d'injonction.
27. D'autre part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique font obstacle à ce que la somme demandée au profit de son conseil par le requérant, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens, soit mise à la charge de l'Etat qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A D C, au préfet de Maine-et-Loire et à Me Hamid Kaddouri.
Délibéré après l'audience du 10 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Luc Martin, président,
M. David Labouysse, premier conseiller,
Mme Justine-Kozue Kubota, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 mai 2024.
Le président-rapporteur,
L. MARTINL'assesseur le plus ancien
D. LABOUYSSE
La greffière,
S. BARBERA
La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026