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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2314569

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2314569

mercredi 18 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2314569
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation- Asile - 15 jours
Avocat requérantSMATI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 29 septembre 2023, Mme B A, représentée par Me Smati, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 9 août 2023 par lequel le préfet de Maine-et-Loire a décidé son transfert aux autorités polonaises, responsables de l'examen de sa demande d'asile;

2°) d'enjoindre au préfet de Maine-et-Loire d'enregistrer sa demande d'asile dans les quinze jours de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation, dans le même délai et sous la même astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ainsi que les entiers dépens.

Elle soutient que :

- la décision de transfert n'est pas régulièrement motivée ;

- l'article 4 du règlement du 26 juin 2013 a été méconnu ;

- l'article 5 du règlement du 26 juin 2013 a été méconnu ;

- l'article 23 du règlement du 26 juin 2013 a été méconnu ;

- l'article 17 du règlement du 26 juin 2013 et méconnu et le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 octobre 2023, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Mme A a été admise à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 3 octobre 2023.

Vu :

- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Durup de Baleine, vice-président, pour statuer sur les litiges visés aux articles L. 572-6, L. 614-9 et L. 732-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour et de l'heure de l'audience.

Le rapport de M. Durup de Baleine, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique du 11 octobre 2023.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. La requérante, se disant Mme B A ainsi que ressortissante de la République démocratique du Congo née en 1998, est entrée sur le territoire français, le 1er juillet 2023 selon ses déclarations. Le 24 juillet 2023, elle a présenté une demande d'asile à la préfecture de Maine-et-Loire. L'intéressée étant titulaire d'un visa délivré par les autorités polonaises au moment du dépôt de sa demande d'asile, les autorités polonaises ont, le 26 juillet 2023, été saisies d'une demande de prise en charge de l'intéressée, à laquelle elles ont fait droit le 2 août 2023. Par l'arrêté du 9 août 2023 dont la requérante demande l'annulation, le préfet de Maine-et-Loire a décidé son transfert aux autorités polonaises, responsables de l'examen de sa demande d'asile.

Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :

2. En application de l'article L. 572-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la décision de transfert dont fait l'objet un ressortissant de pays tiers ou un apatride qui a déposé auprès des autorités françaises une demande d'asile dont l'examen relève d'un autre Etat membre ayant accepté de le prendre ou de le reprendre en charge doit être motivée, c'est-à-dire qu'elle doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Pour l'application de ces dispositions, est suffisamment motivée une décision de transfert qui mentionne le règlement (UE ) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 et comprend l'indication des éléments de fait sur lesquels l'autorité administrative se fonde pour estimer que l'examen de la demande présentée devant elle relève de la responsabilité d'un autre Etat membre, une telle motivation permettant d'identifier le critère du règlement communautaire dont il est fait application.

3. L'arrêté attaqué, après visé et mentionné le règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013, mentionne que Mme A était titulaire d'un visa délivré par les autorités polonaises en cours de validité au moment de sa demande d'asile, le 24 juillet 2023. Il ajoute que les autorités polonaises ont, le 26 juillet 2023, été saisies d'une requête en application de ce règlement, qu'elles ont fait connaître leur accord explicite le 2 août 2023 et doivent donc être regardées comme étant responsables de l'examen de la demande d'asile présentées par Mme A. Ce faisant, le préfet de Maine-et-Loire, dont la régularité de la motivation de sa décision n'était pas subordonnée à la mention selon laquelle la demandeuse d'asile a fait l'objet d'une requête à fin de prise en charge ou de reprise en charge par les autorités polonaises, a indiqué les éléments de fait sur lesquels il s'est fondé pour estimer que l'examen de la demande présentée par Mme A relève de la responsabilité de la Pologne. Ce faisant, il a régulièrement motivé la décision attaquée.

4. Il résulte de l'instruction que, pour prendre la décision attaquée, le préfet, ainsi qu'il en avait l'obligation, a appliqué les lois et règlements, en particulier le règlement du 26 juin 2013, sans se prononcer par application de lignes directrices ou d'orientations générales. Quant à la situation de fait, il s'en est remis seulement à des circonstances se rapportant à la situation particulière de Mme A, telle que portée à la connaissance de l'administration. Il en résulte que le moyen selon lequel, méconnaissant l'étendue de son pouvoir d'appréciation, le préfet de Maine-et-Loire s'est abstenu d'examiner cette situation doit être écartée.

