LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2313364

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2313364

jeudi 6 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2313364
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantSELARL CARADEUX CONSULTANT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 12 septembre 2023 et 12 février 2024, M. F D et Mme A E, représentés par Me Diversay, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 8 mars 2023 par lequel le maire de Bellevigny a délivré à la société Vendée Logement un permis de construire un immeuble comportant trente-cinq logements et deux cellules destinées à recevoir des activités de service, ensemble la décision du 13 juillet 2023 de rejet de leur recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Bellevigny la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- il n'est pas établi que l'arrêté attaqué ait été signé par une autorité compétente ;

- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions des articles R. 431-8 et R. 431-10 du code de l'urbanisme ;

- il méconnaît les dispositions de l'article U mixte 5 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de la communauté de communes Vie et Boulogne ;

- il méconnaît les dispositions de l'article U mixte 8 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de la communauté de communes Vie et Boulogne ;

- il méconnaît l'orientation d'aménagement et de programmation " La Poste ".

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 octobre 2023, la société Vendée Logement, représentée par Me Caradeux, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants.

Elle soutient que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

Par deux mémoires en défense, enregistrés les 2 janvier 2024 et 27 mars 2024, la commune de Bellevigny, représentée par Me Tertrais, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge des requérants.

Elle soutient que :

- les requérants ne justifient pas d'un intérêt à agir ;

- la requête est irrecevable dès lors qu'elle est tardive ;

- les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Huet,

- les conclusions de Mme Diniz, rapporteure publique,

- les observations de Me Lefevre, substituant Me Diversay, représentant les requérants,

- les observations de Me Dubos, substituant Me Caradeux, représentant la société pétitionnaire,

- et les observations de Me Tertrais, représentant la commune de Bellevigny.

Considérant ce qui suit :

1. La société Vendée Logement a déposé le 2 décembre 2022 en mairie de Bellevigny une demande de permis pour la construction d'un immeuble d'habitat collectif comportant trente-cinq logement locatifs sociaux et deux cellules destinées à recevoir des activités de service, sur un terrain situé 5 rue du Stade à Bellevigny, en zone UBa du plan local d'urbanisme intercommunal de la communauté de communes Vie et Boulogne. Par arrêté du 8 mars 2023, le maire de Bellevigny a délivré l'autorisation ainsi sollicitée. M. F D et Mme A E demandent l'annulation de cet arrêté, ensemble la décision du 13 juillet 2023 de rejet de leur recours gracieux.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte attaqué :

2. L'arrêté du 8 mars 2023 a été signé par M. B C, maire délégué de Bellevigny. Par un arrêté du 6 février 2023, régulièrement publié au registre des arrêtés du maire de Bellevigny du mois de février 2023, mis à la disposition du public et accessible tant au juge qu'aux parties sur le site internet de la collectivité, et transmis en préfecture le 8 février 2023, le maire de Bellevigny a accordé une délégation de fonctions à M. B C, maire délégué, et l'a autorisé à signer tous les actes relatifs à la " délivrance des autorisations d'occupation des sols ". Dans ces conditions, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré du caractère insuffisant des documents du dossier de demande de permis de construire :

3. Aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; / c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; / d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; / e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; / f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement ". Aux termes de l'article R. 431-10 de ce code : " Le projet architectural comprend également : / a) Le plan des façades et des toitures ; lorsque le projet a pour effet de modifier les façades ou les toitures d'un bâtiment existant, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; / b) Un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain ; lorsque les travaux ont pour effet de modifier le profil du terrain, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ". La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

4. Les requérants font valoir que le document graphique produit à l'appui du dossier ne représente pas les maisons voisines et ne permet pas, ainsi, d'apprécier l'insertion du projet depuis le lotissement " La Forge ".

5. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la demande de permis de construire présente l'état initial du site ainsi que l'environnement du projet. Elle comporte des plans de situation du projet, des vues cadastrales du lieu d'implantation, ainsi que des photographies permettant de visualiser les abords et alentours du terrain, et notamment les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants. Le dossier inclut également un plan de masse, les plans de chaque façade du projet, et donc celles donnant sur les parcelles voisines du lotissement " La Forge ", ainsi que différents plans de coupe permettant d'apprécier l'implantation et le volume des constructions. En outre, la notice architecturale du projet, figurant dans le dossier de demande, expose le traitement de la construction projetée, ses caractéristiques ainsi que les matériaux et couleurs utilisés. Par ailleurs, il ne ressort pas des dispositions précitées de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme, qui n'imposent que la production d'un seul document graphique d'insertion, qu'un tel document doive représenter le rendu du projet depuis chaque construction avoisinante. Dans ces conditions, il ressort des pièces du dossier que le dossier de demande permet d'apprécier l'insertion du projet de construction, notamment par rapport aux constructions avoisinantes, sans que l'appréciation du service instructeur sur ce point ait pu être faussée. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance du dossier de demande doit être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article U mixte 5 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de la communauté de communes Vie et Boulogne :

6. Aux termes de l'article U mixte 5 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal relatif à la hauteur maximale des constructions : " () / Règle générale / Dans l'ensemble de la zone urbaine mixte, le gabarit des nouvelles constructions à destination d'habitation () doit : / - s'harmoniser avec la hauteur des constructions environnantes, / - respecter l'ensoleillement des terrains et constructions voisines. / Le gabarit des constructions est limité comme indiqué dans le tableau ci-dessous. () / Dans la zone UB et son sous-secteur UBa, un étage supplémentaire pourra être autorisé sous réserve d'une bonne insertion architecturale et paysagère avec son environnement. ". Il résulte de ces dispositions que dans la zone urbaine mixte, le gabarit des nouvelles constructions à destination d'habitation doit s'harmoniser avec la hauteur des constructions environnantes et respecter l'ensoleillement des constructions et terrains voisins. Il résulte également de ces dispositions, et du tableau qui y est annexé, qu'en zone UBa, le gabarit autorisé, pour les constructions à destination de logement collectif, comme en l'espèce, est limité au R+2+attique et qu'un étage supplémentaire pourra être autorisé sous réserve d'une bonne insertion architecturale et paysagère avec son environnement.

7. Eu égard aux dispositions du plan local d'urbanisme relatives à la densification du tissu urbain dans le secteur UBa, qui d'ailleurs envisage les collectifs, et à l'ensemble des prescriptions qui mettent en œuvre cet objectif, l'obligation pour une construction nouvelle de tenir compte de son environnement et de s'y intégrer ne fait pas obstacle à ce qu'elle présente, dans le respect des prescriptions du règlement relatives à la hauteur, une différence d'échelle avec les constructions pavillonnaires avoisinantes.

S'agissant de l'harmonisation du projet avec la hauteur des constructions environnantes :

8. Le terrain d'assiette du projet en litige est situé à l'angle de la rue du Stade et de la rue de la Poste et en zone UBa au plan local d'urbanisme intercommunal de la communauté de communes Vie et Boulogne qui, selon son règlement, est " destiné[e] à l'habitat pavillonnaire, groupé et collectif et aux activités compatibles ". Il ressort des pièces du dossier, notamment des plans et vues versés aux débats, que le quartier environnant le projet se caractérise par un habitat de type pavillonnaire, constitué d'une majorité de constructions de plain-pied ou en R+1, et comprend plusieurs activités de services. Si le projet est d'une hauteur supérieure à celle des constructions les plus proches, il peut être autorisé dans un environnement traditionnellement pavillonnaire, ainsi qu'il a été exposé au point 7, alors en outre que le plan local d'urbanisme permet la densification du bâti. Par ailleurs, le découpage du bâtiment en douze bandes verticales, présentant des largeurs et des teintes proches de celles des constructions voisines, allège la perception du projet. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet ne s'harmoniserait pas avec la hauteur des constructions avoisinantes, au sens des dispositions précitées du plan local d'urbanisme intercommunal.

S'agissant du respect de l'ensoleillement des constructions et terrains voisins :

9. Les requérants se bornent uniquement à soutenir que " le gabarit du projet de construction () ne respecte pas l'ensoleillement des constructions voisines ". Toutefois, ce projet, d'une hauteur maximale de 13,93 mètres, est situé, au minimum, à 11,58 mètres de distance du mur d'une hauteur de deux mètres séparant le terrain d'assiette des fonds voisins et, en particulier, au niveau de la parcelle n°733 appartenant aux requérants, à près de 14 mètres de ce mur. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet, compte tenu de son volume et de la distance qui le sépare des constructions et terrains voisins, ne respecterait pas l'ensoleillement des constructions et terrains voisins, au sens des dispositions précitées du plan local d'urbanisme intercommunal.

