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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2309945

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2309945

mercredi 2 août 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2309945
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSELARL CORNET VINCENT SEGUREL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 10 juillet 2023, M. C A, représenté par Me Delannoy, demande au juge des référés :

1°) de suspendre, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de l'arrêté du 14 mars 2023 par lequel le maire de la commune de La Baule-Escoublac n'a pas fait opposition à la déclaration préalable n° DP 044 055 22 T0901 déposée par les sociétés Lamo et HGL Immo en vue de la réalisation de travaux de rénovation de façade avec remplacement et peinture de menuiseries, création de châssis de toit et construction d'un carport sur la maison sise, dans cette commune, au 285 avenue Maréchal De Lattre de Tassigny, sur la parcelle cadastrée 55 BY 346, ensemble la décision implicite rejetant le recours gracieux formé contre cet arrêté du 14 mars 2023 ;

2°) de mettre à la charge de la commune de La Baule-Escoublac une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les dépens de l'instance.

Il soutient que :

- sa requête est recevable au regard des prescriptions de l'article L. 601-1-2 du code de l'urbanisme ;

Sur l'urgence :

- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que les travaux ont commencé et que ces travaux obstruent le passage de M. A, soit devant le portail, soit dans le passage lui-même.

Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :

- le maire de la commune de La Baule-Escoublac, qui n'est pas en situation de compétence liée par rapport à l'avis de l'architecte des bâtiments de France, aurait dû s'opposer à la déclaration préalable de travaux déposée par les sociétés Lamo et HGL Immo, tant au regard des règles imposées par le plan local d'urbanisme que du règlement du site patrimonial remarquable (SPR) ;

- l'insuffisance générale du dossier de déclaration préalable et les éléments erronés qu'il comporte ne permettent pas d'instruire le projet au regard de l'article R. 431-36 du code de l'urbanisme ;

- les travaux visés par la déclaration préalable méconnaissent l'article UA 7 du règlement PLU sur les marges de retrait du carport par rapport aux limites séparatives ;

- ils méconnaissent l'article II 1.2.2.7 du règlement du SPR interdisant les annexes standardisées ;

- ils méconnaissent l'article II 2.2.5.10 du règlement du SPR limitant les châssis de toit aux fins de ne pas dénaturer le patrimoine bâti classé comme patrimoine architectural intéressant ;

- ils méconnaissent l'article II 2.6.1 du règlement du SPR sur la préservation des espaces de pleine terre non repérés au plan.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 juillet 2023, la commune de La Baule-Escoublac, représentée par la SELARL d'avocats interbarreaux Cornet-Vincent-Ségurel (Me Marchand), conclut au rejet de la requête. Elle demande en outre la mise à la charge de M. A d'une somme de 3.000 euros sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que la condition de doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée n'est pas remplie en l'espèce.

Par un mémoire en intervention enregistré le 21 juillet 2023, la société à responsabilité limitée HGL Immo et la société à responsabilité limitée Lamo, représentées par Me Bourgeonneau, concluent au rejet de la requête. Elles demandent en outre la mise à la charge de M. A d'une somme de 3.000 euros sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Elles font valoir que :

- à titre principal, la requête est irrecevable, faute pour le requérant de justifier d'un titre de propriété, ou d'un acte de nature à établir le caractère de l'occupation ou de la détention de son bien dans les conditions prévues à l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme ;

- la requête est également irrecevable au regard des dispositions de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme, faute d'intérêt à agir du requérant, qui ne justifie pas que les travaux en litige sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'il détient ou occupe régulièrement ;

- la requête au fond introduite par M. A est irrecevable, faute pour l'intéressé de justifier que les travaux en litige sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'il détient ou occupe régulièrement ;

- ni la condition d'urgence, ni celle de doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée ne sont réunies en l'espèce.

