lundi 6 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2314923 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | - Asile - 15 jours |
| Avocat requérant | WEINBERG |
Vu l'ordonnance en date du 7 octobre 2023 par laquelle le président du tribunal de Melun a transmis au tribunal administratif de Nantes le dossier de la requête de Mme B A ;
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 octobre 2022, Mme B A, représentée par Me Weinberg, demande au tribunal :
1°) d'annuler, d'une part, l'arrêté du 24 décembre 2022 par lequel le préfet du Pas de Calais a décidé son transfert aux autorités espagnoles ;
2°) de surseoir à statuer et de saisir selon la procédure d'urgence prévue à l'article 23 bis du statut de la Cour de justice européenne de questions préjudicielles ;
3°) d'enjoindre au préfet de faire cesser immédiatement la privation de liberté, de réexaminer sa situation et procéder à l'enregistrement de sa demande d'asile et lui remettre une attestation de demandeur d'asile en procédure normale ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision contestée est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;
- elle est entachée d'une erreur de droit en ce qu'elle constitue un maintien illégal en rétention administrative ;
- elle est entachée d'erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation.
Le président du tribunal a désigné Mme Thomas, première conseillère, pour statuer sur les litiges visés aux articles L. 572-5 et L. 572-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés ;
- le règlement (UE) n° 603/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Thomas été entendu au cours de l'audience publique du 30 octobre 2023 à 10h30.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante ivoirienne a été contrôlée le 3 décembre 2022 afin de procéder à un contrôle d'identité. Elle a fait l'objet par des décisions du 4 décembre 2022 du préfet du Pas-de-Calais d'une obligation de quitter le territoire français sans délais de départ de volontaire, fixant le pays de destination et interdisant le retour sur le territoire français pour une durée d'un an, et placée en rétention administrative. Mme A a présenté le même jour une demande d'asile. La consultation du fichier Eurodac a révélé que les empreintes digitales de l'intéressée avaient été enregistrées le 19 juillet 2022 en Espagne où elle a séjourné dans les douze derniers mois. Le préfet a saisi le 9 décembre 2022 les autorités espagnoles d'une demande de prise en charge que ces autorités ont tacitement acceptée. Par un arrêté du 24 décembre 2022, le préfet du Pas-de-Calais a abrogé la décision du 4 décembre 2022 portant obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, fixant le pays de destination de la reconduite et interdisant le retour pour une durée d'un an prononcée à l'encontre de Mme A, maintenu la décision prise à l'encontre de l'intéressée ordonnant son placement en rétention administrative et a ordonné son transfert aux autorités hispaniques. Par la présente requête, Mme A demande au tribunal d'annuler cet arrêté du 24 décembre 2022 en tant qu'il ordonne son transfert aux autorités espagnoles. Ultérieurement, par une ordonnance du 3 janvier 2023, le juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Meaux a refusé de prolonger la rétention administrative de Madame A et a prononcé sa libération.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 742-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sous réserve du second alinéa de l'article L. 742-1, l'étranger dont l'examen de la demande d'asile relève de la responsabilité d'un autre Etat peut faire l'objet d'un transfert vers l'Etat responsable de cet examen. () ". Aux termes de l'article 13 règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Lorsqu'il est établi, sur la base de preuves ou d'indices tels qu'ils figurent dans les deux listes mentionnées à l'article 22, paragraphe 3, du présent règlement, notamment des données visées au règlement (UE) n o 603/2013, que le demandeur a franchi irrégulièrement, par voie terrestre, maritime ou aérienne, la frontière d'un État membre dans lequel il est entré en venant d'un État tiers, cet État membre est responsable de l'examen de la demande de protection internationale. Cette responsabilité prend fin douze mois après la date du franchissement irrégulier de la frontière ".
3. Il ressort de la consultation du fichier EURODAC que la requérante a franchi irrégulièrement la frontière espagnole dans la période précédant les douze mois du dépôt de sa première demande d'asile en France. Les autorités espagnoles ont été saisies le 4 décembre 2022 d'une requête en application du règlement UE n°604/2013 du 26 juin 2013 et elles ont fait connaître leur accord implicite et doivent donc être regardées comme étant responsables de la demande d'asile de Mme A. La requérante ne conteste pas sérieusement ces éléments. Dans ces conditions, la détermination par le préfet a désigné l'Espagne comme responsable de la demande d'asile n'est entachée ni d'une erreur de fait ni d'une erreur manifeste d'appréciation.
4. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la situation de la requérante n'aurait pas fait l'objet d'un examen complet et sérieux, notamment au regard de son état de santé et des conditions de prise en charge en cas de retour en Espagne. Ce moyen doit également être écarté.
5. En troisième lieu, contrairement à ce que soutient la requérante, la décision de transfert n'a ni pour objet ni pour effet de maintenir l'intéressée en rétention. Mme A ne peut donc se prévaloir dans la présente instance de l'illégalité de son maintien en rétention pendant le délai de détermination de l'Etat responsable de sa demande d'asile.
6. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se poser une question préjudicielle à la Cour européenne de justice, que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme A doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Le présent jugement, qui rejette les conclusions de la requête à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Dès lors, les conclusions présentées en ce sens par la requérante ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8.En vertu des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative, le juge ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais de procédure à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par la requérante doivent, dès lors, être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, au préfet du Pas de Calais et au préfet de Maine-et-Loire.
Rendu public par mise à dispositions au greffe le 6 novembre 2023.
La magistrate désignée,
S. THOMASLe greffier,
J-F. MERCERON
La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
N°2314923
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026