vendredi 10 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2311409 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELARL CORNET VINCENT SEGUREL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 2 août 2023 et le 10 octobre 2023, M. C B et Mme A B, représentés par Me de Baynast, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 17 octobre 2022 par lequel le maire de L'Ile-d'Yeu a délivré un permis de construire à la société coopérative d'intérêt collectif ODCVL ;
2°) de mettre à la charge de la commune de L'Ile-d'Yeu le versement de la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 août 2023, la commune de L'Ile-d'Yeu, représentée par Me Marchand, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de M. et Mme B le versement de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire, enregistré le 9 octobre 2023, la SCIC ODCVL Comptoir de projets éducatifs, représentée par Me Boissier, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de M. et Mme B le versement de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif (), les premiers vice-présidents des tribunaux () et les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; / 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; / () ".
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / () ". Aux termes de l'article R. 600-2 du code de l'urbanisme : " Le délai de recours contentieux à l'encontre d'une décision de non-opposition à une déclaration préalable ou d'un permis de construire, d'aménager ou de démolir court à l'égard des tiers à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain des pièces mentionnées à l'article R. 424-15. ". Aux termes de l'article R. 424-15 du même code : " Mention du permis explicite ou tacite ou de la déclaration préalable doit être affichée sur le terrain, de manière visible de l'extérieur, par les soins de son bénéficiaire, dès la notification de l'arrêté ou dès la date à laquelle le permis tacite ou la décision de non-opposition à la déclaration préalable est acquis et pendant toute la durée du chantier. Cet affichage n'est pas obligatoire pour les déclarations préalables portant sur une coupe ou un abattage d'arbres situés en dehors des secteurs urbanisés. / () / Un arrêté du ministre chargé de l'urbanisme règle le contenu et les formes de l'affichage. ". Aux termes de l'article A. 424-16 du même code : " Le panneau prévu à l'article A. 424-15 indique le nom, la raison sociale ou la dénomination sociale du bénéficiaire, le nom de l'architecte auteur du projet architectural, la date de délivrance, le numéro du permis, la nature du projet et la superficie du terrain ainsi que l'adresse de la mairie où le dossier peut être consulté. / Il indique également, en fonction de la nature du projet : / a) Si le projet prévoit des constructions, la surface de plancher autorisée ainsi que la hauteur de la ou des constructions, exprimée en mètres par rapport au sol naturel ; / b) Si le projet porte sur un lotissement, le nombre maximum de lots prévus ; / c) Si le projet porte sur un terrain de camping ou un parc résidentiel de loisirs, le nombre total d'emplacements et, s'il y a lieu, le nombre d'emplacements réservés à des habitations légères de loisirs ; / d) Si le projet prévoit des démolitions, la surface du ou des bâtiments à démolir. ".
3. L'affichage du permis de construire sur le terrain d'assiette de la construction autorisée doit être effectué de telle façon que les mentions qu'il comporte soient lisibles de la voie publique ou, lorsque le terrain n'est pas desservi par une voie publique, d'une voie privée ouverte à la circulation du public. Lorsque le terrain d'assiette n'est pas desservi par une telle voie et que l'affichage sur le terrain ne pourrait, dès lors, satisfaire à cette exigence, seul un affichage sur un panneau placé en bordure de la voie publique ou de la voie privée ouverte à la circulation du public la plus proche du terrain fait courir le délai de recours contentieux à l'égard des tiers autres que les voisins qui empruntent la voie desservant le terrain pour leurs besoins propres.
4. Par l'arrêté du 17 octobre 2022 dont M. et Mme B demandent l'annulation, le maire de L'Ile-d'Yeu a délivré à la société coopérative d'intérêt collectif ODCVL un permis de construire l'autorisant à procéder à la rénovation et à des extensions d'un centre de vacances ainsi qu'à la construction d'une piscine, pour une surface de plancher créée de 1 258 m2, sur un terrain sis 8 chemin des Cupules. Le projet autorisé par cet arrêté ne porte pas sur la création d'un terrain de camping ou d'un parc résidentiel de loisirs et ce, quand bien même le centre de vacances existant, centre de vacances Les violettes, comporte déjà des espaces dédiés au camping sous tentes, ce projet n'étant pas assorti d'une augmentation de la capacité d'accueil sous tentes.
5. Il ressort des pièces du dossier que ce permis de construire a fait l'objet d'un affichage continu sur le terrain d'assiette du projet autorisé pendant une période d'au moins deux mois à compter du 29 novembre 2022. Cet affichage fait mention de la dénomination sociale du bénéficiaire, du numéro et de la date du permis de construire, du nom de l'architecte, de ce que la nature des travaux est " rénovation-extension ", de la superficie, de 40 944 m2, du terrain, de la " superficie " de plancher, de 1 258 m2, de la hauteur au sol, de 6, 70 m ainsi que de l'adresse de la mairie où le dossier peut être consulté. Il comporte, en outre, la mention spécifiée par l'article A. 424-17 du code de l'urbanisme.
6. Cet affichage, quant à ses mentions, n'est pas affecté d'erreurs substantielles. De telles mentions permettent aux tiers, à la seule lecture du panneau, d'apprécier l'importance et la consistance du projet. Il en résulte que ce panneau d'affichage satisfait aux exigences de l'article A. 424-16 du code de l'urbanisme.
7. Il ressort également des pièces du dossier que ce panneau a été affiché sur le portail d'entrée du centre de vacances Les Violettes, au bout du chemin d'accès, d'une longueur d'environ 15 mètres, à ce centre depuis le chemin des Cupules, lequel est une voie publique. Ce chemin d'accès, à supposer qu'il ne soit pas lui-même une voie publique, est une voie privée ouverte à la circulation du public et permet la desserte de ce centre de vacances depuis le chemin des Cupules. Les mentions de ce panneau sont lisibles depuis la voie ouverte à la circulation du public que constitue ce chemin d'accès. Il résulte de cet affichage, répondant aux exigences de l'article R. 424-15 du code de l'urbanisme, que le délai de deux mois franc du recours contentieux ouvert aux tiers pour saisir le juge d'un recours en annulation de ce permis de construire, ou l'autorité l'ayant délivré d'un recours administratif prorogeant le délai de recours contentieux, a commencé à courir le 29 novembre 2022. Ce délai était échu à la date, le 2 août 2023, d'enregistrement au greffe du tribunal administratif de Nantes de la requête de M. et Mme B, qui, pour leur part, n'ont pas saisi le maire de l'Ile-d'Yeu d'un recours administratif dirigé contre ce permis de construire. Il en résulte que cette requête est tardive et, pour cette raison, manifestement irrecevable. Il y a lieu de la rejeter par voie d'ordonnance, en application des dispositions du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
8. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la commune de l'Ile-d'Yeu et la société ODCVL au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de L'Ile-d'Yeu et la société ODCVL au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B et Mme A B, à la commune de L'Ile-d'Yeu et à la société coopérative d'intérêt collectif ODCVL.
Fait à Nantes, le 10 novembre 2023.
Le président,
A. DURUP DE BALEINE
La République mande et ordonne au préfet de la Vendée en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026