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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2310593

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2310593

mardi 4 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2310593
TypeDécision
RecoursExécution d'un jugement
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantATLANTIC JURIS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

M. A B a saisi le tribunal d'une demande tendant à obtenir l'exécution du jugement n° 1902405 rendu le 15 novembre 2022, qui, d'une part, a annulé la décision implicite par laquelle la commune de Noyant-Villages (Maine-et-Loire) avait refusé de faire droit à sa demande de communication de documents en tant qu'elle refusait de faire droit à la demande portant sur les registres de délibérations du conseil municipal d'Auverse de 1850 à 1950 et sur les extraits de délibérations du conseil municipal d'Auverse de 1850 à 1960 et, d'autre part, enjoint à la commune de Noyant-Villages de communiquer à M. B les registres de délibérations du conseil municipal d'Auverse de 1850 à 1950 et les extraits de délibérations du conseil municipal d'Auverse de 1850 à 1960 dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement.

Par une ordonnance du 21 juillet 2023, le président du tribunal a, sur le fondement de l'article R. 921-6 du code de justice administrative, décidé l'ouverture d'une procédure juridictionnelle en vue de prescrire les mesures relatives à l'exécution du jugement n° 1902405 rendu le 15 novembre 2022.

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 1er août 2023, le 1er décembre 2023 et le 2 janvier 2024, M. B demande au tribunal :

1°) de condamner la commune de Noyant-Villages à lui verser la somme de 2 000 euros ;

2°) d'enjoindre, sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard, à la commune de Noyant-Villages de lui communiquer l'intégralité des extraits du registre des délibérations du conseil municipal d'Auverse de 1850 à 1960 à compter de la notification du jugement.

Il soutient que :

- alors que le tribunal lui a enjoint de communiquer les registres de délibérations du conseil municipal d'Auverse de 1850 à 1950 et les extraits de délibérations du conseil municipal d'Auverse de 1850 à 1960, la commune de Noyant-Villages n'a mis à sa disposition que les registres de délibérations de 1850 à 1960 mais non les extraits du registre des délibérations du conseil municipal d'Auverse de 1850 à 1960 ; le jugement n° 1902405 n'a donc été que partiellement exécuté ;

- sa demande ne porte que sur la consultation des registres et extraits de délibération et aucunement sur l'obtention de copies ;

- la demande de communication des extraits des délibérations conserve son objet dès lors que la rédaction d'une délibération ou d'un extrait peut comporter des différences de termes et donc de sens.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 23 octobre 2023 et le 15 décembre 2023, la commune de Noyant-Villages, représentée par Me Tertrais, conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- le jugement n° 1902405 a été exécuté dès lors que par courriel du 13 décembre 2022, elle a invité M. B à consulter les registres concernés ;

- M. B ne saurait demander la communication de copies de l'ensemble des documents eu égard au nombre de documents concernés ;

- sa demande de consultation des extraits des délibérations est sans objet dès lors qu'un extrait de délibération n'est qu'une copie de l'acte inscrit dans le registre.

Par un courrier en date du 21 janvier 2025, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant à la condamnation de la commune de Noyant Village à verser à M. B une somme de 2 000 euros, en tant que de telles conclusions indemnitaires relèvent d'un litige distinct de celui de l'exécution du jugement n° 1902405 du 15 novembre 2022 ou, à supposer qu'elles soient regardées comme des conclusions tendant au prononcé d'une amende, sur le moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité de telles conclusions dès lors qu'il n'appartient pas au juge administratif de prononcer une telle mesure.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Douet,

- les conclusions de M. Marowski, rapporteur public,

- et les observations de Me Poirier-Coutansais, substituant Me Tertrais, représentant la commune de Noyant-Villages.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions tendant à la condamnation de la commune de Noyant-Villages à 2 000 euros :

1. M. B demande la condamnation de la commune de Noyant-Villages à lui verser une somme de 2 000 euros. Toutefois, de telles conclusions, qui ont un objet autre que celui du jugement susvisé dont il demande l'exécution, se rattachent à un litige distinct dont il n'appartient pas au juge de l'exécution de connaître. A supposer que M. B ait entendu demander la condamnation de la commune de Noyant-Villages afin de sanctionner l'inexécution du jugement n° 1902405, il n'appartient pas à la juridiction administrative de prononcer à l'encontre des collectivités territoriales une condamnation à une amende. Les conclusions susvisées sont, par voie de conséquence, irrecevables.