S'agissant de la bonne insertion architecturale et paysagère du projet avec son environnement :

10. Il ressort des pièces du dossier que les constructions environnantes sont de styles, de couleur, de matériaux et d'époques de construction différents et ne présentent ainsi pas une architecture homogène. Il ressort du dossier de demande de permis de construire que le projet prévoit un découpage vertical des façades situées rue de la Poste et rue du Stade selon une alternance des bardages en bois ou en métal. Ce découpage du bâtiment en douze bandes verticales, présentant des largeurs et des teintes proches de celles des constructions voisines, allège la perception du projet. Dans ces conditions, le projet, notamment en tant qu'il comprend un étage supplémentaire, respecte la condition de la bonne insertion architecturale et paysagère avec son environnement, alors même qu'il est d'une hauteur supérieure à celle des constructions les plus proches.

11. Par suite, il résulte de ce qui a été exposé aux points 6 à 10 du présent jugement, et compte tenu en particulier du lieu d'implantation du bâtiment et de ses caractéristiques, que le maire de Bellevigny a pu légalement estimer que la construction projetée, alors même qu'elle présente une hauteur plus importante que les maisons d'habitation voisines, pouvait être autorisée sans méconnaître les exigences de l'article U mixte 5 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal. Le moyen sera écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article U mixte 8 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de la communauté de communes Vie et Boulogne :

12. D'une part, aux termes de l'article U mixte 8 du règlement du local d'urbanisme intercommunal relatif aux règles de stationnement : " Le stationnement des véhicules correspondant aux besoins des constructions, installations et aménagements doit être réalisé en dehors des voies et emprises publiques, sur le terrain d'assiette. / () / Règle générale / Le nombre de places de stationnement des véhicules motorisés à réaliser : / () / - en zone UB : 2 places de stationnement minimum par logement : / soit sur son terrain d'assiette ; / soit sur les espaces communs dans le cadre d'opération d'aménagement d'ensemble. / - dans l'ensemble de la zone mixte, pour les autres destinations, le nombre de places de stationnement à réaliser est déterminé en fonction des besoins, et notamment : / des besoins des salariés et des visiteurs, / de sa situation géographique au regard des transports en commun et des parcs publics de stationnement existants ou projetés. / () / Dispositions particulières / Ces règles générales ne s'appliquent pas : / () ; / - pour les logements sociaux, pour lesquels l'article L. 151-34 du code de l'urbanisme s'applique ; / () ".

13. D'autre part, aux termes de l'article L. 151-34 du code de l'urbanisme : " Le règlement peut ne pas imposer la réalisation d'aires de stationnement lors de la construction : / 1° De logements locatifs financés avec un prêt aidé par l'Etat ; / () ".

14. Ainsi qu'il a déjà été dit, le projet en litige comporte trente-cinq logements locatifs sociaux et deux cellules destinées à recevoir des activités de service. Quatorze places de stationnement seront réalisées sur le terrain d'assiette du projet et vingt-huit places de stationnement seront réalisées rue de la Poste, sur un parking situé dans l'environnement immédiat du terrain d'assiette.

S'agissant du stationnement pour les cellules destinées à recevoir des activités de service :

15. Il ressort des pièces du dossier que les cellules bénéficieront de sept places de stationnement, dont une place pour les personnes à mobilité réduite, situées sur le terrain d'assiette du projet. Il ressort également des données publiques accessibles tant aux parties qu'à la juridiction sur le site internet geoportail.gouv.fr, que le terrain d'assiette du projet jouxte le parc public de stationnement de la salle des fêtes communale et est situé en face du parc public de stationnement de la place de l'église. Compte tenu de l'ensemble de ces éléments et de l'activité de services des cellules, le nombre de places de stationnement pour les véhicules motorisés prévu sur le terrain d'assiette du projet apparaît suffisant.

