mardi 25 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2310531 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | BARDOUL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 juillet 2023, M. A, représenté par Me Buffet, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté 2022-246 du 23 juin 2022 par lequel le recteur de l'académie de Nantes a maintenu sa suspension de ses fonctions avec le bénéfice d'un demi-traitement pendant la durée de cette suspension et celle de la décision reçue le 21 juin 2023 portant rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au recteur de l'académie de Nantes de le réintégrer dans ses fonctions, à défaut de lui restituer le bénéfice de son plein traitement ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que la décision attaquée, qui a eu pour effet de réduire son traitement de moitié, ne lui permet plus de faire face aux charges familiales qu'il doit supporter ; ses charges fixes mensuelles d'un montant de 1 613,7 euros sont supérieures à ses revenus ; il a reçu par mail du 13 juillet 2023 son emploi du temps provisoire pour l'année 2023/2024 qui est contradiction avec l'arrêté contesté ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* la décision de rejet de son recours gracieux est entaché d'incompétence à défaut pour le recteur d'académie de justifier que son signataire disposait d'une délégation régulière ;
* les décisions attaquées sont insuffisamment motivées ;
* l'arrêté du 23 juin 2022 méconnaît les dispositions de l'article R. 914-104 du code de l'éducation dès lors que l'arrêté initial du 3 décembre 2021 par lequel le recteur de l'académie de Nantes l'a suspendu de ses fonctions à compter de cette date prévoyait qu'il conservait le bénéfice de son traitement ; dès lors que l'article R. 914-104 du code de l'éducation dispose qu'en cas de poursuites pénales la situation du maitre contractuel ou agréé n'est réglée qu'après que la décision rendue par la juridiction saisie est devenue définitive, le recteur de l'académie de Nantes ne pouvait modifier, pendant la durée de la procédure pénale, le montant de traitement initialement attribué ; en outre sa situation pénale s'est améliorée dès lors que le tribunal judiciaire a levé le 4 mai 2022 l'interdiction de toute fonction d'enseignement ;
- l'arrêté du 23 juin 2022 est illégal en ce qu'il ne prévoit pas de terme à la mesure de suspension et à la réduction de son traitement.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 19 juillet 2023 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Allio-Rousseau, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, maître contractuel de l'enseignement privé sous contrat affecté au lycée professionnel Joseph Wresinski à Angers, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de l'arrêté 2022-246 du 23 juin 2022 par lequel le recteur de l'académie de Nantes a maintenu sa suspension de ses fonctions avec le bénéfice d'un demi-traitement pendant la durée de cette suspension et celle de la décision reçue le 21 juin 2023 portant rejet de son recours gracieux.
2. D'une part, aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". En vertu de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
4. D'autre part, aux termes de l'article R. 914-104 du code de l'éducation sur le fondement duquel ont été prises les décisions attaquées : " En cas de faute grave commise par un maître contractuel ou agréé, soit pour un manquement à ses obligations professionnelles, soit pour une infraction de droit commun, son auteur peut être immédiatement suspendu, sur proposition du chef d'établissement, par l'autorité académique. Cette décision de suspension précise si l'intéressé conserve, pendant le temps où il est suspendu, le bénéfice de sa rémunération ou détermine la quotité de la retenue qu'il subit, qui ne peut être supérieure à la moitié de la rémunération. En tout état de cause, il continue à percevoir la totalité des suppléments pour charges de famille. L'autorité académique statue sur la situation du maître contractuel ou agréé suspendu dans un délai de quatre mois à compter du jour où la décision de suspension a pris effet. Lorsque aucune décision n'est intervenue à l'expiration de ce délai, l'intéressé reçoit à nouveau l'intégralité de sa rémunération, sauf s'il est l'objet de poursuites pénales. Lorsque la résiliation du contrat ou le retrait de l'agrément n'ont pas été prononcés ou si, à l'expiration du délai prévu à l'alinéa précédent, l'autorité académique n'a pu statuer sur son cas, l'intéressé a droit au remboursement des retenues opérées sur sa rémunération. Toutefois, lorsque le maître contractuel ou agréé est l'objet de poursuites pénales, sa situation n'est réglée qu'après que la décision rendue par la juridiction saisie est devenue définitive. ". La suspension d'un agent est une mesure conservatoire, sans caractère disciplinaire, qui a pour objet d'écarter l'intéressé du service pendant la durée nécessaire à l'administration pour tirer les conséquences de ce dont il est fait grief à l'agent.
5. Pour justifier l'urgence d'une suspension de l'exécution de la décision du 23 juin 2022 le suspendant temporairement de sa fonction de maitre et de réduisant de moitié sa rémunération, M. A invoque sa situation financière. Toutefois, si sa rémunération mensuelle a effectivement été diminuée de moitié à compter du mois d'août 2022, et s'élève à environ 1 200 euros, montant inférieur à celui des charges fixes de son foyer dont il a justifié à hauteur de 1 613,7 euros, M. A n'a communiqué aucune pièce relative aux revenus de son foyer alors qu'il résulte de l'instruction qu'il est marié. Par ailleurs, M. A a déposé sa requête tendant à la suspension de l'arrêté du 23 juin 2022 plus d'un an après son édiction alors que ses charges fixes étaient d'un montant équivalent. Les éléments ainsi invoqués ne sont pas de nature à justifier de l'urgence qui s'attacherait à la suspension des effets de l'arrêté du 23 juin 2022.
6. Il y a lieu, par suite, de rejeter la requête de M. A en toutes ses conclusions, selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Fait à Nantes, le 25 juillet 2023.
La juge des référés,
M-P. ALLIO-ROUSSEAU
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026