Vu :

- la requête de M. A à fin d'annulation de l'arrêté de non-opposition à déclaration préalable de travaux du 14 mars 2023, enregistrée au greffe du tribunal le 10 juillet 2023 sous le n° 2309990 ;

- les pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative ;

- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. Vauterin, premier conseiller, pour statuer sur les demandes en référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir présenté son rapport et entendu au cours de l'audience publique du lundi 24 juillet 2023 à 11h00 :

- les observations de Me Delannoy, représentant les intérêts de M. A, qui développe les moyens et conclusions de la requête. Me Delannoy demande en outre que la somme de 3 000 euros qu'elle demande sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative soit mise à la charge de la commune de La Baule-Escoublac et des sociétés Lamo et HGL Immo ;

- les observations de Me Angibaud (SELARL d'avocats interbarreaux Cornet-Vincent-Ségurel), représentant la commune de La Baule-Escoublac, qui conteste l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées ;

- les observations de Me Hazhaz, substituant Me Bourgeonneau, représentant les intérêts des sociétés Lamo et HGL Immo, qui expose les fins de non-recevoir développées dans ses écritures, et qui conteste la réalité de la situation d'urgence et l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Une note en délibéré et des pièces ont été produites, postérieurement à l'audience, les 28 et 29 juillet 2023 par M. A.

Considérant ce qui suit :

1. Le 7 décembre 2022, les sociétés à responsabilité limitée (Sarl) Lamo et HGL Immo ont déposé auprès de la mairie de la commune de La Baule-Escoublac (Loire-Atlantique) une déclaration préalable de travaux, complétée les 16 janvier, 31 janvier et 9 mars 2023. Cette déclaration préalable a pour objet la réalisation de travaux de rénovation de façade avec remplacement et peinture de menuiseries, création de châssis de toit et construction d'un carport sur une maison sise, dans cette commune, au 285 avenue Maréchal De Lattre de Tassigny, sur la parcelle cadastrée 55 BY 346, en zone UAa du plan local d'urbanisme (PLU). Cette maison étant par ailleurs située en secteur 1, dit " B des villas ", du " site patrimonial remarquable " (SPR) de la commune, lequel s'est substitué de plein droit à l'aire de mise en valeur de l'architecture et du patrimoine (AVAP) par application de l'article 112 de la loi n° 2016-925 du 7 juillet 2016, l'architecte des bâtiments de France a été saisi dans les conditions prévues aux articles L. 632-1 et L. 632-2 du code du patrimoine. Eu égard à la circonstance que cette maison est classée, dans l'inventaire du SPR de la commune de La Baule-Escoublac, en immeuble de 2ème catégorie, qui désigne le " Patrimoine architectural intéressant ", et afin de mieux intégrer le projet à l'architecture de cette maison et à son environnement, l'architecte des bâtiments de France a, par un avis du 3 février 2023, donné son accord à la réalisation des travaux projetés par les sociétés Lamo et HGL Immo sous réserve toutefois que les châssis de toit soient installés dans la moitié inférieure des rampants. Il a par ailleurs recommandé de peindre la porte d'entrée dans une teinte moins acidulée, à l'exemple du rouge carmin RAL3004 ou de son équivalent. Par un arrêté du 14 mars 2023, le maire de la commune de La Baule-Escoublac a décidé de ne pas faire opposition à la déclaration préalable de travaux déposée par les sociétés Lamo et HGL Immo sous réserve du respect des prescriptions et recommandations fixées par l'architecte des bâtiments de France. Par la présente requête, M. A, en sa qualité de propriétaire des parcelles cadastrées 55 BY 347 et 55 BY 348 sises au 285-287 avenue du Maréchal De Lattre de Tassigny à La Baule-Escoublac, demande au juge des référés de suspendre l'exécution de cet arrêté de non-opposition à déclaration préalable de travaux du 14 mars 2023, ainsi que de la décision implicite de rejet née, le 21 juin 2023, du silence gardé par le maire de la commune de La Baule-Escoublac sur le recours gracieux formé, le 21 avril 2023, par M. A contre cet arrêté du 14 mars 2023.