S'agissant du stationnement pour les logements :

16. En se bornant à rappeler l'application de l'article L. 151-34 du code de l'urbanisme, selon lequel le règlement du plan local d'urbanisme peut ne pas imposer la réalisation d'aires de stationnement lors de la construction de logements locatifs financés avec un prêt aidé par l'Etat, le règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de la communauté de communes Vie et Boulogne, qui indique que " les règles générales [fixant le nombre minimal de places de stationnement] ne s'appliquent pas () pour les logement sociaux ", a entendu ne pas imposer un nombre de place minimal pour de tels logements sociaux. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le projet en litige, qui comporte la réalisation de trente-cinq places de stationnement, dont sept seront situées sur le terrain d'assiette du projet, consiste en la construction d'un immeuble de trente-cinq logements locatifs sociaux, lesquels bénéficient d'un prêt locatif aidé d'intégration pour quinze d'entre eux et d'un prêt locatif à usage social pour les vingt autres. Dans ces conditions, aucune place de stationnement n'est exigée par application des dispositions précitées.

17. Dès lors, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'application de l'article L. 151-33 du code de l'urbanisme, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article U mixte 8 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'orientation d'aménagement et de programmation du secteur de " La Poste " :

18. Aux termes de l'article L. 152-1 du code de l'urbanisme : " L'exécution par toute personne publique ou privée de tous travaux, constructions, aménagements, plantations, affouillements ou exhaussements des sols, et ouverture d'installations classées appartenant aux catégories déterminées dans le plan sont conformes au règlement et à ses documents graphiques. / Ces travaux ou opérations sont, en outre, compatibles, lorsqu'elles existent, avec les orientations d'aménagement et de programmation ". Il résulte de ces dispositions qu'une autorisation d'urbanisme ne peut être légalement délivrée si les travaux qu'elle prévoit sont incompatibles avec les orientations d'aménagement et de programmation d'un plan local d'urbanisme et, en particulier, en contrarient les objectifs.

19. L'orientation d'aménagement et de programmation relative au secteur de " La Poste ", annexée au plan local d'urbanisme intercommunal, indique que " le site a vocation à accueillir de l'habitat " et prévoit, au titre des principes urbanistiques et architecturaux, que " l'implantation des bâtiments veillera à préserver l'intimité des habitations voisines ". Il est constant que le périmètre de cette orientation intègre la parcelle cadastrée section AB n° 723, sur laquelle sera édifiée une partie du projet.

20. Il ressort des pièces du dossier que cette parcelle s'ouvre à l'ouest sur la rue de La Poste et à l'est sur un lotissement dont elle est séparée par un mur de clôture existant. Si les requérants soutiennent que le projet prévoit la création de nombreuses vues sur le lotissement voisin de sorte que l'intimité de ce secteur ne pourra être préservée, il ressort toutefois du plan de masse joint à la demande de permis de construire que la construction projetée sera située en secteur urbain, en limite avec la rue de La Poste et, au minimum, à 11,58 mètres de distance du mur d'une hauteur de deux mètres séparant le terrain d'assiette des fonds voisins. Par ailleurs, le projet prévoit la réalisation d'espaces communs plantés, de jardins privatifs et de cabanons entre la construction projetée et ledit mur. Dans ces conditions, le projet veille à préserver l'intimité des habitations voisines et les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le permis de construire délivré serait incompatible avec les dispositions de l'orientation d'aménagement et de programmation du secteur de " La Poste ".

21. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir opposées en défense, que les conclusions aux fins d'annulation de la requête de M. D et de Mme E doivent être rejetées.

Sur les frais d'instance :

22. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de Bellevigny, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse aux requérants une somme que ceux-ci demandent au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.

23. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérants le paiement d'une somme à verser à la commune de Belleviny et à la société Vendée Logement au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. D et de Mme E est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la commune de Bellevigny et de la société Vendée Logement présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. F D et à Mme A E, à la commune de Bellevigny et à la société Vendée Logement.

Délibéré après l'audience du 16 mai 2024, à laquelle siégeaient :

M. Giraud, président,

Mme Beyls, conseillère,

M. Huet, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juin 2024.

Le rapporteur,

F. HUET

Le président,

T. GIRAUD

Le greffier,

G. VIEL

La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions