lundi 29 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2312346 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | OQTF 6 semaines - 2ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET CAMILLE CLAMENS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 23 août 2023 et le
1er septembre 2023, M. E, représenté par Me Clamens, demande au tribunal :
1°) de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté du 21 août 2023 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque le délai sera expiré et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée d'un an ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de procéder au réexamen de sa situation, dans un délai d'un mois à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, à titre subsidiaire de suspendre l'exécution de l'obligation de quitter le territoire dans l'attente de la décision du tribunal judiciaire de Saint-Nazaire ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros qui devra être versée à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à défaut une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- il n'est pas établi que la décision ait été signée par une autorité compétente ;
- la décision n'est pas suffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de cette décision sur sa situation personnelle ;
Sur la décision fixant le pays de destination :
- la décision n'est pas suffisamment motivée ;
- l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français la prive de base légale ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
Sur la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :
- il n'est pas établi que la décision ait été signée par une autorité compétente ;
- la décision n'est pas suffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions des articles L. 612-6, L. 612-7 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 octobre 2023, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
M. E a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du
14 février 2024.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Allio-Rousseau, vice-présidente, pour statuer sur les litiges visés à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Allio-Rousseau ;
- les observations de Me Clamens, représentant M. E.
A l'issue de l'audience, la clôture de l'instruction a été reportée au 12 avril 2024 à 12 heures.
Des pièces complémentaires non communiquées, présentées pour M. E, ont été enregistrées le 13 avril 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Par l'arrêté du 21 août 2023, dont M. D E, ressortissant algérien né le 23 janvier 1999, demande l'annulation, le préfet de la Loire-Atlantique lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque le délai sera expiré et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée d'un an.
Sur les conclusions tendant à l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Par une décision du 14 février 2024, le bureau d'aide juridictionnelle a admis M. E au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Dès lors, les conclusions tendant à l'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle en application de l'article 20 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 sont devenues sans objet. Il n'y a donc plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen commun aux décisions attaquées :
3. En premier lieu, les décisions attaquées ont été signées par Mme B, adjointe à la cheffe du bureau du contentieux et de l'éloignement titulaire d'une délégation de signature du 30 janvier 2023, publiée au recueil des actes administratifs le même jour, lui permettant de signer au nom du préfet les décisions portant obligation de quitter le territoire sans délai, désignation du pays de renvoi, interdiction de retour sur le territoire français, en cas d'absence ou d'empêchement de Mme C, directrice des migrations et de l'intégration et de M. A, adjoint à la directrice des migrations et de l'intégration, dont il ne ressort pas des pièces du dossier qu'ils n'auraient pas, à cette même date, été absents ou empêchés. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire des décisions en litige doit être écarté.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire :
4. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; / () ".
5. Il ressort des pièces du dossier que M. E est entré irrégulièrement sur le territoire français et s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour. Il entre ainsi dans le champ d'application des dispositions citées au point précédent, lesquelles permettent au préfet de prononcer une obligation de quitter le territoire français à l'encontre d'un étranger indépendamment de toute décision sur le droit au séjour de l'intéressé.
6. En premier lieu, l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée () ".
7. L'obligation de quitter le territoire français du 21 août 2023 comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Il ressort notamment de cette décision, qui vise les dispositions de l'article L. 611-3, que le préfet de la Loire-Atlantique, informé de l'état de santé de M. E, a relevé qu'il n'avait pas déposé de demande de titre de séjour pour raison de santé et qu'il n'établissait pas qu'il pourrait bénéficier de soins effectifs et appropriés dans son pays d'origine. En outre, il a uniquement mentionné le motif ayant justifié le placement en garde à vue du requérant le 20 août 2023. Il suit de là que le moyen tiré de l'insuffisante motivation de cette décision en méconnaissance des dispositions de l'article
L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'est pas fondé et doit être écarté. Il ne ressort pas de cette motivation que le préfet de la Loire-Atlantique n'aurait pas procédé, notamment eu égard à l'état de santé du requérant, à un examen complet et sérieux de sa situation.
8. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () / 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ".
