mardi 1 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2309622 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | GIROUD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 4 juillet 2023, le 27 novembre 2023, le 6 juin 2024, le 20 juin 2024 et le 21 juin 2024, Mme C B, représentée par Me Lefèvre, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 25 janvier 2023 par lequel la maire du Croisic a délivré à l'Office public d'habitat (OPH) Silène Habitat un permis de construire un immeuble collectif de huit logements d'une surface de plancher de 474,3 m2 sur la parcelle section 49 AL n° 657, située au 39, rue du Flot, modifié par l'arrêté du 10 avril 2024 portant permis de construire modificatif, ainsi que la décision de rejet de son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune du Croisic le versement de la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué du 25 janvier 2023 a été pris par une autorité incompétente ;
- il est intervenu en méconnaissance de l'article L. 632-1 du code du patrimoine en l'absence d'avis de l'architecte des Bâtiments de France sur l'intégralité du projet ;
-le dossier de demande de permis de construire était incomplet, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 431-8 et R. 431-10 du code de l'urbanisme ;
-l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme, de l'article UR 11 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune et celles du règlement du site patrimonial remarquable applicables aux zones d'impact paysager ou d'interface avec le patrimoine, relatives à l'intégration des constructions dans leur environnement ;
- il méconnaît l'article UR 13 du règlement du plan local d'urbanisme et les dispositions du règlement du site patrimonial remarquable applicables aux zones d'impact paysager ou d'interface avec le patrimoine, relatives aux plantations ;
-il méconnaît l'article UR 6 du règlement du plan local d'urbanisme relatif à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives ;
- il méconnaît l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme et l'article UR 4 du règlement du plan local d'urbanisme.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 27 octobre 2023 et le 20 juin 2024, la commune du Croisic, représentée par Me Giroud, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable, dès lors qu'elle a été présentée en méconnaissance de l'article L. 600-1 du code de l'urbanisme ;
- les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par des mémoires enregistrés le 13 octobre 2023, le 16 mai 2024 et le 21 juin 2024, l'office public d'habitat Silène Habitat, représenté par Me Caradeux, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par des observations enregistrées le 20 juin 2024, le préfet de la région des Pays de la Loire conclut au rejet de la requête, et, à titre subsidiaire, à ce qu'il soit fait application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme.
Il fait valoir que :
- le projet, dont le terrain d'assiette est situé dans le périmètre du site patrimonial remarquable du Croisic, doit être soumis à l'avis de l'architecte des Bâtiments de France ;
- le permis construire modificatif délivré le 10 avril 2024 a régularisé le vice affectant le permis de construire initial, tenant à l'absence de saisine de l'architecte des Bâtiments de France ;
- dans l'hypothèse où le défaut de saisine de l'architecte des Bâtiments de France entacherait d'illégalité les arrêtés attaqués, ce vice est de nature à être régularisé par la délivrance d'un permis de construire modificatif.
Par un courrier du 11 juin 2024, les parties ont été informées qu'en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, le tribunal est susceptible de surseoir à statuer sur les conclusions en annulation afin de mettre à même le pétitionnaire de solliciter un permis de construire modificatif régularisant le vice résultant de l'absence de consultation de l'architecte des Bâtiments de France sur l'ensemble du projet autorisé par le permis de construire du 25 janvier 2023 modifié par le permis de construire modificatif du 10 avril 2024.
Par un courrier du 1er juillet 2024, les parties ont été informées qu'en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, le tribunal est susceptible de surseoir à statuer sur les conclusions en annulation afin de mettre à même le pétitionnaire de solliciter un permis de construire modificatif régularisant le vice résultant de la méconnaissance de l'article UR 6 du règlement du plan local d'urbanisme du Croisic applicable à la zone UR et de l'article UR 13 de ce même règlement.
Par des observations, enregistrées le 5 juillet 2024, la commune du Croisic conclut aux mêmes fins.