Sur l'intervention des sociétés Lamo et HGL Immo :

2. L'ordonnance à rendre sur la requête de M. A est susceptible de préjudicier aux intérêts des sociétés Lamo et HGL Immo, qui sont propriétaires des locaux sur lesquels porte la déclaration préalable des travaux en litige. L'intervention de ces sociétés doit, dès lors, être admise.

Sur la recevabilité :

3. En premier lieu, aux termes de l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme : " Les requêtes dirigées contre une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code doivent, à peine d'irrecevabilité, être accompagnées du titre de propriété, de la promesse de vente, du bail, du contrat préliminaire mentionné à l' article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation , du contrat de bail, ou de tout autre acte de nature à établir le caractère régulier de l'occupation ou de la détention de son bien par le requérant () ".

4. Il appartient à l'auteur d'un recours contre une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol, autre que le pétitionnaire, de produire la ou les pièces requises par l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme, notamment, s'agissant d'un requérant autre que l'Etat, une collectivité territoriale, un groupement de collectivités territoriales ou une association, le titre ou l'acte correspondant au bien dont les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance seraient selon lui directement affectées par le projet litigieux. Dans le cas où, à la suite d'une fin de non-recevoir opposée sur ce point par le défendeur ou, à défaut, d'une invitation à régulariser qu'il appartient alors au tribunal administratif de lui adresser, la ou les pièces requises par ces dispositions n'ont pas été produites, la requête doit être rejetée comme irrecevable.

5. Il résulte de l'instruction que M. A justifie par les pièces qu'il verse aux débats, notamment des relevés de formalités enregistrées de 1973 à 2023 au service de la publicité foncière de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), de ce qu'il est propriétaire des parcelles cadastrées 55 BY 347 et 55 BY 348, qui sont contiguës de la parcelle cadastrée 55 BY 346 sur laquelle sont réalisés les travaux en litige. Il y a lieu, par suite, d'écarter la fin de non-recevoir opposée en défense par les sociétés Lamo et HGL Immo, tirée de l'absence de justification, par M. A, des conditions de recevabilité prévues à l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme.

6. En deuxième lieu, il résulte des dispositions de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme qu'il appartient à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'une décision de non-opposition à déclaration préalable de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Pour l'application de ces dispositions et eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.

7. Il résulte par ailleurs de l'exigence de l'existence d'une requête au fond posée par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, que la recevabilité de la requête en référé suspension est conditionnée par celle de la requête en annulation.

8. Il résulte de l'instruction que les sociétés Lamo et HGL Immo ont acquis, le 4 avril 2023, la parcelle cadastrée 55 BY 346 comportant une maison, que les travaux qu'elles envisagent ont notamment pour objet la réalisation, à l'endroit d'un actuel jardinet situé à l'arrière de la maison, en limite de fond de parcelle, d'un carport destiné à abriter une voiture, et que pour garer un véhicule sous ce carport, il leur faudra nécessairement emprunter un passage situé sur la parcelle voisine cadastrée 55 BY 347, dont les pièces produites à l'instance démontrent qu'elle est la propriété de M. A. Il n'est pas établi que la réalisation de ce carport pour abriter une voiture n'induira pas une circulation plus fréquente de véhicules dans le passage de M. A, par rapport aux anciens propriétaires de la parcelle cadastrée 55 BY 346. Par suite, compte tenu de la configuration des lieux et sans qu'y fasse obstacle la circonstance qu'il puisse exister actuellement un conflit entre M. A et les sociétés sociétés Lamo et HGL Immo quant aux conditions d'utilisation de ce passage, dont il n'appartient pas au juge administratif de connaître, le requérant est fondé à soutenir, en sa qualité de voisin immédiat de la parcelle cadastrée 55 BY 346, que les travaux en litige sont susceptibles d'occasionner pour lui un préjudice de vue afférent au remplacement de l'actuel jardinet, qui comporte notamment une haie arbustive et des plates-bandes de fleurs, par une place de parking abritée sous un carport, ainsi qu'un préjudice de jouissance lié à une circulation plus fréquente dans le passage. En outre, il n'est pas sérieusement contestable que la réalisation des châssis de toit, visibles pour l'un d'entre eux depuis la propriété de M. A, est susceptible également de lui causer un préjudice de vue. Par suite, M. A doit être regardé comme justifiant de son intérêt pour agir, au regard des dispositions de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme, pour demander l'annulation de l'arrêté de non-opposition à déclaration préalable des travaux du 14 mars 2023 et, par voie de conséquence, pour demander la suspension de son exécution. Dès lors, les fins de non-recevoir tirées, d'une part, de l'irrecevabilité de la requête en référé de M. A à raison de l'irrecevabilité de sa requête à fin d'annulation au regard des dispositions de de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme, d'autre part, de l'irrecevabilité de sa requête en référé au regard des mêmes dispositions de l'article L. 600-1-2 doivent être écartées comme manquant en fait.

