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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2310507

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2310507

mercredi 10 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2310507
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationOQTF 6 semaines - 2ème chambre
Avocat requérantROULLEAU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 19 juillet 2023, M. A, représenté par Me Roulleau, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 29 juin 2023 par lequel le préfet de Maine-et-Loire lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque le délai sera expiré ;

2°) d'enjoindre au préfet de Maine-et-Loire de réexaminer sa situation ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat les dépens, ainsi que la somme de 1 500 euros à verser à son avocat en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que la décision fixant le pays de destination méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 29 mars 2024, le préfet de Maine-et-Loire conclut au non-lieu à statuer sur la requête.

Il fait valoir que par décision du 18 mars 2024, l'OFPRA a reconnu à M. A la qualité de réfugié.

Un mémoire présenté pour M. A a été enregistré le 1er avril 2024 et n'a pas été communiqué.

M. A a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 19 mars 2024.

Vu les pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Rimeu pour statuer sur les litiges visés à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Rimeu a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision du 18 mars 2024, postérieure à l'introduction de la requête,

M. A s'est vu reconnaître la qualité de réfugié par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. Le préfet de Maine et Loire a informé le tribunal que cette décision impliquait l'abrogation de son arrêté du 29 juin 2023 faisant obligation à M. A de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination. Il suit de là que les conclusions à fin d'annulation et d'injonction présentées par M. A sont devenues sans objet. Il n'y a donc plus lieu d'y statuer.

2. La présente instance ne comporte aucun dépens. Les conclusions présentées à ce titre ne peuvent donc qu'être rejetées.

3. M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Roulleau, avocat du requérant, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 800 euros.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction présentées par M. A.

Article 2 : L'Etat versera à Me Roulleau, avocat de M. A, la somme de 800 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du

10 juillet 1991.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au préfet de

Maine-et-Loire et à Me Roulleau.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 10 avril 2024.

La magistrate désignée,

S. RIMEU

La greffière,

P. LABOUREL

La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire

en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis

en ce qui concerne les voies de droit commun

contre les parties privées, de pourvoir

à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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