lundi 24 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2309709 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | PRONOST |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 juillet 2023, Mme A B et Mme E F épouse C, représentées par Me D, demandent au juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de la décision par laquelle les autorités consulaires françaises à Dakar (Sénégal) ont refusé d'enregistrer la demande de visa de Mme B au titre du regroupement familial dans un délai raisonnable ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de faire convoquer Mme B par ces mêmes autorités afin d'enregistrer la demande de visa, dans un délai de 15 jours à compter de la notification de la présente ordonnance ;
3°) de mettre à la charge de l'État le versement à Mme D d'une somme de 1 440 euros TTC en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sur l'aide juridique.
Elles soutiennent que :
- la condition d'urgence est remplie, le refus d'enregistrement litigieux préjudiciant de manière suffisamment grave et immédiate à leur situation ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, qui est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur leur situation personnelle, et méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 juillet 2023, le ministre de l'intérieur et des Outre-mer conclut au non-lieu à statuer sur la requête.
Il fait valoir que par un courriel du 11 juillet 2023 et une note diplomatique du 17 juillet 2023, il a été donné instruction aux autorités consulaires françaises à Dakar de convoquer l'intéressée.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 5 juillet 2023 sous le numéro 2309962 par laquelle Mme C et Mme B demandent l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code civil ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 10 juillet 2023.
Le président du tribunal a désigné Mme Frelaut, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 18 juillet 2023 à 9 heures 30 :
- le rapport de Mme Frelaut, juge des référés,
- les observations de Me Arnal, substituant Me D, avocate de Mme B, qui maintient les conclusions de la requête formées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, en l'absence de preuve qu'un rendez-vous a été donné à Mme B par les autorités consulaires françaises à Dakar,
- et les observations de la représentante du ministre de l'intérieur et des Outre-mer.
La clôture de l'instruction a été fixée le 20 juillet 2023 à 17 heures.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, ressortissante sénégalaise résidant régulièrement sur le territoire français, a formé une demande de regroupement familial pour faire venir sa fille en France, Mme B, née le 5 juin 2005. Par une décision du 24 mai 2019, le préfet de l'Oise a fait droit à sa demande. Par une décision du 16 décembre 2019, les autorités consulaires françaises à Dakar ont rejeté la demande de Mme B tendant à la délivrance d'un visa de long séjour au titre de la réunification familiale. La commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a implicitement rejeté le recours de l'intéressée contre cette décision. Par la présente requête, Mmes C et B demandent au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre la décision par laquelle les autorités consulaires françaises à Dakar ont refusé d'enregistrer la nouvelle demande de visa de Mme B au titre du regroupement familial.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
2. Contrairement à ce que fait valoir en défense le ministre de l'intérieur et des Outre-mer et en dépit de ce que par courriel et par note diplomatique du 17 juillet 2023, il aurait donné instruction aux autorités consulaires françaises à Dakar d'enregistrer la demande de visa de Mme B et de la convoquer afin qu'elle puisse déposer sa demande de visa, il ne résulte pas de l'instruction que tel aurait été le cas. Cette seule circonstance ne saurait donc, faute de garantie de convocation et d'enregistrement effectif de la demande de visa, avoir pour effet de priver d'objet les conclusions présentées par Mmes C et B sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, qui tendent à obtenir la suspension de l'exécution de la décision par laquelle l'autorité consulaire française à Dakar a refusé d'enregistrer la demande de visa de Mme B au titre du regroupement familial.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
En ce qui concerne la condition d'urgence :
4. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le demandeur, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence s'apprécie objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de chaque espèce.
5. D'une part, la décision litigieuse a pour effet de maintenir Mme C et Mme B séparées, alors que le préfet de l'Oise a accordé à Mme C le droit de faire venir sa fille en France depuis plus de 4 ans. D'autre part, les requérantes soutiennent sans être contestées avoir tenté de prendre rendez-vous au consulat pour le dépôt de la demande de visa de Mme B depuis le mois d'avril 2023, soit près de 4 mois à la date de la présente ordonnance. Dans ces conditions, la décision attaquée porte à la situation des intéressées une atteinte suffisamment grave et immédiate pour que la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative doive être regardée comme remplie.
En ce qui concerne la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée :
6. Les moyens invoqués par Mmes C et B à l'appui de leur demande de suspension tirés de l'erreur d'appréciation et de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dont serait entachée la décision litigieuse apparaissent, en l'état de l'instruction, de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de cette décision.
7. Les deux conditions prévues à l'article L. 521-1 du code de justice administrative étant remplies, il y a lieu de suspendre l'exécution de la décision par laquelle les autorités consulaires françaises à Dakar ont refusé d'enregistrer la demande de visa de Mme B au titre du regroupement familial, jusqu'à ce qu'il soit statué sur la légalité de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
8. L'exécution de la présente ordonnance implique nécessairement que Mme B soit convoquée au poste consulaire de Dakar aux fins d'enregistrement de sa demande de visa. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des Outre-mer d'y pourvoir dans un délai d'une semaine à compter de la notification de cette ordonnance. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés à l'instance :
9. Mme B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions combinées des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que celle-ci renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Mme D d'une somme de 800 euros.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de la décision par laquelle les autorités consulaires françaises à Dakar (Sénégal) ont refusé d'enregistrer la demande de visa de Mme B au titre du regroupement familial est suspendue.
Article 2 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur et des Outre-mer de pourvoir à la convocation de Mme B aux fins d'enregistrement de sa demande de visa dans un délai d'une semaine à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 3 : L'Etat versera à Me D, avocate de Mme B, la somme de 800 euros (huit cent euros) au titre des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que celle-ci renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, à Mme E C et au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.
Fait à Nantes, le 24 juillet 2023.
La juge des référés,
L. FRELAUT
La greffière,
G. PEIGNE
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026