Sur les conclusions à fin de suspension des décisions attaquées :

9. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

10. Par ailleurs, en application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, lorsqu'elle ordonne la suspension d'un acte intervenu en matière d'urbanisme, la juridiction administrative se prononce sur l'ensemble des moyens de la requête qu'elle estime susceptibles de fonder l'annulation ou la suspension, en l'état du dossier.

En ce qui concerne l'urgence :

11. L'article L. 600-3 du code de l'urbanisme dispose que : " Un recours dirigé contre une décision de non-opposition à déclaration préalable () ne peut être assorti d'une requête en référé suspension que jusqu'à l'expiration du délai fixé pour la cristallisation des moyens soulevés devant le juge saisi en premier ressort. / La condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative est présumée satisfaite ". L'article R. 600-5 du même code prévoit, par dérogation au code de justice administrative, les conditions de cristallisation de ces moyens.

12. Eu égard au caractère difficilement réversible d'une construction autorisée par une décision de non-opposition à déclaration préalable, la condition d'urgence doit en principe être constatée lorsque les travaux vont commencer ou ont déjà commencé sans être pour autant achevés. Il appartient toutefois au juge des référés de procéder à une appréciation globale des circonstances de l'espèce qui lui est soumise, notamment dans le cas où le bénéficiaire de l'arrêté justifie du caractère limité des travaux en cause ou de l'intérêt s'attachant à la réalisation rapide du projet envisagé.

13. En l'espèce, la requête de M. A ayant été déposée avant l'expiration du délai fixé, pour la cristallisation des moyens, par l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme, la condition d'urgence est présumée satisfaite. Il ressort par ailleurs des pièces produites à l'instance et des échanges au cours de l'audience, que les travaux en litige ont commencé et ne sont pas encore achevés, qu'ils ont notamment pour objet la rénovation d'une façade et la création de châssis de toit, et qu'ils ont dès lors un caractère difficilement réversible. Par suite, la condition d'urgence doit être regardée comme remplie.

En ce qui concerne le doute sérieux sur la légalité de l'arrêté du 14 mars 2023 :

14. Aux termes du troisième alinéa de l'article R. 111-1 du code de l'urbanisme, " Les termes utilisés par le règlement national d'urbanisme peuvent être définis par un lexique national d'urbanisme, pris par arrêté du ministre chargé de l'urbanisme ". Ce lexique national d'urbanisme définit une construction comme " un ouvrage fixe et pérenne, comportant ou non des fondations et générant un espace utilisable par l'Homme en sous-sol ou en surface ", et une annexe comme " une construction secondaire, de dimensions réduites et inférieures à la construction principale, qui apporte un complément aux fonctionnalités de la construction principale. Elle doit être implantée selon un éloignement restreint entre les deux constructions afin de marquer un lien d'usage ". Le paragraphe 8 du titre 1er du plan local d'urbanisme de la commune de La Baule-Escoublac définit par ailleurs l'annexe comme un " Bâtiment non accolé à la construction principale et distant de la construction d'au moins la moitié de la hauteur de l'annexe, accessoire à celle-ci et dont la superficie ne peut excéder 30 m2 de surface d'emprise au sol, dans la limite de 20 m2 de surface de plancher. Tout bâtiment d'une superficie supérieure ou ne respectant pas la distance d'implantation ne sera pas considéré comme une annexe et devra respecter les dispositions applicables aux constructions () ".

