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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2310279

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2310279

mardi 30 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2310279
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantMOUTEL

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête enregistrée sous le n° 2310279 le 13 juillet 2023, Mme B A Épouse D, représentée par Me Moutel, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 28 décembre 2022 par lequel le préfet de la Sarthe a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office lorsque le délai sera expiré ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Sarthe, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa demande de titre de séjour, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir et, dans l'attente, de la munir d'une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au profit de son conseil qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :

- il n'est pas établi qu'elle a été signée par une autorité compétente ;

- elle méconnaît l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article 3 paragraphe 1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour la prive de base légale ;

- elle méconnaît l'article 3 paragraphe 1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

S'agissant de la décision fixant le pays de destination :

- l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français la prive de base légale.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 octobre 2023, le préfet de la Sarthe conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondé.

Mme A Épouse D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 19 juillet 2023.

II. Par une requête, enregistrée sous le n° 2310280 le 13 juillet 2023, M. C D, représenté par Me Moutel, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 28 décembre 2022 par lequel le préfet de la Sarthe a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque le délai sera expiré ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Sarthe, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa demande de titre de séjour, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir et, dans l'attente, de le munir d'une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au profit de son conseil qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :

- il n'est pas établi qu'elle a été signée par une autorité compétente ;

- elle méconnaît l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article 3 paragraphe 1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour la prive de base légale ;

- elle méconnaît l'article 3 paragraphe 1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

S'agissant de la décision fixant le pays de destination :

- l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français la prive de base légale.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 octobre 2023, le préfet de la Sarthe conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.

M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 19 juillet 2023.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention relative aux droits de l'enfant, signée à New York, le 26 janvier 1990 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Durup de Baleine, président,

- les observations de Me Moutel, avocate de Mme A épouse D et M. D.

Considérant ce qui suit :

1. M. C D, ressortissant guinéen né en 1990, s'est vu reconnaître la qualité de réfugié par les autorités grecques qui, le 11 mars 2020, lui ont délivré en cette qualité un titre de séjour, valable jusqu'au 10 mars 2023. Mme B A, son épouse, ressortissante guinéenne née en 1993, s'est vue délivrer le 24 septembre 2020 par les autorités grecques un titre de séjour valable jusqu'au 10 mars 2023, en qualité de membre de famille d'un réfugié. Il en est allé de même de leur fille, née en 2019 en Grèce. Les autorités grecques leur ont, le 20 novembre 2020, délivré à tous trois des passeports. Munis de ces passeports, M. et Mme D, accompagnés de leur fille, se sont rendus en France, au mois de janvier 2021 selon leurs déclarations. Le 10 mars 2021, ils ont demandé l'asile auprès des autorités françaises. Le directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et la Cour nationale du droit d'asile ont rejeté leurs demandes par des décisions du 15 décembre 2021 et du 15 avril 2022. Entretemps et le 9 juin 2021, M. et Mme D ont sollicité du préfet de la Sarthe la délivrance de cartes de séjour temporaires en se prévalant de leurs états de santé. Par les arrêtés du 28 décembre 2022 dont ils demandent l'annulation par des requêtes qu'il y a lieu de joindre, le préfet de la Sarthe a rejeté ces demandes et assorti ces rejets de décisions portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, lesquelles décisions fixent le pays de destination en cas de reconduite d'office à l'issue de ce délai, lequel pays est celui, quant à M. D, celui qui lui a accordé une protection internationale, c'est-à-dire la Grèce et, quant à son épouse, celui dans lequel elle bénéficie d'un titre de séjour " membre de famille de réfugié ", ou, à défaut, tout pays dans lequel ils seraient légalement admissibles.

Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :

2. Par un arrêté du 15 décembre 2022, le préfet de la Sarthe a donné délégation aux signataires des arrêtés attaqués à l'effet de signer des arrêtés de cette nature, en toutes les décisions qu'ils comportent. Le moyen tiré de l'incompétence de ce signataire doit, dès lors, être écarté.

3. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. () / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. / Sous réserve de l'accord de l'étranger et dans le respect des règles de déontologie médicale, les médecins de l'office peuvent demander aux professionnels de santé qui en disposent les informations médicales nécessaires à l'accomplissement de cette mission. Les médecins de l'office accomplissent cette mission dans le respect des orientations générales fixées par le ministre chargé de la santé. / Si le collège de médecins estime dans son avis que les conditions précitées sont réunies, l'autorité administrative ne peut refuser la délivrance du titre de séjour que par une décision spécialement motivée (). ".

