mercredi 27 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2309733 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | GUERIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 6 juillet 2023 et 22 juillet 2024, Mme C B, représentée par Me Guerin, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 24 mars 2023 par lequel le préfet de la Sarthe a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Sarthe, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa demande de titre de séjour, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 2 000 euros en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
Sur la décision portant refus de titre de séjour :
- il n'est pas établi qu'elle ait été signée par une autorité compétente ;
- elle n'est pas suffisamment motivée ;
- la commission du titre de séjour n'a pas été saisie en méconnaissance des dispositions de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; ce vice de procédure a été susceptible d'exercer une influence sur le sens de la décision prise ;
- la décision attaquée n'a pas été précédée d'un examen de sa situation personnelle et est entachée d'une erreur de fait ; contrairement à ce que lui oppose le préfet, elle justifie de son intégration au sein du tissu social ; elle justifie également être dépourvue d'attache familiale à l'étranger ;
- le préfet a commis une erreur de droit, une erreur de fait et une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; sa fille est scolarisée en cours préparatoire à Sablé-sur-Sarthe ; en tant que parent d'enfant scolarisée, elle est fondée à demander son admission exceptionnelle au séjour ; ses deux autres filles vivant à Mayotte, elle n'a plus aucune famille dans son pays d'origine ; ses parents sont décédés ;
- le préfet a commis une erreur de droit, une erreur de fait et une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; elle suit des cours de français et participe à des ateliers d'insertion ou de cuisine ;
- le préfet a méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; elle vit en France depuis plus de trois ans et demi avec sa fille scolarisée ; elle s'est constituée un réseau d'amis ; les pères de ses enfants vivent en France ; son frère est français et vit en France ;
- le préfet a méconnu l'article 3 paragraphe 1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ; il n'est pas dans l'intérêt de sa fille, qui a vécu toute sa scolarité en France, de rejoindre les Comores où elle ne dispose plus de membres de sa famille ;
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- il n'est pas établi qu'elle ait été signée par une autorité compétente ;
- elle est fondée à exciper de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
- le préfet s'est estimé en situation de compétence liée ; il n'a pas tenu compte des conséquences de sa décision ;
- le préfet a commis une erreur de droit et une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen suffisamment sérieux de sa situation personnelle ;
- le préfet a méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; la décision d'éloignement a pour effet de priver son enfant de sa présence ;
- le préfet a méconnu l'article 3 paragraphe 1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
Sur de la décision fixant le pays de destination :
- il n'est pas établi qu'elle ait été signée par une autorité compétente ;
- elle est fondée à exciper de l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français ;
- elle n'est pas suffisamment motivée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 décembre 2023, le préfet de la Sarthe conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondé.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 30 janvier 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Martin, président-rapporteur,
- et les observations de Me Guerin, représentant Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante comorienne née le 14 avril 1983, est mère de trois filles nées aux Comores. Elle déclare être entrée en France le 18 novembre 2019 accompagnée de son dernier enfant. Elle a sollicité, le 7 février 2023, du préfet de la Sarthe la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 24 mars 2023, le préfet a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué :
2. L'arrêté attaqué a été signé par M. D A, directeur de la citoyenneté et de la légalité à la préfecture de la Sarthe. Il ressort des pièces du dossier que M. A a reçu du préfet de la Sarthe délégation pour signer, notamment, les décisions portant refus de séjour, obligation de quitter le territoire français, avec ou sans délai de départ volontaire, et fixation du pays de renvoi, aux termes de l'arrêté portant délégation de signature du 15 décembre 2022 régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit, dès lors, être écarté comme manquant en fait.
En ce qui concerne les autres moyens soulevés à l'encontre de la décision portant refus de titre de séjour :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".
4. L'arrêté attaqué, en tant qu'il porte refus de séjour, vise notamment l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il retrace le parcours de Mme B depuis son arrivée sur le territoire français et précise de façon suffisamment détaillée les raisons pour lesquelles le préfet de la Sarthe a estimé que l'intéressée ne remplissait pas les conditions fixées par ces deux derniers articles pour obtenir un titre de séjour. Le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision portant refus de séjour doit par suite être écarté comme manquant en fait. Il ressort de cette motivation que le préfet a bien procédé à un examen préalable suffisamment approfondi de sa situation particulière.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".
