jeudi 14 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2309397 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | OQTF 6 semaines - 7ème chambre |
| Avocat requérant | CLOAREC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 juin 2023, M. C D A, représenté par Me Cloarec, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 7 avril 2023 par lesquelles le préfet de la Sarthe l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourrait être reconduit d'office ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1500 euros à verser à son avocate en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
En ce qui concerne le refus de séjour :
- la décision est insuffisamment motivée en méconnaissance des dispositions de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ; la décision décrit une situation qui ne correspond pas à la réalité de sa vie ;
- la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; il a une relation avec une compagne française et a un fils de nationalité française ; il est intégré professionnellement en France ;
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- l'annulation de la première décision doit entrainer l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français ;
- la décision méconnait les dispositions de l'article L. 611-3 5° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors qu'il est père d'un enfant français ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- l'annulation de la première décision doit entrainer l'annulation de la décision fixant le pays de destination.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 novembre 2023, le préfet de la Sarthe conclut au rejet de la requête de M. A.
Il soutient que :
- M. A n'a pas formulé de demande de titre de séjour depuis le refus de séjour du 3 février 2022 ; il n'existe donc aucun refus de séjour contesté ;
- les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 2 juin 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Béria-Guillaumie, vice-présidente, en application de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour et de l'heure de l'audience.
Le rapport de Mme Béria-Guillaumie, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A, ressortissant ivoirien né en juillet 1987, est entré en France selon ses déclarations en octobre 2018. Il s'est vu délivrer en décembre 2019 une carte de séjour temporaire en qualité de conjoint de France valable entre novembre 2019 et novembre 2020. Il a sollicité le renouvellement de ce titre de séjour. Sa vie commune avec son épouse française ayant cessé en septembre 2020, par un arrêté du 2 février 2022, le préfet de la Sarthe a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité et a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Le recours de M. A contre ces décisions a été rejeté par un jugement du tribunal administratif de Nantes du 20 juin 2023. Entretemps, le 6 avril 2023, M. A avait été interpellé par les services de la gendarmerie notamment pour des faits de violence sans incapacité sur sa nouvelle compagne. Par des décisions du 7 avril 2023, le préfet de la Sarthe a obligé M. A à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourrait être reconduit d'office. M. A demande l'annulation des décisions du 7 avril 2023.
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
2. L'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () / 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents () ".
3. Par ailleurs, l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () / 5° L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans () ".
4. Il ressort des pièces du dossier que M. A est père d'un enfant français, B né, à la suite de la seconde tentative d'implantation d'embryons conçus in vitro, en novembre 2022 de sa relation avec une compagne de nationalité française, avec laquelle il a débuté une vie commune en mars 2020 selon l'attestation de la mère de l'enfant. Il ressort des pièces du dossier que M. A a participé financièrement à l'entretien de l'enfant, ainsi que cela ressort de diverses factures antérieures et postérieures à la naissance du bébé, et à son éducation, le couple résidant ensemble avec la fille ainée de la compagne de M. A. Le requérant a reconnu son fils B avant sa naissance. Par ailleurs, s'il ressort des déclarations effectuées par M. A auprès des services de gendarmerie le 6 avril 2023 que le requérant a reconnu souhaiter quitter la mère de son fils en raison de problèmes dans le couple, il a affirmé à plusieurs reprises au cours de cette audition vouloir demeurer près de son fils né en novembre 2022 et dont il s'occupait au quotidien, ainsi au demeurant que la demi-sœur de son fils, fille de sa compagne née d'une première relation. Dans ces conditions, il ressort des pièces du dossier qu'à la date de l'obligation de quitter le territoire français contestée, M. A contribue effectivement à l'entretien et à l'éducation de son fils français depuis sa naissance en novembre 2022. Il est donc fondé à soutenir que l'obligation de quitter le territoire français qui lui a été opposée le 7 avril 2023 méconnait les dispositions du 5° de l'article L. 611-3 et à en demander, pour ce motif, l'annulation.
5. L'annulation de l'obligation de quitter le territoire français du 7 avril 2023 entraine par voie de conséquence l'annulation des décisions du même jour portant fixation du délai de départ volontaire et fixation du pays d'éloignement.
Sur les frais liés au litige :
6. M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Cloarec, avocate de M. A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat le versement à cette dernière de la somme de 800 euros.
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions du 7 avril 2023 par lesquelles le préfet de la Sarthe a obligé M. A à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourrait être reconduit sont annulées.
Article 2 : L'Etat versera à Me Cloarec, avocate de M. A, la somme de 800 euros en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C D A, à Me Cloarec et au préfet de la Sarthe.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 décembre 2023.
La magistrate désignée,
M. BÉRIA-GUILLAUMIE
La greffière,
Y. BOUBEKEUR
La République mande et ordonne au préfet de la Sarthe en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026