15. Il ne résulte pas de l'instruction que le carport objet de la déclaration préalable de travaux en litige puisse être regardé, au sens du plan local d'urbanisme de la commune de La Baule-Escoublac, comme une " construction ", dès lors qu'il présente, par sa localisation sur la parcelle, par ses spécificités techniques et par ses dimensions, telles qu'elles résultent des pièces produites à l'instance, le caractère d'une " annexe ". Les annexes n'entrant pas dans les prévisions de l'article UA 7 du règlement du PLU de la commune de La Baule-Escoublac relatives à " l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives ", qui ne sont applicables qu'aux constructions, le moyen tiré de ce que l'arrêté contesté du 14 mars 2023 permet la réalisation d'un carport en méconnaissance desdites dispositions de l'article UA 7 du règlement du PLU n'est pas propre, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux quant à la légalité de cet arrêté du 14 mars 2023.

16. Pour contester l'arrêté du 14 mars 2023 en litige, le requérant fait valoir par ailleurs que le maire de la commune de La Baule-Escoublac s'est estimé à tort en situation de compétence liée au regard de l'avis donné par l'architecte des bâtiments de France pour décider de ne pas s'opposer à la déclaration préalable de travaux, que l'insuffisance générale du dossier de déclaration préalable et les éléments erronés qu'il comporte quant à la contenance de la parcelle indiquée dans le plan de masse figurant dans ce dossier n'ont pas permis au maire de la commune de procéder à l'instruction régulière du projet de travaux au regard des dispositions de l'article R. 431-36 du code de l'urbanisme, et que les travaux méconnaissent les dispositions de l'article II. 1.2.2.7 du règlement du SPR de la commune de La Baule-Escoublac, qui interdit les " annexes standardisées ", celles de son article II. 2.2.5.10, qui fixe des conditions restrictives à l'installation de châssis de toit afin de ne pas dénaturer le patrimoine bâti classé en immeubles de 2ème catégorie, et celles de son article II. 2.6.1 qui impose de laisser " les surfaces libres de toute construction () en pleine terre non minéralisée et plantées avec un traitement paysager sur au moins la moitié de leur emprise ". Aucun de ces moyens n'est davantage propre, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux quant à la légalité de cet arrêté du 14 mars 2023.

17. Dès lors que l'une des conditions auxquelles l'article L. 521-1 du code de justice administrative subordonne la suspension de l'exécution d'une décision administrative n'est pas remplie, M. A n'est pas fondé à demander la suspension de l'exécution de l'arrêté du 14 mars 2023 par lequel le maire de la commune de La Baule-Escoublac n'a pas fait opposition à la déclaration préalable de travaux déposée par les sociétés Lamo et HGL Immo ni, par voie de conséquence, la suspension de l'exécution de la décision rejetant implicitement le recours gracieux formé contre cet arrêté du 14 mars 2023. Il y a lieu, en conséquence, de rejeter la requête de M. A en toutes ses conclusions, y compris celles afférentes aux frais de l'instance.

18. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu, par ailleurs, de faire droit aux conclusions présentées, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, par la commune de La Baule-Escoublac, ni à celles présentées sur le même fondement par les sociétés Lamo et HGL Immo.

O R D O N N E :

Article 1er : L'intervention des sociétés à responsabilité limitée Lamo et HGL Immo est admise.

Article 2 : La requête de M. A est rejetée.

Article 3 : Les conclusions présentées par la commune de La Baule-Escoublac sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Les conclusions présentées par les sociétés Lamo et HGL Immo sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A, à la commune de La Baule-Escoublac, et aux sociétés Lamo et HGL Immo.

Fait à Nantes, le 2 août 2023.

Le juge des référés,

A. Vauterin

La greffière,

M-C. Minard

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun

contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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