4. Il résulte des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qu'il appartient à l'autorité administrative, lorsqu'elle envisage de refuser la délivrance du titre de séjour qu'elles prévoient, de vérifier, au vu de l'avis émis par le collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, que cette décision ne peut avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur l'état de santé de l'étranger, et en particulier d'apprécier, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, la nature et la gravité des risques qu'entraînerait un défaut de prise en charge médicale dans le pays dont l'étranger est originaire. Lorsque le défaut de prise en charge risque d'avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur la santé de l'étranger, l'autorité administrative ne peut légalement refuser le titre de séjour sollicité que s'il existe des possibilités de traitement approprié de l'affection en cause dans son pays d'origine. Si de telles possibilités existent mais que l'étranger fait valoir qu'il ne peut en bénéficier, soit parce qu'elles ne sont pas accessibles à la généralité de la population, eu égard notamment aux coûts du traitement ou à l'absence de modes de prise en charge adaptées, soit parce qu'en dépit de leur accessibilité, des circonstances exceptionnelles tirées des particularités de sa situation personnelle l'empêcheraient d'y accéder effectivement, il appartient à cette même autorité, au vu de l'ensemble des informations dont elle dispose, d'apprécier si cet étranger peut ou non bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine.

5. Il ressort des pièces des dossiers que, pour ne pas délivrer aux requérants des titres de séjour en raison de leurs états de santé, le préfet de la Sarthe, faisant siens les avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 27 septembre 2021, a estimé que, si ces états nécessitent une prise en charge médicale à défaut de laquelle ils pourraient en résulter des conséquences d'une exceptionnelle gravité, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont ils sont originaires, ils peuvent effectivement y bénéficier d'un traitement approprié.

6. Eu égard à la qualité de réfugié du requérant et aux titres de séjour qui lui ont été délivrés ainsi qu'à son épouse en Grèce, le pays dont ils sont originaires est en l'espèce, pour l'application de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la Grèce. Si les requérants, faisant état de mauvaises conditions de vie en Grèce pendant l'examen de leurs demandes d'asile, font valoir qu'ils ne peuvent bénéficier d'un traitement approprié en Grèce, ils n'assortissent toutefois cette simple allégation d'aucun élément de justification. Dès lors, compte tenu de ces avis du 27 septembre 2021, qui ont été rendus au vu de certificats médicaux confidentiels et de rapports médicaux émanant d'une quatrième médecin, il ne ressort pas des dossiers que le préfet de la Sarthe se serait livré à une inexacte application de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en refusant aux requérants la délivrance de la carte de séjour temporaire qu'il prévoit.

7. Lorsqu'il est saisi d'une demande de délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'une des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet n'est pas tenu, en l'absence de dispositions expresses en ce sens, d'examiner d'office si l'intéressé peut prétendre à une autorisation de séjour sur le fondement d'une autre disposition de ce code, même s'il lui est toujours loisible de le faire à titre gracieux, notamment en vue de régulariser la situation de l'intéressé. Si les requérants n'ont pas saisi le préfet de la Sarthe de demandes d'admission exceptionnelle au séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il ressort des termes mêmes des arrêtés attaqués que ce préfet a estimé que les requérants ne justifient pas de circonstances exceptionnelles ou humanitaires qui justifieraient leur admission au séjour. Ce faisant, le préfet s'est nécessairement prononcé sur l'éventualité de les admettre exceptionnellement au séjour.

8. Le séjour des requérants en France, remontant au début de l'année 2021, est très récent. Ils ne justifient pas en France d'attaches personnelles particulières anciennes, intenses et stables, même si le requérant fait valoir que sa sœur Béatrice, ressortissante guinéenne née en 1997, s'est vue reconnaître la qualité de réfugiée en France et, à ce titre, est titulaire d'une carte de résidente délivrée en 2018. Les requérants sont titulaires de titres de séjour et de passeports qui leur ont été délivrés en Grèce. Si, sans en justifier autrement que par leurs seules allégations, ils se prévalent des difficiles conditions de leur existence en Grèce, en matière de logement et de travail, M. D a la possibilité d'émigrer de Grèce en France pour travailler dans ce pays, à des conditions que rappellent l'arrêté attaqué, mais qui ne consistent pas en une reconnaissance en France d'une protection internationale déjà reconnue en Grèce ou en des demandes de titres de séjour en raison de l'état de santé sans rapport avec la nécessité pour M. D d'améliorer sa situation matérielle et économique et celle de sa famille. Compte tenu du large pouvoir d'appréciation qu'il tient de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet de la Sarthe n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en estimant que l'admission exceptionnelle des requérants au séjour ne répond pas à des considérations humanitaires et ne se justifie pas non plus par des motifs exceptionnels.

9. Aux termes de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, de autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale () ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant. Elles sont applicables non seulement aux décisions qui ont pour objet de régler la situation personnelle d'enfants mineurs mais aussi à celles qui ont pour effet d'affecter, de manière suffisamment directe et certaine, leur situation.

10. Les requérants soutiennent que les refus de leur délivrer des titres de séjour sont contraires à l'intérêt supérieur de leur fille née en Grèce en 2019. Toutefois, les décisions leur refusant l'admission au séjour sont distinctes de celles portant obligation de quitter le territoire français comme de celles fixant le pays de renvoi en cas d'éloignement d'office. Les refus de leur délivrer des titres de séjour ne privent pas leur fille de la présence auprès d'elle de ses deux parents, qui en ont la responsabilité habituelle de la garde, de l'entretien et de l'éducation. Ils sont sans incidence sur la scolarisation de cette enfant en France dans une école maternelle au Mans depuis l'année scolaire 2022/2023. Les requérants ne justifient pas en quoi ces refus exposeraient cette enfant à un risque particulier pour sa santé, sa sécurité, son éducation ou sa moralité. Dès lors, ces refus ne méconnaissent pas l'intérêt supérieur de leur fille née en Grèce en 2019.

11. A l'appui de leurs conclusions en annulation des refus de leur délivrer des titres de séjour, les requérants font état de leurs conditions d'existence en Grèce, en matière de logement, de formation, de travail et de langue ainsi qu'en raison de discriminations dont, selon eux, ils feraient l'objet en Grèce en raison de leur origine. Toutefois, ces décisions sont distinctes de celles fixant le pays de renvoi en cas de reconduite d'office à l'issue du délai de départ volontaire.

12. Compte tenu de ce qui a été dit quant à la légalité des refus d'admission au séjour, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les décisions portant obligation de quitter le territoire français sont illégales en raison de l'illégalité de ces refus.

13. Leur fille née en Grèce en 2019 peut accompagner les requérants ailleurs qu'en France et, en particulier, peut les accompagner en Grèce. En dépit des allégations très générales des requérants sur leur situation économique et matérielle en Grèce, il ne ressort pas des dossiers que leur fille ne pourrait y être scolarisée, alors d'ailleurs qu'elle est née le 15 novembre 2019 et, âgée de trois ans à la date des arrêtés attaqués, qu'il n'en ressort pas non plus qu'une enfant de trois ans serait soumise à une obligation de scolarisation en Grèce. Dès lors, les décisions portant obligation de quitter le territoire français ne méconnaissent pas l'intérêt supérieur de cette enfant.

14. Compte tenu de ce qui a été dit quant à la légalité des refus d'admission au séjour et des décisions portant obligation de quitter le territoire français, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les décisions fixant le pays de renvoi sont illégales en raison de l'illégalité de ces refus ou de ces obligations.

15. Si les requérants allèguent ne pouvoir retourner en Grèce, en raison des difficultés alléguées de leurs conditions d'existence dans ce pays, il ne ressort toutefois pas des dossiers, ni même n'est soutenu, que leurs vies ou leur liberté seraient menacées en Grèce ou qu'il y aurait un risque avéré qu'ils soient soumis en Grèce à la torture ou à des peines ou traitements inhumains ou dégradants, alors que les autorités grecques ont reconnu la qualité de réfugié à M. D et ont délivré, à lui-même ainsi qu'à la requérante et à leur enfant mineure, des titres de séjour ainsi que des documents de voyage. Si les requérants font état d'une situation matérielle et économique très difficile en Grèce, une telle circonstance, pour exacte qu'elle pourrait être, n'est pas, au regard des dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de nature à entacher d'illégalité les décisions fixant le pays de renvoi.

16. Il résulte de tout ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation des arrêtés attaqués. Les conclusions aux fins d'injonction ne peuvent, dès lors, être accueillies.

Sur les frais liés aux litiges :

17. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans les présentes instances la partie perdante, le versement de sommes à ces titres.

D É C I D E :

Article 1er : Les requêtes de Mme A épouse D et de M. D sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A épouse D, à M. C D, au préfet de la Sarthe et à Me Cécile Moutel.

Délibéré après l'audience du 16 janvier 2024, à laquelle siégeaient :

M. Durup de Baleine, président,

Mme Thomas, première conseillère,

M. Brémond, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 janvier 2024.

Le président-rapporteur,

A. DURUP DE BALEINE

L'assesseure la plus ancienne

dans l'ordre du tableau,

S. THOMASLa greffière,

L. LÉCUYER

La République mande et ordonne au préfet de la Sarthe en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°s 2310279, 2310280

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