mercredi 4 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2312726 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | NERAUDAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 31 août 2023, M. A C B, représenté par Me Neraudau, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 3 juillet 2023 par lequel le préfet de la Vendée a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Vendée, à titre principal, de lui délivrer une autorisation de séjour dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 2 000 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la compétence de la signataire de l'arrêté attaqué n'est pas établie ;
Sur la décision portant refus de titre de séjour :
- sa motivation est insuffisante ; aucun examen singulier ne ressort de cette motivation stéréotypée ; le risque de violation de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales n'a pas été examiné ; le préfet ne l'a pas interrogé sur ses craintes et ne lui a pas demandé de justificatifs ; l'intérêt supérieur de ses enfants n'a pas été pris en compte ;
- elle est entachée d'erreurs de fait en tant qu'elle mentionne qu'il aurait demandé un titre de séjour " salarié ", alors qu'il a sollicité du préfet son admission exceptionnelle au séjour, et en tant qu'elle indique qu'il ne justifie d'aucun lien personnel ou familial en France intense, ancien et fiable alors que ses liens familiaux sont concrets et stables ;
- le préfet a méconnu les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et a commis une erreur manifeste dans son appréciation des conséquences de sa décision sur sa propre situation ; sur le plan familial, ses enfants sont parfaitement intégrés et scolarisés ; sur le plan professionnel, il justifie avoir obtenu, à compter du 15 mai 2023, un emploi pour une durée indéterminée avec un salaire de 1 747 euros brut ; il subvenait aux besoins de sa famille ; son fils aîné travaille dans la même entreprise ; le plus jeune est scolarisé ; il fait état de craintes toujours graves et actuelles quant à un retour en Géorgie ;
- le préfet a méconnu les stipulations de l'article 3.1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ; il s'est abstenu de se prononcer sur l'intérêt supérieur de son plus jeune fils, âgé de cinq ans seulement et scolarisé depuis juin 2022 ; l'intérêt supérieur de cet enfant exige qu'il puisse poursuivre sa scolarité en France alors qu'il risque de subir des persécutions en Géorgie ;
- le préfet a commis une erreur manifeste dans son appréciation des conséquences de sa décision ; ses liens et attaches se trouvent en France où il s'est installé avec toute sa famille ;
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- sa motivation est insuffisante ; la question de l'empêchement de son éloignement en application du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile aurait dû faire l'objet d'un examen particulier ;
- il est fondé à exciper de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
- le préfet n'a pas examiné sa situation ;
- le préfet a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; il démontre un ancrage en France de sa vie privée et familiale ;
Sur la décision fixant le pays de renvoi :
- sa motivation est insuffisante ; la référence à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est stéréotypée et lacunaire ; sa situation particulière n'a pas été examinée ;
- il est fondé à exciper de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- le préfet a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le préfet a entaché méconnu l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; il fait partie des personnes nécessitant une protection au regard de sa situation de personne perçue comme étant membre de l'opposition en Géorgie, déjà persécutée et ayant fait l'objet de menaces.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 mars 2024, le préfet de la Vendée conclut, à titre principal, au non-lieu à statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction présentées par M. C B et au rejet du surplus des conclusions de la requête, à titre subsidiaire, au rejet de la requête dans toutes ses conclusions.
