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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2312675

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2312675

jeudi 13 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2312675
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationOQTF 6 semaines - 5ème chambre
Avocat requérantCRABIERES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête introductive d'instance, enregistrée le 30 août 2023, et un mémoire complémentaire, enregistré le 9 décembre 2024, M. A B, représenté par Me Crabières, demande au Tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 28 août 2023 par lequel le préfet de la Sarthe lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- le préfet, en ne l'informant pas de son intention de prendre à son encontre une mesure d'éloignement, n'a pas respecté le principe du contradictoire, ni son droit d'être entendu, en violation de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ; sa situation n'a pas été examinée ;

- le préfet a commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision ; son acte de naissance n'a jamais été falsifié ; il est bien celui qu'il déclare être ; il entretient une relation par voie épistolaire avec Mme C ; son employeur, satisfait de ses services, était prêt à le réembaucher en cas de libération ; un renvoi au Pakistan le mettrait en danger d'un point de vue familial et l'exposerait au risque d'être exécuté par les talibans présents dans ce pays ;

Sur la décision portant refus de lui octroyer un délai de départ volontaire :

- contrairement à ce qu'a estimé le préfet, il a bien présenté une seconde demande de titre de séjour ; étant en détention, il ne menace pas l'ordre public ; aucune interdiction judiciaire du territoire français n'a été prononcée contre lui ; les experts psychiatres ont considéré que son état mental ne risquait pas de compromettre l'ordre public ;

Sur la décision fixant le pays de renvoi :

- sa région d'origine est contrôlée par les talibans ; le risque qu'il subisse des persécutions de la part de ceux-ci est incontestable ; au surplus, le conflit familial à l'origine de son départ est toujours existant ; aussi, la désignation du Pakistan comme pays de destination est contraire à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- contrairement à ce qu'a indiqué le préfet, il a bien demandé à deux reprises un titre de séjour et a justifié d'une insertion dans le tissu social français ; sa présence sur le territoire français ne représente pas une menace pour l'ordre public.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 décembre 2024, le préfet de la Sarthe conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Par une décision du 16 mai 2024, M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du Tribunal a désigné M. Martin, vice-président, pour statuer sur les requêtes relevant des procédures prévues aux articles L. 614-1 à L. 614-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience du 11 décembre 2024 :

- le rapport de M. Martin, magistrat désigné ;

- et les observations de Me Crabières, avocate de M. B, lui-même présent.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Une note en délibéré, enregistrée le 18 décembre 2024, a été produite par M. B et n'a pas été communiquée.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant pakistanais né le 6 juin 2000, déclare être entré irrégulièrement en France le 7 juillet 2016. Il a été pris en charge, à compter du 13 octobre 2016, par le service de l'aide sociale à l'enfance du département de la Sarthe. Il a vainement sollicité, le 8 février 2018, la délivrance d'un titre de séjour " salarié " sur le fondement de l'article L. 313-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sa demande ayant été rejetée par une décision du 30 décembre 2019. Il a fait l'objet d'un mandat de dépôt délivré le 24 octobre 2020 par le juge des libertés et de la détention près le tribunal judiciaire du Mans pour des faits de viol commis en réunion. Par un arrêté du 12 octobre 2021, le préfet de la Sarthe l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. Le 6 avril 2022, M. B a sollicité du préfet de la Sarthe la délivrance d'un titre de séjour. Le préfet a refusé d'enregistrer sa demande, par une décision du 14 avril suivant, en lui demandant de la compléter par certaines pièces. Puis, par un arrêté du 28 août 2023, le préfet a de nouveau fait obligation à M. B de quitter le territoire français sans délai, a désigné le Pakistan comme pays de renvoi et prononcé à l'encontre de l'intéressé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; () ".