5. Aux termes de l'article 4 du règlement du 26 juin 2013 : " 1. Dès qu'une demande de protection internationale est introduite au sens de l'article 20, paragraphe 2, dans un État membre, ses autorités compétentes informent le demandeur de l'application du présent règlement, (). /2. Les informations visées au paragraphe 1 sont données par écrit, dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend. Les États membres utilisent la brochure commune rédigée à cet effet en vertu du paragraphe 3. / Si c'est nécessaire à la bonne compréhension du demandeur, les informations lui sont également communiquées oralement, par exemple lors de1'entretien individuel visé à l'article 5. / () ". Il résulte de ces dispositions que le demandeur d'asile auquel l'administration entend faire application du règlement du 26 juin 2013 doit se voir remettre, dès le moment où le préfet est informé de ce qu'il est susceptible d'entrer dans le champ d'application de ce règlement, et, en tous cas, avant la décision par laquelle l'autorité administrative décide de refuser l'admission provisoire au séjour de l'intéressé au motif que la France n'est pas responsable de sa demande d'asile, une information complète sur ses droits, par écrit et dans une langue qu'il comprend. Cette information doit comprendre l'ensemble des éléments prévus au paragraphe 1 de l'article 4 du règlement. Eu égard à la nature desdites informations, la remise par l'autorité administrative de la brochure prévue par les dispositions précitées constitue pour le demandeur d'asile une garantie.

6. Il ressort des pièces du dossier que la requérante a reçu communication le 24 juillet 2023, jour même de la présentation de sa demande d'asile, dans leurs versions en langue française, qu'elle comprend, du guide du demandeur d'asile et de l'information sur les règlements communautaires constitués de deux brochures, renfermant l'ensemble des informations visées au 1 de l'article 4 du règlement du 26 juin 2013. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 4 du règlement du 26 juin 2013 doit être écarté.

7. Aux termes de l'article 5 du règlement du 26 juin 2013 : " 1. Afin de faciliter le processus de détermination de l'État membre responsable, l'État membre procédant à cette détermination mène un entretien individuel avec le demandeur. Cet entretien permet également de veiller à ce que le demandeur comprenne correctement les informations qui lui sont fournies conformément à l'article 4. / 2. L'entretien individuel peut ne pas avoir lieu lorsque : / a) le demandeur a pris la fuite ; ou / b) après avoir reçu les informations visées à l'article 4, le demandeur a déjà fourni par d'autres moyens les informations pertinentes pour déterminer l'État membre responsable. L'État membre qui se dispense de mener cet entretien donne au demandeur la possibilité de fournir toutes les autres informations pertinentes pour déterminer correctement l'État membre responsable avant qu'une décision de transfert du demandeur vers l'État membre responsable soit prise conformément à l'article 26, paragraphe 1. / 3. L'entretien individuel a lieu en temps utile et, en tout cas, avant qu'une décision de transfert du demandeur vers l'État membre responsable soit prise conformément à l'article 26, paragraphe 1. / 4. L'entretien individuel est mené dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend et dans laquelle il est capable de communiquer. Si nécessaire, les États membres ont recours à un interprète capable d'assurer une bonne communication entre le demandeur et la personne qui mène l'entretien individuel. / 5. L'entretien individuel a lieu dans des conditions garantissant dûment la confidentialité. Il est mené par une personne qualifiée en vertu du droit national. / 6. L'État membre qui mène l'entretien individuel rédige un résumé qui contient au moins les principales informations fournies par le demandeur lors de l'entretien. Ce résumé peut prendre la forme d'un rapport ou d'un formulaire type. L'État membre veille à ce que le demandeur et/ou le conseil juridique ou un autre conseiller qui représente le demandeur ait accès en temps utile au résumé ". Aux termes de l'article 4 de la directive 2013/32/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 relative à des procédures communes pour l'octroi et le retrait de la protection internationale : " 1. Les États membres désignent pour toutes les procédures une autorité responsable de la détermination qui sera chargée de procéder à un examen approprié des demandes conformément à la présente directive. () / 3. Les États membres veillent à ce que le personnel de l'autorité responsable de la détermination visée au paragraphe 1 soit dûment formé () ".