Il fait valoir que :
- M. C B a regagné la Géorgie le 8 mars 2024 ;
- subsidiairement, les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
M. C B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 août 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Martin, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique du 13 novembre 2024.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C B, ressortissant géorgien né le 5 avril 1984, déclare être entré irrégulièrement en France le 24 octobre 2021. Il a été rejoint, le 26 décembre 2021, par son fils aîné né en 2003 et, le 17 mars 2022, par son épouse et ses deux autres fils nés respectivement en 2004 et 2017. Après avoir vainement demandé l'asile, M. C B a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français, prononcée par un arrêté du préfet de la Vendée en date du 14 novembre 2022. Cet arrêté a été annulé par un jugement du 12 avril 2023 du tribunal au motif que le préfet n'avait pas procédé à un examen préalable particulier de la situation personnelle de l'intéressé. Par ce même jugement, le tribunal a enjoint au préfet de la Vendée de procéder à un réexamen de la situation de M. C B. Le temps de ce réexamen, ce dernier s'est vu délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler. Il a été recruté par une entreprise de maçonnerie à compter du 15 mai 2023 et a sollicité, le 22 mai suivant, du préfet de la Vendée la délivrance d'un titre de séjour en qualité de salarié, en produisant son contrat de travail à durée indéterminée. Le préfet de la Vendée a regardé la demande comme fondée sur l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 3 juillet 2023, il a rejeté la demande de titre de séjour, fait obligation à M. C B de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixé le pays de destination. Par la présente requête, M. C B demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur l'exception de non-lieu partiel opposée par le préfet de la Vendée :
2. Contrairement à ce que soutient le préfet de la Vendée, la circonstance que M. C B a, le 8 mars 2024, volontairement exécuté la mesure d'éloignement qu'il conteste en retournant en Géorgie avec les membres de sa famille n'a pas eu pour effet de faire disparaitre cette mesure de l'ordonnancement juridique et de priver d'objet les conclusions de la requête tendant à son annulation ainsi qu'à celle de la décision fixant le pays de renvoi. L'exception de non-lieu partiel opposée en défense doit, par suite, être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué :
3. Mme Anne Tagand, secrétaire générale de la préfecture de la Vendée, signataire de l'arrêté attaqué, a reçu délégation, par un arrêté du préfet de de la Vendée du 23 mars 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour et consultable sur le site internet de la préfecture, à l'effet de signer " tous arrêtés () relevant des attributions de l'Etat dans le département de la Vendée ", à l'exception de certains actes limitativement énumérés au nombre desquels ne figurent pas les décisions portant refus de séjour, obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de destination. Le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué doit, dès lors, être écarté comme manquant en fait.
En ce qui concerne autres les moyens soulevés à l'encontre de la décision portant refus de titre de séjour :
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent ". L'article L. 211-5 du même code dispose que : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
5. L'arrêté attaqué, en tant qu'il porte refus de séjour, comporte de façon suffisamment détaillée l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Il suit de là que, quelle que soit la pertinence des motifs avancés, le moyen tiré de l'insuffisante motivation du refus du séjour doit être écarté.
6. En deuxième lieu, il ressort de cette motivation que le préfet de la Vendée a bien procédé à un examen particulier de la situation personnelle du requérant avant de statuer sur sa demande de titre de séjour.
7. En troisième lieu, M. C B soutient que l'arrêté attaqué contient deux erreurs de fait. D'une part, il reproche au préfet d'avoir qualifié sa demande de " demande de carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " " alors qu'il avait demandé son admission exceptionnelle au séjour. Il ressort toutefois des motifs dudit arrêté que le préfet a bien analysé la demande formée par M. C B comme tendant à son admission exceptionnelle au séjour. D'autre part, l'intéressé soutient que le préfet a mentionné à tort " qu'il ne pouvait justifier avoir noué des liens forts et stables sur le territoire " français alors que son épouse et leurs trois fils y résidaient avec lui. Toutefois, il ressort des termes de l'arrêté attaqué que le préfet a bien fait état dans son arrêté de la présence, aux côtés du requérant, de son épouse, de deux enfants majeurs et d'un enfant mineur. Dès lors, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée de ces deux erreurs de fait doit être écarté.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ".
9. En présence d'une demande de régularisation présentée sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il appartient à l'autorité administrative de vérifier, dans un premier temps, si l'admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention " vie privée et familiale " répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels, et à défaut, dans un second temps, s'il est fait état de motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance, dans ce cadre, d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ".
10. En l'espèce, le requérant se prévaut de sa bonne intégration en France où il vit avec son épouse et leurs trois fils dont un mineur, scolarisé depuis juin 2022. Il fait également valoir qu'il ne peut repartir en Géorgie avec sa famille, compte tenu du risque de persécution qu'il encourt dans ce pays du fait de sa situation d'opposant politique. Toutefois, M. C B était présent en France depuis moins de deux ans à la date de l'arrêté attaqué. Par ailleurs, son épouse et ses deux enfants majeurs se trouvaient à cette date en situation irrégulière. Enfin, la décision de refus de séjour attaquée n'avait pas par elle-même pour objet de renvoyer le requérant en Géorgie, pays qu'il a au demeurant rejoint volontairement en cours d'instance. Dans ces conditions, alors même que M. C B justifie avoir travaillé pendant une très courte période avant que le préfet ne rejette sa demande de titre de séjour, l'ensemble des éléments dont il fait état ne permettent pas de caractériser des considérations humanitaires ou des motifs exceptionnels au sens des dispositions précitées de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, le préfet de la Vendée n'a commis ni erreur de droit, ni erreur manifeste d'appréciation en refusant de l'admettre exceptionnellement au séjour.
11. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, () ". Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
12. M. C B se prévaut des mêmes éléments que ceux qu'il a invoqués à l'appui de sa demande d'admission exceptionnelle au séjour pour soutenir que le préfet a méconnu les stipulations citées au point précédent. Toutefois, dès lors que la décision de refus de séjour attaquée ne faisait pas obstacle à ce que la cellule familiale de l'intéressé se reconstitue hors de France, le préfet de la Vendée n'a pas porté au droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels la décision portant refus de séjour a été prise. Il n'a pas non plus méconnu l'intérêt supérieur de son enfant mineur, lequel ne se trouve pas, du fait de cette décision, séparé de ses deux parents, ni commis d'erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de sa décision sur la situation familiale de M. C B.
En ce qui concerne les autres moyens soulevés à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
13. En premier lieu, l'ensemble des moyens soulevés à l'encontre de la décision portant refus de titre de séjour ayant été écartés, le moyen tiré par le requérant de l'exception d'illégalité de cette décision doit être écarté.
14. En deuxième lieu, aux termes du I de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. () ". La décision obligeant M. C B à quitter le territoire français, qui mentionne expressément qu'elle a été prise en application des dispositions du 3° de l'article L. 611-1 dudit code, n'avait pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision portant refus de séjour. Il résulte de ce qui a été dit au point 5 que cette dernière décision est suffisamment motivée. Le moyen tiré du défaut de motivation de l'obligation de quitter le territoire français doit, par suite, être écarté.
15. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que le moyen tiré de ce que le préfet n'aurait pas procédé à l'examen particulier de la situation personnelle de M. C B avant de prononcer son éloignement du territoire français manque en fait et doit être écarté.
16. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux évoqués au point 12, le préfet de la Vendée, en décidant l'éloignement de M. C B, n'a pas porté au droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale, protégé par les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cette décision a été prise.
En ce qui concerne les autres moyens soulevés à l'encontre de la décision fixant le pays de destination :
17. En premier lieu, l'ensemble des moyens soulevés à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français ayant été écartés, le requérant n'est pas fondé à invoquer, par voie d'exception, l'illégalité de cette décision.
18. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué, en tant qu'il désigne le pays de renvoi, vise notamment les articles L. 721-3 à L. 721-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il fait état de la nationalité géorgienne de M. C B et indique que celui-ci ne justifie pas faire l'objet de menaces ni être exposé à des risques pour sa sécurité ou sa vie en cas de retour dans son pays d'origine comme en attestent les décisions de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et de la Cour nationale du droit d'asile. Il ajoute que l'intéressé n'a transmis aucun élément nouveau depuis ces décisions. Ainsi, l'arrêté attaqué, en tant qu'il fixe le pays de destination, comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, lesquelles ont permis au requérant de comprendre les motifs de la décision. Le moyen tiré du défaut de motivation de cette décision ne peut, dès lors, qu'être écarté. Il ressort de cette motivation que le préfet a bien procédé à un examen préalable de la situation de M. C B au regard des risques encourus par celui-ci en cas de retour dans son pays d'origine.
19. En troisième lieu, l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ", aux termes desquelles : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".
20. M. C B soutient qu'un retour en Géorgie l'expose à des risques de subir des traitements inhumains et dégradants du fait de sa position d'opposant politique au gouvernement en place. Toutefois, les seuls documents produits ne permettent pas de démontrer l'actualité et le caractère personnel de ce risque. Au demeurant, comme il a été dit, l'intéressé est reparti volontairement en cours d'instance dans son pays d'origine. Dans ces conditions, le préfet n'a pas méconnu les dispositions et stipulations, citées au point précédent, en fixant la Géorgie comme pays de destination.
21. En dernier lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté pour les motifs exposés au point 12.
22. Il résulte de tout ce qui précède que M. C B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué du 3 juillet 2023.
Sur les conclusions à fin d'injonction et tendant à l'application de l'article L 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
23. D'une part, le rejet des conclusions à fin d'annulation présentées par M. C B entraine, par voie de conséquence, celui de ses conclusions à fin d'injonction.
24. D'autre part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, combinées avec celles de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à 'aide juridique, font obstacle à ce que la somme demandée par M. C B au profit de son conseil, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens, soit mise à la charge de l'Etat qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C B, au préfet de la Vendée et à Me Emmanuelle Néraudau.
Délibéré après l'audience du 13 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Martin, président,
Mme Martel, première conseillère,
Mme Kubota, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 décembre 2024.
Le président-rapporteur,
L. MARTIN
L'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
C. MARTEL
La greffière,
S. BARBERA
La République mande et ordonne au préfet de la Vendée en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026