3. Il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que le droit d'être entendu préalablement à l'adoption d'une décision de retour dans le pays d'origine ou d'une interdiction de retour sur le territoire français fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Il implique que l'autorité administrative mette le ressortissant étranger en situation irrégulière à même de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur l'irrégularité du séjour et les motifs qui seraient susceptibles de justifier que l'autorité s'abstienne de prendre à son égard une décision de retour dans le pays d'origine ou une interdiction de retour sur le territoire français. Il n'implique toutefois pas systématiquement l'obligation pour l'administration d'organiser, de sa propre initiative, un entretien avec l'intéressé, ni même d'inviter ce dernier à produire ses observations, mais suppose seulement que, informé de ce qu'une décision lui faisant grief est susceptible d'être prise à son encontre, l'étranger soit en mesure de présenter spontanément des observations écrites ou de demander un entretien pour faire valoir ses observations orales. Enfin, une atteinte au droit d'être entendu n'est susceptible d'entraîner l'annulation de la décision faisant grief que si la procédure administrative aurait pu, en fonction des circonstances de fait et de droit spécifiques de l'espèce, aboutir à un résultat différent du fait des observations et éléments que l'étranger a été privé de faire valoir.

4. Il ressort des pièces du dossier que, le 19 septembre 2022, le préfet de la Sarthe a invité M. B à renseigner une fiche individuelle d'informations. Cette fiche a été retournée au préfet le 23 septembre suivant, dument renseignée par le requérant. Ce dernier y a notamment écrit qu'il ne souhaitait pas quitter la France, qu'il désirait y faire sa vie et qu'il craignait d'être exécuté par les talibans en cas de retour dans son pays d'origine, les talibans détestant les Pakistanais ayant débuté un parcours de vie à l'étranger. S'il soutient qu'il n'avait pas compris, lorsqu'il a fourni ces indications, qu'il était envisagé par le préfet de l'éloigner du territoire français, il est constant qu'à cette date, une obligation de quitter le territoire français avait déjà été prononcée à son encontre, le 12 octobre 2021, postérieurement à son audition, le 11 octobre précédent, par un officier de police judiciaire notamment sur son souhait de quitter la France et sur la fixation du Pakistan comme pays de renvoi. Ainsi, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'intéressé aurait été privé de la possibilité de présenter des observations écrites ou orales au préfet de la Sarthe à propos d'un changement relatif à sa situation personnelle. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de son droit d'être entendu doit être écarté.

5. En second lieu, M. B fait valoir qu'il s'est bien intégré en France dès lors qu'il s'y trouve depuis juillet 2016, qu'il y a suivi sa scolarité, qu'il y a travaillé en donnant entière satisfaction à son employeur et qu'il entretient une relation amoureuse avec une ressortissante française. Il ajoute que c'est à tort que le préfet de la Sarthe a considéré son acte de naissance comme apocryphe et remis en cause son état civil. Il soutient qu'il est bien né le 6 juin 2000 et qu'il s'appelle effectivement A B. Toutefois, en admettant le caractère authentique de son acte de naissance, il n'en reste pas moins que l'intéressé, incarcéré depuis octobre 2020, a été condamné, en dernier lieu, par un arrêt d'appel du 25 octobre 2024 de la Cour d'assises de la Mayenne, à une peine de dix ans d'emprisonnement pour des faits de tentative de viol commis antérieurement à la décision attaquée. Le 26 novembre 2024, sa date de libération était fixée au 24 juin 2028. L'intéressé se prévaut de sa bonne attitude en détention où il suit des formations et de l'appréciation portée sur lui par un psychiatre selon laquelle son examen ne révèle pas de pathologie psychiatrique, son état mental ne risque pas de compromettre l'ordre public ou la sûreté des personnes et son niveau de dangerosité criminologique apparaît plutôt faible. Il fait valoir qu'il a suivi une formation en vue de l'obtention du CAP " agent polyvalent en restauration ", bénéficié d'un contrat d'apprentissage puis a été recruté en septembre 2019 par un restaurateur, au Mans, en tant que commis de cuisine et plongeur. Il ajoute qu'il entretenait, avant son incarcération, une relation avec une ressortissante française, relation dont il n'avait pas révélé l'existence et qui se poursuit depuis sa détention par voie épistolaire, qu'il ne fait l'objet d'aucune interdiction judiciaire du territoire français et qu'il n'a au Pakistan aucune cellule familiale dans laquelle il serait en sécurité. Toutefois, si l'intéressé justifie en effet d'un début d'insertion professionnelle réussi, cette insertion n'a été que de courte durée. S'il fournit également des éléments probants sur sa relation amoureuse avec une ressortissante française, ces éléments ne suffisent pas à établir l'effectivité de cette relation à la date de l'arrêté attaqué. Enfin, les allégations du requérant selon lesquelles il a fui le Pakistan pour échapper à un conflit familial qui mettait sa vie en danger ne sont accompagnées d'aucun élément de preuve. Dans ces conditions, au regard de de la particulière gravité des faits à l'origine de sa condamnation, M. B n'est pas fondé à soutenir que le préfet, en lui faisant obligation de quitter le territoire français, aurait commis une erreur d'appréciation, porté une atteinte disproportionnée à son droit à une vie privée et familiale normale garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes raisons, le moyen tiré de ce que le préfet aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation du requérant doit également être écarté.