Elle fait valoir :
-les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés ;
-les vices tirés de la méconnaissance des articles UR 6 et UR 13 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune sont régularisables.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du patrimoine ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Thomas, première conseillère,
- les conclusions de M. Marowski, rapporteur public,
- les observations de Me Gallot, substituant Me Lefèvre, avocat de la requérante,
- les observations de Me Giroud, avocat de la commune du Croisic,
- les observations de Me Dubos, substituant Me Caradeux, avocat de l'office public de l'habitat Silène Habitat.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 25 janvier 2023, la maire du Croisic a délivré un permis de construire à l'office public de l'habitat (OPH) Silène Habitat en vue de la construction de 8 logements et de 4 boxes de stationnement, sur la parcelle cadastrée section AL n° 657 d'une superficie de 936 m², située au 39 rue du Flot, et classée en zone URa du plan local d'urbanisme du Croisic. Par un arrêté du 10 avril 2024, la maire du Croisic a délivré à l'OPH Silène Habitat un permis de construire modificatif portant sur la plantation de sept arbres supplémentaires et le décalage d'une des façades sud du projet de 20 cm vers le nord, ainsi que sur la mise à jour des documents d'insertion du projet dans son environnement. Mme B, voisine immédiate du terrain d'assiette du projet, demande au tribunal l'annulation de ces arrêtés ainsi que de la décision de rejet de son recours gracieux contre ce permis de construire.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / () ". Aux termes de l'article R. 600-2 du code de l'urbanisme : " Le délai de recours contentieux à l'encontre d'une décision de non-opposition à une déclaration préalable ou d'un permis de construire, d'aménager ou de démolir court à l'égard des tiers à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain des pièces mentionnées à l'article R. 424-15. ". Aux termes de l'article R. 600-1 du même code : " En cas de déféré du préfet ou de recours contentieux à l'encontre d'un certificat d'urbanisme, ou d'une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code, le préfet ou l'auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation. Cette notification doit également être effectuée dans les mêmes conditions en cas de demande tendant à l'annulation ou à la réformation d'une décision juridictionnelle concernant un certificat d'urbanisme, ou une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code. L'auteur d'un recours administratif est également tenu de le notifier à peine d'irrecevabilité du recours contentieux qu'il pourrait intenter ultérieurement en cas de rejet du recours administratif. / La notification prévue au précédent alinéa doit intervenir par lettre recommandée avec accusé de réception, dans un délai de quinze jours francs à compter du dépôt du déféré ou du recours. / La notification du recours à l'auteur de la décision et, s'il y a lieu, au titulaire de l'autorisation est réputée accomplie à la date d'envoi de la lettre recommandée avec accusé de réception. Cette date est établie par le certificat de dépôt de la lettre recommandée auprès des services postaux. / () ".
3. Contrairement à ce que soutient la commune du Croisic en défense, Mme B justifie de la notification à l'office public d'habitat pétitionnaire de son recours gracieux le 6 mars 2023, dans les conditions prévues par les dispositions précitées de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en défense manque en fait et la requête de Mme B est recevable.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Les arrêtés attaqués, portant permis de construire et permis de construire modificatif, ont été signés par Mme D A, adjointe en charge de l'urbanisme du patrimoine, habilitée par la maire du Croisic, par arrêté du 16 juillet 2020 régulièrement publié et exécutoire, à signer notamment tous arrêtés, courriers, décisions, actes ou mesures dans ce domaine. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire des arrêtés attaqués doit être écarté.
5. Aux termes de l'article L. 631-1 du code du patrimoine : " Sont classés au titre des sites patrimoniaux remarquables les villes, villages ou quartiers dont la conservation, la restauration, la réhabilitation ou la mise en valeur présente, au point de vue historique, architectural, archéologique, artistique ou paysager, un intérêt public () ". Aux termes de l'article L. 632-1 de ce code : " Dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable, sont soumis à une autorisation préalable les travaux susceptibles de modifier l'état des parties extérieures des immeubles bâtis, y compris du second œuvre, ou des immeubles non bâtis. / () L'autorisation peut être refusée ou assortie de prescriptions lorsque les travaux sont susceptibles de porter atteinte à la conservation ou à la mise en valeur du site patrimonial remarquable ". Aux termes de l'article L. 632-2 du même code : " I. - L'autorisation prévue à l'article L. 632-1 est, sous réserve de l'article L. 632-2-1, subordonnée à l'accord de l'architecte des Bâtiments de France, le cas échéant assorti de prescriptions motivées. () Tout avis défavorable de l'architecte des Bâtiments de France rendu dans le cadre de la procédure prévue au présent alinéa comporte une mention informative sur les possibilités de recours à son encontre et sur les modalités de ce recours. / () le permis de démolir () tient lieu de l'autorisation prévue à l'article L. 632-1 du présent code si l'architecte des Bâtiments de France a donné son accord, dans les conditions prévues au premier alinéa du présent I. () ". Aux termes de l'article R. 425-2 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet est situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable, le permis de construire, le permis d'aménager, le permis de démolir ou la décision prise sur la déclaration préalable tient lieu de l'autorisation prévue à l'article L. 632-1 du code du patrimoine si l'architecte des Bâtiments de France a donné son accord, le cas échéant assorti de prescriptions motivées ".
6. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet est situé pour partie dans le périmètre de la zone Zip2 de l'aire de mise en valeur de l'architecture et du patrimoine du Croisic devenue site patrimonial remarquable. Par suite, le projet doit être soumis à l'avis préalable de l'architecte des Bâtiments de France. Or, il est constant que l'arrêté du 25 janvier 2023 est intervenu sans l'avis préalable de l'architecte des Bâtiments de France. Si les défendeurs font valoir que ce vice aurait été régularisé par l'arrêté du 10 avril 2024 portant permis de construire modificatif, intervenu après un tel avis, ils se bornent à établir que l'architecte des Bâtiments de France a été saisi du dossier de permis de construire modificatif mais ne justifient pas de la transmission à ce dernier de l'ensemble des pièces composant le dossier de demande de permis de construire. Dans ces conditions, en l'absence d'élément de nature à attester que l'architecte des Bâtiments de France aurait été effectivement saisi de l'intégralité du projet, la requérante est fondée à soutenir que le projet en cause a été autorisé en méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 632-1 du code du patrimoine.
7. Aux termes de l'article R 431-8 du code de l'urbanisme : " " Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; (). ". Aux termes de l'article R. 431-10 du même code : " " Le projet architectural comprend également : / () c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain (). ".
8. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
9. D'une part, la notice descriptive du projet présente de façon suffisante l'état existant du terrain d'assiette avant travaux. D'autre part, le dossier de demande de permis de construire modificatif permet d'apprécier de façon pertinente l'insertion du projet dans son environnement proche. Dans ces conditions, la requérante n'est pas fondée à soutenir que dans son dernier état autorisé par le permis de construire du 10 avril 2024, le projet méconnaîtrait les articles R. 431-8 et R. 431-10 du code de l'urbanisme.
10. Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ". Aux termes de l'article UR 4 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune applicable à la zone URa, " pour le traitement des eaux pluviales doivent être privilégiées les techniques destinées à favoriser la gestion des eaux de pluie à la parcelle : stockage, infiltration, réutilisation pour des usages domestiques. Seul l'excès de ruissellement peut être rejeté dans le réseau public d'eaux pluviales après qu'aient été mises en œuvre, sur la parcelle, des solutions susceptibles d'infiltrer ou de stocker les apports pluviaux dans le respect des prescriptions fixées par le SAGE et par le SCOT. En cas de rejet des eaux pluviales dans le réseau public, le débit de fuite doit être limité à 1 l/s/ha (pour des occurrences de pluie allant jusqu'à la pluie décennale) ".
11. Il ressort des pièces du dossier que le projet prévoit le recueil des eaux pluviales sur le site par un bassin de type noue de 13 m2 ayant un débit de fuite de 1 l/sec/hec, avant l'évacuation du surplus dans le réseau public d'eaux pluviales. Par ailleurs, il ne ressort d'aucun élément au dossier que les modalités de collecte et de traitement des eaux pluviales que prévoit le projet seraient, du fait de leur insuffisance, de nature à créer un risque de ruissellement sur la parcelle de la requérante. Par suite, le moyen tiré de ce que les arrêtés attaqués seraient entachés d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme et méconnaîtraient les dispositions de l'article UR4 du plan local d'urbanisme doivent être écartés.
12. Aux termes de l'article UR 6 du règlement du plan local d'urbanisme applicable à la zone UR : " Toute construction doit être implantée en retrait de l'alignement existant ou à créer. / La marge minimum de retrait est fixée à : () / Par rapport à l'alignement : 5 mètres ". L'article L. 152-3 du code de l'urbanisme prévoit que " Les règles et servitudes définies par un plan local d'urbanisme : 1° Peuvent faire l'objet d'adaptations mineures rendues nécessaires par la nature du sol, la configuration des parcelles ou le caractère des constructions avoisinantes ".