Sur les conclusions à fin d'exécution sous astreinte :

2. Aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander à la juridiction, une fois la décision rendue, d'en assurer l'exécution. / Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte. ". Aux termes de l'article R. 921-5 du même code : " Le président () du tribunal administratif saisi d'une demande d'exécution sur le fondement de l'article L. 911-4, ou le rapporteur désigné à cette fin, accomplissent toutes diligences qu'ils jugent utiles pour assurer l'exécution de la décision juridictionnelle qui fait l'objet de la demande. / Lorsque le président estime qu'il a été procédé à l'exécution ou que la demande n'est pas fondée, il en informe le demandeur et procède au classement administratif de la demande. ". Enfin, aux termes de l'article R. 921-6 dudit code : " Dans le cas où le président estime nécessaire de prescrire des mesures d'exécution par voie juridictionnelle, et notamment de prononcer une astreinte, ou lorsque le demandeur le sollicite dans le mois qui suit la notification du classement décidé en vertu du dernier alinéa de l'article précédent, le président de la cour ou du tribunal ouvre par ordonnance une procédure juridictionnelle. Cette ordonnance n'est pas susceptible de recours. L'affaire est instruite et jugée d'urgence. Lorsqu'elle prononce une astreinte, la formation de jugement en fixe la date d'effet ".

3. Par jugement n° 1902405 rendu le 15 novembre 2022, le tribunal de céans a, d'une part, annulé la décision implicite par laquelle la commune de Noyant-Villages avait refusé de faire droit à la demande de communication de M. B en tant qu'elle refusait de faire droit à la demande portant sur les registres de délibérations du conseil municipal d'Auverse de 1850 à 1950 et sur les extraits de délibérations du conseil municipal d'Auverse de 1850 à 1960 et, d'autre part, enjoint à la commune de Noyant-Villages de communiquer à M. B les registres de délibérations du conseil municipal d'Auverse de 1850 à 1950 et les extraits de délibérations du conseil municipal d'Auverse de 1850 à 1960 dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement.

4. Il résulte de l'instruction qu'à la date du présent jugement la commune de Noyant-Villages s'est bornée à communiquer à M. B, par mise à disposition, les registres de délibérations du conseil municipal d'Auverse de 1850 à 1950. Elle ne soutient ni même allègue ne pas détenir les extraits de délibérations du conseil municipal d'Auverse de 1850 à 1960 et ne peut, dans ces conditions, utilement soutenir que la communication des registres équivaudrait à celles des extraits des délibérations qui n'en seraient que la copie alors que, d'une part, les extraits des délibérations sont des documents communicables et que, d'autre part, M. B fait valoir que la rédaction de ces extraits peut comporter des divergences avec celles des délibérations inscrites dans les registres. Par suite, il est enjoint à la commune de mettre à disposition les extraits des délibérations sollicités, en donnant, si besoin, accès à M. B aux archives qu'elle détient.

5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer à l'encontre de la commune de Noyant-Villages, à défaut pour elle de justifier de cette exécution dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, une astreinte de 5 (cinq) euros par jour de retard jusqu'à la date à laquelle le présent jugement précité aura reçu entière exécution.

D E C I D E :

Article 1er : Une astreinte est prononcée à l'encontre de la commune de Noyant-Villages si elle ne justifie pas avoir, dans le mois suivant la notification du présent jugement, exécuté le jugement n° 1902405 du 15 novembre 2022, en tant qu'il lui enjoint de communiquer les extraits de délibérations du conseil municipal d'Auverse de 1850 à 1960. Le taux de cette astreinte est fixé à 5 euros par jour, à compter de l'expiration du délai d'un mois suivant la notification du présent jugement.

Article 2 : La commune de Noyant-Villages communiquera au tribunal copie des actes justifiant des mesures prises pour exécuter le jugement mentionné à l'article 1er.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.

Article 4: Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Noyant-Villages.

Copie en sera adressée, pour information, à la Commission d'accès aux documents administratifs.

Délibéré après l'audience du 28 janvier 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Douet, présidente,

Mme Thomas, première conseillère,

M. Brémond, premier conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 mars 2025.

La présidente-rapporteure,

H. DOUET

L'assesseure la plus ancienne

dans l'ordre du tableau,

S. THOMAS

La greffière,

L. LÉCUYER

La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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