En ce qui concerne la décision portant refus d'octroyer un délai de départ volontaire :

6. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision " Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / 2° L'étranger s'est vu refuser la délivrance ou le renouvellement de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour au motif que sa demande était manifestement infondée ou frauduleuse ; / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () () 4° l'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; / () 7° L'étranger a contrefait, falsifié ou établi sous un autre nom que le sien un titre de séjour ou un document d'identité ou de voyage ou a fait usage d'un tel titre ou document ; / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentations suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité () ".

7. Il ressort des pièces du dossier que, pour refuser à M. B le bénéfice d'un délai de départ volontaire, le préfet de la Sarthe a estimé que le comportement de l'intéressé constituait une menace pour l'ordre public et qu'il existait un risque que l'intéressé se soustraie à l'obligation de quitter le territoire dont il a fait l'objet. Compte tenu de ce qui a été dit au point 5 et eu égard à la particulière gravité des faits à l'origine de sa lourde condamnation, le préfet a pu considérer, sans commettre d'erreur d'appréciation, que le comportement de M. B représentait, à la date de l'arrêté attaqué, une menace pour l'ordre public. Dès lors, pour ce seul motif et quand bien même l'intéressé a sollicité à plusieurs reprises un titre de séjour, le préfet n'a pas fait une inexacte application des articles L. 612-2 et L. 612-3 précités du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en refusant d'octroyer à l'intéressé un délai de départ volontaire.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

8. Aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : / 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; / 2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ; / 3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible. / Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ". Selon ce dernier : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".

9. Pour contester la désignation du Pakistan comme pays de renvoi, M. B fait valoir, d'une part, que sa région d'origine est intégralement contrôlée par les talibans et que ceux-ci ne manqueront pas de le persécuter du fait de son occidentalisation, d'autre part, que le conflit familial ayant justifié son départ de son pays d'origine est toujours existant et l'exposerait également à des risques de violence, voire de mort. Toutefois, ces allégations ne sont accompagnées d'aucun commencement de preuve. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que le préfet, en désignant le Pakistan comme pays de renvoi, aurait méconnu les dispositions et stipulations citées au point précédent doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

10. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Et aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français () ".

11. Il ressort des termes de l'arrêté attaqué que le préfet, qui était tenu de prononcer à l'encontre de M. B une interdiction de retour sur le territoire français dès lors qu'il n'avait pas accordé à l'intéressé un délai de départ volontaire et qu'aucune circonstance humanitaire ne s'y opposait, a pris en compte, pour fixer à trois ans la durée de cette interdiction, l'absence d'entrée régulière sur le territoire français, le défaut de liens suffisamment intenses et stables en France de l'intéressé, célibataire sans enfant, l'existence d'attaches familiales, au Pakistan ainsi que le fait que son comportement constitue une menace actuelle et réelle pour l'ordre public.

12. Pour les motifs énoncés au point 5, le préfet est fondé à soutenir qu'à la date de l'arrêté attaqué, le requérant résidait irrégulièrement en France, n'y disposait pas d'attaches solides, ne justifiait pas d'une insertion socio-professionnelle accomplie et représentait, par son comportement passé et alors même qu'il était détenu, une menace pour l'ordre public. Ainsi, en prononçant une interdiction de retour d'une durée de trois ans, le préfet n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation ni méconnu l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

13. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué du 28 août 2023.

Sur les conclusions à fin d'injonction et les frais liés au litige :

14. Les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B étant rejetées, ses conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées par voie de conséquence. De même, la demande présentée par le requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, tendant à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat, ne peut, dès lors que ce dernier n'est pas partie perdante dans la présente instance, qu'être rejetée.

D E C I D E

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au préfet de la Sarthe et à Me Camille Crabières.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 février 2025.

Le magistrat désigné,

L. MARTIN La greffière,

S. BARBERA La République mande et ordonne au préfet de la Sarthe en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

S. Barbera

No 2312675

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