mardi 22 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2314534 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 11ème chambre |
| Avocat requérant | MOUNDOUNGA NTSIGOU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 26 septembre 2023 et 27 décembre 2023, M. B A, M. D E et Mme C E, représentés par Me Moundounga, doivent être regardés comme demandant au Tribunal :
1°) d'annuler la décision du 9 novembre 2023 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours dirigé contre la décision du 16 mai 2023 de l'autorité consulaire française à Yaoundé (Cameroun) refusant à M. A la délivrance d'un visa d'entrée et de long séjour en France en qualité de descendant à charge d'un ressortissant français ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de délivrer le visa demandé sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter de la décision à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la décision consulaire a été prise par une autorité incompétente ;
- la décision consulaire est insuffisamment motivée en ce qu'elle ne précise pas la loi locale applicable visée dans son motif ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en ce que l'existence du lien de filiation a été démontrée par les requérants ;
- la décision implicite de rejet de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France est insuffisamment motivée en ce qu'il s'agit d'une décision implicite de rejet ;
- la décision explicite de rejet de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France procède d'une erreur d'appréciation tant en ce qui concerne l'identité et le lien de parenté entre le requérant et ses accueillants, que la qualité de descendant à charge d'un ressortissant français ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense enregistré le 10 juillet 2024, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Moreno,
- les conclusions de Mme Massiou, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant camerounais né le 19 juillet 2001, a sollicité la délivrance d'un visa d'entrée et de long séjour en France en qualité d'enfant majeur à charge d'un ressortissant français, auprès de l'autorité consulaire française à Yaoundé (Cameroun). Par une décision du 16 mai 2023, cette autorité a refusé de délivrer le visa demandé. Par une décision du 9 novembre 2023, dont M. A, ainsi que M. et Mme E demandent l'annulation, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours formé contre la décision consulaire.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France :
2. En premier lieu, il résulte des dispositions de l'article D. 312-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que la décision de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France se substitue à celle qui a été prise par l'autorité diplomatique ou consulaire. Par suite, la décision expresse du 9 novembre 2023 de cette commission s'est substituée à la décision de l'autorité consulaire française à Yaoundé (Cameroun). Il en résulte que les moyens propres soulevés à l'encontre de la décision consulaire, comme ceux dirigés contre la décision implicite de rejet née le 25 juillet 2023, doivent être écartés comme inopérants.
3. En deuxième lieu, lorsqu'elle est saisie d'un recours dirigé contre une décision consulaire refusant la délivrance d'un visa de long séjour à un ressortissant étranger qui fait état de sa qualité d'enfant à charge d'un ressortissant français, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France peut légalement fonder sa décision de rejet sur la circonstance que l'intéressé ne saurait être regardé comme étant à la charge de son ascendant, dès lors qu'il dispose de ressources propres, que son ascendant de nationalité française ne pourvoit pas régulièrement à ses besoins ou ne justifie pas des ressources nécessaires pour le faire.
4. Pour rejeter le recours dont elle était saisie, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France s'est fondée sur les motifs tirés de ce que, d'une part, les documents d'état civil produits et les pièces transmises pour les compléter ou pallier leur absence, ne sont pas probants et ne permettent pas d'établir l'identité du demandeur et son lien avec son accueillant, et d'autre part, M. A ne peut se prévaloir de la qualité d'enfant majeur à charge dans la mesure où il n'est pas établi qu'il ne dispose d'aucune ressource au Cameroun, ni que son père allégué en France subvienne à ses besoins par des virements réguliers et consistants.
5. Pour établir que M. A, leur fils majeur, serait à leur charge, M. et Mme E se bornent à produire des preuves de transferts d'argent opérés par M. E au cours des années 2022 et 2023 au profit de deux personnes, identifiées comme la sœur et la tante de M. A, qui ne permettent pas d'établir que ce dernier, majeur depuis le 19 juillet 2022 dans son pays d'origine, aurait été le destinataire de ces virements. En outre, si M. A, âgé de 22 ans, soutient être étudiant, il ne produit aucune pièce de nature à justifier de sa situation économique personnelle, et ne démontre pas, en particulier, qu'il ne disposait, à la date de la décision attaquée, d'aucune ressource propre. Dans ces conditions, en refusant de reconnaître à M. A la qualité d'enfant étranger à charge d'un ressortissant français, la commission n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation. Il résulte par ailleurs de l'instruction que la commission de recours aurait pris la même décision en se fondant sur ce seul motif.
6. En troisième lieu, il ne ressort pas du dossier que M. A, âgé de 22 ans à la date de la décision litigieuse et qui a toujours vécu au Cameroun, où il soutient faire des études, ne pourrait pas demander la délivrance de visas d'entrée et de court séjour pour rendre visite à ses parents, ni que ces derniers seraient dans l'impossibilité de se rendre au Cameroun. Dans ces conditions, la décision contestée ne porte pas au droit des intéressés au respect de leur vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts dans lesquels elle a été prise. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
7. En quatrième et dernier lieu, M. A est majeur et ne peut utilement se prévaloir de la convention internationale relative aux droits de l'enfant. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de ladite convention ne peut qu'être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A et de M. et Mme E doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles à fin d'injonction sous astreinte et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A et de M. et Mme E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, M. D E, Mme C E et au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 24 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Besse, président,
M. Revéreau, premier conseiller,
Mme Moreno, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 octobre 2024.
La rapporteure,
C. MORENO
Le président,
P. BESSE
La greffière,
A-L. LE GOUALLEC
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026