8. Il ressort des pièces du dossier que Mme A a bénéficié de l'entretien individuel mentionné à l'article 5 précité du règlement du 26 juin 2013 qui s'est déroulé à la préfecture de Maine-et-Loire le 24 juillet 2023, en langue swahili, qu'elle comprend également, au moyen d'un interprétariat. Seuls Mme A et l'agent l'ayant entendue y ont participé et étaient présents à cet entretien, qui s'est donc tenu dans des conditions de confidentialité, l'interprète, agréé, étant soumis à la même exigence de confidentialité. Il résulte de l'article 5 du règlement du 26 juin 2013 que cet entretien a pour objet de faciliter le processus de détermination de l'Etat membre responsable de l'examen de la demande d'asile et de veiller à ce que le demandeur comprenne correctement les informations qui lui ont été fournies conformément à l'article 4. Il ne constitue pas, en revanche, une première évaluation du bien-fondé de la demande d'asile. Il ressort du résumé de l'entretien individuel du 24 juillet 2023 que Mme A a été entendue sur l'ensemble des aspects utiles à la détermination de l'Etat responsable de l'examen de sa demande d'asile et a été mise à même de faire état de tous éléments dont elle aurait entendu faire part à cette occasion, ainsi d'ailleurs qu'elle l'a fait. Le 6 de l'article 5 du règlement du 26 juin 2013 prescrit qu'un tel entretien doit donner lieu à un résumé écrit contenant au moins les principales informations fournies par le demandeur d'asile. Le résumé de l'entretien du 24 juillet 2023 satisfait à ces exigences. Mme A a eu accès en temps utile à ce document, dont une copie lui a été remise. Aucune disposition n'impose que ce document comporte des indications ou justifications de la qualification de l'agent ayant conduit l'entretien. Aucune règle de droit ne prescrit non plus que ce document doive comporter l'identité, la signature, les initiales ou d'autres éléments d'identification de l'agent avec lequel se tient cet entretien individuel. En l'espèce, le résumé du 24 juillet 2023 comporte les mentions de l'identité et du grade de cet agent. Aucun élément du dossier ne permet de tenir pour établi que cet entretien aurait été mené par un agent de la préfecture de la Loire-Atlantique qui n'aurait pas été qualifié en vertu du droit national pour conduire un tel entretien et les informations figurant dans le résumé de cet entretien, pertinentes à l'effet de déterminer l'Etat membre responsable de l'examen de la demande d'asile, sont propres à établir que cet agent disposait des compétences nécessaires pour conduire un tel entretien. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 5 du règlement du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 doit, en toutes ses branches, être écarté.

9. Il ressort des pièces du dossier que Mme A était, au moment de la présentation de sa demande d'asile en France le 24 juillet 2023, titulaire d'un visa de court de séjour de type C en cours de validité qui lui avait été délivré le 20 juin 2023 par l'autorité consulaire polonaise à Nairobi (Kenya), visa à une entrée valable du 29 juin au 25 juillet 2023 pour un séjour de douze jours. Il ne ressort pas du dossier qu'elle aurait présenté une demande d'asile en Pologne. Elle a déclaré ne pas avoir demandé l'asile en Pologne et ne pas s'être rendue dans ce pays ou y avoir transitée. Il en résulte que sa situation relève des prévisions du a) du 1 de l'article 18 du règlement du 26 juin 2013. Elle a régulièrement, le 26 juillet 2023, fait l'objet d'une demande de prise en charge par les autorités polonaises, qui y ont fait droit le 2 août 2023. La situation de la requérante ne relevant pas des prévisions de l'article 23 de ce règlement, le moyen tiré de la méconnaissance de cet article est inopérant.

10. Aux termes de l'article 17, paragraphe 1, du règlement du 26 juin 2013 : " Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement. L'État membre qui décide d'examiner une demande de protection internationale en vertu du présent paragraphe devient l'État membre responsable et assume les obligations qui sont liées à cette responsabilité. () ". Selon l'article L. 571-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'autorité administrative estime que l'examen d'une demande d'asile relève de la compétence d'un autre Etat qu'elle entend requérir, en application du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013, il est procédé à l'enregistrement de la demande selon les modalités prévues au chapitre I du titre II. / Une attestation de demande d'asile est délivrée au demandeur selon les modalités prévues à l'article L. 521-7. Elle mentionne la procédure dont il fait l'objet. Elle est renouvelable durant la procédure de détermination de l'Etat responsable et, le cas échéant, jusqu'à son transfert effectif à destination de cet Etat. / Le présent article ne fait pas obstacle au droit souverain de l'Etat d'accorder l'asile à toute personne dont l'examen de la demande relève de la compétence d'un autre Etat. ". Il résulte de ces dispositions que si une demande d'asile est examinée par un seul Etat membre et qu'en principe cet Etat est déterminé par application des critères d'examen des demandes d'asile fixés par son chapitre III, dans l'ordre énoncé par ce chapitre, l'application de ces critères est toutefois écartée en cas de mise en œuvre de la clause dérogatoire énoncée au paragraphe 1 de l'article 17 du règlement, qui procède d'une décision prise unilatéralement par un Etat membre. Cette faculté laissée à chaque Etat membre est discrétionnaire et ne constitue nullement un droit pour les demandeurs d'asile.