9. M. E fait valoir que, suite à une chute d'un immeuble en juin 2023, il a eu une vertèbre et une cheville cassée pour lesquels il a été opéré et que depuis il souffre de problèmes au dos, à l'épaule et aux jambes. Il produit, à l'appui de sa requête de nombreux comptes-rendus et prescriptions médicales, qui attestent de cette prise en charge et de son suivi, notamment par la prise d'antidouleurs et en kinésithérapie, ainsi qu'un arrêt de travail d'une durée de trois mois allant du 21 juin 2023 au 22 septembre 2023. Il ressort toutefois des pièces du dossier que M. E n'a pas déposé auprès des services préfectoraux une demande de titre de séjour pour raisons de santé. Par ailleurs, s'il fait état à l'audience que, dans le cadre de suivi, une opération chirurgicale de son épaule est envisagée, et qu'en conséquence son état de santé justifie la continuité des traitements, il ne ressort toutefois pas du dossier que l'absence d'une telle prise en charge médicale pourrait avoir pour l'intéressé des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Enfin, le requérant ne produit aucun élément de nature à démontrer qu'eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé en Algérie, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
10. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que le séjour en France du requérant, remontant, selon ses déclarations, à l'année 2021, est récent. M. E, qui s'est déclaré célibataire lors de son interpellation le 20 mars 2023, n'a aucune tierce personne à sa charge sur le territoire français. En dépit de la présence en France de sa sœur, il ne justifie pas d'attaches personnelles, notamment familiales, particulières, intenses, anciennes et stables sur ce territoire. Il n'est pas sans attaches personnelles en Algérie où résident ses parents et où il a vécu jusqu'à l'âge de 21 ans. Il ne justifie pas d'une insertion, personnelle, sociale ou d'une autre nature, particulière en France. Dès lors, compte tenu de la durée et des conditions du séjour de M. E en France, comme des effets d'une obligation de quitter le territoire français, le préfet de la Loire-Atlantique, en prenant l'arrêté attaqué, n'a pas méconnu les dispositions précitées de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation sur sa situation personnelle doit être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
11. En premier lieu, l'arrêté, qui vise notamment l'article L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, constate que M. E est de nationalité algérienne et qu'il lui est fait obligation de quitter le territoire français, ce dont résulte que la décision fixant le pays de renvoi en cas de reconduite d'office est, de ce seul fait, également régulièrement motivée.
12. En deuxième lieu, les moyens soulevés par le requérant à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français ayant été écartés, l'intéressé n'est pas fondé à invoquer l'illégalité de cette décision pour demander l'annulation, par voie de conséquence, de la décision portant fixation du pays de destination.
13. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 10, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à le supposer opérant à l'encontre de la décision fixant le pays de renvoi, doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
14. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / () ".
15. L'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'énumèrent, l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. La décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère. L'autorité compétente doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifie sa décision une menace pour l'ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l'intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n'est pas tenue, à peine d'irrégularité, de le préciser expressément.
16. L'arrêté attaqué comporte l'indication des considérations de droit et de fait fondant, tant en son principe qu'en sa durée, la décision de son auteur de faire interdiction au requérant de retourner sur le territoire français pendant une durée d'un an. Cette motivation, qui permet au requérant à sa seule lecture de comprendre les motifs de cette interdiction, atteste de la prise en compte de l'ensemble des critères prévus par l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il en résulte que la décision portant interdiction de retour est régulièrement motivée.
17. Il résulte des dispositions citées au point 14 que, lorsque le préfet prend, à l'encontre d'un étranger, une décision portant obligation de quitter le territoire français ne comportant aucun délai de départ, il appartient au préfet d'assortir sa décision d'une interdiction de retour sur le territoire français, sauf dans le cas où des circonstances humanitaires y feraient obstacle. Seule la durée de cette interdiction de retour doit être appréciée au regard des quatre critères énumérés à l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à savoir la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, l'existence ou non d'une précédente mesure d'éloignement et, le cas échéant, la menace pour l'ordre public que constitue sa présence sur le territoire.
18. L'obligation de quitter le territoire français faite à M. E par l'arrêté attaqué du 23 août 2023 n'est pas assortie d'un délai de départ volontaire. Si M. E fait état de de sa particulière vulnérabilité compte tenu des menaces de son ancienne compagne de le dénoncer à la police du fait de sa situation irrégulière, auxquelles il n'a pu faire face compte tenu de la complexité de son état de santé, ces circonstances ne sont pas établies. Dans ces conditions, il ne ressort pas du dossier que le préfet de la Loire-Atlantique se serait livré à une inexacte application de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en estimant que des circonstances humanitaires ne justifient pas de ne pas édicter une interdiction de retour sur le territoire français. Dès lors, c'est par une exacte application de cet article que le préfet de la Loire-Atlantique a édicté une telle interdiction.
Sur les conclusions à fin de suspension :
19. M. E, qui soutient avoir été victime d'une agression criminelle au mois de juin 2023, demande que l'arrêté préfectoral en ce qu'il l'oblige à quitter le territoire soit suspendu dans l'attente du procès pénal. Si M. E a été convoqué le 16 avril 2024 pour une confrontation par un juge d'instruction près le tribunal judiciaire de Saint Nazaire, il ne résulte pas de l'instruction qu'un procès pénal soit engagé. En outre, la décision portant obligation de quitter le territoire n'a pas pour effet de priver l'intéressé de la possibilité de faire valoir ses droits en se faisant représenter par un avocat dans le cadre des procédures pénales le concernant.
20. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. E à fin d'annulation et de suspension, ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction et la demande présentée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande d'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. E est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D E, au préfet de la Loire-Atlantique et à Me Clamens.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 avril 2024.
La magistrate désignée,
M.-P. ALLIO-ROUSSEAU
La greffière,
P. LABOUREL
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026