13. Il ressort des pièces du dossier que le projet prévoit l'implantation de la construction avec, à certains points du bâtiment, un retrait inférieur à 5 mètres de la limite séparative sud de la parcelle cadastrée section AL n°658. Si, pour justifier de cette implantation qu'ils reconnaissent non conforme aux dispositions de l'article UR 6 précitées, la commune du Croisic et le pétitionnaire font état de la configuration du terrain d'assiette du projet, contigu d'une zone boisée grevée d'une servitude d'espace boisé classé au sud, et de la cohérence de cette implantation avec les fronts bâtis avoisinants, ces éléments ne suffisent pas à justifier de la nécessité d'une telle implantation, au sens de l'article L. 152-3 du code de l'urbanisme, dont ils se prévalent en défense, et alors que les arrêtés attaqués ne sont pas motivés sur ce point. Enfin, l'office public d'habitat ne peut utilement se prévaloir au soutien des arrêtés attaqués de la rédaction de l'article UR 6 du règlement du plan local d'urbanisme du Croisic dans sa version approuvée le 20 février 2024 et en vigueur depuis le 29 avril 2024. Par suite, la requérante est fondée à soutenir que le projet méconnaît les dispositions précitées de l'article UR 6 du plan local d'urbanisme.
14. Aux termes de l'article UR 13 du règlement du plan local d'urbanisme, applicable à la zone UR " les plantations existantes sont maintenues ou remplacées par des plantations équivalentes ". Cet article dispose également que " les aires de stationnement doivent être plantées à raison d'un arbre de haute tige au moins pour deux places ". Le règlement du site patrimonial remarquable applicable à la zone Zip2 prévoit quant à lui que " les arbres, haies et boisements protégés doivent être préservés, soigneusement entretenus et si nécessaire complétés ou reconstitués par des plantations de même type ou de type équivalent (essence, couvert végétal) et en cohérence avec le paysage environnant ".
15. D'une part, il ressort de la notice architecturale du projet, dans son dernier état autorisé par le permis de construire modificatif du 10 avril 2024, que les haies arbustives en limites sud et est dont le projet prévoit la destruction seront replantées, l'arrêté du 10 avril 2024 étant du reste assorti d'une prescription issue de l'avis des Bâtiments de France, tenant à leur remplacement par des plantations " de même type ou de type équivalent (essence, couvert végétal), en cohérence avec le paysage environnant, et issues de la liste d'essences disponible en annexe du site patrimonial remarquable ". D'autre part, le projet dans son dernier état autorisé par permis de construire modificatif du 10 avril 2024 prévoit la plantation de sept arbres dont deux pour les quatre places de l'aire de stationnement. En revanche, ces sept arbres seront plantés " dans les espaces libres dédiés aux logements ", soit au sud de la construction, et, pour l'un, à l'ouest du terrain d'assiette, à une distance significative de cette aire de stationnement, qui ne peut donc être regardée comme plantée à raison d'un arbre au moins pour deux places, ainsi que le prévoient les dispositions précitées de l'article UR 13 du règlement du plan local d'urbanisme. Il suit de là que la requérante est fondée à soutenir que l'arrêté attaqué méconnaît également ces dispositions.
Sur l'application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :
16. Aux termes de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé. "
17. Il résulte de l'instruction que les vices d'incompétence, en l'absence d'avis de l'architecte des Bâtiments de France sur l'intégralité du projet, et de la méconnaissance des dispositions de l'article UR 6 du règlement du plan local d'urbanisme applicable à la zone UR et de l'article UR 13 de ce règlement, en tant qu'il prévoit que " les aires de stationnement doivent être plantées à raison d'un arbre de haute tige au moins pour deux places " sont susceptibles d'être régularisés. Dans ces conditions, il y a lieu de surseoir à statuer sur les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme B, afin de permettre une éventuelle régularisation de ces vices par un permis de construire modificatif qui devra être communiqué au tribunal dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
D E C I D E :
Article 1er : Il est sursis à statuer sur la requête présentée par Mme B.
Article 2 : L'office public d'habitat Silène Habitat et la commune du Croisic devront justifier, dans le délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement, de la régularisation, par une décision modificative, du vice tiré de l'absence d'avis de l'architecte des Bâtiments de France, de la méconnaissance des dispositions de l'article UR 6 du règlement du plan local d'urbanisme et des dispositions de l'article UR 13 de ce même règlement en tant qu'il prévoit que " les aires de stationnement doivent être plantées à raison d'un arbre de haute tige au moins pour deux places ".
Article 3 : Tous moyens et conclusions des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B, à la commune du Croisic et à l'office public d'habitat Silène Habitat.
Délibéré après l'audience du 3 septembre 2024 à laquelle siégeaient :
Mme Douet, présidente,
Mme Thomas, première conseillère,
M. Brémond, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2024.
La rapporteure,
S. THOMAS
La présidente,
H. DOUET
La greffière,
L. LÉCUYER
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026