11. La requérante se prévaut de la circonstance que résident en France sa mère, ressortissante congolaise née en 1965, qui s'est vue reconnaître en France en 2013 la qualité de réfugiée et qui est titulaire en cette qualité d'une carte de résident délivrée en 2013, son frère, ressortissant congolais né en en 1995, titulaire d'une carte de résident délivré en 2015, une première sœur, titulaire d'une carte de résident délivrée en 2014, une deuxième sœur, titulaire d'une carte de résident délivrée en 2015 et une troisième sœur, titulaire d'une carte de résident délivrée en 2017.

12. Les articles 8, 9, 10, 11 et 16 du règlement du 26 juin 2013 ont prévu différentes hypothèses dans lesquelles la circonstance que des membres de la famille, au sens du g) de l'article 2 de ce règlement, ou d'autres proches, néanmoins non membres de la famille en ce sens, du demandeur d'asile se trouvent sur le territoire de l'Etat où il a présenté sa demande a pour effet de conférer à ce dernier la qualité d'Etat responsable de l'examen de cette demande, alors qu'à défaut de cette circonstance, cette qualité reviendrait à un autre Etat. Il en résulte qu'à l'effet d'assurer l'application efficace du règlement du 26 juin 2013, qui ne saurait dépendre des simples convenances personnelles des demandeurs d'asile, comme de prévenir ou empêcher l'utilisation du droit d'asile en vue d'une immigration familiale irrégulière, lorsque des membres de la famille ou d'autres proches ou parents du demandeur d'asile se trouvent sur le territoire de l'Etat où cette demande a été présentée, mais que cette circonstance ne relève d'aucune des hypothèses spécifiées par les articles 8, 9, 10, 11 et 16, de sorte que cet Etat n'est pas responsable de l'examen de cette demande en vertu des critères définis par ce règlement, seules des circonstances très particulières, dont il appartient alors au demandeur d'asile de justifier, sont propres à permettre d'estimer que cet Etat commettrait néanmoins une illégalité en ne faisant pas usage de la faculté discrétionnaire qui lui est laissée par le 1 de l'article 17 précité.

13. La mère, le frère et les sœurs de la requérante, qui est née en 1998, ne sont pas des membres de sa famille au sens du règlement du 26 juin 2013. La situation dont fait état la requérante ne relève d'aucun des cas prévus aux articles 8, 9, 10 et 11 de ce règlement. Elles ne sont pas non plus des proches de la requérant au sens du h) de l'article 2 de ce règlement. En conséquence, la situation de la requérante ne relève pas du cas prévu au 3 de l'article 7 de ce règlement. Il ne ressort pas du dossier que seraient remplies les conditions d'application du 1 de l'article 16 de ce règlement, dont il n'est pas soutenu qu'il aurait été méconnu. La requérante ne fournit aucune précision ni aucune justification sur les relations familiales effectivement entretenues avec sa mère, son frère et ses sœurs avant son arrivée en France en 2023, alors que, compte tenu des copies produites de titres de séjour, ces parents de la requérante résident en France depuis de nombreuses années et que la requérante a déclaré que, pour sa part, elle célibataire. Ces parents de la requérante établis en France peuvent l'accompagner en Pologne. Si la requérante fait valoir ne pas parler le polonais, l'application de l'article 12, du a) du 1 de l'article 18 et des articles 21 et 22 du règlement du 26 juin 2013 n'est pas subordonnée à la condition que le demandeur d'asile parle ou comprenne une langue officielle de l'Etat membre lui ayant délivré un visa en cours de validité au moment de la demande d'asile. Elle n'est pas non plus subordonnée à la condition que le demandeur d'asile ait des attaches personnelles dans cet Etat membre. Il ressort en outre des pièces du dossier que la requérante avait sollicité le 12 juin 2023 un visa auprès de l'autorité consulaire polonaise à Nairobi à l'effet de se rendre à une manifestation culturelle en Pologne. Si elle ajoute ne pouvoir être contrainte de demander l'asile en Pologne, d'une part, elle n'a pas été contrainte de demander l'asile, qu'elle n'a demandée qu'en France et, d'autre part, conformément au 2 de l'article 18 du règlement du 26 juin 2013, les autorités polonaises seront tenues d'examiner la demande de protection internationale ainsi présentée par l'intéressée. Dès lors, eu égard à l'ensemble de ces éléments, le préfet de Maine-et-Loire n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation au regard du 1 de l'article 17 de ce règlement.

14. Il résulte de ce tout ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 9 août 2023 par lequel le préfet de Maine-et-Loire a décidé son transfert aux autorités polonaises. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction présentées par la requérante ne peuvent être accueillies.

Sur les frais liés au litige :

15. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, le versement d'une somme à ce titre.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, au préfet de Maine-et-Loire et à Me Smati.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2023.

Le magistrat désigné,

A. DURUP DE BALEINELa greffière,

M.-C. MINARD

La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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