6. Mme B se prévaut de ce que sa fille, née en 2016, est scolarisée à Sablé-sur Sarthe, en école maternelle puis en cours préparatoire. Elle-même est engagée au sein de l'association Alpha Sablé où elle participe à des ateliers d'insertion et de cuisine et suit des cours de français. Elle justifie ainsi avoir obtenu successivement les diplômes d'études en langue française A1 puis B1. Ses deux autres filles, nées en 2003 et 2008, résidaient à Mayotte à la date de l'arrêté attaqué. La circonstance qu'elles sont venues en France métropolitaine postérieurement à la date de l'arrêté attaqué ne peut être utilement invoquée. Mme B fait valoir que les pères de ses enfants résident également en France. S'il ressort des pièces du dossier que le père de la plus jeune des filles, qui est domicilié à Bordeaux, a réalisé quatre virements, entre le 1er octobre 2021 et le 8 juillet 2022, de respectivement 150, 50 et deux fois 100 euros, cette seule circonstance ne suffit pas à établir qu'il contribue effectivement à l'entretien et à l'éducation de sa fille, ni même qu'il entretient des relations suivies avec elle. Aussi, en dépit des efforts accomplis par Mme B pour s'insérer socialement, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'à la date de l'arrêté attaqué, son intégration en France était particulièrement aboutie. Si elle indique n'avoir conservé aucune attache familiale aux Comores, ses deux parents étant décédés et son frère français étant installé en région parisienne, elle y a cependant vécu jusqu'à son âge de 36 ans. Dès lors, en l'absence de circonstance particulière qui ferait obstacle à ce que sa plus jeune fille puisse poursuivre sa scolarité hors de France, la requérante n'est pas fondée à soutenir que le préfet de la Sarthe, en rejetant sa demande de titre de séjour, aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, commis des erreurs de fait, une erreur manifeste d'appréciation et méconnu les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
7. En troisième lieu, aux termes des dispositions l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : / 1° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer ou de renouveler la carte de séjour temporaire prévue aux articles () L. 423-23 () à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance () ". Le préfet n'est toutefois tenu de saisir la commission que du seul cas des étrangers qui remplissent effectivement les conditions mentionnées à ces articles, et non de celui de tous les étrangers qui s'en prévalent.
8. Mme B ne remplissant pas les conditions de délivrance d'un titre de séjour visé à l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet de la Sarthe n'était pas tenu, avant de rejeter la demande de titre de séjour de l'intéressée, de saisir la commission du titre de séjour. Ce moyen ne peut, dès lors, qu'être écarté.
9. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ".
10. Il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme B puisse se prévaloir de circonstances exceptionnelles ou de considérations humanitaires justifiant que le préfet l'admette à titre exceptionnel au séjour. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet de la Sarthe aurait commis une erreur de fait et une erreur manifeste d'appréciation en refusant à l'intéressée le bénéfice des dispositions citées au point précédent doit être écarté.
11. En cinquième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, () ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
12. Pour les raisons mentionnées au point 6, le préfet de la Sarthe n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il n'a pas davantage entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision sur la situation de la requérante.
13. En dernier lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant du 26 janvier 1990 : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
14. La décision attaquée portant refus de titre de séjour n'a ni pour effet, ni pour objet de séparer Mme B de sa fille scolarisée à Sablé-sur-Sarthe, dès lors que cette dernière pourra accompagner sa mère et poursuivre sa scolarité hors de France. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3, paragraphe 1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit, par suite, être écarté.
En ce qui concerne les autres moyens soulevés à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
15. En premier lieu, en l'absence d'annulation de la décision portant refus de titre de séjour, Mme B n'est pas fondée à exciper de l'illégalité de cette décision pour demander, par voie de conséquence, l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
16. En deuxième lieu, il ne ressort pas des termes de l'arrêté attaqué que le préfet de la Sarthe se serait estimé en situation de compétence liée et aurait omis d'apprécier les conséquences de sa décision sur la situation personnelle de Mme B.
17. En troisième lieu, aux termes de l'article L.611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; () ".
18. Il ressort des termes de l'arrêté litigieux que la demande de titre de séjour déposée par Mme B a été rejetée. Par suite, la situation de de cette dernière entrait bien dans le champ des dispositions, citées ci-dessus, du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Si le préfet n'avait pas l'obligation de prononcer une mesure d'éloignement, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en prononçant une telle obligation à l'encontre de Mme B alors que celle-ci n'aurait plus de parents proches aux Comores, il aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation de l'intéressée.
19. En quatrième lieu, les moyens tirés par Mme B de ce que le préfet aurait méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que celles de l'article 3, paragraphe 1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 12 et 14.
En ce qui concerne les autres moyens soulevés à l'encontre de la décision fixant le pays de destination :
20. En premier lieu, la décision attaquée énonce avec une précision suffisante les considérations de droit et de fait qui la fondent. Par suite, le moyen tiré de son insuffisante motivation doit être écarté.
21. En second lieu, les décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français n'étant pas annulées, Mme B n'est pas fondée à exciper de leur illégalité pour demander, par voie de conséquence, l'annulation de la décision portant fixation du pays de destination.
22. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté attaqué du 24 mars 2023.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
23. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
24. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'État, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, le versement d'une somme au conseil de Mme B au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B, au préfet de la Sarthe et à Me Guerin.
Délibéré après l'audience du 9 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Martin, président,
Mme Martel, première conseillère,
Mme Kubota, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 novembre 2024.
Le président-rapporteur,
L. MARTIN
L'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
C. MARTEL
La greffière,
V. MALINGRE
La République mande et ordonne au préfet de la Sarthe en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
cc
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026